Le pilote des Carabins adore la sensation de se retrouver en finale nationale. «C’est ma troisième en six ans et ça fait toujours du bien d’être de retour», commente Danny Maciocia

Maciocia lance un appel au patriotisme aux partisans du Rouge et Or

Les Carabins de l’Université de Montréal se retrouveront en terrain connu samedi lors de la finale de la Coupe Vanier. Non seulement ils ont disputé deux matchs au Stade Telus au cours des trois dernières saisons, mais leur dernière participation à la finale nationale avait également eu lieu sur le terrain de leurs grands rivaux du Rouge et Or.

C’était en 2015 et les Carabins avaient alors perdu 26 à 23 face aux Thunderbirds de l’Université de Colombie-Britannique devant une foule hostile qui n’avait vraisemblablement pas pardonné aux Bleus d’avoir éliminé le Rouge et Or deux semaines plus tôt. Plusieurs partisans de l’Université Laval s’étaient alors rangés derrière les Thunderbirds qui, au surplus, étaient dirigés par Blake Nill, un bon ami de l’entraîneur du Rouge et Or Glen Constantin.

«Est-ce que la foule va crier pour nous ou contre nous cette fois-ci? Je ne le sais pas!» a lancé dans un éclat de rire l’entraîneur des Carabins, Danny Maciocia, en entrevue téléphonique avec Le Soleil. «On a déjà eu 19 000 spectateurs contre nous. Cette fois, au moins, je ne crois pas qu’ils seront 19 000 contre nous», a-t-il enchaîné en faisant référence au deuxième duel du calendrier régulier entre les deux équipes le 20 octobre alors qu’une foule record de 19 381 spectateurs s’étaient déplacés au Stade Telus.

Au Québec

«Il devrait y avoir beaucoup de partisans des Carabins dans les estrades, mais, surtout, j’espère qu’il y aura des partisans de football universitaire québécois qui voudront garder la Coupe Vanier au Québec. Moi, c’est ce que je me disais quand le Rouge et Or était en finale de la Coupe Vanier : au moins, que la Coupe demeure au Québec», poursuit Maciocia.

Ceci étant dit, le pilote des Carabins avoue qu’il adore la sensation de se retrouver en finale nationale. «C’est ma troisième en six ans et ça fait toujours du bien d’être de retour. Tu ne peux jamais vraiment t’habituer à cette sensation et c’est très apprécié d’être rendu là, mais la sensation que tu veux vivre, c’est celle de la victoire en finale», poursuit Maciocia, dont les protégés avaient remporté pour une unique fois le gros trophée du général Vanier en 2014 devant leurs partisans à Montréal.

Maciocia ne s’inquiète pas trop de l’effet de la victoire facile de 38-0 contre les Axemen d’Acadia en finale de la Coupe Uteck en fin de semaine alors que leurs adversaires de samedi, les Dinos de Calgary, ont disputé un match plus enlevant en l’emportant 30 à 17 sur les Marauders de McMaster.

«Je ne crois pas que cette victoire facile est quelque chose qui nous fera perdre l’initiative, car nous, les Carabins, avons tendance à jouer notre meilleur football quand l’adversaire est de taille. À ce sujet, on n’a qu’à regarder les parties contre le Rouge et Or cette année. Et tout le monde dans l’équipe est conscient que les Dinos sont vraiment une très bonne équipe», poursuit-il.

Quelques blessés

Généralement réticent à discuter de l’état de santé de ses joueurs, Maciocia s’est tout de même ouvert concernant deux de ses meilleurs éléments, le porteur de ballon Ryth-Jean Giraud et le quart-arrière Frédéric Paquette-Perrault. Giraud n’était pas en uniforme contre Acadia et Paquette-Perrault s’est blessé durant la partie. «Ryth-Jean a pratiqué hier [mardi] et il jouera samedi s’il a le feu vert des médecins. Quant à Fred, il soigne une légère blessure et on veut qu’il soit en santé. On n’a pas pris de décision finale, mais il se pourrait très bien qu’on fonctionne à deux quarts-arrière avec lui et Dimitri Morand.» Les Carabins utiliseront aussi deux botteurs alors que Alan Penverne continuera d’appuyer Louis-Philippe Simoneau. «Alan joue du très gros football, alors il a sa place en finale», conclut Maciocia.

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KAYA INSPIRÉ PAR LES ANCIENS

Kevin Kaya n’a jamais gagné la Coupe Vanier, mais une récente visite d’anciens joueurs des Carabins qui ont soulevé le précieux trophée en 2014 a grandement inspiré le receveur de passes vedette et ses coéquipiers des Bleus qui affronteront les Dinos de Calgary pour le titre canadien samedi.

«Ça fait quatre ans que j’attends ça, je suis très content de pouvoir enfin jouer pour la Coupe Vanier», signale le Français qui avait remporté en 2015 le Bol d’or en troisième division avec les Filons du Cégep de Thetford. Son coéquipier et compatriote Alan Penverne faisait aussi partie de l’équipe. «Oui, on avait gagné cette année-là, mais ce n’est vraiment pas la même chose maintenant. On parle de la Coupe Vanier, le championnat canadien», poursuit-il.

«Les anciens sont venus nous voir et nous parler de la sensation que ça fait de gagner la Coupe Vanier. Ils ont aussi insisté sur l’importance à accorder aux détails si on veut l’emporter, de donner le maximum pour ne pas avoir de regret», poursuit Kaya.

Celui qui a capté 45 passes pour 597 verges cette saison est heureux de voir enfin tous les rouages du nouveau système offensif des Carabins se mettre à fonctionner comme une mécanique bien huilée durant les séries de fin de saison.

«Je crois qu’il a fallu du temps avant que tout se mette en marche. On ne performait pas nécessairement à la hauteur toutes les semaines cette année, mais là, on sent que ça y est», ajoute-t-il.

Kaya est habitué de voir une foule hostile dans les gradins du Stade Telus et ne sait pas trop à quoi s’attendre pour samedi. «Je ne sais pas si les spectateurs seront de notre côté. Techniquement, ce serait dans la logique, car c’est le Québec. Nous représentons quand même le Québec à la finale canadienne. J’aimerais bien que les partisans du Rouge et Or soient de notre côté seulement cette journée-là!»

Une chose est certaine pour le receveur de passes qui termine sa dernière année d’études, un championnat national serait la plus belle finale pour une brillante carrière universitaire. «Disons que ça conclurait bien ce chapitre!», termine celui qui aimerait ensuite poursuivre son aventure au ballon ovale chez les professionnels.