Jordan Socholotiuk, Kain Julien-Grant et les X-Men tenteront samedi de faire honneur à leur ancien coéquipier Ashton Dickson, abattu à la sortie d’un bar en juin 2017.

Les X-Men n'ont pas oublié Ashton Dickson

Le porteur de ballon Jordan Socholotiuk gardera à l’esprit le souvenir de son ancien coéquipier Ashton Dickson lors du match de la Coupe Uteck, samedi. Le recordman des verges par la course des X-Men de St. Francis Xavier a été abattu à sa sortie d’un bar d’Ottawa, le 26 juin 2017.

«À mes deux premières saisons, j’ai eu la chance de pouvoir apprendre de Dickson. Il m’a aidé à comprendre dans quoi je m’embarquerais si jamais je devenais le porteur de ballon partant de l’équipe. C’est grâce à lui si j’ai bien compris ce que j’avais devant moi», a déclaré Socholotiuk, qui cette année est terminé à 131 verges des 3047 accumulées par Dickson en carrière.

«Il était un homme de peu de mots, mais quand il disait quelque chose, ça comptait. Il a été un vrai mentor pour moi», poursuit-il.

Le porteur de ballon n’hésite pas à comparer la perte de Dickson à la perte d’un membre de sa famille. «Nous avons joué ensemble pendant deux ans et, encore aujourd’hui, j’ai des hauts et des bas quand je pense à lui.»

Les circonstances du décès rendent la situation encore plus difficile à avaler. Un conflit aurait éclaté à l’intérieur du bar Mingle Room, situé sur la rue Rideau, à Ottawa, entre Dickson et un autre homme pour ensuite se transporter à l’extérieur. C’est là que Dickson a été abattu d’une balle. Aucun suspect n’a encore été identifié par la police dans cette affaire.

«C’est ce qui est le plus dur, la façon dont ça s’est produit et le fait qu’ils n’aient jamais retrouvé le gars qui a fait ça», reprend Socholotiuk. Il rappelle que le souvenir de son ex-coéquipier est encore bien présent dans l’équipe. «L’entraîneur des porteurs de ballon prépare encore des exercices qu’Ashton aimait faire», ajoute celui qui souhaite faire honneur à la mémoire de son ami disparu samedi.

«Je vais me concentrer sur mon éthique de travail, car je vais jouer pour lui. Je veux être à la hauteur du porteur de ballon qu’il était», indique Socholotiuk en demeurant bien conscient de la puissance de l’adversaire. «Laval a une défensive rapide et physique, alors nous ne pourrons pas faire d’erreurs, car ils nous les feront payer», analyse-t-il.

Faire fi de la neige et du bruit

Quant aux conditions météorologiques et au bruit de la foule, Socholotiuk estime que ces facteurs ne devront pas influencer son jeu ni celui de ses coéquipiers si les X-Men veulent sortir victorieux du duel avec le Rouge et Or. «Oui, il y aura de la neige au sol et il fera froid. Ça ne change rien car il faudra qu’on se donne au maximum. Il n’y a pas d’autre façon de faire : il faut travailler fort», commente-t-il.

Pour ce qui est du bruit de la foule, il invitera ses coéquipiers à s’y immerger avant la partie. «Qu’ils prennent le temps de l’entendre avant le botté d’envoi. C’est ce que je leur dit. Car la foule ne doit pas nous éloigner de notre objectif qui est de gagner ce match de football», conclut le natif de la ville de Waterford, en Ontario.

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DES HEURES DE VIDÉO

Les joueurs du Rouge et Or ne lésinent pas sur le temps passé à analyser les vidéos de matchs de leurs adversaires de samedi, les X-Men de St. Francis Xavier. «On a eu très peu de temps pour analyser une équipe qu’on connaît aussi peu, alors c’est en moyenne entre une heure et demie et deux heures de vidéo par jour depuis une semaine. Avec les entraîneurs, mais aussi sur notre temps personnel», commente le joueur de ligne défensive Mathieu Betts. «Il faut avoir une idée de ce qu’ils vont faire avant de mettre le ballon en jeu, essayer de s’approprier leur livre de jeux.» Le fait que les X-Men pratiquent le dual play, un type de jeu peu utilisé au Québec, n’est cependant pas une très grande source de préoccupation pour le solide numéro 9. «Ce sont des choses qu’on peut transposer dans ce que d’autres équipes font. Le football, ce n’est rien de bien compliqué!»

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LES JUMEAUX PLUS PRÈS DU BUT

Pour le receveur de passes du Rouge et Or Jonathan Breton-Robert et son frère jumeau Vincent, porteur de ballon, la finale de la Coupe Vanier demeure l’objectif ultime de la saison. Jonathan en a déjà vécu deux, avec une victoire en 2016, alors que Vincent était de la formation qui s’est inclinée en grande finale l’an dernier contre les Mustangs de Western Ontario. «L’idée n’est pas de venger cette défaite, car ce n’est pas la même équipe et que ce ne sont pas les mêmes circonstances», indique Jonathan. «Mais on est des compétiteurs, alors on veut gagner.» Vincent ajoute qu’il sent la fébrilité augmenter à mesure que l’équipe franchit les étapes menant au match tant attendu. «La Coupe Uteck, c’est une autre étape à franchir», affirme-t-il. «Et c’est quand même la demi-finale canadienne, alors c’est un gros stage aussi», enchaîne son frère. Les jumeaux sont très heureux de pouvoir vivre cette course à la Coupe Vanier à domicile depuis le début des séries. «De jouer au Stade Telus, c’est un bon feeling. Ce sont nos choses, notre vestiaire et on n’a pas besoin de voyager longtemps pour se rendre au match», termine Jonathan.

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LES CHAMPIONS EN TITRE FACE AUX SURPRENANTS HUSKIES

L’autre demi-finale canadienne samedi mettra aux prises les Huskies de l’Université de la Saskatchewan et les Mustangs de l’Université Western Ontario, gagnants de la dernière Coupe Vanier. Comme le Rouge et Or, les Mustangs (10-0) sont invaincus et ils affrontent un adversaire qui a causé une surprise en finale de l’Ouest. Les Huskies (5-3) ont en effet éliminé les puissants Dinos, invaincus durant le calendrier régulier, grâce à un gain de 43-18 sur le terrain du MacMahon Stadium de Calgary. C’est Tyler Chow, un porteur de ballon originaire de Calgary, qui a été la vedette des Huskies. Du côté de Western, le quart Chris Merchant, joueur le plus utile de la dernière Coupe Vanier, est encore dans le décor et il a complété 73 % de ses passes cette année. Les Ontariens misent aussi sur le porteur de ballon Cedric Joseph, meneur au Canada pour les touchés au sol, avec 12.

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