Maintenant âgée de 56 ans, Chantal Jobin a une belle feuille de route comme entraîneuse, ayant mené les Royals de Douglas College à dix titres nationaux.
Maintenant âgée de 56 ans, Chantal Jobin a une belle feuille de route comme entraîneuse, ayant mené les Royals de Douglas College à dix titres nationaux.

Badminton: Chantal Jobin prend les rênes du Rouge et Or

Autrefois 14e joueuse au monde en double et 51e en simple, Chantal Jobin prend les rênes de l’équipe de badminton du Rouge et Or de l’Université Laval comme entraîneuse en chef en remplacement d’Étienne Couture, qui a quitté ses fonctions en avril après 14 années de loyaux services.

Celle qui a passé la majeure partie des trente dernières années comme enseignante et entraîneuse en Colombie-Britannique était de retour au Québec depuis l’an dernier et agissait comme entraîneuse en chef du volet sports-études avec le Rouge et Or. Elle devait également, à la demande de Couture, accompagner le Rouge et Or aux championnats des Amériques au Mexique en juin, une compétition qui a comme plusieurs autres été annulée en raison de la pandémie de COVID-19.

«Je me sens un peu comme un imposteur car je respecte beaucoup Étienne Couture. Je ne m’attendais pas du tout à prendre sa place!», expliquait mercredi au Soleil celle qui a postulé pour le poste le 8 mai mais n’a su que mardi, après un long processus d’embauche, qu’elle avait été choisie. «J’avais été encouragée à poser ma candidature par les leaders de l’équipe du Rouge et Or, qui me connaissaient puisque j’avais aidé Étienne à quelques reprises.»

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Feuille de route

Maintenant âgée de 56 ans, Chantal Jobin a une belle feuille de route comme entraîneuse, ayant mené les Royals de Douglas College à dix titres nationaux. Auparavant, elle avait eu une belle carrière internationale, participant à trois coupes Uber, trois championnats du monde et six All England Opens.

«J’ai joué dans des hauts lieux du badminton comme la Chine et l’Indonésie et le All England, c’est comme Wimbledon. Il faut réussir à sortir des qualifcations et on l’a fait pendant trois ans en affrontant des joueurs de puissances comme la Suède et le Royaume-Uni», poursuit celle qui avait à l’époque comme coéquipières les Johanne Falardeau et Linda Cloutier, d’autres légendes du badminton féminin québécois.

Et dire que la jeune Chantal s’intéressait d’abord au basketball et à la course à pied, comme sa soeur la marathonienne Francine Jobin. «J’avais 14 ans quand (l’entraîneur de badminton) Jean-Claude Laprise est venu à la Polyvalente La Camaradière pour dénicher des athlètes. Il a constaté que j’étais très rapide au basketball et a pensé que cette vitesse serait utile au badminton. Il m’a proposé d’essayer ce sport et j’ai accepté», raconte-t-elle.

Retour aux sources

Pour Chantal Jobin, revenir à Québec avec le Rouge et Or est donc un retour aux sources et elle souhaite maintenant redonner aux étudiants athlètes ce qu’elle a reçu d’entraîneurs des quatre coins du monde durant sa carrière. «J’ai eu la chance de travailler avec des entraîneurs parmi les meilleurs, originaires du Danemark, de Chine, de Thaïlande et d’Angleterre qui m’ont donné des trucs que j’utilise encore aujourd’hui! Par contre, je ne vis pas dans le passé. Je me suis mise à jour au fil des années.»

L’entraîneuse se dit très excitée de prendre en charge l’équipe du Rouge et Or. «C’est une excellente équipe avec des joueurs qui sont très forts techniquement. J’aime beaucoup le coeur des joueurs québécois, des jeunes comme Étienne Chouinard et Guillaume Blais que j’ai eus sous ma responsabilité en sports-études.»

Chantal Jobin est cependant consciente des défis qui l’attendent en période de pandémie mondiale. «Il faudra bien sûr faire très attention. La phase 4 de déconfinement a débuté hier et nous aurons donc moins de limitations dans la pratique du sport, mais il faudra tout de même faire très attention», conclut-elle.