Mathieu Betts et les autres footballeurs invités pour le Shrine Game ont profité d’une journée de congé avant le début de l’entraînement pour visiter l’hôpital des Shriners de Tampa, dimanche.

Le «speed dating» de Mathieu Betts

Mathieu Betts passe la semaine dans une séance de «speed dating», en Floride. Les belles à séduire? Les équipes de la NFL.

D’ici au repêchage de la fin avril, l’East-West Shrine Game s’avère la seule occasion de faire bonne impression en personne pour l’ancien ailier défensif du Rouge et Or de l’Université Laval. Arrivé samedi, il avait déjà parlé à une quinzaine de clubs, mardi midi.

Ce match d’étoiles universitaires se tient samedi après-midi, au stade Tropicana Field de St. Petersburg. Des 115 joueurs invités, deux évoluent au Canada.

«Cet après-midi, on a une réunion pour corriger notre entraînement de ce matin, puis on a un test d’une heure, mais je ne sais pas à propos de quoi. Ensuite, on aura encore des rencontres avec les recruteurs», a expliqué Betts, alors que l’autobus le ramenait avec ses coéquipiers du terrain à l’hôtel, après deux heures d’entraînement intensif.

«C’est un peu comme du speed dating, illustre-t-il, en riant. Certains t’appellent pour te rencontrer, d’autres t’agrippent au passage ou d’autres encore te cachent dans leur chambre pour que personne ne te voie leur parler. C’est très varié. C’est vraiment à voir!»

Betts se disait heureux de ses performances après deux jours d’entraînement. Dès lundi, des images d’une séquence où il déjoue un garde de l’Université du Kentucky d’une habile rotation sur lui-même ont vite fait le tour des réseaux sociaux.

«Je l’ai refait aujourd’hui! Ça m’arrive... J’ai eu des bons un contre un, depuis deux jours. Je veux montrer mes forces. Je mets beaucoup d’effort sur le terrain lors des matchs et je le confirme ici en entraînement. Je suis une bonne progression depuis le début de l’entraînement lundi et les recruteurs m’ont fait la remarque», explique l’athlète de 23 ans originaire de Montréal.

Au-delà du jeu, les mandataires des équipes de la NFL veulent savoir à qui ils auront affaire. En entrevue, ils posent des questions sur ses forces et ses faiblesses, les concepts défensifs utilisés à l’UL ou le soumettent à des tests psychométriques. D’autres l’interrogent plutôt sur sa famille, sa jeunesse et les sports qu’il pratiquait étant enfant.

Suivre Auclair... et Robédé

Certains soulèvent bien sûr la différence entre le football canadien et le football américain, et l’adaptation par laquelle il devra passer. Mais quand il leur dit qu’il a joué au football à quatre essais au cégep et qu’il vient de passer quatre ans à l’Université Laval, leurs inquiétudes se dissipent.

«Ceux qui ont fait leurs devoirs savent que Laval est un programme de première classe et ils le respectent beaucoup. Et ils connaissent Antony [Auclair], se souviennent du processus de recrutement avec lui [en 2017]. Il y a même un recruteur qui se souvenait avoir participé au processus de recrutement de Miguel Robédé [en 2005]! Ce n’est pas le genre de monde qui oublie un nom ou un visage. Alors je ne pars pas à zéro, c’est un avantage.»

Avant d’atterrir à St. Petersburg, Betts a passé deux semaines à s’entraîner sous les ordres du spécialiste Charlie Petrone, à Knoxville, au Tennessee, en compagnie de son ex-coéquipier du Rouge et Or Alexandre Savard.

Receveur format géant, Savard tentera sa chance au Collegiate Bowl, match d’étoiles semblable au Shrine Game, mais en Californie, aussi samedi, au stade Rose Bowl de Pasadena.

Retour dimanche

Betts rentre dimanche à Québec pour reprendre ses cours à l’UL comme futur professeur d’éducation physique et poursuivra sa préparation en vue du camp d’évaluation de la Ligue canadienne (LCF), en mars. Il part favori en vue du repêchage de la LCF de mai.

«L’école commençait lundi! laisse-t-il tomber. Des coéquipiers m’ont appris que j’avais déjà un projet sur les lésions à l’œil à remettre d’ici quelques semaines! Je ne sais pas comment le sujet a été choisi...» conclut-il, comme quoi il n’aura pas le temps de chômer.

NOTES : L’autre joueur invité issu du football universitaire canadien est l’ailier défensif Joel Van Pelt, de Calgary. Il joue pour l’Ouest... L’entraîneur-chef de l’Est est Sam Mills III, coach de la ligne défensive des Panthers de la Caroline. L’Ouest est dirigé Adam Zimmer, responsable des secondeurs des Vikings du Minnesota... Le match est télévisé samedi sur NFL Network, botté d’envoi à 15h... La formation de l’Est aligne un certain Michael Jackson Sr, demi de coin de l’Université de Miami... L’an passé, le plaqueur P.J. Hall est devenu un choix de deuxième ronde (Raiders) et une dizaine d’autres joueurs du Shrine Game ont évolué dans la NFL dès cette saison, dont le premier joueur non repêché sélectionné au Pro Bowl à sa saison recrue, le porteur des Broncos Phillip Lindsay. 

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FORTIER: DES «QUALITÉS SUPÉRIEURES À LA MOYENNE»

Marc Fortier a dirigé Mathieu Betts durant quatre ans à titre de coordonnateur défensif du Rouge et Or. Il croit que Betts peut se tailler une place au sein du plus important circuit de football au monde.

«La NFL, c’est LA meilleure ligue. Mais je suis pas mal certain que des gens d’ici sont capables de faire leur place là-dedans. Il ne faut pas voir ça plus gros que c’est. Ça se peut que nous aussi, on en ait, des phénomènes.»

Marc Fortier croit que Mathieu Betts peut se tailler une place au sein du plus important circuit de football au monde. Pour l’avoir dirigé durant quatre ans à titre de coordonnateur défensif du Rouge et Or de l’Université Laval, Fortier sait de quel bois se chauffe l’animal.

Et ne lui servez pas l’argument du football universitaire canadien plus faible que sa contrepartie américaine. «Si Mathieu avait joué dans la NCAA, il aurait peut-être été une star là aussi. Des fois, tu t’adaptes au milieu dans lequel tu évolues et je suis pas mal certain qu’il aurait eu sa place» parmi les joueurs qu’il côtoie au Shrine Game cette semaine.

Fort du titre de joueur de ligne universitaire par excellence au pays au cours des trois dernières années, Betts a de plus remporté deux championnats canadiens avec le Rouge et Or en quatre ans, insiste Fortier.

«Ses qualités athlétiques sont supérieures à la moyenne, mais c’est surtout qu’il traduit ça en football. Ce n’est pas juste des chiffres et des tests. Il réussit à produire et à faire des jeux!

Un des meilleurs

«Les recruteurs ne le savent peut-être pas, mais dans sa carrière, Mathieu a toujours fait des gros jeux dans des situations critiques. C’est là qu’il se démarque le plus. On remarque les sacs, mais il force aussi des mauvaises passes, brise des jeux et arrive à complètement transformer des jeux de l’adversaire juste par son action», affirme celui qui classe Betts sans hésitation parmi les meilleurs joueurs de l’histoire du Rouge et Or.

«Mathieu va réussir à adapter son jeu. Il est assez brillant pour être capable de performer à tous les niveaux. C’est ça que les recruteurs vont remarquer», résume Fortier, qui avait déjà commencé à répondre à des questions d’équipes de la NFL à propos de Betts au cours de la dernière campagne.

Si, à 6’ 3” et maintenant 258 lb, Betts peut paraître un tantinet léger pour occuper un poste d’ailier défensif partant dans la grosse ligue, Fortier le voit bien faire ses débuts comme spécialiste des situations de troisième essai, «pour mettre de la pression sur le quart-arrière» sur des jeux de passe. Comme son ancien coéquipier Antony Auclair, qui fait ses classes depuis deux ans avec les Buccaneers de Tampa Bay.