Alexandre Savard (49) du Rouge et Or capte le ballon lors d’une séance d’entraînement du Collegiate Bowl, à Pasadena, en Californie.

Collegiate Bowl: blessé, Alexandre Savard simple spectateur

«Ç’allait bien. Ç’allait super bien! Jusqu’à mardi. Quand j’ai subi une commotion cérébrale, à l’entraînement.»

Au bout de la ligne, de la Californie, un colosse de 6’ 5” et quelque 250 lb, grosse barbe et beaucoup de muscles. La voix d’Alexandre Savard n’a pourtant rien de la puissance qu’on lui attribue, mais tout de la déception. Avec raison.

L’ancien receveur de passes et centre-arrière du Rouge et Or de l’Université Laval participe toute la semaine au Collegiate Bowl, au stade Rose Bowl de Pasadena. Il s’agit d’un match de football réunissant principalement des joueurs étoiles des universités américaines et qui leur permet de se faire valoir devant les recruteurs des 32 équipes de la NFL.

L’association des joueurs de la NFL organise l’événement chaque année depuis 2012. L’an dernier, 19 de la centaine de participants ont ensuite été sélectionnés au repêchage de la NFL.

«C’est arrivé sur un contact, un bloc. Rien de vicieux ou d’intentionnel. Après, j’ai été placé sur le protocole de commotion cérébrale et j’attends que tout rentre dans l’ordre. Le médecin m’a dit que ce ne serait pas une bonne idée de retourner sur le terrain», a expliqué l’athlète de 25 ans de Québec au Soleil, mercredi, alors qu’il ne s’était pas entraîné pour la première fois en trois jours.

Dizaine d’équipes rencontrées

Savard n’a pas tout perdu. Il reste jusqu’au match de samedi, profitant de ce qui reste de cette expérience unique. Et mise à part la soirée de mardi passée dans sa chambre d’hôtel, dans le noir, dans le but d’amoindrir les symptômes de commotion cérébrale, il continue de rencontrer les éclaireurs de la NFL en entrevue individuelle.

«Tous les soirs, des recruteurs peuvent te texter et te donner rendez-vous dans une salle pour jaser plus longuement et te poser des questions. À date, j’ai rencontré plus d’une dizaine d’équipes», affirme celui qui préfère taire l’identité des clubs en question.

Si la curiosité des gens pour un programme canadien comme celui de l’Université Laval est évidente, certains recruteurs lui ont parlé d’Antony Auclair, son ex-coéquipier du Rouge et Or coulé dans le même moule physique et qui évolue dans la NFL depuis deux saisons, avec les Buccaneers de Tampa Bay.

Savard est sur place à titre d’ailier rapproché, même position qu’Auclair et pour laquelle les entraîneurs du Rouge et Or l’ont formé, la saison dernière.

«Je me suis tellement entraîné fort pour ça, je ne suis pas venu ici pour repartir après deux jours», tranche-t-il, disant avoir hâte d’au moins renouer avec les rencontres de groupe et les études vidéo.

Avec l’ami Simba

Le garde format géant des Stingers de l’Université Concordia de Montréal Maurice Simba est aussi de la partie. Son anglais n’étant pas encore à point, pas désagréable pour Savard de communiquer en français avec celui qu’il connaissait déjà du Défi Est-Ouest des espoirs canadiens de la LCF.

En vue du Collegiate Bowl, Savard a passé deux semaines d’entraînement à Knoxville, au Tennessee, en compagnie de son coéquipier du Rouge et Or Mathieu Betts, un ailier défensif. Betts avait aussi été invité à Pasadena, mais a préféré l’East-West Shrine Game, match similaire tenu aussi samedi, mais en Floride, à St. Petersburg.

Savard souhaite malgré tout avoir soulevé l’intérêt d’assez d’équipes de la NFL pour tenir une journée de tests d’évaluation (pro day) pour les recruteurs au PEPS de l’UL, dans quelques semaines. Comme l’avait fait Auclair en 2017, avant d’être embauché comme joueur autonome par Tampa.

Le repêchage de la NFL a lieu à la fin avril et celui de la LCF une semaine plus tard, circuit canadien où Savard se classe septième espoir.