Maude Chapleau, Jade Fortin et Alice Cloutier se démarquent à l’attaque du Rouge et or, qui peut toutefois compter sur une équipe équilibrée.

Le Rouge et Or volleyball à Toronto

Équipe-hôtesse du championnat canadien universitaire de volleyball féminin en mars, le Rouge et Or ne cesse de progresser depuis le début du calendrier régulier. Présentement installées au troisième rang du classement du RSEQ, les Lavalloises quittent Québec en direction de Toronto, mercredi, où elles disputeront quelques matchs hors concours visant à poursuivre leur préparation en vue du grand tournoi national du printemps.

Le congé de Noël n’aura pas été très long pour les filles d’Olivier Caron, qui sautent donc dans l’autobus au surlendemain de Noël, pour aller se frotter aux puissantes formations universitaires de McMaster, Ryerson et Toronto.

«On a la chance de jouer contre trois bonnes équipes là-bas. Des équipes qui sont dans le haut du classement au niveau provincial de l’Ontario. Ce sera une bonne préparation en vue du championnat canadien. Et vu que ce sont des matchs hors concours, on peut essayer des choses, faire jouer du monde et donner du “temps de glace” à tout le monde», a raconté l’entraîneur-chef Olivier Caron.

Présentant une fiche de 7-3 à la mi-saison, le Rouge et Or a su bien relever la tête, après un cuisant revers face aux grandes rivales de Montréal en tout début de campagne.

«À notre premier match de saison régulière, on s’est fait ramasser comme il faut par Montréal. Plus tard, quand elles sont venues chez nous, on leur a toutefois rendu la monnaie de leur pièce. On les a battues 3-0. C’est la seule défaite de Montréal, cette année. Après ça, nos autres défaites ont été contre McGill, les deux fois en cinq sets», a-t-il relaté.

Son bon début de saison, la formation lavalloise le doit principalement à trois joueuses, qui ont particulièrement brillé par la qualité de leur jeu offensif.

«Dans toutes les autres équipes, on trouve des grosses vedettes. À Montréal, à Sherbrooke, à McGill… Nous, on a une équipe beaucoup plus équilibrée. À peu près tout le monde met la main à la pâte. À l’attaque, Jade Fortin performe beaucoup. Il y a aussi Alice Cloutier et Maude Chapleau. Mais c’est beaucoup plus l’amalgame de toute l’équipe. Pour l’efficacité en attaque, on est troisième au Canada et la meilleure équipe au Québec, justement parce que nous avons une équipe très équilibrée qui peut mettre l’adversaire dans le pétrin», a estimé Caron.

À la maison

Devancé au classement québécois par Montréal (9-1) et McGill (8-2), le Rouge et Or a amorcé la saison en se donnant comme objectif de connaître toujours de bonnes performances à la maison, question de se plonger dans un état d’esprit similaire à celui du championnat canadien.

«On voulait s’habituer à bien performer à Laval, parce qu’on va jouer le championnat canadien chez nous. Les filles s’habituent. Quand on joue à Laval, on joue. On a de bonnes performances. À date, ça va bien de ce côté-là. Le moral est bon. On se situe quand même dans les bonnes équipes. On veut être championnes provinciales. Je pense qu’on est dans nos repères», a jugé l’entraîneur.

Ce dernier aimerait d’ailleurs bien voir sa troupe entrer dans la compétition par la grande porte, soit avec un titre québécois en poche, et ce, même si sa place dans le tournoi est déjà assurée, étant donné son statut d’équipe hôtesse.

«Si tu es championne provinciale, tu as plus de chance d’être en haut du tableau. Par exemple, on est classé troisièmes, alors on rencontrerait l’équipe numéro six. Si tu es deuxième au Québec, la meilleure position que tu pourrais avoir, c’est six. Et là, tu te retrouves à jouer contre les positions deux ou trois. Ça complique le tournoi», a-t-il expliqué.

D’ici à ce que les hostilités s’engagent, le Rouge et Or doit compléter son calendrier régulier, mais seulement après avoir été augmenter son bagage d’expérience en Ontario, au cours des prochains jours.

«Il va y avoir encore des défaites, d’ici la fin de la saison régulière, mais je veux que dans leur tête, que ce soit pour des matchs hors concours ou des matchs réguliers, les filles doivent se présenter et performer. On y va pour la victoire, match après match, même si on tente des expériences. La fille qui vient du banc et qui embarque, elle vient pour donner son maximum.»

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BLESSURES CHEZ LES HOMMES

Les blessures de sont invitées au sein de la formation de volleyball masculin du Rouge et Or depuis le début de calendrier universitaire, ce qui est venu teinter la première moitié de saison des hommes de Pascal Clément. Toujours menés en attaque par les dangereux Vicente Ignacio Parraguirre Villalobos et Alexandre Obomsawin, ces derniers aspirent, une fois de plus cette année, aux grands honneurs canadiens.

S’étant amorcé d’intense façon en calendrier préparatoire, avec deux défaites contre les champions canadiens en titre de Trinity Western, la saison du Rouge et Or s’était poursuivie de manière plus positive avec un triplé victorieux contre Queens, Waterloo et Guelph, la semaine suivante. Depuis, les Lavallois se maintiennent, malgré un alignement changeant en raisons des blessures au sommet du classement québécois.

«En saison jusqu’à maintenant, on a eu passablement de difficultés à Montréal. Il faut dire qu’on s’était présentés là-bas sans les services de notre réceptionnaire prioritaire Nicholas Tremblay. Montréal nous avait alors coincés dans les câbles. On a eu de la difficulté. On a perdu 3-1. On s’est bien repris à Québec. Nicholas avait réintégré l’alignement et on a fait un beau 3-0. On a joué un match beaucoup plus propre. On sentait qu’émotivement, on était  beaucoup plus en contrôle», a estimé l’entraîneur-chef Pascal Clément, dont la troupe a terminé la session au premier rang québécois, à égalité avec Montréal, mais avec un set d’avance, et au sixième rang canadien.

Tendance «chest-bras»

Il s’agit d’un début de campagne plus que satisfaisant pour les volleyeurs du Rouge et Or, qui doivent se passer des services du libéro recrue Rémi Cadoret (hernie inguinale) jusqu’à la mi-janvier, et qui sont nombreux à souffrir de problèmes persistants aux épaules. Peut-être le résultat de surentraînement en salle de musculation.

«Je pense que présentement, la tendance “chest-bras” nous rattrape un peu au volleyball. Contrairement à des sports comme le football, à l’exception du quart-arrière qui lance comme au baseball, on frappe. L’épaule est sollicitée à l’attaque, au service et au bloc, et chaque fois, dans des gestes d’explosion et de vitesse. C’est ce qui fait que si tu es trop fort en avant, ça tire sur ta structure et l’arrière de l’épaule n’aime pas beaucoup ça…»

Amoché, le Rouge et Or n’en est pas moins performant depuis le début de la saison et compte poursuivre sa progression à l’occasion d’un tournoi hors concours à Winnipeg, sur laquelle il met le cap mercredi. Là-bas, il rencontrera quelques-unes des meilleures formations au pays.

«Ensuite, avec les matchs de saison régulière, notamment contre Montréal, et nos matchs dans les Maritimes contre Dalhousie et UNB, ça va être une deuxième session qui va être non-stop», a concédé Clément.