Glen Constantin et Ronald Hilaire

Rouge et Or et Redmen, l'étrange rendez-vous

Deux équipes vivant des séquences un peu étranges s'affronteront, dimanche après-midi, sur le terrain de football du PEPS de l'Université Laval. Les imprévisibles Redmen de McGill de Ronald Hilaire seront alors en ville pour affronter le Rouge et Or, qui vient de vivre deux matchs difficiles contre les Carabins de Montréal et les Stingers de Concordia.
Pas de panique
Après deux rencontres sans trop d'histoire en début de saison, le Rouge et Or vient de connaître deux matchs difficiles en succession, une défaite contre les Carabins, à Montréal, et une victoire peu convaincante de 12-8 contre les Stingers de Concordia, à Québec.
Étrangement, c'est sans doute ce gain qui a le plus secoué les partisans, le Rouge et Or ayant généralement moins de mal à repousser les abeilles. Piqués mais pas paniqués, les joueurs de l'UL, assure toutefois le vétéran plaqueur Edward Godin.
«Le mental est encore là. On est présents. Ça fait juste nous ressouder, nous serrer les coudes. L'ambiance dans l'équipe est encore extrêmement bonne. Je pense que les gars sont prêts à travailler et à pousser plus fort pour atteindre le but ultime.»
À pareille date l'an dernier, le Rouge et Or se trouvait dans une position similaire, avec une fiche de 3-1 et quelques points d'interrogation. Moins de deux mois plus tard, il soulevait la Coupe Vanier.
Pour bien relancer la machine en 2017, le Rouge et Or affrontera dimanche une équipe qu'il a vaincue 50-14 à son deuxième match de la saison. Triomphe sans appel, mais pas au goût de l'entraîneur-chef Glen Constantin. Il espère voir dimanche sa ligne tertiaire «plus étanche», particulièrement sur le côté court du terrain.
Débuter en force
Un meilleur début de rencontre est aussi souhaitable : les Redmen étaient dans le coup jusqu'à la fin du deuxième quart, le 1er septembre, alors qu'une poussée de 21 points en 2:18 a transformé un retard de 7-6 en avance de 27-7 pour le Rouge et Or.
La ligne offensive de Laval, historiquement une force, a aussi connu quelques ratés dernièrement. Lorsqu'on lui demande s'il en est inquiet, Constantin hésite, puis répond : «Pas encore. [...] C'est un groupe de cinq qui doit travailler ensemble, à l'unisson, et ce n'était pas le cas dans les derniers matchs.»
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Une belle lueur
Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas pour les Redmen de McGill. Depuis leur défaite de 50-14 en ouverture de saison contre le Rouge et Or, la troupe de Ronald Hilaire a arraché une victoire de 18-16 au Vert & Or de Sherbrooke, puis a encaissé des défaites de 68-16 (Concordia) et de 16-3 (Montréal).
Ces deux matchs illustrent bien les deux visages de la formation montréalaise. Après avoir connu une sortie difficile contre les Stingers - le pointage l'indique bien -, la défensive des Redmen a muselé l'attaque des puissants Carabins, qui ont marqué leurs points grâce à des touchés de sûreté, un simple et une interception ramenée dans la zone des buts. «On a été déçus des deux matchs», a toutefois précisé Ronald Hilaire, jeudi. «De deux façons un peu différentes.»
Contre Concordia, les erreurs et le manque d'exécution en début de rencontre ont placé les Redmen en retard 30-0 dès le premier quart. Contre Montréal, l'attaque a été incapable de réussir ses jeux une fois dans la zone payante. «Il y a au moins une belle lueur qu'on a vue dans le dernier match», a commenté l'entraîneur-chef.
Il espère dimanche un effort soutenu de 60 minutes. Le 1er septembre, contre le Rouge et Or, un creux de vague en milieu de rencontre a complètement renversé la vapeur. «Quand tu joues contre de bonnes équipes comme ça, c'est un ou deux jeux qui peuvent faire la différence. Si tu limites tes erreurs, tu vas être dans le match en grande partie et tout peut arriver au quatrième quart.»
Point de vue statistiques, les Redmen ont la pire attaque au sol de tout le football canadien. L'entraîneur-chef de Laval, Glen Constantin, s'attend donc à voir dimanche un adversaire miser beaucoup sur la passe, par l'intermédiaire de son quart Frédéric Paquette-Perrault, reconnu pour lancer «très rapidement» le ballon.
«Je pense que c'est dans leur stratégie. Ils sont conscients qu'ils n'ont pas une grosse ligne offensive qui peut tenir longtemps», a analysé le Rouge et Or en chef.