Kean Harelimana a jusqu’ici vu le Rouge et Or savourer cinq victoires en six matchs aux dépens des Carabins de l’Université de Montréal, la formation pour laquelle évolue son frère Brian.

Rouge et Or/Carabins: la «Bataille des Harelimana»

La veille du premier match Rouge et Or/Carabins de la saison, l’Université Laval que fréquente le secondeur Kean Harelimana a jusqu’à maintenant eu le dessus cinq fois sur six sur l’Université de Montréal de son grand frère Brian, également secondeur. Kean indique cependant que c’est davantage leur famille qui est affectée par ces duels annuels que leur relation fraternelle.

«Moi et mon frère, on est hyperproches même si on joue pour des équipes différentes. Je ne sens pas plus de pression parce qu’on affronte les Carabins et que mon frère est de l’autre côté. Mais en tant que compétiteur, c’est sûr que je veux toujours être le meilleur», explique Kean, qui ne se retrouve jamais en même temps que son frangin sur le terrain puisque les deux évoluent en défensive.

«J’ai parlé à Brian ce matin. On s’est parlé tout l’été. Avant un match comme ça, on se dit toujours : “Joue un bon match... mais pas trop!”,» signalait en riant le cadet des Harelimana lors du point de presse hebdomadaire du Rouge et Or jeudi. «Je vais arrêter de lui parler à 14h samedi!», ajoute-t-il avec le sourire en faisant référence à l’heure du match qui prendra place au stade du Centre d’éducation physique et des sports de l’Université de Montréal (CEPSUM).

«Pour dire la vérité, je dirais que les membres de notre famille sont plus affectés que nous par ces matchs parce que nous, ça fait trois ans qu’on le vit sur le terrain. Ils sont beaucoup plus stressés, anxieux qu’on puisse l’être», signale Kean. «Ils ne prennent ni pour un, ni pour l’autre, ils sont juste des fans de football qui ont deux joueurs d’équipes opposées dans leur famille proche et qui assistent à des matchs très compétitifs quand elles s’affrontent.»

Les trucs défensifs

Même si lui et Brian évoluent à la même position, Kean Harelimana indique que lui et son frère n’ont pas pris l’habitude de s’échanger des trucs défensifs. Et pas nécessairement pour éviter de transmettre des «secrets d’équipe» à l’ennemi. «Si on n’échange pas des tactiques, c’est avant tout parce que notre défensive n’est pas la même que celle des Carabins. Ça ne fonctionne pas de la même façon, alors ce qui fonctionne à un endroit ne fonctionnerait pas nécessairement à l’autre», souligne-t-il.

D’autre part, Kean Harelimana avoue qu’il se sent bien dans l’environnement du CEPSUM, qui peut sembler hostile de prime abord pour tout footballeur arborant un uniforme rouge et or. «En fait, j’adore ça et en plus, tous les matchs sont très physiques là-bas! Les Carabins sont l’équipe qui nous matche le plus athlète pour athlète, alors c’est toujours un défi intéressant. Ils ont beau avoir perdu quelques bons receveurs de passes, il ne faut jamais les sous-estimer. Ils sont capables de faire de bons jeux, de courir le ballon et il faut aussi s’attendre à quelques jeux truqués», analyse le numéro 21 du Rouge et Or.

Même s’il n’est âgé que de 22 ans, Kean avoue qu’il se sent comme un vétéran à sa troisième saison universitaire à travers une brigade défensive qui a pris un coup de jeune avec le départ de plusieurs anciens, dont Mathieu Betts et Vincent Desjardins. «Je me sens comme un vétéran jeune en âge, mais, malgré la jeunesse de notre défensive, je suis convaincu que si tout le monde travaille sur la même page, on saura éviter les dommages offensifs», termine-t-il.

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LOUIS-PHILIPPE SIMONEAU: LE CARABIN WUR PRTDONNR NE PEUT DÉTESTER

Même si les joueurs vêtus de bleu sont loin d’avoir la cote auprès des partisans du Rouge et Or de l’Université Laval, il est un Carabin que presque personne ne peut vraiment détester. Le botteur Louis-Philippe Simoneau, en plus d’être l’un des meilleurs à pratiquer son art au niveau universitaire canadien, a inspiré plus d’un amateur de sport avec sa résilience après avoir reçu un diagnostic de lymphome non hodgkinien l’hiver dernier. 

Maintenant en rémission, le numéro 18 est de retour sur le terrain pour une cinquième saison avec toute la puissance et la précision qu’on lui connaît. Le natif de Saint-Hyacinthe, qui était déjà bien connu à Québec pour avoir évolué avec les Élans de Garneau au collégial, l’avoue : sa maladie a changé sa vision de l’avenir. À sa dernière saison d’admissibilité au football universitaire, il ne se tracasse pas pour la suite des choses. 

Leçon de vie

«Les événements que j’ai vécus l’hiver dernier m’ont donné une vraie leçon de vie. Si je réussis à me tailler une place au football professionnel après la saison, ça ira, mais ce n’est pas ça qui est important. Si ça ne marche pas, je pourrai au moins me dire que j’ai eu une belle carrière collégiale et universitaire», indique-t-il en entrevue avec Le Soleil.

À l’aube de renouer avec ses grands rivaux du Rouge et Or, Simoneau demeure cependant fébrile. «C’est spécial chaque année parce que je connais une couple de visages de l’autre côté», indique celui qui a évolué aux côtés de Nicolas Viens à Garneau et qui connaît aussi très bien les deux botteurs de la formation de l’Université Laval, Dominic Lévesque et David Côté. 

«En fait, nous avons le même entraîneur, soit Steve Wolf [l’un des entraîneurs de botteurs les plus réputés aux États-Unis] avec qui je vais parfois m’entraîner au Vermont», explique Simoneau. Par contre, le botteur des Carabins avoue qu’il parle très rarement football avec ses vis-à-vis du Rouge et Or.

Bouchées doubles 

Contrairement à Lévesque et Côté, qui se partagent les tâches pour les bottés de dégagement et les bottés de précision, Simoneau, lui, se tape tout le travail à Montréal. «Personnellement, je préfère de beaucoup faire les deux. Quand tu fais seulement l’un ou l’autre, parfois tu peux attendre longtemps avant de revenir sur le terrain alors que quand tu fais les deux, tu participes davantage au jeu», explique-t-il.

Et au moment d’affronter le Rouge et Or, il jure qu’il ne pensait pas au fait que son équipe n’ait pas vaincu les protégés de Glen Constantin depuis deux ans. «Pas du tout, car pour moi, chaque année est différente. Cette année, nous avons une bonne équipe qui est à maturité et on se concentre sur cette année, pas sur le passé. Notre quart Dimitri Morand a encore plus d’expérience, notre défensive est toujours solide et on se débrouille très bien sur les unités spéciales. Ceci dit, le Rouge et Or, ça demeure quand même l’équipe championne en titre de la Coupe Vanier», conclut celui qui semble toutefois stimulé par ce défi. Ian Bussières

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LE ROUGE ET OR EN BREF

Dequoy ne pense ni à la LCF ni à la place NFL

Classé quinzième espoir en vue du repêchage de la Ligue canadienne de football (LCF) alors que son entraîneur Danny Maccioccia affirme recevoir des appels de la NFL à son sujet, le demi défensif des Carabins Marc-Antoine Dequoy avoue qu’il ne pense ni à l’un ni à l’autre des deux grands circuits professionnels nord-américains alors qu’il dispute sa quatrième saison universitaire. «C’est un bel honneur, ça se prend bien», dira-t-il à propos du fait de voir son nom sur la première liste des espoirs canadiens de la LCF. «Mais moi, j’essaie davantage de penser à la game de samedi [contre le Rouge et Or]. J’essaie de garder l’accent sur cette saison-ci. Je ne veux pas que tout ça me sorte de ma game, je ne veux pas trop me perdre là-dedans. Il ne faut pas que ça devienne une distraction», a-t-il déclaré en entrevue avec Le Soleil. «À la fin de la journée, les recruteurs [de la LCF et de la NFL], ce qu’ils veulent voir, c’est si tu joues du bon football. Je crois qu’en me concentrant sur ma saison, c’est comme ça que j’aurai de bons résultats», ajoute-t-il. Sa tactique fonctionne assez bien merci puisqu’il mène son équipe pour les plaqués avec 14 et pour les interceptions avec deux en plus d’avoir marqué un touché en défensive. Ian Bussières

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La passe sera de retour, selon Pivin

Alors que le Rouge et Or de l’Université Laval a remporté ses deux premiers matchs en misant sur la course, la passe devrait prendre une plus grande place dans l’arsenal lavalois lors du match contre les Carabins. C’est du moins l’avis du receveur de passes de quatrième année Marc-Antoine Pivin. «Lors des deux premières parties, on s’est bien établis au sol. Le défi est maintenant d’être plus équilibrés. On s’attend à ce que les receveurs soient plus sollicités», indique Pivin, en rappelant que la deuxième demie du match contre les Stingers de Concordia, marqué par de violentes averses, était peu propice au jeu aérien. «Peu importe le nombre de passes que tu reçois, l’important est de faire les gros jeux. L’avantage qu’on a, c’est que tous nos receveurs ont déjà joué là-bas et que la défensive des Carabins, sauf le maraudeur et un demi de coin, est la même.» Pivin a aussi tenu à réitérer sa confiance envers le quart-arrière Samuel Chénard, un vétéran de cinquième année qui dispute toutefois sa première saison comme partant. «On a 100 % confiance en Samuel, qui va très bien depuis le début de l’année.» Ian Bussières