Après avoir occupé les mêmes lignes de côtés pendant huit saisons, Brad Collinson et Glen Constantin seront rivaux, samedi.

L'élève Collinson contre le maître Constantin

Après avoir officié aux côtés de Glen Constantin pendant huit ans, l’entraîneur des porteurs de ballon du Rouge et Or Brad Collinson est revenu cet été à son alma mater, l’Université Concordia, pour y devenir entraîneur-chef. L’élève et le maître se retrouveront pour la première fois samedi (19h) sur le terrain du Stade Telus aux commandes d’équipes opposées. Notre journaliste Ian Bussières a préparé ce face-à-face entre les deux hommes.

TOUT JUSTE ARRIVÉ, DÉJÀ BIEN IMPLANTÉ

Recrue des entraîneurs-chefs du football universitaire québécois, Brad Collinson estime avoir ce qu’il faut entre les mains pour que les Stingers de Concordia connaissent une bonne saison. «Ce sera quand même un feeling un peu bizarre de revenir à Québec après avoir passé de si bonnes années là-bas. Je sais que Laval est bien coaché et qu’il faut donc se préparer comme il faut.»

Arrivé à la tête des Stingers cet été, il estime avoir bien apprivoisé l’équipe pour laquelle il a déjà évolué avant d’atterrir avec personnel d’entraîneurs du Rouge et Or. «On apprend chaque jour, j’ai fait un bon bout de chemin et je connais mieux les joueurs. On est où on veut.»

Collinson ne s’inquiète pas du départ du porteur de ballon vedette Jean-Guy Rimpel. «On a quand même quatre ou cinq bons porteurs de ballon et j’ai très hâte de les voir courir», indique celui qui avoue connaître davantage l’offensive en ajoutant qu’il se mettra tout de même «un peu» le nez dans la défensive.

Il ne considère cependant pas nécessairement comme une bonne chose la semaine de congé dont vient de bénéficier les siens. «Oui, on est reposés après cette semaine-là, mais ce n’est jamais évident d’avoir une semaine sans match. On aurait aimé avoir un match dans la ceinture avant d’affronter le Rouge et Or, mais, que voulez-vous, les jeux sont faits!» poursuit Collinson à propos du calendrier.

Oublier le passé

Et même si les Stingers ont été l’une des équipes qui ont le mieux tenu tête au Rouge et Or l’an dernier, il refuse de se baser sur le passé. «Un bon entraîneur, après chaque année, il se regarde dans le miroir et il sait que ce sera différent, car chaque année est différente», résume-t-il.

Collinson est cependant conscient que les Stingers ne pourront pas se permettre beaucoup d’erreurs contre une machine bien huilée comme celle du Rouge et Or. «Au football canadien à trois essais, il faut tout le temps contrôler ce qu’on peut contrôler. Il faut faire les choses comme il faut et, peu importe ce qui se produit, il faut se concentrer sur le prochain jeu.»

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UN MATCH PHYSIQUE DANS LES CARTONS

On sent que Glen Constantin a beaucoup de respect et de sympathie pour son ancien acolyte, mais pas au détriment de «son» Rouge et Or. «Je souhaite à Brad de finir la saison avec six victoires et deux défaites!» lance-t-il en faisant référence aux deux duels qui opposeront à la troupe de Collinson.

Plus sérieusement, Constantin avoue que ses protégés ont hâte de sauter de nouveau sur le terrain après une victoire en dents de scie à Sherbrooke. «Ce match nous a laissés sur notre appétit. Concordia, c’est une équipe qui, autant en défensive qu’en offensive, a beaucoup de gros bonhommes de 6 pieds 5, 6 pieds 8 et de 300, 330 livres. Il faut donc s’attendre à un match physique. Ils ont des joueurs immenses et peuvent avoir jusqu’à neuf joueurs pour protéger le quart-arrière. Avec une ligne offensive aussi dominante que ça, même moi je pourrais étirer une verge en dix verges!

«Au niveau offensif, c’est une équipe qui est à maturité avec de bons receveurs comme James Tyrell, Yan Lessard et Vince Alessandrini. N’oublions pas qu’ici, l’an passé, Concordia a aussi joué un bon match défensif, ils ont su garder le match serré. En plus d’avoir l’habileté pour être une équipe très physique, ils sont aussi capables de bien déplacer le ballon.»

Adversaire à deux visages

Malgré la perte du porteur de ballon Jean-Guy Rimpel, il considère toujours Concordia comme une équipe à deux visages qui peut miser tant sur le jeu aérien que sur le jeu au sol. «L’an passé, ici, ils ont fait 43 passes et à Concordia, ils ont fait 50 jeux au sol», se souvient-il.

Constantin estime que les siens devront eux aussi y aller d’un match physique pour l’emporter contre les Stingers. «Car ils ont ce qu’il faut pour dominer la partie si on les laisse faire.» Il ajoute que ses protégés se tirent bien d’affaire en défensive sur les différentes couvertures.

Il s’agira du premier match des Stingers cette année, eux qui ont eu droit à un congé la semaine dernière. Constantin n’est cependant pas prêt à dire qu’il s’agira d’un avantage pour les siens. «Eux, ils ont eu deux semaines pour se préparer. Mon cœur aimerait penser qu’ils sont rouillés, mais je m’attends plutôt à voir une équipe bien rodée.»