Non sans difficulté, le Rouge et Or a arraché une deuxième victoire en autant de matchs face aux Carabins cette saison.

Le Rouge et Or bat les Carabins 18-15 et est champion

En battant les Carabins 18-15 en prolongation, dimanche après-midi, le Rouge et Or s'est assuré du championnat de saison. La finale québécoise de football universitaire devrait se tenir à Québec encore cette année.

Un placement de 12 verges de David Côté au «cinquième quart» a fait la différence, alors que les Carabins ont d’abord raté une tentative de touché nécessaire pour effacer leur retard de cinq points dans un éventuel bris d’égalité. Laval avait gagné le premier match 12-7.

Mais la défensive du Rouge et Or s’est surtout mise en évidence tout l’après-midi, avec quatre sacs de l’incroyable Mathieu Betts et une interception cruciale d’Émile Chênevert. Ce qui a empêché une avance de 12-2 de se transformer en catastrophe.

Cette victoire livrée sous les nuages devant 18 234 spectateurs, meilleure foule en un an au stade de l’Université Laval, assure le Rouge et Or de retrouver ses partisans durant tout le mois éliminatoire de novembre.

«On est rendus où on veut, reste à finir la saison comme il se doit», a commenté l’entraîneur-chef Glen Constantin, dont la troupe montre une fiche de 6-0. Montréal est 4-2. «C’était important pour nous [de finir premiers au classement]. Même s’il n’y a aucune garantie de gagner à la maison, on veut remercier nos partisans.»

En plus de l’avantage du terrain obtenu pour les deux rondes de séries en ligue, on sait déjà qu’une demi-finale canadienne sera tenue chez les champions québécois et que la grande finale, le match de la Coupe Vanier, sera présentée au PEPS pour la cinquième fois de l’histoire, le 24 novembre.

La finale de conférence pour la Coupe Dunsmore met aux prises Rouge et Or et Carabins depuis cinq ans, ils sont 2-2. Les représentants de l’UL ont participé aux 15 dernières finales québécoises. Tout pointe vers une troisième et ultime manche le 10 novembre entre les deux puissances.

Betts entre dans l’histoire

Betts faisait déjà partie de l’histoire du football universitaire québécois comme l’un des meilleurs joueurs à y avoir évolué. Mais l’ailier défensif du Rouge et Or a inscrit son nom dans le livre des records dimanche sur son premier de quatre sacs aux dépens du quart-arrière Dimitri Morand, au deuxième quart.

Ne laissant aucun doute sur sa domination et aucune chance à Morand, Betts a réussi ses six, sept, huit et neuvième sacs de la saison. Ce qui lui en confère maintenant 35,5 en carrière universitaire, une nouvelle marque de conférence. Le record de 31,5 de Jim Aru (Queen’s, 1994-1998) subsistait depuis 20 ans.

«Je suis content de notre performance et je suis content aussi que cette histoire de record soit derrière moi pour qu’on puisse se concentrer sur la fin de la saison et les séries», a indiqué le numéro 9, toujours humble. 

Il a quand même été plus expressif qu’à l’habitude au moment de battre le record . «C’est plus l’impact que ç’avait sur la partie que le record. C’était une partie où j’étais un peu plus fébrile», a admis Betts, sur l’importance de l’affrontement.

«Je m’ennuie déjà de ce gars-là!» a lancé de son côté Constantin. «Mathieu est vraiment un joueur qui change le match, un joueur de grandes occasions. Chaque fois que l’enjeu est grand, le gars lève son jeu d’un cran. Mon meilleur coup, je l’ai fait il y a quatre ans», se félicite celui qui s’occupe aussi du recrutement.

Le troisième sac de Betts a été très important pour sortir l’adversaire de la zone de placement et forcer la prolongation, tandis que son quatrième est justement survenu en prolongation.

Betts n’a pas encore terminé sa quatrième saison universitaire, qui sera sa dernière puisqu’il passera assurément chez les pros, alors qu’Aru en avait disputé le maximum de cinq. À noter que les sacs en carrière ne sont pas compilés dans les trois autres conférences du football universitaire canadien.

Un jeu de revirements

Les revirements ont quand même failli coûter la victoire au Rouge et Or. Une échappée du receveur Vincent Forbes-Mombleau retournée par Marc-Antoine Dequoy sur 54 verges pour le majeur a fait mal au troisième quart. Puis Dequoy a récidivé à l’aide d’une interception dans la zone des buts quelques instants plus tard, alors que la passe de 11 verges de Hugo Richard était destinée à Jonathan Breton-Robert.

En deux jeux, Dequoy a en quelque sorte fourni 14 points aux Carabins, alors que c’était l’égalité 12-12 au lieu de voir le Rouge et Or s’offrir une avance plus confortable de 19-5.

Le seul revirement au profit des vainqueurs a été une interception de Chênevert qui a mené au deuxième des trois placements de Côté pour reprendre l’avance 15-12.

Ce que le quart des perdants Morand a résumé ainsi : «J’ai donné une interception tard dans le match, ç’a résulté par un placement et on a perdu par trois», a tranché le jeune pivot de deuxième année, qui en était à son premier départ dans l’enfer bruyant du PEPS.

«Manquait pas grand-chose»

Son patron, Danny Maciocia, louangeait ses protégés pour leur caractère. «Il ne nous manquait vraiment pas grand-chose, vraiment pas grand-chose. La réalité, c’est qu’on joue avec beaucoup de jeunes, notre unité de receveurs blessés est meilleure que celle sur le terrain. Mais donnons crédit au Rouge et Or, ça reste qu’ils ont une bonne équipe, on s’entend là-dessus», a admis l’entraîneur-chef montréalais.

Sa bande a été limitée à 166 verges nettes d’attaque, dont seulement 42 par la course, tandis que les locaux ont cumulé 412 verges de gains. Mais aussi 95 verges de pénalités, ce qui a déplu à Constantin. 

Le seul touché offensif du match appartient au receveur du Rouge et Or Benoît Gagnon-Brousseau, sur une passe de 14 verges, le seul majeur de l’UL en deux matchs contre Montréal.