N’ayant pas été contacté par les équipes de la Ligue canadienne après sa participation aux tests physiques ce printemps, Hugo Richard ne se fait pas de grandes attentes à l’approche du repêchage de jeudi.

La croisade de Hugo Richard

Il est l’un des quarts-arrière les plus productifs de l’histoire du football universitaire québécois, un bon athlète détenteur d’une bague de la Coupe Vanier. Mais pour être repêché dans la LCF, disons que Hugo Richard a choisi la mauvaise position.

Si le poste de quart-arrière est d’ordinaire glorieux, il vient au prix d’un cul-de-sac professionnel dans le football universitaire canadien. Historiquement, les quarts issus du réseau USports font rarement leur place dans la LCF et sont boudés au repêchage. Les quelques exceptions, les Mathieu Bertrand et Marc--Olivier Brouillette de ce monde, sont généralement repêchés en vue d’un changement de position. 

«Être repêché par une équipe professionnelle est une expérience unique que j’aimerais vraiment vivre, mais je ne veux pas me faire d’attentes à ce sujet», lance Richard, lucide, à propos du repêchage de la LCF de jeudi soir. Certes, il a participé aux tests physiques régionaux à Montréal, ce printemps, mais aucune équipe ne l’a contacté par la suite. 

«J’imagine que la plupart des directeurs généraux se disent que ça ne vaut pas la peine de gaspiller un choix sur un quart-arrière comme ils pourront probablement le signer comme agent libre après le repêchage s’il les intéresse.»

Évidemment, l’étudiant en génie mécanique ne voit pas lui-même la sélection d’un quart comme un choix gaspillé. Débarqué sur le réseau social Twitter, mi-mars, Richard se consacre depuis à y faire la promotion du football universitaire québécois et canadien. 

Le calibre regardé de haut

C’est que le fait que le calibre au nord de la frontière soit regardé de haut par certains dérange le joueur de 6’2’’ et de 220 livres. «Je pense que la différence dans la LCF est surtout liée au fait que les dirigeants sont principalement américains. Ils ont de la difficulté à accorder autant d’importance qu’ils devraient au football universitaire canadien. Ils se disent que si un joueur était si bon que ça, surtout un quart-arrière, il serait allé jouer dans la NCAA. Mais c’est de moins en moins vrai, plusieurs joueurs choisissent de rester au Canada», plaide Richard. 

Comme les équipes universitaires canadiennes et américaines ne s’affrontent pas, difficile d’évaluer le chemin parcouru par l’USports depuis le tournant des années 2000, pointe-t-il.

N’empêche, une brèche s’est peut-être ouverte dans la LCF, l’automne dernier, quand Andrew Buckley a pris place derrière le centre pour les Stampeders de Calgary. Ancien joueur vedette des Dinos, le choix de 7e ronde au repêchage de 2015 a vu du terrain comme quart-arrière substitut. Il s’est fort bien tiré d’affaire, complétant 32 passes en 42 tentatives pour 313 verges, un touché et une interception. 

Richard, lui, ne demande qu’à démontrer ce qu’il peut faire. Si on lui donne uniquement une chance dans la LCF à une autre position que quart-arrière, il tentera de faire comme son entraîneur Mathieu Bertrand.

Éternel perfectionniste reconnu pour les longues heures passées dans la salle de vidéo, facile de croire que Richard pourrait maîtriser une autre position. «Mais je pense que mes meilleures chances dans la LCF sont comme quart-arrière. C’est la position que je connais et maîtrise.»

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SEPT REPRÉSENTANTS DU ROUGE ET OR AU DÉFI EST-OUEST

Sept joueurs du Rouge et Or participeront au Défi Est-Ouest, le 12 mai, au Stade Telus. Les alignements complets des deux équipes s’opposant durant l’évènement destiné à évaluer les espoirs en vue du repêchage 2019 de la LCF ont été dévoilés, mardi. L’ailier défensif Mathieu Betts, le plaqueur Vincent Desjardins, le botteur Dominic Lévesque, le receveur Alexandre Savard, le maraudeur Kevin McGee et les joueurs de ligne offensive Samuel Thomassin et Pierre-Karl Lanctot représenteront le Rouge et Or sur leur propre terrain. Cinq porte-couleurs du Vert & Or, deux des Carabins, deux des Stingers et un des Redmen font aussi partie de l’équipe de l’Est. En plus du match, des tests physiques, des exercices à un contre un et des entraînements seront aussi tenus durant les jours précédents sous l’œil des dépisteurs.

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UN PROCESSUS PLUS EXCITANT QUE STRESSANT, SELON AMOAH

Si les mois menant au repêchage peuvent être stressants pour les bons espoirs, Christopher Amoah assure y avoir pris plaisir. «Je suis choyé et content d’avoir vécu le combine. J’ai travaillé fort pour me rendre ici et je suis plus excité que nerveux», lance le porteur de ballon. De ses quatre années à Laval, celui qui a fait partie d’une rotation dans le champ arrière pendant pratiquement toute sa carrière universitaire retient surtout «beaucoup de progression autant physique que mentale». S’il ne ferme pas totalement la porte à un retour à Laval, il vise les pros dès l’an prochain. «Sur les unités spéciales, comme porteur de ballon ou même à une autre position, je suis prêt à contribuer de n’importe quelle façon.»