Vincent Alarie-Tardif, qui a marqué trois touchés par la course en 2016, n’en compte aucun cette année.

Le retour rassurant d’Alarie-Tardif

Le retour au jeu du porteur de ballon Vincent Alarie-Tardif s’avère rassurant pour le Rouge et Or, à l’aube des éliminatoires. Pour ses performances sur le terrain certes, mais encore plus pour son travail de vétéran durant les entraînements et dans le vestiaire.

«C’est sûr que ça rassure. Pour sa qualité de joueur, mais aussi pour sa qualité de leader», a d’emblée admis le coordonnateur à l’attaque du club de football de l’Université Laval, Justin Ethier, après la séance d’entraînement de mercredi.

Demi offensif partant de l’équipe à sa quatrième et dernière campagne universitaire, Alarie-Tardif s’est blessé sur sa première course du match à Sherbrooke, le 7 octobre. C’est donc trois rencontres pour ainsi dire complètes que le numéro 5 vient de rater, alors qu’il s’apprête à reprendre le collier contre ce même Vert & Or de Sherbrooke, samedi après-midi, en demi-finale de la conférence Québec.

Entre-temps, le deuxième et le troisième porteurs du Rouge et Or, Christopher Amoah et Luca Perrier, se sont aussi blessés. Plus gravement. Vendredi dernier, en clôture de calendrier régulier, l’attaque au sol a donc été l’affaire des jeunes Alexis Côté et Vincent Breton-Robert.

Ça court contre Sherbrooke

Il est à souligner qu’en l’absence d’Alarie-Tardif, l’offensive terrestre du Rouge et Or a pris du coffre. Après une récolte de 622 verges par la course et quatre touchés sur 119 portées en cinq matchs (moyenne de 5,2 verges), la production au sol lavalloise a grimpé à 660 verges et huit majeurs en 105 portées au cours des trois plus récentes rencontres (moy. 6,3.)

Ajoutons que le tout a justement pris son envol lors de la visite à Sherbrooke, pour une récolte riche de 322 verges au sol. «C’est vrai qu’on a bien couru ce jour-là. Mais attention, on recommence tout à zéro. Ils ont eu deux semaines de préparation et vont assurément essayer de neutraliser notre attaque au sol», prévient Ethier, continuant de prôner une attaque équilibrée.

La seule autre fois que le Rouge et Or a surpassé 200 verges par la course cette saison, c’est encore contre Sherbrooke, en début de campagne. Il faut dire que le Vert & Or aligne la pire défensive contre la course au Québec avec 172,4 verges concédées par match, ce qui le classe 15e au Canada.

Avant de partir

Alarie-Tardif amorce la dernière ligne droite de sa carrière universitaire, peut-être de sa carrière sportive tout court. Il a toutefois la chance de faire partie d’une formation qui peut encore envisager de disputer jusqu’à quatre rencontres en novembre.

«Je savais que j’allais revenir cette saison, s’agissait juste de savoir quand. Quand j’ai vu les jeunes faire bonne figure à Concordia [vendredi dernier], ça m’a rassuré et ça m’a enlevé un stress de revenir trop vite», explique-t-il.

«Ça tombe bien, je reviens et les séries commencent», poursuit Alarie-Tardif. «Je ne suis pas prêt à dire que j’ai eu une mauvaise saison à date, mais l’attaque au sol n’allait pas bien en début de saison et j’ai été malchanceux par la suite en me blessant. Là, en éliminatoires, tout le monde veut performer. Moi le premier», conclut celui qui laisse derrière lui sa pire moyenne de gains par la course en saison régulière universitaire (3,7 verges), en plus de ne pas avoir encore inscrit de touché au sol en 2017.

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TERRITOIRES INCONNUS

Kean Harelimana souligne que le début des séries ne pouvait mieux tomber dans le calendrier scolaire, avec la semaine de relâche. Les joueurs peuvent consacrer encore plus de temps au football et mettre les bouchées doubles dans l’analyse de l’adversaire et du cahier de jeux.

Comme quelques autres recrues du Rouge et Or qui occupent déjà un rôle clé, Kean Harelimana aborde un peu le mois de novembre à tâtons. Mais comptez sur les joueurs plus expérimentés de l’équipe pour rappeler que «c’est le vrai football. On en perd une et c’est terminé».

Le secondeur de première année sait un peu ce qui l’attend samedi après-midi, au stade de l’Université Laval. «C’est la vraie saison de football. On vient à Laval pour des games comme celle-là», a commenté Harelimana, mercredi, après l’entraînement quotidien tenu une heure, la première, dans le stade de soccer intérieur et une heure à l’extérieur.

Celui qui n’a jamais franchi la deuxième ronde éliminatoire dans les rangs collégiaux avec Vanier confie qu’«en venant à Laval, c’est mon but dans une de mes quatre années d’assister à la grande danse. Plus les semaines avancent, plus les matchs prennent de l’ampleur. Mais on n’y pense pas à l’avance, on ne regarde pas trop loin. Si on gagne la première, on va passer à la prochaine», dit-il, manifestement bien dressé.

Harelimana souligne que le début des séries ne pouvait mieux tomber dans le calendrier scolaire, avec la semaine de relâche. Les joueurs peuvent consacrer encore plus de temps au football et mettre les bouchées doubles dans l’analyse de l’adversaire et du cahier de jeux.

Après des victoires de 40-5 et 46-15 aux dépens du Vert & Or cette saison, en plus d’une fiche historique de 26-0 contre Sherbrooke, il serait facile de déjà penser à la finale québécoise contre Montréal. «Ils vont venir ici et n’ont rien à perdre. Ils vont tout donner. Alors, on prend ça très au sérieux. On ne veut pas encaisser les coups, on veut les donner. On va travailler fort et espérer que les dieux du football soient avec nous!» lance le sympathique 21 avec le sourire, dans un mélange de confiance et de fébrilité.