Non, Jessy Lacourse et Nicolas Morin n’ont pas conduit l’autobus jusqu’à Windsor. Mais ils pourraient bien conduire l’équipe d’athlétisme du Rouge et Or vers de belles réussites, cette semaine, lors des Championnats canadiens.

L’équipe d’athlétisme du Rouge et Or s’attaque aux Championnats canadiens

Simple à formuler, l’objectif pourrait être pénible à atteindre: faire aussi bien que l’année dernière, où les hommes avaient décroché une troisième place et les filles une huitième.

Les membres de l’équipe d’athlétisme du Rouge et Or sont partis en autobus vers Windsor, mardi matin, pour un long voyage de 14 heures. Dans la ville ontarienne auront lieu les Championnats nationaux, où la formation de l’Université Laval avait réussi les meilleures performances de son histoire en 2017, à Edmonton.

«Ça va être difficile», lance sans détour le coureur Nicolas Morin, parlant du volet masculin. «Les favoris, Guelph, c’est impossible qu’on les batte. Mais c’est sûr qu’on va faire du mieux qu’on peut. On a quelques personnes dans presque tous les groupes d’épreuves. Donc on va essayer d’inscrire le plus de points possible pour avoir le meilleur résultat en équipe.»

Son entraîneur, Félix-Antoine Lapointe, semblait un peu plus optimiste. Mais le Rouge et Or devra améliorer son rang aux classements préliminaires, constate-t-il. Les hommes sont quatrièmes, les femmes dixièmes.

Les vedettes devront briller. Par rapport à l’an dernier, il y a plus d’athlètes de l’UL en mesure de viser un podium, souligne Lapointe. «Ça augmente un peu l’excitation à l’approche du Championnat. D’une année à l’autre, on a entre deux et quatre ou cinq athlètes qui atteignent le podium. Cette année, on pourrait en avoir six, sept ou huit.»

Morin est l’un des beaux espoirs. Athlète par excellence du RSEQ, finissant de cinquième année, il est l’auteur du meilleur temps national au 1000 mètres cette saison. Il vise des victoires dans ses deux courses individuelles, l’autre étant le 1500 mètres.

«Je suis vraiment motivé. Ça va être mes derniers championnats canadiens en cinq années universitaires. Ça va être la clôture de mon parcours scolaire, que j’ai commencé il y a 15 ans. Je sais que je vais être un peu nostalgique après la compétition, mais c’est l’année où je pense que je peux être le plus compétitif», affirme Morin, 23 ans, qui participera aussi aux relais 4 X 400 mètres et 4 X 800 mètres.

Chez ses coéquipiers, la recrue Jean-Simon Desgagnés (1500 mètres et 3000 mètres) possède aussi un potentiel de médaille, tout comme Jean-Samuel Marmen-Harvey (60 mètres) et Simon Beaulieu (poids et marteau).

Du côté féminin, Jessy Lacourse connaît une saison de rêve. Elle vient de remporter quatre médailles d’or aux Championnats provinciaux, dont trois lors d’épreuves individuelles. Aucune pression supplémentaire en raison de ses succès, assure-t-elle. «Mes objectifs restent les mêmes, soit de faire un podium au 3000 mètres et au relais 4 X 800 mètres. Ça me donne juste plus de confiance sur mon niveau de forme», dit la coureuse, qui participera aussi au 1500 mètres.

L’autre grande vedette individuelle chez les filles, Aurélie Dubé-Lavoie, se remet tranquillement d’une blessure à la voûte plantaire. Sa préparation n’a pas été optimale, mais elle pourrait causer une surprise au 1500 mètres, croit Lapointe. Recrue l’an dernier, elle avait décroché la troisième place.

«Elle n’arrive pas avec un rôle de favorite, car elle n’est pas aussi haut dans le classement national que dans le passé. On pourrait dire qu’un top 5 serait intéressant pour elle. Mais une fois sur la piste, tout peut se jouer», analyse l’entraîneur, qui veille aussi sur la carrière de l’olympien Charles Philibert-Thiboutot, ancienne gloire du Rouge et Or.

Trente étudiants-athlètes de l’Université Laval font le voyage pour cette compétition, qui aura lieu de jeudi à samedi.

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L'ENTRAÎNEUR DE SKI DE FOND LUC GERMAIN S'ÉTEINT

Luc Germain

L’entraîneur-chef de l’équipe de ski de fond du Rouge et Or, Luc Germain, est décédé mardi matin, à 57 ans, quatre mois après avoir appris être atteint d’un cancer du cerveau. Il s’est éteint «doucement, sans douleur, auprès de ses proches, comme il le souhaitait», souligne un communiqué émis par le Rouge et Or. «C’est une journée extrêmement triste pour tout le programme Rouge et Or et le monde du ski de fond. Luc était un entraîneur respecté et une sommité dans le ski de fond, mais surtout un homme apprécié de tous ceux qui ont eu la chance de le croiser. Nos pensées vont à sa conjointe Chantale et à tous ses proches», y déclare la responsable du programme Rouge et Or, Julie Dionne. Germain a été l’entraîneur de l’équipe canadienne aux Jeux olympiques d’Albertville, en 1992, ainsi qu’aux Mondiaux de 1991 et de 1993. Chez le Rouge et Or depuis 2009, il a conduit l’équipe à trois championnats nationaux, deux chez les hommes (2014 et 2017) et un chez les femmes (2011). Il était aussi spécialiste du vélo de montagne, sport dans lequel il a été entraîneur pour trois championnats du monde, de 1991 à 1993.