Vincent Forbes-Mombleau a été élu recrue par excellence au Québec, pendant que son coéquipier du Rouge et Or Maxym Lavallée était nommé recrue défensive de l’année.

Des recrues sur mesure pour le R et O

Ce qui frappe le plus chez le Rouge et Or, c’est la profondeur de l’alignement. Les plus jeunes qui remplacent les blessés sont parfois aussi bons, sinon meilleurs. Vincent Forbes-Mombleau et Maxym Lavallée sont au cœur des succès de l’équipe à leur toute première saison.

Alors que le receveur intérieur Forbes-Mombleau a été nommé recrue par excellence au Québec, Lavallée, un demi défensif, a hérité du titre de meilleure recrue défensive. Les deux proviennent du Campus Notre-Dame-de-Foy, en banlieue de Québec. Comme il n’y a pas de hasard, leurs coachs du Notre-Dame aussi ont été formés à l’Université Laval.

«Au secondaire, j’habitais à Gatineau et je jouais dans les rangs civils, à Ottawa», explique Lavallée. «Le CNDF a été la seule équipe de première division à m’approcher. Quand je suis arrivé à mon premier camp collégial, je me suis vraiment fait exploser!

«Mais j’ai trouvé une équipe d’entraîneurs qui a su me développer et me préparer. J’ai eu la chance d’être partant à mes trois années collégiales et ils ont un bon système au CNDF qui ressemble à celui de Laval. Alors, quand je suis arrivé avec le Rouge et Or, l’hiver dernier, je n’ai pas eu de surprises», affirme celui qui affiche 18 plaqués et trois passes brisées en neuf rencontres.

Grâce aux blessures

Forbes-Mombleau, lui, arrivait des rangs collégiaux auréolé de deux records de ligue pour les verges sur réception, en une saison et en carrière collégiale. Ce qui ne l’a pas empêché de devoir attendre la blessure au vétéran Christian Dallaire avant d’obtenir une occasion véritable de se faire valoir en attaque.

Trente-quatre attrapés, 398 verges de gains et deux touchés plus tard, le natif de Québec se range dans la lignée des Hugo Richard, Mathieu Betts, Adam Auclair et Kean Harelimana comme cinquième recrue de l’année de suite issue du camp lavallois. Son frère, Cédric Forbes-Mombleau, secondeur, devrait se joindre au Rouge et Or la saison prochaine.

Lavallée a de son côté profité d’une blessure au finissant Gabriel Ouellet. Qu’il qualifie de «mentor» et suit à la trace depuis son arrivée pour tout apprendre de lui. «Les gars nous appellent les jumeaux!» rit la recrue.

Sous les ordres des Marc-André Dion, Pascal Masson, Jean-François Roméo et consorts, tous d’anciens de l’UL, Forbes-Mombleau et Lavallée ont passé beaucoup de temps ensemble au CNDF. Jusqu’à s’affronter un contre un presque à chaque entraînement pendant trois ans.

Des coachs à l’affût

«Les joueurs qui arrivent du cégep sont bien préparés, autant au plan technique que tactique. Les coachs à travers la province sont à l’affût de ce qui se fait au niveau universitaire», se réjouit l’entraîneur-chef du Rouge et Or, Glen Constantin, pas peu fier de voir plusieurs de ses ex-protégés aller répandre la bonne nouvelle.

Constantin est heureux de compter sur deux recrues aussi expérimentées pour le match crucial de samedi contre les Carabins de Montréal.

Un gars comme Forbes-­Mombleau a beau connaître des débuts impressionnants, il n’a pas non plus oublié son ballon échappé dans le dernier match contre Mont­réal. L’adversaire a retourné le précieux sur 54 verges pour le seul touché des Carabins dans une rencontre tranchée en prolongation.

Comme quoi la confiance du coordonnateur offensif Justin Ethier ne s’est pas effritée par la suite, le quart-arrière Hugo Richard continuant à lui livrer des ballons. La semaine passée, en demi-finale québécoise contre Sherbrooke, les quatre premières passes de Richard étaient destinées à Forbes-­Mombleau. Qui en a capté trois pour des gains de 21 verges.

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Peter Regimbald et Glen Constantin

PETER REGIMBALD, PLUS D'UN DEMI-SIÈCLE DE FOOTBALL

Après 50 ans dans le football, Peter Regimbald tire sa révérence comme entraîneur. Enfin la retraite pour l’homme de 75 ans? Pas tout à fait.

«Cinquante ans, c’est juste à Concordia... J’ai coaché trois ans avant ça! Mais je trouvais qu’à 50 et 75 en même temps, c’était de bons chiffres. Je continue à travailler avec les anciens [des Stingers]. Le coaching est fini, mais je serai toujours là comme conseiller», explique le sympathique bonhomme.

Honoré comme adjoint de l’année au Québec, Regimbald a vu le circuit universitaire québécois se transformer au fil des années. Fini le temps où les Stingers agrippaient les meilleurs joueurs comme André Bolduc et Sylvain Girard, «deux kids du Lac-Saint-Jean qui ne parlaient pas un mot d’anglais, qui sont venus chez nous et qui ont été diplômés universitaires».

Il y a ensuite eu la création de trois programmes francophones. Dorénavant, Concordia lutte avec Sherbrooke pour recruter les cégépiens classés troisième, quatrième ou cinquième meilleurs à leur position. Les numéros 1 et 2 vont invariablement chez le Rouge et Or ou les Carabins. «On a fait le test de recruter aux États-Unis, mais ça n’a pas fonctionné comme on l’aurait voulu. Pourtant, quand j’ai commencé, on avait 25 ou 30 Américains, parce qu’on avait des frais de scolarité de 500 $ comparés à 6000 $. Étant une institution de jésuites, on allait partout dans les écoles catholiques du Massachusetts. Mais avec des frais rendus à 16 000 $, c’est plus difficile.»

Le football anglophone au Québec va mal, selon Regimbald, pas que l’universitaire. Sept écoles secondaires anglophones jouent au football contre une cinquantaine du côté franco. Des coins comme Lakeshore et Saint-Lazare abandonnent leurs équipes civiles.

Son fils Scott Regimbald, ex-joueur de la LCF, a été entraîné à la fois par Glen Constantin, à l’Université de Houston, et par Danny Maciocia, au sein d’Équipe Québec. Alors, ne lui demandez pas de prendre parti samedi!