Greg Marshall s’est informé de l’état d’un joueur blessé lors de l’entraînement des Mustangs, jeudi après-midi.

Des contretemps pour les Mustangs ne font pas perdre le sourire au coach Marshall

Se lever trop tôt pour attendre l’avion trop longtemps. Un joueur qui en blesse un autre à l’entraînement. La première journée des Mustangs à Québec n’a pas été de tout repos!

Greg Marshall est débarqué avec ses hommes en terrain hostile à -20 °C, après avoir raté le point de presse matinal et tout juste à temps pour s’entraîner dans le stade de soccer intérieur de l’Université Laval. Le coach par excellence cette année dans le football universitaire canadien — il a reçu le trophée en soirée — a toutefois trop d’expérience pour laisser ces avaries lui enlever le sourire.

«On est arrivés à l’aéroport à 5h30, mais l’avion qui partait de Montréal pour venir nous chercher a eu un bris mécanique. On n’est pas partis avant 10h!» a expliqué Marshall, sur l’heure du midi, pris à part avec quelques joueurs entre l’aéroport et le terrain d’entraînement.

«Pendant qu’on attendait ce matin [à London], coach Constantin m’a appelé pour me demander si on voulait s’entraîner en dedans ou dehors. Il m’a dit que si on était mous, ce serait à l’intérieur. Je lui ai demandé ce qu’eux faisaient et il m’a répondu qu’ils restaient à l’intérieur! Alors j’ai dit : “Nous aussi!”»

respect mutuel

Les deux hommes se vouent un respect immense et entretiennent même une amitié certaine. En 2003, juste après une demi-finale canadienne où Laval venait de battre McMaster, alors dirigé par Marshall, ce dernier a offert à Constantin de l’accompagner la saison suivante dans la Ligue canadienne de football, alors qu’il prenait les rênes des Tiger-Cats de Hamilton. Proposition toutefois refusée par le Québécois. Ils se sont par la suite encore souvent affrontés et ont même déjà fait cause commune au sein de l’équipe canadienne junior.

«Il fait froid à Québec, mais mercredi soir, on s’est entraînés dans six pouces de neige à -5 °C pendant deux heures. Et ç’a bien été. Samedi, ils annoncent -2 °C, pas trop de vent, ensoleillé. Ce sera excellent», sourit Marshall.

Pas sûr par contre qu’il souriait autant quand il a vu deux de ses joueurs entrer en collision juste avant la fin de la séance d’entraînement, jeudi après-midi. Alors que les Mustangs répétaient un jeu de fin de match où les passes latérales s’enchaînent, un colosse de joueur de ligne a cogné durement un petit gabarit. Le petit est resté au sol plusieurs minutes, avant de se relever péniblement et d’aller s’asseoir sur les lignes de côté.

Ils peuvent se consoler en pensant que mercredi soir, c’était au tour du demi défensif du Rouge et Or Louis-Philippe St-Amant de se blesser. Jeudi, il était spectateur et traînait une canne.

«Si vous m’aviez dit l’an passé qu’on gagnerait par 22 points, je ne vous aurais pas cru», établit Marshall. «Enlever quelques gros attrapés en début de match et ç’aurait été un match plus serré. Mais personne ne va me convaincre qu’ils n’ont pas fait leur possible et qu’ils ne voulaient pas gagner», insiste le Mustang en chef.

Comme Constantin le répète souvent, Marshall affirme que «le match ne se gagne pas le samedi, mais durant la semaine préparation. «Il te faut connaître ton adversaire et savoir où tu vas sur le terrain. J’ai dû regarder le la finale de l’an dernier au moins 10 fois en me demandant : “Qu’est-ce qu’ils ont vu et que feront-ils de mieux?”»

La réponse samedi.

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MERCHANT GUERRIER OU ACTEUR? 


S’il veut gagner sa 10e Coupe Vanier samedi, le Rouge et Or devra éviter de se faire encore piétiner en accordant plus de 300 verges par la course aux Mustangs comme l’an passé. Le problème est qu’en plus du monstre à deux têtes dans le champ arrière que sont les porteurs de ballon Alex Taylor et Cedric Joseph, le quart-arrière Chris Merchant constitue aussi une menace constante au sol.

En trois matchs éliminatoires cette saison, Merchant a couru pour quatre touchés, plus que ses trois en huit rencontres régulières, et amassé 174 verges en 21 portées, presque autant que ses 29 courses en saison. À titre comparatif, Hugo Richard, le quart le plus mobile au Québec, a couru à 46 reprises durant la saison et 15 fois en séries jusqu’ici.

Mais Merchant a surtout impressionné par son retour rempli de bravoure la semaine passée, en demi-finale canadienne, après avoir été frappé très durement en tout début de rencontre. «Sur le coup, j’ai eu peur. Je me demandais si mon match était fini. Mais quand j’ai pu me lever et marcher, je savais que je serais correct pour continuer même si ça faisait mal», explique l’athlète de 6’ 3” et 206 lb originaire de Calgary.

À égalité 17-17 à la mi-temps, Western a connu une deuxième demie du tonnerre de 30-7 contre Saskatchewan, Merchant réussissant 9 passes sur 12, cinq courses, dont une de 22 verges, et un touché au sol dans ces 30 dernières minutes de jeu.

Le quart de quatrième année n’a d’ailleurs pas participé aux exercices à l’entraînement de jeudi, préférant reposer ce que l’on suspecte être une blessure au dos.

«Chris est un guerrier», affirme son entraîneur-chef, Greg Marshall. «Contre Saskatchewan, il est revenu et il est même revenu plus fort. L’an dernier aussi, en finale contre Laval, il avait encaissé de solides plaqués. Des plaqués où il a quand même achevé son jeu de passe tout en sachant qu’il allait se faire cogner.»

Constantin n’a pas oublié...

De l’autre côté, Glen Constantin se souvient trop bien des dommages que peut causer Merchant. Dans le match de la Coupe Vanier 2017, le Rouge et Or l’avait regardé prendre ses jambes à son cou pas moins de 13 fois pour inscrire deux majeurs et des gains de 89 verges.

«Samedi passé contre Saskatchewan, soit Merchant n’était pas aussi blessé, soit il est bon acteur ou soit il est fier compétiteur. Un des trois», émet Constantin, ne révélant quelle conclusion il en avait tirée. «Il a montré dans le passé qu’il est capable de courir avec le ballon. C’est la raison du succès de leur offensive, il est à la fois une menace constante au sol et un bon passeur. On devra s’assurer que ses courses de deux, trois verges ne s’étirent pas en quatre, cinq ou six verges.»

Merchant, qui a quand même déjà vécu le stade de Penn State alors qu’il était à l’Université de Buffalo, dit avoir hâte de se tenir au milieu d’un stade du PEPS rempli et bruyant.