Le demi-défensif du Rouge et Or Émile Chenevert, qui vient d’amorcer un externat en pédiatrie, avec la petite Malika.
Le demi-défensif du Rouge et Or Émile Chenevert, qui vient d’amorcer un externat en pédiatrie, avec la petite Malika.

Football et médecine: le défi d'Émile Chênevert [VIDÉO]

Voilà plusieurs mois que son stage en pédiatrie était prévu. Et dès qu’il en a eu l’occasion, le joueur-étudiant en médecine Émile Chênevert a mis son projet d’inviter ses coéquipiers du club de football Rouge et Or à venir passer quelques heures au Centre mère-enfant Soleil du CHUL, histoire d’encourager ces jeunes qui rivalisent au quotidien avec la maladie.

Le numéro 26 était touché par la présence d’une quinzaine de joueurs au Centre hospitalier de l’Université Laval, mardi matin. Au terme de la rencontre médiatique dans le salon de jeux, ils ont tous visité les enfants aux prises avec des maladies graves, notamment à l’étage Charles-Bruneau.

«Pour nous, c’était un geste facile de venir ici. Ça peut avoir un effet positif dans la journée ou dans la vie d’un jeune. On peut aller à l’école et pratiquer notre sport, ce n’est pas une chance qui est donnée à tous les enfants», admettait le démi-défensif, carte d’identification à la ceinture.

Car en plus de porter son chandail rouge et or, le vétéran de quatre saisons fait ses classes en médecine. Après trois ans d’étude pré-clinique, il a commencé sa séquence de stages en externat, dont celui en pédiatrie entrepris tout récemment.

«Je n’ai pas encore choisi ma spécialité, mais ça fait trois semaines que je suis en pédiatrie, et j’aime ça, ça va bien. J’ai un bon contact avec les enfants. On est comme des mini-médecins, on n’a pas beaucoup de patients, mais on va les voir, on les questionne, on les examine, on fait un plan de traitement qui est validé par les médecins, et on retourne voir les patients ensemble. Jusqu’à maintenant, je n’ai pas eu de cas de maladies trop lourdes, mais c’est quand même touchant de voir des jeunes qui ratent deux semaines d’école, qui s’ennuient de leurs amis et dont leurs parents sont fatigués», expliquait-il pendant que ses amis de l’UL discutaient et s’amusaient avec quelques enfants.

Les joueurs de football du Rouge et Or ont rencontré des enfants malades au CHUL. Émile Chênevert a fait plaisir à la petite Malika en signant son mini ballon de football.

Discret

Chênevert n’arpente habituellement pas les corridors du CHUL avec son chandail du Rouge et Or sur le dos. Même qu’il se fait plutôt discret sur sa double vie d’étudiant en médecine et de joueur de football.

«Ce n’est pas quelque chose que je vais dire d’emblée, mais les gens sont emballés lorsqu’ils le savent. Ils sont curieux sur la façon dont je peux jumeler ma vie sportive et académique. Ils restent surpris et me disent courageux de faire ça, ils trouvent que j’ai une belle discipline», racontait-il avec modestie.

Avant le début de son externat, il a songé à renoncer au football. Mais une bonne collaboration avec la faculté de médecine, les entraîneurs de l’équipe et ses coéquipiers lui ont permis de mener les deux en parallèle.

«J’avoue avoir beaucoup hésité à continuer, et quand j’ai dit “let’s go”, on y va, je ne savais pas ce qui allait m’attendre. Ç’a mieux été que je pensais, j’ai eu beaucoup de support de la faculté et des médecins qui me supervisaient. Quand je ratais les réunions d’équipe, mes coéquipiers, comme Zach Fitzgerald et Carl Achy, me prenaient dans le coin pour me dire que ce que je devais savoir pour la journée», racontait celui dont les entraîneurs étaient d’accord pour qu’il revienne même s’il devait rater des séances d’entraînement.

L’hiver dernier, Chênevert a rencontré Laurent Duvernay-Tardif, le footballeur-médecin de la NFL, lors d’un passage de celui-ci au PEPS.

«Ce fut une discussion très enrichissante, il est inspirant avec ce qu’il fait. C’est une motivation pour le faire aussi, mais à plus petite échelle. Il m’a donné des conseils sur comment bien gérer son temps à l’externat sans trop rater de football«», ajoutait celui qui ne savait pas encore si son horaire de stages, l’automne prochain, allait être compatible avec sa dernière saison de football universitaire.

«Pour l’instant, il n’y a pas de presse, les entraîneurs sont au courant de ma situation, on va prendre le temps qu’il faut pour prendre la bonne décision. Il me reste une saison, j’aimerais finir ma carrière sur une meilleure note», avouait le médecin en formation et joueur étoile du RESQ.

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QUAND NATHAN COMPARE SON BRAS À CEUX DES JOUEURS DE FOOTBALL…

«C’était la première fois que je voyais des joueurs de football en personne. C’est un sport physique, il y a gros plaquages, je trouve ça épatant que des gens puissent faire ça.»

À 13 ans, Nathan Lavoie s’exprimait avec élégance devant les géants venus à la rencontre des enfants, au CHUL. L’adolescent séjournait à l’hôpital pour déterminer ce qui avait bien pu le faire perdre conscience.

«J’ai perdu connaissance, on ne sait pas pourquoi. Ils vérifient pour savoir ce qui est arrivé. Je ne le suis pas, mais ils regardent pour voir si je suis épileptique. Je vais aussi passer des tests cardiologiques, neurologiques, des tests comme ça», racontait le jeune homme de Saint-Marc-des-Carrières.

Il jasait avec aisance avec les joueurs de sa situation, de ce que ceux-ci faisaient dans leur sport. Notamment avec Jean-Antoine Dean-Rios, un gaillard de ligne offensive de six pieds cinq pouces et 335 livres.

«J’ai mis mon bras à côté d’eux, leur diamètre est 10 fois plus gros que le mien», disait Nathan en riant.

«Je trouve ça émouvant et impressionnant. J’en suis à ma première saison avec l’équipe, je voulais m’impliquer, ça me tient à cœur. J’ai rencontré Nathan, un jeune de 13 ans. Nous, on a grandi en jouant au football, mais lui, ses intérêts sont plus dans les arts, la danse, la musique. C’est venu me chercher, c’est le genre de branche que j’aurais voulu prendre tout en jouant au football. Je trouve ça génial de le voir aller, il nous a montré des mouvements de danse. Ça fait du bien de venir ici, ça coule tout seul avec les enfants, même si on peut être timide. Autant les jeunes sont impressionnés de nos gabarits, autant ils me fascinent», racontait le numéro 72.

Une première pour Breton-Robert

À l’aube d’une cinquième et dernière saison universitaire, le receveur Jonathan Breton-Robert participait à une telle activité pour la première fois.

«C’est touchant de voir que les jeunes sont combatifs, ça met les choses en perspective. Eux, ils ne l’ont pas eu facile, mais nous, quand c’est difficile, pourquoi je chiale, dans le fond? Je suis choyé d’avoir eu le parcours que j’ai eu, c’est bien de redonner», disait celui qui pensera au football à la reprise de janvier et qui a tourné la page sur la saison dernière. Pour l’instant, il est surtout concentré sur la fin de la saison.  

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LCF: ASSÉ 6E ET AUCLAIR 13E

Les joueurs du Rouge et Or Ketel Assé et Adam Auclair se retrouvent parmi les 13 plus beaux espoirs en vue du repêchage de la Ligue canadienne de football selon la seconde liste du Bureau de recrutement amateur publiée, mardi. Joueur de ligne offensive de six pieds et sept pouces et 300 livres, Assé a grimpé d’un rang à comparer à la liste précédente, passant du 7e au 6e rang. Jusque-là identifié comme étant le meilleur espoir d’U Sports, le numéro 67 a cédé cette place à Carter O’Donnell, joueur de ligne offensive comme lui avec les Bears de l’Alberta.

Pour sa part, le secondeur Adam Auclair est passé du huitième au 13e rang. Sa feuille de route comprend des titres de joueur défensif par excellence de la Coupe Vanier en 2018 et de joueur défensif de l’année au Canada en 2017. La saison dernière, il a terminé au premier rang de la conférence du RSEQ pour les plaqués (45) et les plaqués en solo (35). Neville Gallimore, plaqueur défensif de l’Oklahoma, point au sommet de la liste pour le repêchage de la LCH, prévu le 30 avril prochain.