L’entraîneur-chef Martin Grégoire (au centre) pourra compter sur Samuel Bélanger, Ali Hemri, Lisa Pou et Magalie Poudrier pour ramener son club au sommet.

Natation: Grégoire veut ramener le Rouge et Or au sommet

Quand il a accepté cet automne de quitter la Californie pour redevenir l’entraîneur-chef de l’équipe de natation du Rouge et Or, Martin Grégoire n’avait qu’un objectif en tête : ramener les nageurs et nageuses de l’Université Laval au sommet du circuit universitaire québécois.

«Quand je suis parti en 2011, le Rouge et Or était roi et maître et il n’y avait aucune concurrence», explique au Soleil celui qui était jusqu’à il y a quelques mois le directeur opérationnel du Piranha Swim Team de Loma Linda dans le «Golden State». «Quand je suis revenu, à ma grande surprise, on était au quatrième rang! Pas parce qu’on est moins bons, mais parce que les autres équipes sont devenues plus fortes et que le sport a évolué. Les temps que nos athlètes faisaient il y a 10 ans pour se qualifier pour les finales U Sports, tu ne fais même plus de points avec ça aujourd’hui!», illustre-t-il.

Nouvelles méthodes

Avec le retour de l’entraîneur prodigue, les méthodes d’entraînement ont également changé du côté du Rouge et Or, ce qui a amené certains nageurs à quitter l’équipe. «Certains ont décidé que ce n’était pas pour eux et ils ont choisi de quitter, ce qui est correct. Je crois qu’on avait du progrès à faire en termes de préparation physique et l’ajout d’un programme d’entraînement en salle va dans ce sens», explique Grégoire. «J’ai présenté un programme d’entraînement plus élaboré à l’extérieur de la piscine. Il y a une limite à ce que tu peux faire dans l’eau. Après avoir nagé 8000 m, qu’est-ce que tu vas gagner en en nageant 1000 de plus? Ce que je propose, c’est un complément pour que nos athlètes soient plus athlétiques. Si on veut être une meilleure équipe, il faut travailler comme les équipes du top 3. Ça va rapporter à moyen et long terme.»

Grégoire mise aussi beaucoup sur le recrutement. «C’est le nerf de la guerre! En Californie, j’ai vu débarquer les universités qui s’intéressaient aux meilleurs nageurs de mon club. J’ai l’intention de faire la même chose.» Le Rouge et Or tiendra d’ailleurs à la fin du mois de janvier son premier camp de recrutement auquel prendront part douze nageurs du Québec, dont six de Montréal, que l’entraîneur aimerait bien attirer à l’Université Laval.

Compétition vendredi

En attendant, le Rouge et Or disputera sa troisième compétition de la saison vendredi à la piscine du PEPS et l’entraîneur ne détesterait pas voir certains de ses protégés faire tomber quelques records provinciaux. La Thetfordoise Magalie Poudrier, qui termine sa dernière année universitaire, le capitaine de l’équipe Samuel Bélanger et les recrues Ali Hemri et Lisa Pou seront à surveiller pour cette rencontre.

Magalie Poudrier a avoué que le dernier camp d’entraînement à la Barbade avait été particulièrement difficile, mais bénéfique pour les athlètes. «Il y a beaucoup de musculation, c’est très dur physiquement, mais ça nous permet de faire travailler nos muscles plus fort et plus vite.» À sa deuxième année avec le Rouge et Or, Samuel Bélanger voit d’un œil très positif les efforts de recrutement faits par Martin Grégoire. «On a beaucoup de jeunes de 17 ou 18 ans. Plusieurs manquent d’expérience sur le circuit universitaire et il y a plusieurs nageurs qui viennent de l’étranger et qui doivent s’adapter à l’équipe et au circuit universitaire canadien. Mais tout ça est très bon pour l’avenir.»

Ali Hemri et Lisa Pou sont deux de ces étoiles montantes provenant d’outre-mer. Française, Lisa Pou a décidé de s’inscrire à l’Université Laval, où deux de ses connaissances étudiaient déjà. «Ça se passe très bien et j’ai réalisé plusieurs de mes meilleurs temps ici», indique-t-elle. Quant au Marocain Hemri, il a déjà un œil sur les Jeux olympiques de Paris en 2024. «J’aimerais beaucoup réussir ou me rapprocher le plus possible des minimas des Jeux olympiques. Comme je suis Marocain, je pense que j’ai des chances de pouvoir représenter mon pays. Ceux qui font les minimas se qualifient et si personne du Maroc ne les fait, ce sont les plus près qui y vont. Moi, mon but est de les atteindre», conclut le nageur de 18 ans.