Rouge et Or

Amoah demeure dans le top 20

Contrairement à Tyrone Pierre, Christopher Amoah a conservé sa place parmi les 20 meilleurs espoirs en vue du repêchage de la Ligue canadienne de football (LCF), se plaçant au 19e échelon.

Il s’agit d’une chute de huit positions pour le dynamique porteur de ballon du Rouge et Or par rapport à la première liste du Bureau de recrutement amateur de la LCF, publiée en août, au début de la dernière saison. Amoah a pourtant été le meilleur porteur de ballon de l’Université Laval en 2017 avec une récolte de 49,7 verges par match. Il a toutefois été ralenti par des blessures en fin de parcours, ratant un match en saison régulière et trois pendant les séries éliminatoires. «Je l’ai déjà dit et je le répète, je performe mieux quand on me sous-estime», a réagi Amoah sur Twitter, mercredi avant-midi.

Du côté de Tyrone Pierre, la chute est plutôt brutale. Dans la première liste, il était classé au septième rang. Mais l’athlétique receveur de passes a connu une saison en deçà des attentes. Il n’a capté que 13 passes pour 122  verges en 2017, ne réussissant aucun touché. Il est désormais absent du top 20.

Un seul autre athlète de la division RSEQ apparaît dans le classement publié mercredi, le receveur de passes des Carabins de Montréal Régis Cibasu, qui pointe au huitième rang. Les joueurs de ligne offensive dominent le classement, occupant la moitié des places, dont les quatre premières. Le meilleur espoir demeure David Knevel, un bloqueur de l’Université du Nebraska. Quatorze des 20 hommes jouent au Canada et les six autres — dont les cinq premiers de la liste — dans des universités américaines.  

Football

«J'ai tellement appris sur moi-même»

Samedi dernier, Vincent Alarie-Tardif a tiré un trait sur sa carrière de joueur de football universitaire. Après quatre ans en tant que membre du Rouge et Or de l’Université Laval, le moment est maintenant venu d’amorcer un nouveau chapitre de sa vie.

Le produit des Mustangs de l’Odyssée Dominique-Racine a passé les quatre dernières années de sa vie au sein de l’un des meilleurs programmes du football universitaire canadien. Dominant, voire impitoyable, pendant son stage collégial, Alarie-Tardif a dû mettre son ego de côté lorsqu’il est débarqué à Québec.

«J’ai tellement appris sur moi-même, a avoué Vincent Alarie-Tardif à l’autre bout du fil. J’ai dominé la ligue au collégial et j’ai eu du fun au cégep, mais à Laval, il faut que fasses preuve d’humilité et que tu piles sur ton orgueil. Tu n’es plus le meilleur, tout le monde est aussi bon que toi. C’est un processus qui dure trois, quatre ou cinq ans. Je me suis défoncé sur les unités spéciales à mon arrivée et j’ai fait ma place. Dans les deux dernières saisons, je faisais partie des porteurs de ballon de confiance.»

L’athlète est très reconnaissant envers le personnel d’entraîneurs et les dirigeants du Rouge et Or.

«Ils t’apprennent à devenir une bonne personne, a fait valoir Alarie-Tardif. Tu apprends à être humble, persévérant. J’ai de très bonnes valeurs que mes parents m’ont inculquées, mais on dirait que tu recommences à zéro. Tout ce que j’ai appris à Laval, ça va me servir dans la vraie vie.»

À la Coupe Vanier, le Rouge et Or a baissé pavillon 39-17 face aux Mustangs de Western, dont fait partie le Chicoutimien Grégoire Bouchard. Les représentants de l’Université Laval n’ont donc pu défendre leur titre acquis un an plus tôt.

«Ils nous eus sur toutes les facettes du jeu, malheureusement, a résumé Vincent Alarie-Tardif. Ils nous ont dominés. On n’est vraiment pas sortis comme on voulait, mais ils ont mieux joué que nous. Ils méritaient le match.»

Le porteur de ballon a été limité à cinq courses, réussissant un touché en fin de rencontre.

«J’ai donné mon 100 pour cent comme je le fais chaque match, a-t-il réagi. Je suis satisfait de ma performance, mais est-ce j’aurais pu faire mieux? Oui, comme à chaque match. C’est sûr que j’aurais aimé en donner plus, mais je n’ai pas eu la chance. Quand tu perds tôt dans le match, c’est dur de courir.»

Repêchage de la LCF

Son stage de football universitaire étant chose du passé, Vincent Alarie-Tardif va maintenant se préparer pour les tests physiques (Combine) de la Ligue canadienne de football (LCF) cet hiver, suivi du repêchage au printemps. Celui qui va avoir 25 ans dans les prochains jours va donc être occupé au cours des prochains mois.

«Je devrais recevoir une chance de la Ligue canadienne, a évoqué Alarie-Tardif. Je vais m’entraîner fort au cours des prochains mois et je vais aller au Combine. Après ça, on verra.»

Le jeune homme est toutefois loin de s’arracher les cheveux lorsqu’il pense au repêchage de la LCF. Futur détenteur d’un baccalauréat en sciences de la consommation, il est également propriétaire d’une compagnie de construction, Peinture Econo pro, fondée il y a bientôt un an en compagnie de son meilleur ami. Ce n’est donc pas la LCF à tout prix pour le produit régional.

«Je ne m’acharnerai pas, a promis Vincent Alarie-Tardif. Il y en qui s’acharnent pendant 4-5 ans à essayer de penser qu’ils peuvent jouer pro. Si une équipe me donne la chance, je vais la prendre, mais sinon, je ne pousserai pas ma ‘‘luck’’. J’ai d’autres plans. Avec ma compagnie et mon baccalauréat, j’ai plein de ressources.»

Malgré plusieurs tentatives, il n’a pas été possible de joindre Grégoire Bouchard, vainqueur de la Coupe Vanier avec les Mustangs de Western.

Rouge et Or

Coupe Vanier: Québec sur les rangs pour 2018

L’Université Laval et le Rouge et Or aimeraient accueillir la prochaine Coupe Vanier. Reste à connaître les désirs de U Sports, qui tenterait de revenir dans le giron de la Ligue canadienne pour présenter sa finale en marge de la Coupe Grey.

Les démarches de l’Université Laval sont entamées depuis un certain temps, a expliqué mardi le directrice des activités sportives par intérim de l’UL et responsable du programme Rouge et Or, Julie Dionne. «“Si jamais vous cherchez une place, on lève la main”. C’est un peu ce qu’on a dit» à U Sports, a-t-elle affirmé au Soleil, mardi.

Une décision sera prise d’ici la fin janvier 2018, a de son côté spécifié le président de l’organisme responsable du sport universitaire canadien. «Nous sommes toujours ouverts à toutes les options, et Laval serait l’une des ces options», a écrit Graham Brown dans un courriel au Soleil.

Même si Brown n’a pas voulu confirmer l’information, un rapprochement avec la LCF semble toutefois être le premier choix de U Sports, selon Dionne. En 2007, en 2011 et en 2012, la Coupe Vanier avait été présentée dans le même stade, la même fin de semaine que la Coupe Grey. Ce qui assurait une présence accrue de partisans. La foule de 37 098 spectateurs enregistrée au Rogers Center de Toronto en 2012 demeure d’ailleurs la meilleure de l’histoire de la Coupe Vanier.

L’Université Laval a accueilli la grande finale du football universitaire à quatre reprises. Le Rouge et Or y était en 2010 et en 2013, mais les rencontres de 2009 et de 2015 avaient aussi eu un beau succès au guichet malgré l’absence des favoris locaux. En 2013, l’entraîneur-chef Glen Constantin suggérait même de faire du PEPS le lieu d’accueil permanent de la Coupe Vanier.

Les dimensions du Stade Telus sont idéales pour sa tenue, remarque Julie Dionne. Un peu plus de 18 000 personnes peuvent s’y entasser. «Il y a 35 000 places dans un stade de la CFL. Quand il n’y a pas beaucoup de monde, ça paraît. Je pense que c’est moins bon pour le sport universitaire dans ce temps-là.»

La prudence est toutefois de mise. Un échec dans la tentative de rapprochement avec la LCF ne signifierait pas forcément une Coupe Vanier à Québec, prévient Dionne. «On n’est peut-être pas seuls dans la course. C’est pas dit que si ce n’est pas la LCF, c’est nous qui l’avons. On n’en est pas là.»

Les larmes aux yeux

Présente à Hamilton pour assister à la défaite du Rouge et Or, Julie Dionne est bien placée pour comprendre la tristesse vécue par les footballeurs de Laval, vaincus 39-17 lors du match ultime. Elle avait une pensée particulière pour les finissants, mardi. «J’ai fini ma carrière sur une défaite en championnat national», a rappelé Dionne, ancienne joueuse du Rouge et Or basketball, de 1997 à 2002.

Samedi, elle avait les yeux dans l’eau, comme plusieurs joueurs. «Ça m’affecte. Je suis toujours émotive, que ce soit dans les défaites ou les victoires.»

Elle refuse par ailleurs de se mouiller quant à son intérêt pour le poste qu’elle occupe par intérim depuis le non-renouvellement du contrat de Christian Gagnon en octobre. «D’avoir accepté l’intérim m’amène dans un mois excessivement intense. Je n’ai pas de journées de congé, c’est un peu fou. Mais ça me permet de voir un peu ce que ça représente, j’ai cette chance-là», a dit la mère de deux jeunes enfants, qui remplit toujours ses tâches régulières, celles de responsable du programme Rouge et Or.

Sports

Coupe Vanier: une défaite doublement crève-coeur

HAMILTON — La défaite du Rouge et Or en finale de la Coupe Vanier, samedi, a doublement fait mal à six hommes. Les six qui, contrairement à leurs coéquipiers, n’auront pas la chance de se reprendre l’an prochain.

Vincent Alarie-Tardif, Edward Godin, Antony Dufour, Louis-Gabriel Beaudet, Marc-Antoine Claveau et Daniel Tshiamala ont épuisé leur temps dans le football universitaire. Ils ont vécu samedi la fin de cette aventure avec une défaite de 39-17 contre les Mustangs de Western. Dans l’amertume.

Ceux rencontrés au Stade Tim Hortons quelques minutes après le match constataient à quel point leur aventure sportive à l’Université Laval s’est déroulée en un clin d’oeil.

«Ç’a passé vite. Si je peux donner un conseil aux jeunes, c’est d’en profiter. C’est pas parce que t’es un première année que t’as énormément de temps devant toi», a affirmé le centre Beaudet. Il a tenu à remercier ses coéquipiers et les entraîneurs de l’organisation, en particulier le responsable de la ligne offensive, Carl Brennan, «qui m’a sculpté à sa main et avec qui j’ai adoré travailler».

Godin inconsolable

Après la rencontre, Edward Godin était inconsolable. D’abord à cause de la défaite, mais aussi parce qu’il vivait ses derniers moments avec sa deuxième famille. «Je pense à tous ces gens qui m’ont supporté — les fans, ma famille, les joueurs, les coachs —, qui m’ont influencé à devenir un meilleur joueur, une meilleure personne. J’échangerais mon expérience à Laval pour rien au monde», a dit le plaqueur.

Samedi, il peinait à ressentir la fierté méritée. La faute au résultat de la rencontre ultime. «Il y a beaucoup de personnes qui m’ont dit d’être fier, de garder la tête haute. Mais ça reste une perte dans mon cœur, et ça fait mal. Il faut que j’apprenne de ça et que je passe à la prochaine étape», a-t-il ajouté.

Cette prochaine étape pourrait bien être la Ligue canadienne. Godin a été sélectionné par les Lions de la Colombie-Britannique (42e) lors du dernier encan de la LCF. Il devrait obtenir une autre chance de percer l’alignement l’an prochain.

Grandis et transformés

Tous semblent s’entendre sur autre chose : ils ressortent du Rouge et Or grandis et transformés. Le porteur de ballon Vincent Alarie-Tardif a appris l’humilité pendant ses cinq saisons sous les ordres de Glen Constantin. «Laval, ce n’est pas juste une question de victoires et de défaites. T’apprends à être une bonne personne. […] T’arrives, tu sors du cégep et t’es le meilleur au monde, comme tous ceux qui jouent ici. Et il faut que t’attendes ton tour, il faut que tu piles sur ton orgueil.»

Le football lui a aussi permis de parfaire son éducation. Il complétera bientôt un baccalauréat en sciences de la consommation, ce qu’il n’aurait pas cru possible il y a quelques années : «Je n’étais pas supposé rentrer à l’université.»

De son côté, Antony Dufour termine un parcours fertile en émotions, au cours duquel il a vécu les joies d’un championnat canadien, mais aussi les peines d’une blessure majeure, une déchirure du ligament croisé antérieur en 2015 qui l’a forcé à une réhabilitation de plusieurs mois. 

Le spécialiste des retours de bottés ignore pour l’instant ce qui l’attend dans les prochains mois, à l’exception de la fin de ses études en enseignement au primaire. «Je vais prendre ça relaxe cette semaine et la semaine prochaine, et je vais voir après. Je n’ai pas eu de pourparlers encore. Je ne ferme pas la porte» à continuer dans le football.

Tous semblent y rêver, d’ailleurs. Même s’il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. «Je donnerais tout pour rembarquer sur un terrain l’an prochain», a lancé Beaudet, dont l’avenir en ce sens est incertain. Ce qui est aussi vrai pour ses frères d’arme...

Rouge et Or

La 10e Coupe Vanier attendra

HAMILTON — Avec sept minutes à faire à la finale canadienne du football universitaire, des hommes de la GRC en uniforme ont transporté la Coupe Vanier au son d’une musique solennelle, passant devant les partisans du Rouge et Or. Mais on savait déjà, à ce moment, que l’Université Laval ne soulèverait pas le précieux objet pour la 10e fois de son histoire.

Le Rouge et Or n’a jamais été dans le coup, samedi. Auteurs d’une performance colossale, les puissants Mustangs de Western Ontario ont triomphé sans appel, 39-17 au pointage, dominant dans toutes les facettes du jeu.

«L’histoire du programme est garnie de belles pages. Aujourd’hui, elle est moins belle. Mais ce n’est pas fini», a dit l’entraîneur-chef Glen Constantin, au son d’un crève-cœur We Are the Champions. «On avait une opportunité de faire mieux que ça. On n’a pas joué notre meilleur match, mais les Mustangs sont une très bonne équipe et on doit leur donner respect.»

«Nous avons vraiment été dominés aujourd’hui», a constaté le quart-arrière Hugo Richard, qui a vu plusieurs de ses receveurs échapper ses relais. «Ils sont sortis avec beaucoup d’énergie, beaucoup d’intensité. Ça nous a fait mal en partant.»

Car dès leur première possession, les Mustangs ont montré leurs couleurs en traversant le terrain sur 84 verges, séquence couronnée par la trotte de 13 verges du polyvalent quart Chris Merchant. Ils n’ont jamais tiré de l’arrière ensuite. Western a inscrit des points dès sa première possession à chacun de ses matchs cette saison.

Après un simple, ils ont remis ça avec une poussée de 82 verges. Cette fois-ci, le Montréalais Cédric Joseph a complété le tout avec une jolie course de 12 verges.

Pendant ce temps, l’attaque de Laval peinait. Elle est sortie de sa torpeur à la fin du deuxième quart avec une poussée de 78 verges. Benoît Gagnon-Brousseau a capté un relais de Richard dans la zone des buts, un jeu de 28 verges.

Rouge et Or

Une histoire de sport et d’amitié

HAMILTON — Il était tard quand les plus ardents amateurs du Rouge et Or ont amorcé leur party d’avant-match, samedi matin. Selon leurs propres standards, du moins.

Si 9h peut sembler tôt pour faire cuire un méchoui, déboucher une bière, ou même pour être déjà habillé un samedi matin, c’est l’équivalent d’une grasse matinée pour ces «crinqués», habitués de débuter leur tailgate dès 5h30 lors des matchs disputés au PEPS.

Mais les autorités ne leur ont pas permis de festoyer plus tôt que 9h, samedi, dans un stationnement en bordure du Stade Tim Hortons. Il faut dire que contrairement au stade Telus du PEPS, l’arène de Hamilton est située en plein cœur d’un quartier résidentiel.

N’empêche, l’ambiance était déjà chaude lorsque Le Soleil s’est pointé au cœur du groupe, vers 11h30. Selon Soraya El Goumiri, administratrice de la page Facebook des fans du Rouge et Or, ils étaient entre 500 et 600 dans le stationnement, puis dans les estrades.

«Nous, on est prêts depuis hier!» a-t-elle dit en riant. «On n’a pas dormi beaucoup, on est sortis hier en gang.»

Cette gang, c’est une histoire de sport, mais aussi d’amitié. «Pendant une saison, on fait des connaissances. Des parents vont nous quitter avec la fin de l’année, mais il y en a d’autres qui arrivent l’année suivante. Et ce sont des amis pour la vie», dit Mme El Goumiri.

«Ses chances sont là»

Dans le groupe de samedi se trouvaient plusieurs parents de joueurs portant fièrement les couleurs rouge et or, bien sûr, mais aussi le numéro de fiston, sur le chandail ou dessiné sur la joue. Souvent les deux.

Dont Cynthia Cloutier, maman de Mathieu Betts, joueur de ligne de l’année au Canada pour une deuxième année de suite. Les succès de fiston le destinent à de grandes choses, et Mme Cloutier prévoit déjà l’après-Rouge et Or du plaqueur, que plusieurs voient dans la NFL.

«On va l’encourager, on va mettre de l’argent de côté pour aller voir des matchs. On a déjà commencé à se dire qu’on va avoir besoin d’une plus grande télévision», a-t-elle dit avec le sourire. «Avec ce qu’il donne comme performances en ce moment, je crois que ses chances sont là» d’aller jouer aux États-Unis, a-t-elle ajouté anticipant déjà une période stressante, dans un an et demi, lorsque le football professionnel pourra enfin le courtiser.

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Rouge et Or

Coupe Vanier: le temps d’un gros jeu

HAMILTON — Un seul jeu, mais un très gros jeu, a permis à Marc-Antoine Bellefroid de sortir de l’ombre et de conjurer le mauvais sort subi l’année dernière.

Car à pareille date en 2016, lors de la finale de la Coupe Vanier, le spécialiste des longues remises était tenu à un rôle de spectateur en raison d’une blessure au genou. «L’année passée, ç’a été dur. On gagne, mais tu n’es pas habillé… Sauf que je l’ai pris de la bonne façon. Là, d’être habillé et d’avoir la chance de jouer, c’est excitant», a dit vendredi celui qui a conservé sa longue crinière blonde malgré la coupe mohawk «subie» par tous les joueurs du Rouge et Or.

La semaine dernière, il a participé au jeu-clé de la victoire en demi-finale du Rouge et Or sur les Dinos de l’Université de Calgary. Lors d’un retour de dégagement, Bellefroid a fait perdre le ballon à Deane Leonard sur un violent plaqué, séquence qui a conduit au touché de Gabriel Ouellet. C’était alors 27-18 pour Laval, le match s’est terminé 35-23. Le point tournant.

Bellefroid a vu son jeu couronné du titre de joueur de la dernière semaine au Canada sur les unités spéciales. «Ce n’est rien que j’attendais. Veux, veux pas, j’ai été sur un seul gros jeu. À part ça, j’ai fait des bons snaps… Comme toujours!» a affirmé le souriant athlète de 6’2’’ et 250 livres, qui prévoyait dormir sans peine pendant la dernière nuit avant le grand rendez-vous de samedi (13h), contre les Mustangs de l’Université Western Ontario.

Le vent, un impondérable

Bellefroid fait partie des unités spéciales, phase du jeu éclipsée des discussions cette semaine par la terrifiante attaque des Mustangs et la muraille défensive du Rouge et Or. Mais dans le venteux stade Tim Hortons, elle pourrait faire toute la différence.

«Ça va être une journée venteuse, il va falloir être prêts à plusieurs genres de scénarios», a d’ailleurs affirmé le coordonnateur des unités spéciales, Mathieu Bertrand. «On est habitués à Québec, donc ça ne me stresse pas ben ben.»

L’ancien quart-arrière vedette du Rouge et Or, pivot des deux premières formations lavalloises couronnées championnes (1999 et 2003), admet s’ennuyer du jeu. «Si j’avais encore la chance de jouer, je jouerais. J’ai encore la passion de jouer. Mais le corps ne suit plus, je m’en vais sur mes 40 ans! Mais le fait que je sois resté dans le football, que je puisse enseigner toute mon expérience de 30 ans de football... C’est un cadeau de voir mes joueurs performer, c’est incroyable.»

Contrairement à lui, Bertrand assure que les joueurs de l’Université Laval ne sont pas fatigués par les nombreux voyages des dernières semaines, de Québec à Calgary à Hamilton, en repassant par Québec. «Moi, je suis fatigué parce que j’ai 40 ans. Eux, ils ont 20 ans. Je ne pense pas que ça va faire une différence», a-t-il dit en riant.

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Renfort de premier plan

Le retour au jeu du porteur de ballon Christopher Amoah tombe à point. Car devant une formation qui compte plusieurs coureurs de premier plan comme Western, le Rouge et Or devra répliquer en diversifiant son attaque. «Il travaille très fort cette semaine pour rattraper un peu tout le monde», a expliqué le quart Hugo Richard, jeudi, parlant de son coéquipier blessé à la cheville depuis le match du 21 octobre contre les Carabins de l’Université de Montréal.

«C’est un joueur très dynamique qui court d’une façon très spéciale. Peu de joueurs sont capables de courir comme lui. Ça va aussi donner un peu de repos à Vincent Alarie-Tardif pendant le match», a ajouté Richard. Après un début de saison parfois difficile, Amoah retrouvait sa superbe avant sa blessure, comme le démontre son match de 180 verges contre Sherbrooke, le 7 octobre. 

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VU

Un joueur des Mustangs de l’Université Western passé tout l’entraînement de vendredi vêtu de bermudas et d’un gilet (transparent!) sans manches. Même si le thermomètre annonçait 10°C, les rafales de vent à plus de 50 km/h étaient mordantes au stade Tim Hortons. Tuques et manteaux d’hiver semblaient quasi nécessaires, du moins pour les pauvres journalistes forcés de faire le pied de grue sur les lignes de côté.

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ENTENDU

«Donnez-en lui autant que vous voulez!» À la blague, l’entraîneur-chef des Mustangs, Greg Marshall, a demandé de l’aide aux journalistes de Québec, jeudi soir, juste avant le gala U Sports de fin de saison. En offrant une bière à son ami et adversaire Glen Constantin, il a insisté pour qu’on l’imite, histoire de faire perdre un peu la carte au plus décoré des entraîneurs du football universitaire canadien, moins de 48 heures avant le grand match. Rassurez-vous, partisans du Rouge et Or, nous n’avons pas donné suite à sa demande...

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VU

De la brique, de la brique et encore de la brique. Point de vue beauté, la ville de Hamilton n’a pas la meilleure réputation… et force est d’admettre que c’est mérité, principalement en raison des nombreuses usines situées en bordure du lac Ontario. Son centre-ville et les alentours possèdent toutefois un potentiel intéressant, puisque la grande majorité des bâtiments sont construits en briques rouges et brunes. Mais le tout est trop souvent gâché par de vilaines enseignes commerciales, un manque flagrant d’entretien et des terrains vagues en attente d’un promoteur. Dommage... Fin de la chronique urbanistico-architecturale. 

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Surprenant Gingras-Gagnon

Simon Gingras-Gagnon est devenu un rouage important de l’attaque du Rouge et Or dans les dernières semaines.

Le centre-arrière a inscrit deux touchés en saison, puis un autre lors du match de la Coupe Mitchell contre Calgary, il y a sept jours. Sa tenue lui a valu d’être nommé parmi les étoiles au Québec, une surprise même pour lui.

«Oui, c’est super surprenant. Je m’attendais surtout à avoir un impact sur les unités spéciales. J’avais pas vraiment d’objectifs cette année», dit l’ancien des Redmen de McGill.

Fort de son expérience à la Coupe Vanier l’an dernier, le natif de Québec assure se sentir moins nerveux cette semaine. «Ça enlève un petit peu de stress, même s’il en reste. Mais c’est un bon stress. On le gère bien. Moi, je te dirais que je suis stressé une heure avant le match. Mais dès que ça commence, c’est fini.»

Il occupe l’ancien poste d’Antony Auclair, désormais membre des Buccaneers de Tampa Bay de la NFL. De gros souliers à chausser. «Je ne veux pas dire “remplacer” Antony Auclair», prend-il soin de mentionner. «Parce que ça reste quand même un gros morceau. Je ne veux pas me mettre de pression par rapport à ça. Je ne veux pas essayer de jouer comme lui», ajoute Gingras-Gagnon, qui concède au moins cinq pouces et 50 livres à son ancien coéquipier.

Rouge et Or

Coupe Vanier: Joseph au cœur de la terrifiante rafale

Hamilton — Si l’on fait grand cas de l’attaque au sol des Mustangs de Western depuis une semaine, c’est qu’elle a des allures de terrifiante rafale. Avec 2479 verges par la course en saison, les Mustangs ont éclipsé par 655 leurs plus proches poursuivants, les Gryphons de Guelph. Et le Rouge et Or par… 1197. Western a poursuivi le travail en séries, avec 1128 verges en trois rencontres.

L’un des artisans de ces succès est un p’tit gars de Montréal, Cédric Joseph. Un super athlète qui a échappé à l’Université Laval à cause — entre autres — de ses difficultés avec le français écrit, lui dont la première langue est l’anglais.

Après une récolte de 578 verges et 10 touchés pendant les huit matchs de la saison régulière, Joseph a élevé son jeu de quelques degrés depuis le début des séries éliminatoires. Il compte déjà autant de majeurs et 419 verges au thermomètre. En bon français: il est hot.

Si l’on se fie à Joseph, les Mustangs miseront sur leurs forces pour vaincre le Rouge et Or samedi (13h), au Stade Tim Hortons de Hamilton. Ça veut dire qu’on devrait le voir souvent. «On doit jouer un match parfait», reconnaît-il. «Parce que Laval est une force très dominante. Mais on n’a rien de différent à montrer dans le match de demain.»

Personne chez les Mustangs ne semblait croire en la possibilité de connaître une saison sans intempéries en 2017. Jusqu’ici tout va bien, un beau ciel bleu, avec 11 succès en 11 rencontres. Mais il en reste une, celle de la 53e Coupe Vanier.

«Avoir une saison parfaite est évidemment quelque chose de spécial. Le match de demain sera le crémage sur le gâteau, si l’on parvient à l’emporter», affirme le numéro 21, questionné vendredi après un entraînement dynamique qui détonnait avec celui plus paisible du Rouge et Or.

Leadership québécois

Avec le secondeur étoile de Lévis Jean-Gabriel Poulin, Joseph mène une délégation de 11 joueurs québécois qui font leur marque chez les Mustangs. Parmi eux, un athlète de Québec, Nicolas Thériault, admet avoir été séduit par la forte représentation de la Belle Province quand est venu le temps de choisir une université.

«Ç’a été un très grand facteur dans ma décision. […] Quand j’ai fait ma visite, c’est quelque chose qui m’a frappé. Les Québécois chez les Mustangs sont de très bons leaders, ils rassemblent l’équipe. Ça donne une fierté. On est fiers de représenter quelque chose à l’extérieur du Québec», souligne le joueur de ligne défensive.

Pour Thériault, affronter l’équipe de sa ville natale en finale canadienne est excitant, mais «ça ajoute un petit stress. Laval a un très beau programme. Mais en même temps, on est super prêts. Je crois vraiment en nos chances, on a une solide équipe», dit l’ancien du Collège Champlain, qui ne cache pas être nerveux avant le plus gros match de sa carrière.

Si l’on se fie à MétéoMédia, cette rencontre sera disputée dans une température d’environ 7°C et sous un ciel variable avec quelques risques d’averses. Fin de la chronique météo.

Rouge et Or

Coupe Vanier: la «Ferrari» Betts et Auclair en vedette

Mathieu Betts et Adam Auclair ont vu leur brio chez le Rouge et Or récompensé, jeudi soir, lors du gala de remise des honneurs individuels du football universitaire canadien, au Hamilton Convention Center.

Le premier a été nommé joueur de ligne par excellence pour une deuxième saison de suite; le deuxième a reçu le titre de joueur défensif de l’année, après celui de meilleure recrue, en 2016. Car oui, contrairement à ce que votre humble serviteur a écrit dans le journal de jeudi, il y avait bien cinq membres du R et O en lice lors du gala de jeudi. Mes excuses à Adam.

Les nominés Hugo Richard (joueur par excellence), Glen Constantin (entraîneur de l’année) et Kean Harelimana (recrue de l’année) sont donc repartis bredouilles de cette soirée, tenue moins de 48 heures avant le match de la Coupe Vanier.

Malgré des statistiques modestes par rapport à ses deux premières saisons, Betts demeure sans doute le joueur le plus craint de tout le football universitaire. Selon Glen Constantin, son plaqueur est un «phénomène» qu’il vaut mieux ne pas trop diriger. «C’est comme une Ferrari : faut pas que tu touches trop aux réglages. Mais il progresse quand même encore», a dit l’entraîneur-chef du Rouge et Or, avant d’obtenir une bière des mains de son adversaire de samedi, Greg Marshall.

«Il y a eu une grosse progression de l’année 1 à l’année 3», a réagi Betts, après avoir obtenu une ovation debout de ses coéquipiers. «Il y a eu une grosse amélioration au niveau tactique. Et si on se fie aux tests physiques qu’on a à chaque hiver, j’ai progressé en force et en vitesse.» Avant Betts, un seul autre homme avait remporté le trophée J.P. Metras deux fois: l’ancien du Rouge et Or Arnaud Gascon-Nadon, en 2010 et 2011.

Forcier fait le travail

Quant à Auclair, il est devenu le deuxième Lavallois à gagner le titre de joueur défensif par excellence, après Frédéric Plesius en 2012. Le Beauceron a réussi 41 plaqués et trois interceptions en 2017, même s’il devait s’adapter à un nouveau rôle, celui de secondeur hybride. «C’est juste un bon joueur de football», constate Constantin. «Chez nous, on n’aura jamais un gars avec 50 plaqués. On a de bonnes défensives d’équipe.»

Une belle surprise et une belle réussite, considérant ses changements de tâches. «Je suis fier», a commenté le jeune frère d’Antony Auclair, des Buccaneers de Tampa Bay. «J’ai travaillé fort avec Marc [Fortier] pendant la saison morte. Je suis vraiment content pour ça.»

Signe que la défensive de Laval s’est démarquée cette saison, quatre membres de l’unité dirigée par Fortier se retrouvent sur la première équipe d’étoiles. Auclair et Betts sont accompagnés par le plaqueur Vincent Desjardins et le demi défensif Gabriel Ouellet.

Mais aucun du côté de l’attaque, où Noah Picton (Regina) a été préféré à Hugo Richard au poste de quart. Ce dernier se retrouve toutefois sur la deuxième constellation, avec le garde Samuel Thomassin. Grâce à ses 183,5 verges de gains par match, le porteur de ballon Ed Ilnicki s’est vu remettre le trophée Hec Crighton du joueur par excellence, mettant fin à une séquence de 10 triomphes des quarts-arrière.

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Rouge et Or

Coupe Vanier: une coupe entre amis

HAMILTON — Glen Constantin et Greg Marshall sont d’excellents amis. Et ça paraissait jeudi matin, au Stade Tim Hortons de Hamilton, pendant la conférence de presse en vue de la 53e Coupe Vanier. Mais durant trois heures, samedi, cette amitié sera reléguée au second plan, alors que les équipes menées par les deux hommes s’affronteront pour la consécration du football universitaire canadien.

En quête de références

Coach Constantin connaît bien les tendances de son ami Marshall. Heureusement, car les sources de références pour analyser l’adversaire sont plutôt rares, à part les bonnes vieilles vidéos.

À l’exception de Carleton en match hors-concours au mois d’août, le Rouge et Or n’a affronté aucune des formations vaincues par Western Ontario cette saison. Meilleure attaque et meilleure défensive pour les verges accordées au pays, les Mustangs sont-ils aussi puissants qu’ils en ont l’air? «C’est dur à juger sur le film. On ne peut pas juger du calibre d’une équipe avant de l'avoir affrontée», lance le quart-arrière Hugo Richard, parlant à la fois de Western et de leurs récents adversaires. «C’est un peu ça qui est difficile en préparation: on a aucun barème, on peut se référer à rien. [Les Mustangs] ont planté tout le monde!»

Selon Constantin, il est très difficile de juger la force physique de chacun des joueurs en observant les images. «Tu vois par exemple qu’ils dominent les fronts défensifs physiquement, mais c’est dur d’évaluer si ces fronts défensifs sont forts. On va savoir ça assez rapidement [samedi].»

Une chose est sûre: Marshall aime voir son équipe courir avec le ballon. Et avec des porteurs de premier plan — le Montréalais Cédric Joseph en tête — les champions de l’Ontario risquent fort de poursuivre la tradition, samedi. «Ça fait une couple d’années qu’ils roulent ce système-là, constate Constantin. Il est rendu à maturité. Ils ont leur identité, ils ne changent plus le système même si les individus changent. Tu vois qu’il est bien rodé.»

Les Mustangs ont malgré tout ce qu’il faut pour briller par le jeu aérien, avertit l’entraîneur du Rouge et Or en souriant. Le brio du quart de deuxième année Chris Merchant et de ses receveurs de passes permet à Western d’avoir une attaque bien équilibrée.

Quant aux chiffres offensifs gigantesques des Mustangs en séries — 222 points en trois matchs —, Constantin assure ne pas trop s’y fier, parlant même de «valeurs aberrantes», surtout ce gain de 81-3 contre Acadia en demi-finale.