Christian Côté est l’annonceur maison du Rouge et Or et le président du comité organisateur de la Coupe Vanier à Québec en 2018 et en 2019
Christian Côté est l’annonceur maison du Rouge et Or et le président du comité organisateur de la Coupe Vanier à Québec en 2018 et en 2019

Dans l’œil de... Christian Côté: faites du bruit...quand même !

Christian Côté
Collaboration spéciale
En temps normal, la Coupe Vanier 2020 aurait eu lieu aujourd’hui. Qui sait, le Rouge et Or y aurait peut-être participé. Il y a un an, ce rendez-vous s’était tenu à Québec. À l’invitation du Soleil, Christian Côté a remis son chapeau de président du comité organisateur pour nous raconter, dans ses mots, cette belle semaine de football. Et s’il pouvait ouvrir son micro d’annonceur maison des matchs au Stade Telus-Université Laval, il vous dirait sûrement : faites du bruit… quand même!

Lorsque je ferme les yeux, je m’imagine en pleine effervescence de la journée du match de la Coupe Vanier. Et oui, sans cette foutue pandémie, c’est aujourd’hui que devait avoir lieu ce rendez-vous annuel que j’ai eu l’occasion de vivre à 15 reprises au fil des ans. Il y a un an, j’étais plongé dans l’organisation du championnat canadien à Québec qui détermine le champion du football universitaire canadien.

À quel endroit se serait tenue cette rencontre ? Nul ne le sait, car rien n’était encore déterminé par les dirigeants d’U Sports au moment où la pandémie a fait son apparition avec fracas en mars. En tant que président du comité organisateur de la Coupe Vanier à Québec en 2018 et 2019, je m’étais prononcé contre la tenue de son retour chez nous en 2020, tout comme mes amis Julie Dionne, Jacques Tanguay et Gilles D’Amboise. Et ce, même si U Sports était revenu à la charge tard en février. Comme nous, nos partisans avaient besoin d’une pause. J’aurais parié un petit 2 $ que l’événement aurait été pris en main par U Sports et tenu à Hamilton, mais tout fut annulé avant la décision.

Lors de la séance de photos pour ce reportage, le week-end dernier, je me suis surpris à admirer le stade, où j’ai vécu tant d’émotions fortes depuis 1995, année de la naissance de l’équipe. Je me suis désolé de voir notre stade vide alors que nous vivons habituellement nos plus beaux moments à cette période de l’année. Ce stade, si vivant au rythme de Sweet Caroline constamment demandé par la section 102, présentait un côté beaucoup plus tranquille que les habituels samedis de novembre. Outre deux athlètes sur la piste, il n’y avait personne, pas d’électricité dans l’air, rien de tout ça. 

J’ai donc refermé mes yeux, histoire de revivre cette semaine intense qui précède la Coupe Vanier, dont j’ai eu l’honneur d’être l’un des principaux organisateurs en 2009 et 2010, le coprésident en 2013 et 2015, et enfin, le président en 2018 et 2019. Un comité organisateur chevronné, des gens dévoués, compétents, travaillants, ayant à cœur la présentation d’un spectacle où rien n’est laissé au hasard, où les équipes ne manquent de rien. Avec en prime un banquet des étoiles présenté les deux dernières fois au Centre Vidéotron, et qui a décroché la mâchoire des participants et des dirigeants canadiens. 

Une Coupe Vanier se prépare environ 18 à 24 mois à l’avance. En saison, je gardais contact avec les meilleures équipes et communiquais avec elles de façon plus intense tout juste avant le match de championnat de chacune des quatre conférences. Les contacts s’intensifiaient ensuite avec les entraîneurs-chefs des quatre formations gagnantes, et ce, afin de déterminer leurs besoins en vue de la semaine de la Coupe Vanier. 

Et encore une fois, lorsque j’y pensais bien toujours les yeux fermés, je m’attendais vraiment à voir le Rouge et Or participer encore à cette grande messe du football en 2020, avec en prime un match de demi-finale canadienne au Québec! Pourquoi un tel niveau de confiance? Parce qu'à une seule exception lors des 17 dernières années, Laval a toujours participé à la Coupe Vanier après avoir vu son parcours s’interrompre prématurément la saison précédente. 

Moments inoubliables 

Je garde en mémoire plusieurs beaux moments de toutes ces participations à la finale canadienne. 

Comme la victoire de 2006 dans le froid sibérien en Saskatchewan, la même journée où le Canadien disputait la Classique hivernale avec la tuque de José Théodore, mais également du revers brutal en 2009 à Queen’s, puisque la semaine suivante, la première présentation de la Coupe Vanier se tenait à Québec. On s’était repris l’année suivante, devant nos partisans. 

Et qui ne se souvient pas du match de 2011 au BC Place de Vancouver, une finale qualifiée par les commentateurs de TSN comme le plus grand match de l’histoire alors que le Rouge et Or s’inclinait en deuxième prolongation contre McMaster? Je me souviens d’avoir marché jusqu’au vestiaire avec mon bon chum François Marquis alors que nous tirions de l’arrière à la demie et de nous inquiéter même si on était confiant en notre capacité de revenir. Et quel revirement en deuxième demie, pour déboucher sur l’une des fins de match les plus excitantes de l’histoire du football canadien. 


« Lors de la séance de photos pour ce reportage, le week-end dernier, je me suis surpris à admirer le stade, où j’ai vécu tant d’émotions fortes depuis 1995, année de la naissance de l’équipe. Je me suis désolé de voir notre stade vide alors que nous vivons habituellement nos plus beaux moments à cette période de l’année. »
Christian Côté

Je me souviens que nous avions perdu en 2017 contre les puissants Mustangs de Western Ontario de mon bon ami Greg Marshall avant de revenir gagner chez nous contre ceux-ci en 2018, dans un match où Hugo Richard leur avait passé le K.-O. avec deux longues passes sur les deux premiers jeux du match. Touché Laval! 

Plusieurs joueurs m’ont aussi marqué, comme le jeune quart-arrière qu’était Mathieu Bertrand à son arrivée et qui a ensuite connu une très belle carrière avec les Eskimos dans la LCF. Et le petit Daniel Fleury, qui avait continué à jouer et effectuer les bottés de dégagement même s’il s’était blessé à une cheville plus tôt dans le match de la Coupe Vanier, en 1999. 

Je pense aussi au plaqué de Francesco Pepe Esposito sur le quart-arrière des Huskies pour lui faire perdre le ballon en fin de match et concrétiser le premier titre de l’UL à cette même Coupe Vanier. Je décrivais le match à la radio pour CHRC 80 à l’époque, je m’étais mis à pleurer comme un enfant, en direct, avec mes collègues Mike Labadie et Jean-Didier Dufour. 

Je n’oublierai pas la performance d’anthologie de Maxime Boutin en 2012 à Toronto avec plus de 200 verges au sol, dont une course de 85 verges sans avoir été touché par quiconque et celle de la défensive menée par Frédéric Plésius et Arnaud Gascon-Nadon. 

L’autre beau moment de cette victoire en 2012 fut la fête dans le petit bar réservé à la sauvette en deuxième demie, où étaient entassés parents, partisans et joueurs du Rouge et Or. C’était magique, avec une ambiance électrique! Un beau souvenir, que mon chum Marquis n’a pas pu savourer puisqu’il avait choisi de déguster tranquillement une pizza dans sa chambre hôtel avec son ami Courchesne! 

Et je me rappelle encore du gala du jeudi soir, où entraîneurs et joueurs de McMaster prenaient des photos avec leurs trophées et se répétaient comment ils étaient bons, pendant que nos joueurs gardaient leur focus et rêvaient de leur faire avaler leur steak de travers... Surtout que le matin même, à la pratique de McMaster, certains joueurs s’y étaient présentés en robes de chambre. Pas pour rien que notre banc s’était enflammé et l’était resté durant toute la rencontre. 

J’ai vécu d’espoir tout l’été que la situation serait différente au Québec même si les activités de football universitaire avaient été suspendues pour la saison dans les trois autres conférences. J’ai ensuite vécu la déception, lors de l’annulation officielle de la saison. Je suis triste pour les joueurs dont c’était la dernière année, pour tous les jeunes qui venaient de se joindre à notre organisation, et qui pour l’instant ne sont pas en mesure d’écrire la suite de l’histoire du Rouge et Or. Triste aussi de ne pas avoir pu partager une autre saison avec la superbe gang de la régie technique. En même temps, je demeure perplexe face aux nombreuses contraintes et impacts majeurs de cette crise sanitaire sur notre fonctionnement au quotidien, et sur le moral des gens de la région, malgré l’importance évidente de respecter les consignes de base. 

Pour ma part, j’ai mis mes énergies dans des rénovations et dans une implication encore plus forte dans la préparation de la saison de ski de la Patrouille de Stoneham. Bon hiver ! Et en ce jour de supposée Coupe Vanier, FAITES DU BRUIT!

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UN PARCOURS TRACÉ D'AVANCE 

Je suis issu d’une famille de sportifs. Mon grand-père avait fondé le magasin Nap Côté Sports, qui à un certain moment comptait plus d’une dizaine de magasins à Québec et à l’extérieur, dont toutes les boutiques dans les stations de ski alpin de la région. J’ai donc baigné très jeune dans l’univers sportif et toujours aimé l’esprit de dépassement et de réalisation qui caractérise ce milieu. 

J’ai fait autant de sport individuel que d’équipe. Ski de fond, ski alpin et soccer de haut niveau, badminton et ballon sur glace de compétition. J’ai été aussi impliqué dans l’organisation des sports au Petit Séminaire de Québec avec mon ami Nelson Demers et été impliqué dans le retour du football collégial à l’époque. 

Ma «carrière» d’annonceur a commencé au Stade municipal quand j’étais au cégep, j’animais les foules le long des lignes de côté. J’étais aussi animateur au PEPS lors de compétitions de natation. À la recherche d’un chroniqueur de football pour son émission à CHRC 80, le regretté Marc Simoneau m’avait contacté puisque j’étais un maniaque de football et je suivais religieusement tous les matchs de la NFL. J’avais décroché le poste en 1984. 

L’expérience de la radio

J’ai eu des années exceptionnelles à la station, et même animé des lignes ouvertes avec Michel Carrier et André Bélisle. C’est ce qui a fait en sorte qu’on m’a approché en 1995 pour que je devienne la voix du Rouge et Or, et surtout que je me joigne au CA de ce qui allait devenir la meilleure équipe du football universitaire canadien. Vingt-cinq ans plus tard, je me dis que j’ai bien fait d’accepter, même si au départ, mon type d’animation bousculait un peu les habitudes.

Mes relations avec le groupe d’entraîneurs sont excellentes, ils sont devenus des amis. Glen Constantin est un ami d’enfance avec qui j’ai joué au dekhockey sur la rue Hamilton, à Limoilou. 

En même temps, je suis un passionné de la vie. Et du bon vin. J’ai suivi des formations sur les vins et fait des voyages dans des vignobles en France, en Italie, en Espagne et au Portugal. Je partage cette passion avec mon extraordinaire conjointe des 28 dernières années, la belle Sandra. 

J’ai deux enfants dont je suis très fier, Charles-Alexandre et Ann-Victoria, qui se réalisent très bien dans les études, les sports et les arts. Mon garçon étudie en actuariat à l’Université Laval, il est un maniaque de football et entraîneur de ski acrobatique à Stoneham. J’ai eu l’occasion de vivre sur place un Super Bowl avec lui grâce à un de mes amis. Lui et mon père Paul, qui aura 92 ans dans deux semaines, se parlent tous les jours en lien avec le football. Ma fille a une passion pour le théâtre et les arts, et possède un talent hors du commun pour la scène et souhaite évoluer dans ce domaine. Elle y serait très bonne. Après avoir été membre du club de ski acrobatique de Stoneham, elle maintenant monitrice de ski alpin à cette même station. 

J’entreprends ma 37e année (ma 31e à Stoneham) en tant que responsable de la patrouille bénévole. J’adore le domaine du ski et des premiers soins, et je participe activement en donnant des formations en évacuation de chaises et en premiers soins. Ça me change de mon métier que j’aime, celui de juricomptable et d’expert en évaluation et redressement d’entreprises. 

Hyperactif vous direz? Mais ouiiiiiiii… Christian Côté (collaboration spéciale)