Les joueurs du Rouge et Or avaient le moral bien bas à la suite de cette défaite contre les Carabins.

Le Rouge et Or échappe la Coupe Dunsmore [PHOTOS]

«Hoist with his own petard», disait Shakespeare dans la pièce «Hamlet». Un jeu truqué préparé par les footballeurs du Rouge et Or de l’Université Laval leur a explosé en plein visage au troisième quart de la finale de la Coupe Dunsmore samedi et les Carabins de l’Université de Montréal l’ont emporté 25-10 au Stade Telus.

La marque était de 19 à 3 en faveur des Carabins quand le Rouge et Or a tenté le jeu truqué sur un botté de placement. Zach Fitzgerald a reçu le ballon et, voyant qu’il n’y avait aucun joueur libre du côté droit, a tenté de le passer au botteur David Côté à sa gauche.

C’est à ce moment que le dangereux demi défensif des Carabins, Marc-Antoine Dequoy, est surgi pour intercepter la passe. Dequoy a ensuite remonté le terrain en entier le long de la ligne de côté, une cavalcade de 85 verges pour un touché qui a étouffé les espoirs du Rouge et Or. Louis-Philippe Simoneau a eu beau rater la transformation, le mal était déjà fait. Le jeu qui aurait pu permettre au Rouge et Or de réduire l’écart à neuf points l’a plutôt creusé davantage.

«Il fallait tenter quelque chose. Le but était de tenter d’obtenir un premier jeu ou un touché, mais la réalité, c’est qu’on n’a pas exécuté ce jeu comme on l’avait dessiné», a commenté l’entraîneur du Rouge et Or, Glen Constantin, visiblement déçu.

«Nous avons fait une couple d’erreurs d’assignation, quelques erreurs offensives et le ballon sortait plus vite que prévu de leur côté. On a fait trop d’erreurs pour gagner ce match-là», a-t-il ajouté.

Carabins dominants

Les Carabins dominaient déjà la partie jusque là, ayant réussi à neutraliser l’attaque du Rouge et Or, la meilleure du circuit québécois cette saison. Beaucoup de pression a été mise sur le quart-arrière Thomas Bolduc, victime de trois sacs durant la partie.

Pendant ce temps, tout fonctionnait pour son vis-à-vis des Carabins, Frédéric Paquette-Perrault, au premier quart. En plus d’avoir porté le ballon sur 20 verges, toutes les passes du transfuge des Redmen de McGill arrivaient directement dans les mains de ses receveurs, souvent laissés tout fin seuls par la défensive de Laval.

Une passe de 26 verges à Kevin Kaya, laissé sans surveillance dans la zone des buts, a donné lieu au premier majeur des Carabins à 11:41 du premier quart. Le Rouge et Or a ajouté trois points quelques secondes avant la fin du quart grâce à un placement de 36 verges de Côté.

Les ennuis du Rouge et Or se sont poursuivis au second quart quand la magie de Perrault a continué d’opérer. Une passe de dix verges à Ryth-Jean Giraud a permis aux visiteurs d’ajouter un autre touché pour porter le pointage à 14 à 3.

Pendant ce temps, l’attaque du Rouge et Or peinait à remporter des premiers jeux et à se rapprocher de la zone payante, se butant à la défensive imperméable de l’Université de Montréal. Les locaux ont même vu un botté de dégagement de David Côté être bloqué par Jean-Philippe Lévesque.

Les Carabins ont réussi à ajouter deux autres points avant la fin de la demie grâce à des simples, le premier sur un placement raté de Jean-Philippe Simoneau, le deuxième quand un botté de dégagement d’Alan Penverne a abouti de l’autre côté de la ligne des buts.
Le Rouge et Or a marqué son seul touché du match au milieu du quatrième quart quand Bolduc a lancé une passe à Jonathan Breton-Robert qui a franchi la ligne des buts.

Des erreurs

«Oui, des fois on a laissé certains de leurs receveurs seuls. Il faut leur donner le crédit, ils ont su profiter de nos erreurs», a déclaré le coordonnateur défensif du Rouge et Or, Marc Fortier, après la partie.

«Ce n’est pas mon genre de chercher des excuses. Les Carabins ont simplement mieux joué que nous. Mais au moins, nos joueurs se sont battus jusqu’à la fin et je suis fier de ça», a ajouté le coordonnateur offensif Justin Ethier.

La tristesse se lisait sur le visage du joueur de ligne offensive Samuel Thomassin, qui venait de disputer son dernier match universitaire. «On y a cru jusqu’au bout, mais ça n’a pas été notre meilleur match. Ce n’est pas comme ça que j’aurais aimé que ça finisse», a-t-il dit en essuyant une larme.

«C’est la faute à personne... On a manqué de synchronisme et ils ont fait de beaux jeux. On n’a pas réussi à finir nos «drives» et ça nous a coûté la «game». Moi, personnellement, je suis sorti de mon processus à quelques reprises», a pour sa part affirmé le quart-arrière Thomas Bolduc, acceptant sa part du blâme.

«Quand la course marche moins bien, automatiquement ça met plus de pression sur le quart et c’est plus dur quand on met neuf joueurs en couverture», a-t-il ajouté.

Des Carabins heureux

Pendant ce temps, les Carabins festoyaient avec leurs partisans qui criaient «Allez les Bleus!» dans les gradins du Stade Telus désertés par les fans du Rouge et Or. «Je suis très satisfait du jeu de Paquette-Perrault. Depuis les dernières semaines, j’avais le «feeling» qu’il était capable de donner ce genre de match», a déclaré l’entraîneur des vainqueurs, Danny Maciocia.

«Défensivement, on avait un plan pour contrer leur quart-arrière et ça a bien fonctionné», a-t-il ajouté, heureux de voir son offensive éclore au bon moment. «Ça fait du bien car on a eu tellement de questions cette année à ce sujet.»

Quant à Paquette-Perrault, il remettait le mérite à ses entraîneurs. «La plus grosse «job» a été faite par les «coaches» cette semaine en étudiant Laval et ils nous ont mis un super bon plan de match entre les mains. Ces renseignements nous ont beaucoup aidés, sans oublier notre ligne offensive qui a bloqué en malade», a-t-il commenté.

«Ça fait tellement de bien! C’est ma quatrième année et quand je suis arrivé ici, l’objectif était la Coupe Vanier et on savait que ça passait par la Dunsmore», a pour sa part déclaré Dequoy, qui a avoué avoir trouvé longue la route vers son touché. «J’ai couru, mais j’étais vraiment essoufflé à la fin», a-t-il affirmé, fier d’avoir réussi à décrypter le jeu truqué. «On savait qu’il y en aurait un. On ne savait juste pas quand et où.»

Les Carabins ont mis fin au règne de champion du Rouge et Or.

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Notes: 

Les Carabins affronteront en fin de semaine prochaine les Axemen d’Acadia pour la conquête de la Coupe Uteck, l’une des deux demi-finales canadiennes dont le vainqueur accédera à la finale de la Coupe Vanier... Pendant ce temps, les Marauders de McMaster, tombeurs des Mustangs de l’Université Western, se frotteront aux Dinos de Calgary dans l’autre demi-finale pour l’obtention la Coupe Mitchell... Pour redonner un peu le sourire aux partisans de l’Université Laval qui avaient déjà le visage long à la demie, l’organisation a présenté l’équipe féminine de rugby du Rouge et Or, qui a remporté le premier championnat canadien de son histoire la semaine dernière. Les filles ont paradé avec la Coupe Molinex, emblème de suprématie au rugby féminin canadien... 10 507 spectateurs s’étaient déplacés pour assister au match...  L’arbitre Walter Berry officiait son dernier match après une carrière de 45 ans. Le Rouge et Or lui a rendu hommage avant la partie...