On peut dire sans se tromper que Thomas Bolduc (à gauche) et Jean-William Rouleau ont dépassé les attentes des entraîneurs du Rouge et Or.

Jean-William Rouleau: l’une des perles de la troisième division

L’entraîneur du Rouge et Or Glen Constantin est particulièrement fier du jeune bloqueur défensif recrue Jean-William Rouleau, un natif de Québec qui a abouti à l’Université Laval après avoir évolué en troisième division au football collégial avec les Pionniers de Rimouski. «Il excède nos attentes et, maintenant, tout le monde a compris pourquoi j’étais souvent allé à Rimouski tout l’hiver», indiquait Constantin avec un immense sourire lors de son point de presse hebdomadaire jeudi.

Selon le raisonnement de Constantin, Rouleau est une autre preuve qu’on peut trouver des perles en troisième division, et ce même si le solide gaillard de 6 pieds 2 pouces et 304 livres n’a rien d’un joyau fragile et tout d’un mastodonte capable de stopper les meilleurs porteurs de ballon adverses. 

«Passer de la troisième division collégiale au football universitaire, c’est un gros step», avoue toutefois le principal intéressé. «La différence entre la division 3 et la division 1, c’est le nombre de bons joueurs. Il y a des bons joueurs en troisième division, mais il y en a beaucoup en première division. Rendu au niveau universitaire, à chaque répétition, tu te retrouves toujours devant d’excellents joueurs. Ce n’est pas facile. Ce sont parfois des gars qui attendent depuis deux ans pour prendre leur place», expliquait-il aux médias de Québec lors du point de presse.

L’apport de Thomassin

À ce sujet, Rouleau voit de nombreux avantages à avoir devant lui à l’entraînement des joueurs de ligne offensive comme Samuel Thomassin, qui revient pour une cinquième année après avoir participé aux camps d’entraînement des Giants de New York et des Alouettes de Montréal. 

«C’est clair que quand tu pratiques contre Samuel Thomassin, ce n’est pas la même chose qu’à Rimouski! Il y a un adage qui dit que c’est en pratiquant contre les meilleurs que tu deviens meilleur et je pense que c’est vrai», enchaine-t-il. «Par exemple, tu vois certains détails que Thomassin fait contre toi et que l’autre joueur de ligne offensive ne fait pas contre toi durant le match, alors tu peux en profiter.»

Jusqu’à maintenant, le plaqueur de 20 ans a réalisé 10,5 plaqués en quatre matchs, dont 3,5 ont mené sur des pertes de 11 verges pour l’équipe adverse en plus d’avoir provoqué un ballon échappé par l’adversaire. Malgré tout, il ne tient rien pour acquis. «Je travaille très fort pour être là et je dois gagner mon poste de partant chaque semaine. Vous savez, tout le monde est remplaçable, notre ligne défensive est très jeune et la compétition est très forte. Il n’y a personne qui a un poste garanti comme Mathieu Betts par le passé.»

À l’aube d’affronter l’Université McGill, Rouleau avoue qu’il aimerait bien que les protégés de l’entraîneur Ronald Hilaire tentent davantage de courir avec le ballon alors qu’ils n’ont fait qu’une seule malheureuse course lors du dernier affrontement entre les deux formations. «Ils vont peut-être s’ajuster pour courir un peu plus...», laisse-t-il tomber avec un brin d’espoir dans les yeux. «Je vais l’espérer, pour mon temps de jeu. Car quand c’est juste de la passe comme la dernière fois, c’est un peu normal que les entraîneurs envoient surtout des ailiers défensifs plutôt que des plaqueurs sur le terrain», termine-t-il, en bon coéquipier.

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BOLDUC, TOUJOURS LÀ POUR APPRENDRE 

On se souviendra des représentants de l’équipe de hockey de l’U.R.S.S., qui disaient être «venus pour apprendre» lors de la Série du Siècle de 1972 pour ensuite battre le Canada sur son territoire. Le jeune quart-arrière du Rouge et Or de l’Université Laval, Thomas Bolduc, paraphrase les hockeyeurs soviétiques en disant avoir encore beaucoup à apprendre, et ce même après un match où il a lancé trois passes de touché et où son équipe a lessivé l’adversaire 75 à 0.

«J’ai encore beaucoup de choses à apprendre dans le cahier de jeux. C’est vraiment un processus pour moi d’apprendre tout ça», a lancé jeudi, en point de presse, le footballeur de 20 ans. «Je vais essayer de lancer dans des zones plus profondes et plus larges sur le terrain», a-t-il ajouté.

Bolduc a déclaré avoir été beaucoup plus à l’aise sur le terrain lors de son second départ que lors du premier, où il affrontait McGill, la même équipe à qui il se frottera samedi. «En fin de semaine, je savais vraiment à quoi m’attendre, car j’avais brisé la glace la semaine d’avant», explique-t-il, soulignant que le fait d’affronter la même équipe une deuxième fois pourrait être un avantage. «En fait, ça l’est pour nous, mais ça l’est pour eux également. On connaît mieux les joueurs, mais ils peuvent toujours arriver avec quelque chose de nouveau.»

Même approche

À l’aube de se mesurer une autre fois à la défensive de ceux qu’on appelait autrefois les Redmen, Thomas Bolduc n’envisage pas nécessairement de changer son approche par rapport au dernier match contre eux, où la première demie avait été plus pénible pour les siens. «Je me concentre pour exécuter le plan de match que Justin [Ethier, coordonnateur offensif] m’a enseigné durant la semaine. Je suis plus confiant sur certains jeux que je n’avais pas nécessairement réussis lors du premier match contre McGill.»

Et même s’il est encore en mode apprentissage, Bolduc indique ne pas avoir de préférence quant aux receveurs de passes qui seront délégués avec lui sur le terrain samedi. «On a beaucoup de profondeur à cette position et tous les joueurs font du bon travail. Peu importe qui sera sur le terrain, on travaille tellement souvent ensemble à l’entraînement que j’ai créé une chimie avec tous les receveurs», assure Bolduc, qui cumule maintenant trois touchés et 408 verges par la voie aérienne en plus d’avoir complété 63,8 % de ses passes. Ian Bussières

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OÙ EST ALEX SKINNER?

L’équipe de football du Rouge et Or de l’Université Laval termine cette semaine son sympathique sondage visant à déterminer l’équipe d’étoiles de ses 25 ans. Cette semaine, c’est la position stratégique de quart-arrière qui est à l’honneur. Les amateurs, qui peuvent voter sur rougeetor.ulaval.ca et courir la chance de remporter un salon VIP pour la finale de la Coupe Vanier, ont le choix entre sept quarts qui ont remporté le trophée du championnat canadien universitaire : François Chapdelaine, Mathieu Bertrand, William Leclerc, Benoît Groulx, Bruno Prud’homme, Tristan Grenon et Hugo Richard. Le nom d’Alex Skinner, qui a fait partie des alignements gagnants de la Coupe Vanier en 2012 et, comme quart partant, en 2013, n’apparaît cependant pas dans la liste soumise aux sondés, même si ceux-ci ont aussi l’option d’ajouter le nom d’un joueur de leur choix. Il faut dire que l’Ontarien a laissé un très mauvais souvenir à l’Université Laval : suspendu par l’équipe suite à une bagarre dans un bar au début de la saison 2014, l’ex-quart a ensuite quitté Québec et intenté une poursuite de 250 000 $ contre l’Université Laval après avoir été blanchi de ses accusations. La cause est d’ailleurs toujours pendante et devrait revenir devant le tribunal au printemps 2020. Ian Bussières