Mathieu Betts, qui a réussi 18 répétitions de 225 livres, a démontré mardi qu’il était plus qu’un homme fort : l’ailier défensif du Rouge et Or a également dominé des épreuves demandant de l’agilité et de l’accélération.

Mathieu Betts épate aux tests physiques du Défi Est-Ouest

La crème du football universitaire canadien a beau être au Peps pour le Défi Est-Ouest, cette semaine, le nom sur toutes les lèvres demeure le même : Mathieu Betts.

L’ailier défensif étoile du Rouge et Or faisait déjà tourner des têtes, mardi matin, lors des tests physiques de l’évènement réunissant les meilleurs espoirs en vue du repêchage 2019 de la LCF. À peine ses tests physiques terminés, sur le terrain synthétique intérieur du Stade Telus, que déjà il devait commencer à répondre à des questions sur son avenir professionnel.

Le Défi Est-Ouest, de retour au Peps pour une deuxième année consécutive, est après tout la première étape d’une année de repêchage durant laquelle l’ailier défensif risque d’être scruté par des dépisteurs des deux côtés de la frontière. Fidèle à lui-même, le protégé de Glen Constantin refuse toutefois de voir plus loin que la saison prochaine.

«Mon objectif est de gagner la Coupe Vanier», a martelé Betts, se réjouissant simplement de pouvoir disputer «une semaine de football de plus» et côtoyer de nouveaux joueurs et entraîneurs qui auront, espère-t-il, quelques trucs à lui apprendre.

N’empêche, parmi les 85 athlètes de partout au pays présents pour se prêter à différents tests physiques, mardi, l’ailier défensif n’a pas déçu. À 6’3’’ et 250 livres, Betts a signé le meilleur temps de la journée, toutes positions confondues, au test 3-cônes (6,56 secondes) et le deuxième meilleur temps au test des changements de direction sur 20 verges (4,12 secondes).

Deux exercices basés sur l’agilité et l’accélération que dominent habituellement les receveurs de passe et demi défensifs. Mais voilà, il n’y a rien d’habituel avec Betts, qui a également été le plus vite parmi les joueurs de ligne à la course de 40 verges (4,76 secondes).

Penser à la NFL?

Pour Éric Deslauriers, coordonnateur du repêchage et dépisteur national des Alouettes, Betts a déjà tout ce qu’il faut pour être un très haut choix dans la LCF et même attirer l’attention des équipes de la NFL. «Il est très beau à voir aller. Il bouge bien. Il court bien. C’est un très bon athlète et il va probablement avoir des chances d’aller au sud de la frontière.»

Si le rêve de jouer dans la NFL n’est pas utopique pour Betts, «d’autres joueurs ont prouvé que c’était faisable», le Montréalais est encore loin de se projeter là. «Je ne me conte pas de mensonge. C’est un très, très, très faible pourcentage des joueurs de football qui vont atteindre la NFL», lance-t-il avant de philosopher sur la place du ballon ovale dans sa vie.

«Je ne pense pas que tu te définis comme personne à atteindre les rangs professionnels, à gagner la Coupe Vanier ou à être nommé sur les équipes étoiles universitaires. Ce sont de très beaux moments que l’on vit ici, mais je ne me mets vraiment pas un fardeau de devoir atteindre les rangs professionnels par mes performances cette semaine ou durant la prochaine saison.»

+

RÉJOUISSANTES RETROUVAILLES

Nommé entraîneur-chef des Gaiters de Bishop, il y a un an, après sept saisons à la barre des Spartiates du Vieux-Montréal, Chérif Nicolas a retrouvé deux de ses anciens protégés, mardi, en Mathieu Betts et le secondeur des Redmen Kamba Katchelewa. Nicolas, pilote de l’équipe de l’Est en vue du match de samedi, ne cachait pas sa joie d’être réuni avec Betts, qui avait joué les héros en menant les Spartiates à la conquête du Bol d’or, en 2014. «C’est vraiment une belle occasion de renouer avec Mathieu. C’est non seulement un super bon joueur, mais j’adore le gars.» En tant qu’entraîneur dans un évènement comme le Défi Est-Ouest, il estime qu’il doit surtout s’assurer de garder ses joueurs détendus. «C’est une semaine charnière pour eux, mais c’est le même sport qu’il joue depuis qu’ils sont tout de petit. Ils doivent avoir du plaisir et rester eux-mêmes. C’est une sorte d’entrevue pour un emploi.»  

+

PAS SEULEMENT FORT DES JAMBES...

Qui a dit que les botteurs n’étaient pas d’aussi bons athlètes que leurs coéquipiers? Revenant tout juste d’une blessure à l’ischiojambier, le botteur du Rouge et Or Dominic Lévesque n’a participé qu’à l’épreuve de développé couché, mardi, lors des tests physiques, mais il n’a pas raté sa chance d’épater. Seule une douzaine de joueurs, la plupart des joueurs de ligne, ont fait mieux que les 20 répétitions de 225 livres de Lévesque. «C’est sûr que c’est le fun de prouver que les botteurs on s’entraîne aussi et on est capable de lever lourd», a-t-il admis, sourire en coin, après sa performance. La palme du développé couché chez les huit joueurs du Rouge et Or participant au Défi Est-Ouest est toutefois revenue au receveur de passe format géant Alexandre Savard. Le colosse de 6’5’’ et de 248 livres a effectué 26 répétitions, neuf de plus que son plus proche poursuivant chez les receveurs et le deuxième meilleur résultat de la journée.