Glen Constantin et Danny Maciocia s’affronteront pour une septième fois en finale de la Coupe Dunsmore.

Rouge et Or / Carabins: Noël en novembre!

Nous y revoilà! Le deuxième samedi de novembre est devenu le Noël des amateurs de football universitaire au Québec avec le match de la Coupe Dunsmore. Pour une sixième année consécutive et une huitième fois en 10 ans, le Rouge et Or de l’Université Laval et les Carabins de l’Université de Montréal s’affrontent pour la suprématie provinciale. Manque de parité? Ligue à deux équipes? L’heure n’est pas à bouder son plaisir, mais bien à applaudir la crème des étudiants-athlètes québécois dirigés par les meilleurs entraîneurs.

Constantin : «On souffre de paranoïa»

Les deux équipes se connaissent. Beaucoup. Depuis que Danny Maciocia est son vis-à-vis chez les Carabins, Glen Constantin et son Rouge et Or croiseront le fer avec les Montréalais pour une 23e fois. Québec mène 14 victoires à 8, mais c’est quand même 2-2 lors des quatre plus récentes finales de conférence.

«Certains acteurs sont différents, mais l’histoire reste la même. Deux équipes qui se connaissent super bien et dans les moments importants comme samedi, elles vont faire ce qu’elles font de bien. Alors tu essaies de voir à partir de leur système ce que toi tu ferais. Des fois, on souffre de paranoïa un peu, mais il ne faut pas virer fou non plus. Mais j’aimerais ça que la semaine soit plus longue!» avoue celui qui est reconnu, avec son personnel, pour pousser l’analyse vidéo à un niveau très avancé.

Il pourrait obtenir son 175e gain en 18 saisons à la barre du R et O. Il pourrait aussi subir sa 32e défaite à ce poste, sa 12e aux mains des Carabins. Il vient quand même de mener sa troupe en finale de conférence pour une 16e année de suite.

Malgré une victoire, en prolongation, le dernier face-à-face contre Montréal a été fertile en apprentissages pour ses hommes, assure Constantin. Le fait d’écoper une pénalité à une verge de la zone des buts pour avoir eu trop de joueurs sur le terrain avant de subir une interception ne se reproduira plus, foi de coach. «Si on se retrouve dans le même genre de situation samedi, on va gérer ça différemment», annonce le patron, se disant convaincu que l’expérience de certains joueurs-clés comme son quart-arrière de cinquième année jouera un rôle important.

Et il y a le retour probable d’éléments importants dans l’alignement des Carabins, comme les receveurs de passes étoiles Louis-Mathieu Normandin et Guillaume Paquet. Montréal présenterait un alignement jamais vu cette saison, ce qui compliquera la tâche adverse même si les schémas stratégiques demeurent similaires.

À titre comparatif, des Carabins minés par les blessures ont dû faire appel à 72 joueurs cette saison contre 64 pour le Rouge et Or.

Maciocia : «Le match commence à 14h»

Quand Danny Maciocia souligne que «le match commence à 14h», il n’a aucune velléité promotionnelle. L’entraîneur-chef des Carabins insiste plutôt sur le fait que même si ce qui restera gravé dans l’esprit des spectateurs a toutes les chances de se résumer aux «derniers jeux du quatrième quart», la rencontre durera beaucoup plus longtemps.

«Ce ne sera pas un match d’un, deux ou trois jeux. Ce qu’on va faire à 14h s’avérera très important pour voir où on va être rendus vers 16h30», affirme le coach des Bleus.

En effet. Difficile de croire qu’ils pourront encore, comme lors du dernier match entre les deux formations, accorder 412 verges d’attaque nette au Rouge et Or, laisser l’ailier défensif Mathieu Betts s’amuser pour quatre sacs et penser gagner.

Ce que les Montréalais sont venus bien prêts de faire le 7 octobre dernier, en temps régulier de surcroît, n’eut été de l’écart de cinq points à combler pour un éventuel bris d’égalité. Laval l’a finalement emporté 18-15 en prolongation. Encore là, au cinquième quart, les Carabins ont refusé de tenter le placement pour essayer le touché, ce qui n’arrivera pas en éliminatoire.

«Notre ligne à l’attaque doit être meilleure. On ne peut pas se permettre de vivre ce qu’on a vécu la dernière fois», dit Maciocia, qualifiant Betts de meilleur joueur défensif universitaire qu’il ait vu à l’œuvre en huit ans à la barre des Carabins. Le 9 de l’UL a enregistré cinq de ses neuf sacs de cette saison contre Montréal. Dans le dernier duel, le Rouge et or en a réussi six.

«On ne peut pas arrêter Mathieu ou encore Hugo Richard, un quart-arrière de cinquième année arrivé à maturité, constate le pilote. Mais il faut trouver une façon d’identifier leurs joueurs d’impact et de les limiter.»

Pour cette sixième finale de conférence consécutive entre les deux grands rivaux, Maciocia tente de s’imaginer un scénario jamais vu, mais n’y arrive pas. «Je n’ai pas l’impression que ce sera très différent. En tout cas, tout le monde a hâte de voir qui va l’emporter et comment. Quant à nous, il faudra être quasi parfaits pour avoir des chances de gagner.»