Rouge et Or

Mathieu Betts ronge son frein

Laissé de côté lors du dernier match contre les Redmen de McGill en raison d’une blessure subie durant l’entraînement, le joueur de ligne défensive Mathieu Betts veut vraiment disputer le dernier match de la saison régulière contre le Vert & Or de Sherbrooke.

«Oui, il se pourrait qu’il joue en fin de semaine. En tout cas, lui, il veut jouer!» a déclaré son entraîneur Glen Constantin après l’entraînement de mercredi, lors duquel Betts est resté sur les lignes de côté.

Rouge et Or

Victoire facile et record pour Richard

MONTRÉAL- Le Rouge et Or de l’Université Laval y est allé d’une autre victoire facile par la marque de 57 à 13 samedi contre les Redmen de McGill au Stade Percival-Molson. Le quart-arrière Hugo Richard a profité de l’occasion pour compléter cinq passes de touchés et ainsi battre le record d’équipe de Benoît Groulx avec 67 en carrière.

«C’est l’fun... C’est plate pour Benoît un peu, mais moi je suis content. Ça témoigne juste de mon long passage à l’Université. Ça a aidé aussi que j’aie été partant à mon premier match», a résumé Richard après la partie, jurant qu’il ne se préoccupait pas des records.

«Je ne comptais pas, mais mes joueurs de ligne offensive, eux, le faisaient et me disaient à chaque touché combien il m’en manquait pour le record», ajoute-t-il en riant.

Richard assure que la semaine prochaine, contre le Vert & Or de Shebrooke, il ne pensera pas non plus au record québécois de 68 passes de touchés établi justement par l’ancien quart sherbrookois Jérémi Roch en 2015. «Si on marque tous nos touchés par la course, je serai heureux quand même. Je ne consacre pas mon énergie pour ça.»

Faux départ

Le Rouge et Or avait mal débuté la partie, écopant de quelques pénalités alors que les Redmen étaient en possession du ballon. Une pénalité pour interférence à Émile Chênevert a mené les locaux à la porte des buts et un placement de Findlay Brown les a poussés en avant à 8:20 du premier quart.

«Quand tu apprends pendant le «warm-up» que (le joueur de ligne défensive vedette) Mathieu Betts s’est blessé et ne sera pas disponible et que tu as beaucoup de joueurs de substitution en défensive... C’est sûr qu’on n’a pas eu le départ qu’on voulait, mais on s’est adaptés», a déclaré l’entraîneur-chef du Rouge et Or, Glen Constantin.

L’avance des Redmen a cependant été de bien courte durée, le Rouge et Or répliquant avec un touché quand Richard a fait une passe de 8 verges à Vincent Breton-Robert. Moins de deux minutes plus tard, les Redmen concédaient un premier touché de sûreté. Ils allaient accorder huit points de cette façon durant le match.

Explosion

Lançant le deuxième quart avec une avance de 9 à 3, les protégés de Glen Constantin ont explosé avec 25 points. D’abord un touché sur une longue passe de Richard au receveur de passes Mathieu Robitaille suivi d’une longue course de ce dernier moins d’une minute après le début de l’engagement. Puis un ballon échappé par le retourneur des Redmen repris à la ligne de 22 par le Rouge et Or qui a débouché sur un autre touché sur une passe de 8 verges à Jonathan Breton-Robert.

Le Rouge et Or a ajouté un autre majeur avant la mi-temps, une course de six verges de Christopher Amoah à 7:15 et, après un petit passage à vide au milieu du troisième quart qui a permis Jérémie Sauvageau d’inscrire le seul touché des Redmen, a redémarré la machine.

Une passe de 34 verges à Robitaille dans la zone des buts en fin de troisième quart, puis une autre à Alexandre Savard en début de quatrième quart et Richard avait égalé, puis battu le record de Groulx. Glen Constantin l’a ensuite remplacé par Samuel Chénard pour terminer a partie.

Le Rouge et Or a ajouté un autre touché sur une course d’une verge de Philippe Lessard-Vézina et les Redmen ont inscrit trois autres points avec un placement dans une cause perdue dans les dernières secondes du match.

Robitaille était tout sourire à la fin de la partie, heureux d’avoir été la cible de Richard sur deux longs jeux.

«Avec un gars comme Hugo, c’est toujours plus facile sur les jeux aériens. Je sens qu’il a confiance en moi et qu’il sait que je peux courir quand les zones profondes sont ouvertes», a commenté l’ancien des Titans de Limoilou.

«Ces longs jeux, ça fait toute la différence et ça coupe un peu les jambes de l’adversaire en plus de donner un bon «boost» de notre côté», a-t-il ajouté.
Constatin pas enchanté

Malgré cette autre victoire facile, Constantin n’était cependant pas complètement enchanté après la partie. «Il y avait beaucoup de jeunesse sur notre ligne tertiaire, qui n’était pas assez étanche. Les couvertures étaient «lousses» et il y a eu quelques pénalités à cause de la frustration chez certains joueurs», a-t-il commenté.

«Le message que j’ai lancé aux joueurs après la partie était que notre objectif n’était pas nécessairement atteint. On n’a pas joué une «game» à notre standard, il ne faut pas se laisser berner par le pointage et les statistiques. Ce n’est pas juste la victoire, c’est comment on s’y prend.»

Son vis-à-vis des Redmen, Ronald Hilaire, se consolait en se disant que les siens s’en étaient mieux sortis que lors du premier affrontement entre les deux équipes au Stade Telus.
«On savait que ça allait être une grosse commande, mais on voulait montrer qu’on allait être combatifs. On a bien débuté, mais on ne finit pas toujours. Il faut jouer quatre quarts pour gagner un match comme celui-là», a conclu Hilaire.

Football

Un gros enjeu pour McGill face à Laval

Déjà champion de la conférence du Québec, le Rouge et Or de l’Université Laval disputera samedi un match sans grand enjeu contre les Redmen de McGill, vaincus 53-7 il y a trois semaines. Pour la troupe de Ronald Hilaire, le match revêt cependant une grande importance, puisqu’elle doit connaître une bonne fin de saison afin d’éviter de terminer au dernier rang et de rater les séries. Notre journaliste Ian Bussières vous présente le face à face entre les deux équipes.

UN PEU MOINS DE STRESS

Pour l’entraîneur-chef du Rouge et Or, Glen Constantin, le fait de s’assurer du championnat du calendrier régulier la semaine dernière en l’emportant une deuxième fois sur les Carabins de l’Université de Montréal vient enlever un peu de poids sur les épaules de ses protégés.

«On pourra maintenant finir la saison dans un climat où il y aura un peu moins de stress. On a eu une belle semaine de pratique avec moins de stress et on a pu mettre l’accent sur le système de jeu et la technique», a-t-il noté, jeudi.

Malgré le score élevé du dernier match, Constantin insiste cependant sur le fait qu’il faut respecter les joueurs de McGill. «Il faut toujours respecter l’adversaire même si, comme dans ce cas, c’est une équipe en reconstruction où il y a beaucoup de jeunesse. On en profitera de notre côté pour donner du temps de jeu à nos joueurs un peu plus jeunes.»

Le pilote du Rouge et Or précise cependant qu’il serait surprenant de voir de nouveaux visages sur le terrain. «On devrait voir des joueurs qui ont joué un peu moins de matchs, mais pas nécessairement de nouveaux joueurs qui n’ont pas encore joué cette année.»

D’autre part, des vétérans qui éprouvent encore des séquelles des matchs précédents pourraient avoir l’occasion de prendre un peu de repos. «Ça nous donnera l’occasion de reposer certaines ressources. Il y a des gars qui vont jouer, mais dont le temps de jeu sera volontairement limité.»

Foi de Constantin, le Rouge et Or devra malgré tout jouer à la hauteur du niveau qu’on lui connaît. «Nous avons regardé le film du match McGill-Sherbrooke et les Redmen ont fait beaucoup de mauvaises remises et seulement cinq ou six jeux au sol. Ça ne me dérange pas qu’ils passent le ballon 60 fois, tout est dans la façon qu’ils le passent. Il y a aussi eu beaucoup d’erreurs offensives. Les cinq premières remises sont passées par-dessus la tête du quart-arrière.

«Il ne faut pas oublier non plus qu’ils ont une défensive agressive, mais qu’ils ont quatre recrues sur leur ligne offensive. Ils n’ont jamais vraiment eu la même ligne offensive de toute l’année.»

Rouge et Or

Le Rouge et Or champion, et après...

Le Rouge et Or est encore champion. Pour la deuxième année de suite et la 14e fois en 16 ans, le club de football de l’Université Laval terminera au premier rang de la saison régulière au Québec.

Le Rouge et Or (6-0) a accompli cet exploit de façon spectaculaire dimanche après-midi en prenant la mesure en prolongation de ses plus grands rivaux, les Carabins de Montréal (4-2), par la marque de 18-15.

Devant en plus un stade du PEPS comble de 18 234 spectateurs, qui auront maintenant la chance d’applaudir leurs favoris durant tout le mois de novembre. Pour une possibilité de quatre rencontres éliminatoires sur quatre disputées à Québec, jusqu’à l’ultime match de la Coupe Vanier présenté dans la Vieille Capitale, le 24 novembre.

Mais avant, à moins d’une énorme surprise, les Carabins reviendront dans un mois livrer une dure bataille pour le titre québécois et une invitation aux demi-finales canadiennes. Et attendez-vous à un autre match serré : 12 des 13 derniers duels entre les deux puissances se sont soldés par un écart de six points ou moins.

Glen Constantin l’a dit après la victoire in extremis des siens dimanche : «On n’a aucune garantie de gagner à la maison.» Plus que quiconque, le grand manitou du Rouge et Or sait trop bien que les Carabins ont gagné trois fois à Québec dans les quatre dernières années.

Aucun complexe

Même que son vis-à-vis Danny Maciocia a assuré dimanche que ses hommes ne ressentaient aucun complexe à venir jouer au domicile du Rouge et Or. «On aime bien jouer au PEPS, on aime l’ambiance, pas de problème», a dit le chef des Bleus.

Montréal avait justement amorcé ce semblant de retour vers l’équilibre en 2014, en mettant fin à une ahurissante séquence record de 70 victoires à domicile du Rouge et Or, à l’aide d’une victoire de 12-9 en prolongation en finale de conférence.

Là où la tendance bat de l’aile, c’est que durant ces quatre années, soit de 2014 à 2017, les deux formations ont toujours divisé les honneurs de leurs deux affrontements de saison, une victoire chacune.

Cet automne, aussi serrés qu’aient pu être les deux matchs conclus aux pointages de 12-7 et de 18-15, l’UL a gagné les deux. Et les deux seules fois que la même équipe a remporté deux matchs de saison entre les deux équipes la même année, en 2005 et en 2013, le Rouge et Or a aussi raflé le championnat provincial.

Mais les Lavallois doivent se tenir loin des revirements. Dimanche, sur trois les revirements réalisés par les visiteurs, une échappée ramenée sur 54 verges a coûté un touché et une interception dans la zone des buts a privé le Rouge et Or d’un autre majeur. Quatorze points qui ont rendu la partie pas mal plus serrée.

Quant aux Montréalais, ils devront absolument produire plus en attaque que leurs 170 verges de dimanche. En fait, Montréal a été limité à moins de 200 verges de gains offensifs dans chacun des deux chocs contre Laval cette année.

Et parlant de la défensive du Rouge et Or, quelqu’un de Maciocia et son personnel devra trouver une manière de ralentir le fantastique Mathieu Betts. L’ailier défensif étoile a réalisé cinq de ses neuf sacs contre les Carabins cette saison, dont quatre dimanche à des moments cruciaux.

Mais avant toute chose, les deux clubs ont un match à jouer samedi après-midi. Laval (6-0) sera à McGill (1-4) et Concordia (2-3) à Montréal (4-2).

Football universitaire

Le Rouge et Or bat les Carabins 18-15 et est champion

En battant les Carabins 18-15 en prolongation, dimanche après-midi, le Rouge et Or s'est assuré du championnat de saison. La finale québécoise de football universitaire devrait se tenir à Québec encore cette année.

Un placement de 12 verges de David Côté au «cinquième quart» a fait la différence, alors que les Carabins ont d’abord raté une tentative de touché nécessaire pour effacer leur retard de cinq points dans un éventuel bris d’égalité. Laval avait gagné le premier match 12-7.

Mais la défensive du Rouge et Or s’est surtout mise en évidence tout l’après-midi, avec quatre sacs de l’incroyable Mathieu Betts et une interception cruciale d’Émile Chênevert. Ce qui a empêché une avance de 12-2 de se transformer en catastrophe.

Cette victoire livrée sous les nuages devant 18 234 spectateurs, meilleure foule en un an au stade de l’Université Laval, assure le Rouge et Or de retrouver ses partisans durant tout le mois éliminatoire de novembre.

«On est rendus où on veut, reste à finir la saison comme il se doit», a commenté l’entraîneur-chef Glen Constantin, dont la troupe montre une fiche de 6-0. Montréal est 4-2. «C’était important pour nous [de finir premiers au classement]. Même s’il n’y a aucune garantie de gagner à la maison, on veut remercier nos partisans.»

En plus de l’avantage du terrain obtenu pour les deux rondes de séries en ligue, on sait déjà qu’une demi-finale canadienne sera tenue chez les champions québécois et que la grande finale, le match de la Coupe Vanier, sera présentée au PEPS pour la cinquième fois de l’histoire, le 24 novembre.

La finale de conférence pour la Coupe Dunsmore met aux prises Rouge et Or et Carabins depuis cinq ans, ils sont 2-2. Les représentants de l’UL ont participé aux 15 dernières finales québécoises. Tout pointe vers une troisième et ultime manche le 10 novembre entre les deux puissances.

Betts entre dans l’histoire

Betts faisait déjà partie de l’histoire du football universitaire québécois comme l’un des meilleurs joueurs à y avoir évolué. Mais l’ailier défensif du Rouge et Or a inscrit son nom dans le livre des records dimanche sur son premier de quatre sacs aux dépens du quart-arrière Dimitri Morand, au deuxième quart.

Ne laissant aucun doute sur sa domination et aucune chance à Morand, Betts a réussi ses six, sept, huit et neuvième sacs de la saison. Ce qui lui en confère maintenant 35,5 en carrière universitaire, une nouvelle marque de conférence. Le record de 31,5 de Jim Aru (Queen’s, 1994-1998) subsistait depuis 20 ans.

«Je suis content de notre performance et je suis content aussi que cette histoire de record soit derrière moi pour qu’on puisse se concentrer sur la fin de la saison et les séries», a indiqué le numéro 9, toujours humble. 

Il a quand même été plus expressif qu’à l’habitude au moment de battre le record . «C’est plus l’impact que ç’avait sur la partie que le record. C’était une partie où j’étais un peu plus fébrile», a admis Betts, sur l’importance de l’affrontement.

«Je m’ennuie déjà de ce gars-là!» a lancé de son côté Constantin. «Mathieu est vraiment un joueur qui change le match, un joueur de grandes occasions. Chaque fois que l’enjeu est grand, le gars lève son jeu d’un cran. Mon meilleur coup, je l’ai fait il y a quatre ans», se félicite celui qui s’occupe aussi du recrutement.

Le troisième sac de Betts a été très important pour sortir l’adversaire de la zone de placement et forcer la prolongation, tandis que son quatrième est justement survenu en prolongation.

Betts n’a pas encore terminé sa quatrième saison universitaire, qui sera sa dernière puisqu’il passera assurément chez les pros, alors qu’Aru en avait disputé le maximum de cinq. À noter que les sacs en carrière ne sont pas compilés dans les trois autres conférences du football universitaire canadien.

Un jeu de revirements

Les revirements ont quand même failli coûter la victoire au Rouge et Or. Une échappée du receveur Vincent Forbes-Mombleau retournée par Marc-Antoine Dequoy sur 54 verges pour le majeur a fait mal au troisième quart. Puis Dequoy a récidivé à l’aide d’une interception dans la zone des buts quelques instants plus tard, alors que la passe de 11 verges de Hugo Richard était destinée à Jonathan Breton-Robert.

En deux jeux, Dequoy a en quelque sorte fourni 14 points aux Carabins, alors que c’était l’égalité 12-12 au lieu de voir le Rouge et Or s’offrir une avance plus confortable de 19-5.

Le seul revirement au profit des vainqueurs a été une interception de Chênevert qui a mené au deuxième des trois placements de Côté pour reprendre l’avance 15-12.

Ce que le quart des perdants Morand a résumé ainsi : «J’ai donné une interception tard dans le match, ç’a résulté par un placement et on a perdu par trois», a tranché le jeune pivot de deuxième année, qui en était à son premier départ dans l’enfer bruyant du PEPS.

«Manquait pas grand-chose»

Son patron, Danny Maciocia, louangeait ses protégés pour leur caractère. «Il ne nous manquait vraiment pas grand-chose, vraiment pas grand-chose. La réalité, c’est qu’on joue avec beaucoup de jeunes, notre unité de receveurs blessés est meilleure que celle sur le terrain. Mais donnons crédit au Rouge et Or, ça reste qu’ils ont une bonne équipe, on s’entend là-dessus», a admis l’entraîneur-chef montréalais.

Sa bande a été limitée à 166 verges nettes d’attaque, dont seulement 42 par la course, tandis que les locaux ont cumulé 412 verges de gains. Mais aussi 95 verges de pénalités, ce qui a déplu à Constantin. 

Le seul touché offensif du match appartient au receveur du Rouge et Or Benoît Gagnon-Brousseau, sur une passe de 14 verges, le seul majeur de l’UL en deux matchs contre Montréal.

Rouge et Or

Hugo Richard sait le legs qu’il veut laisser

La fin de sa carrière sportive universitaire approche. Des super matchs contre les Carabins de Montréal, comme celui de dimanche à Québec, il lui en reste deux, maximum. Le quart-arrière étoile du Rouge et Or Hugo Richard sait donc précisément la marque qu’il souhaite laisser.

Richard peut devenir dimanche le premier joueur dans l’histoire du football universitaire canadien à lancer 60 passes de touché et marquer 30 majeurs par la course. Avec encore trois rencontres régulières à disputer pour boucler ses cinq années d’admissibilité, il montre 61 passes de six points et 29 touchés au sol.

«J’y pense oui et non. Mon objectif primaire cette saison est de gagner une Coupe Vanier à la maison. Que les statistiques soient bonnes ou mauvaises m’importe peu. C’est toujours plaisant si elles sont bonnes, mais si je suis capable de faire ça et de gagner, c’est encore mieux. Si on gagne, comme le match de dimanche, c’est ça l’important», a confié le vétéran pivot, en préparation pour affronter les Carabins.

Seul Phil Côté, avec Ottawa (1996-2000), a flirté avec le club des 60-30 avec 56 tirs bons pour un majeur et 32 courses jusque dans la zone des buts.

Richard ne veut pas perdre son point focal, on le comprend. Mais une fois la campagne terminée, il léguera un héritage important au club de football du Rouge et Or et au-delà. Avec une fiche de 39 victoires et six défaites comme quart-arrière partant au niveau universitaire, le numéro 4 revendique déjà deux titres de conférence et un championnat national. Il tentera d’ajouter à cette collection d’honneurs collectifs, en novembre.

Au plan individuel, il a été nommé meilleur joueur universitaire au Québec à deux reprises (2014 et 2017), joueur par excellence du match de la Coupe Vanier de 2016 et recrue de l’année au Canada en 2014.

Aucune interception jusqu’ici

Ses chiffres font belle figure encore cette année avec 70,2 % de passes complétées (90 en 141) et, surtout, aucune interception jusqu’ici pour entacher son dossier en cinq sorties. Voilà sans doute la statistique dont il tire le plus de fierté, idem pour le coordonnateur à l’attaque du Rouge et Or, Justin Ethier.

Il peut d’ailleurs se vanter d’être le seul quart partant des 27 programmes à travers le Canada à toujours avoir une fiche immaculée à ce chapitre.

«C’est un chiffre important, constate Richard. C’est bien de limiter les revirements. Je suis très content et je vais m’arranger pour que ça continue. On parle souvent de mettre l’équipe dans des bonnes situations et c’est l’exemple parfait. On a confiance en notre unité défensive et si on gagne la guerre des revirements, nos chances sont bonnes de gagner la partie.»

Il ne saurait mieux dire à la veille d’affronter les Carabins devant un stade de l’Université Laval qui s’annonce comble. Même si Montréal domine le circuit québécois avec huit interceptions, Richard n’a pas péché dans ce domaine lors du premier duel entre les deux puissances début septembre, dans la métropole.

De son côté, la défensive de l’UL a intercepté deux passes qui ont mené à autant de placements pour six points. Toute la différence dans la victoire de 12-7 du Rouge et Or.

Faire ça, mais en mieux

«On a connu une bonne performance chez eux, même si on n’a pas mis autant de points au tableau qu’on l’aurait voulu. On s’est sortis des mauvaises situations et on bien contrôlé la position de terrain, dit Richard.

«Cette fois, il faudra s’assurer de faire ça et de le faire mieux, poursuit-il. On devra être capable de mieux terminer nos poussées offensives. On clique un peu plus en attaque en ce moment, on est plus explosif, plus rapide dans notre exécution, à changer notre tempo. On est plus à l’aise à se placer et à exécuter rapidement. Ça va faire une différence», prédit Richard.

Au cours de ses quatre premières saisons régulières, Hugo Richard a commis 17 interceptions, dont neuf, donc environ la moitié, survenues dans les trois dernières rencontres d’un calendrier régulier qui en compte huit. C’est ce qu’il lui reste avant les éliminatoires, trois matchs.

À compter de 13 h, le match Rouge et Or-Carabins est présenté au PEPS et à la télé de TVA Sports. Le Rouge et Or portera son casque doré lustré et probablement son uniforme noir.

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Football

Un match comme les autres, mais...

Chaque fois qu’un coach ou un joueur tente de faire croire qu’un duel Rouge et Or-Carabins reste «un match comme les autres», il y a toujours un «mais», après. Mais le championnat de saison est à l’enjeu, dimanche, donc aussi l’avantage du terrain pour la finale de conférence. Mais ça se décide toujours sur le dernier jeu, alors que leurs matchs contre les autres équipes cette année ont presque tous été des massacres. Mais le stade du PEPS sera rempli de 18 000 amateurs, ce qui n’arrive qu’une fois par année. Alors, ça n’aura encore rien d’un match comme les autres. Face à face entre les deux puissances du football universitaire québécois.

NE PAS TRICHER

«Si on coache plus fort cette semaine, on est en train de tricher nos jeunes le restant de l’année. Et si les joueurs travaillent plus fort cette semaine, ça veut dire qu’ils trichent le restant de l’année», affirme Danny Maciocia.

Le patron des Bleus rappelle du même souffle que la semaine ne comprenait quand même que trois séances d’entraînement de deux heures chacune et que le match se jouera encore sur quatre quarts pour 60 minutes de football au total.

N’empêche qu’en homme de football d’expérience, l’entraîneur-chef convient que la clé pour des Carabins sera de «voir comment on va gérer le premier quart. À partir de là, on va avoir une bonne idée quel genre de journée on va passer», tranche-t-il.

Entre les lignes blanches, dans une rencontre où les erreurs se font rares, les revirements s’avéreront encore plus cruciaux qu’à l’habitude. Avec un quart-arrière nouvellement promu au poste de partant, Dimitri Morand, les Carabins souffrent ici d’un désavantage contre le pivot finissant de cinquième année du Rouge et Or, Hugo Richard.

Maciocia souligne d’ailleurs que son nouveau système défensif renouvelé à 80 % durant la saison vise avant tout à réaliser plus d’interceptions. Et ça marche, puisque ses protégés ont jusqu’ici intercepté huit ballons en cinq matchs, dont quatre retournés pour des touchés.

Mais, aucune interception dans le premier match contre Laval, le 8 septembre, à Montréal. Contre deux aux dépens des quarts Gabriel Archambault et Morand qui ont provoqué deux placements et six points. Quand le pointage final montre 12-7 en faveur de l’UL, difficile de ne pas considérer que les interceptions ont permis au Rouge et Or de gagner.

Ou encore l’absence d’interception de l’autre côté. Richard peut se vanter d’être le seul quart universitaire partant au Canada à ne pas encore s’être commis dans une interception cet automne.

Football

Mr. Roboto s'impose enfin

Asnnel Robo ne connaissait pas Styx. La première fois qu’il a vu un partisan brandir une affiche «Domo arigato, Mr. Roboto!» en plein stade de l’Université de Montréal, il ne voyait pas le rapport.

«Je ne savais pas c’était quoi!» s’esclaffe le porteur de ballon vedette des Carabins, joint au téléphone en prévision du choc de dimanche à Québec face au Rouge et Or.

Les supporteurs des Bleus peuvent bien remercier monsieur Robo. En japonais, «domo arigato» veut dire «merci beaucoup». Comme le groupe Styx avec sa chanson rock futuriste au début des années 1980, le numéro 22 connaît un succès monstre sur les terrains de football universitaire cet automne.

Après cinq matchs, Robo domine la conférence québécoise pour les verges gagnées au sol (453), les verges par portée (9,6), les touchés (6) et les verges combinées (613). Beaucoup plus que le cumul de ses trois premières saisons avec les Carabins, alors qu’il devait «attendre son tour derrière des vétérans».

«C’est sûr qu’à un moment donné est venue une frustration de ne pas jouer comme je le souhaitais», admet-il. «Mais il y a un processus dans une équipe et chacun a en plus son propre processus. Je pense que j’ai maintenant la maturité pour être partant.»

Enfin, diront certains, puisque l’athlète de 5’8” et de 211 livres en est à sa dernière campagne universitaire. Il a atteint l’âge limite de 24 ans. 

«Plus jeune, on me disait que j’étais solide comme un robot ou on m’appelait Robocop», se remémore celui qui est né en Guyane française. Petit pays d’Amérique du Sud où il était là aussi le seul Asnnel, croit-il, revendiquant avec fierté ses deux n même s’il a vu son prénom écrit de toutes les façons. Version personnalisée par sa mère d’un nom entendu ailleurs.

En pleine nuit, le Super Bowl

Puis il s’est installé en France, à Marseille, et y a découvert le football américain, une nuit de février 2010. «Je n’arrivais pas à dormir et je regardais le Super Bowl [diffusé en pleine nuit à cause du décalage horaire]. Et ça m’a plu!» dit-il, confiant son coup de cœur à ce moment pour le dynamique porteur de ballon Reggie Bush des Saints de La Nouvelle-Orléans, champions ce soir-là à Miami.

Il était déjà à la recherche d’un sport plus agressif que le soccer; il avait considéré les sports de combat. Après ses premiers pas en troisième division française de football américain avec les Blue Stars de Marseille, Robo a ensuite tenté l’aventure nord-américaine pour allier sport et études. Son coéquipier à l’UdeM Kevin Kaya a suivi le même trajet.

Première escale au Cégep de Thetford Mines pour une session et une saison chez les Filons, où Robo a produit un incroyable total de 1191 verges au sol et 16 touchés en huit matchs réguliers de troisième division collégiale. Puis quatre années avec les Carabins, séjour qui s’achèvera bientôt espère-t-il par un championnat.

Cela passera inévitablement par le PEPS de l’Université Laval, que ce soit au match de la Coupe Vanier ou peut-être même en finale de conférence. Mais avant tout, il a la tête au prochain match, tenu au domicile du Rouge et Or.

«Je suis vraiment excité pour dimanche. C’est à la télé, il y aura beaucoup de monde et une grande ambiance. De notre côté, on veut se reprendre de notre défaite du début de saison», promet-il.

Son coéquipier Dimitri Morand estime que Robo est sans doute celui qui «travaille le plus fort depuis son arrivée avec l’équipe. On savait ce qu’on avait! Quand Asnnel est sur le terrain, il est le meilleur athlète sur le jeu», tranche le quart-arrière partant.

Football

Constantin se prépare aux surprises des Carabins

À l’approche du gros match contre les Carabins de Montréal, dimanche, l’entraîneur-chef du Rouge et Or se prépare à des guets-apens et embuscades en tous genres.

«On est prêts pour la prochaine surprise!» a lancé Glen Constantin, jeudi midi, lors de son point de presse hebdomadaire plus couru qu’à l’habitude.

Garde-t-il lui aussi quelques surprises en réserve pour l’équipe visiteuse qui s’amène au stade de l’Université Laval? «Oui. Et je te dis ça, mais peut-être que la surprise sera de ne pas avoir de surprises!»

Le ton est donné pour un autre classique entre les deux puissances du football universitaire québécois, affrontements où la différence réside toujours dans les menus détails. Au plus une dizaine de jeux permettront de trancher sur plus de 100 disputés durant l’après-midi.

Reconnaître les tendances, y lire des nuances, déceler le camouflage et déguisement de certaines tactiques pour parvenir à briser les propensions adverses. Puis c’est là qu’arrivent les surprises, les jeux truqués ou inattendus pour faire pencher la balance.

Comme lors de la dernière visite du R et O chez les Carabins, le 8 septembre. Quand une attaque plus musclée par l’ajout d’un sixième joueur de ligne ou de deux ailiers rapprochés a parfois donné du fil à retordre aux représentants de l’UL, quand même vainqueurs 12-7.

«On a bien beau le voir et s’ajuster sur notre tableau blanc, mais ce sont des athlètes-étudiants et ça prend un peu de temps à s’adapter sur le terrain», constate celui qui tient la barre de l’équipe pour une 18e saison.

Vers un stade comble

À quel point, les détails? Des 12 derniers affrontements entre le Rouge et Or et les Carabins, soit depuis la deuxième manche de 2014, 11 se sont conclus par un écart de six points ou moins. Une seule possession de ballon! Et devinez? Chaque équipe l’a emporté six fois.

Ajoutons que ces quatre dernières années, l’équipe qui a gagné le premier duel a ensuite perdu les deux suivants et, donc, la finale de conférence.

Constantin s’attend encore «à un grand match». Tout indique qu’en plus des téléspectateurs de TVA Sports, autour de 18 000 amateurs seront dans les gradins du stade du PEPS. Déjà jeudi, 14 500 billets avaient été vendus, ce qui ne laisse que 4000 places en admission générale pour remplir l’amphithéâtre extérieur de Sainte-Foy.

«C’est la plus grande rivalité au Canada dans le football universitaire et on aura peut-être la plus grosse foule cette saison au Canada. On ne peut rien demander de mieux! Sauf peut-être le soleil», laisse tomber le coach, mettant tout le monde au courant qu’on annonce de la pluie pour dimanche.

Plus de poids en attaque

S’il ne peut pas compter sur le beau temps, le Rouge et Or disposera de plus de poids en attaque avec les centres-arrières Alexandre Savard et Félix Garand-Gauthier, ainsi que le demi inséré Étienne Moisan, tous absents lors de la visite au CEPSUM en septembre. Près de 700 livres à trois. Savard mesure 6’5”.

Pas un hasard que le quart-arrière Hugo Richard avait dû encaisser cinq sacs durant la rencontre, même si Constantin estime que deux sacs auraient pu être évités si Richard s’était débarrassé du ballon au lieu de tenter d’étirer le jeu.

Il ne faut pas oublier que l’écart du premier match a été de cinq points. Donc en cas de victoire de Montréal, Laval tentera par tous les moyens de maintenir son recul à quatre points ou moins pour conserver l’initiative dans un éventuel bris d’égalité au sommet du classement en fin de saison. Cela signifie l’avantage du terrain pour tout le mois de novembre, car la demi-finale canadienne a lieu au Québec et la grande finale de la Coupe Vanier, à Québec.

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Rouge et Or

Fitzgerald a hâte d'affronter ses anciens coéquipiers

On peut dire que Zack Fitzgerald a le logo du Rouge et Or dans le cœur, mais sur son abdomen, c’est le mot «Montréal» qui est tatoué.

Pour le demi défensif de 22 ans, un affrontement contre les Carabins de l’Université de Montréal, qui seront les visiteurs au Stade Telus dimanche, revêt toujours un cachet particulier. Natif de la métropole, il a joué son football collégial avec les Cheetahs du collège Vanier avant d’aboutir à l’Université Laval. 

L’an dernier, à sa première saison avec le Rouge et Or, il n’avait cependant disputé aucun des matchs locaux contre les Carabins en raison d’une blessure. «Ce sera une première expérience pour moi. On se prépare pour un gros match et je crois que ce sera un gros match pour les deux équipes», poursuit celui qui revoit des visages connus à chaque fois qu’il affronte les protégés de Danny Maciocia.

Silence radio

«Il y a chez les Carabins des gars avec qui j’ai joué au cégep et que je connais depuis des années. Durant la semaine préparatoire à un match Rouge et Or-Carabins, on ne se parle pas. On se dit que c’est sur le terrain qu’on se verra», raconte Fitzgerald à propos de ses amis portant l’uniforme bleu et blanc et à qui il recommence à adresser la parole une fois la partie terminée.

Redha Kramdi, Mathieu Boucher, Khalil Kerr, Brian Harelinama, Bénédicte Cayo, Jordan Perrin, François Hamel, Ryth-Jean Giraud et Claude-Adler Joseph sont les anciens Cheetahs qui évoluent maintenant avec l’équipe de l’Université de Montréal.

«Sur le terrain, il n’y a pas d’amis. Il y a aussi avec les Carabins des gars contre qui j’ai joué au cégep. Eux, c’est plus facile de les voir comme des adversaires», poursuit Fitzgerald, sourire en coin. Histoire de faciliter la tâche à l’ancien du Collège Vanier, les Carabins comptent d’ailleurs un nombre beaucoup plus élevé d’ex-porte-couleurs des Spartiates du Vieux-Montréal, les ennemis jurés des Cheetahs...

Peu importe, Fitzgerald sait cependant que les footballeurs qui seront de l’autre côté du terrain sont talentueux. «Quand tu es un demi défensif, tu dois respecter les athlètes, respecter les receveurs de passes. Il ne faut pas se laisser intimider par le talent, mais il faut tout de même respecter le talent», philosophe-t-il à propos des Régis Cibasu, Antoine Mailhot et Louis-Mathieu Normandin, qui font partie des cibles préférées des quarts-arrières montréalais.

Avantage du terrain

De plus, après deux matchs sans grande opposition, des gains de 53-7 et 53-2 contre McGill et Concordia, Fitzgerald avoue également qu’il a hâte de disputer un match enlevant avec comme enjeu le premier rang du classement général.

«Ce n’est pas du tout la même ambiance, pas la même énergie durant le match et ce n’est pas la même semaine de préparation non plus à l’approche d’une partie contre les Carabins. Contre eux, on sait que chaque jeu compte, que ce sont des matchs où l’équipe qui fait le moins d’erreurs l’emporte.

«Et on veut l’avantage du terrain pour les séries. Les entraîneurs n’ont pas à nous rappeler que c’est ce qui est en jeu. On en est conscient», poursuit-il. Ayant battu les Carabins 12-7 à leur premier affrontement, le Rouge et Or doit les battre de nouveau ou perdre par moins de cinq points pour conserver cet avantage si les deux formations terminent avec la même fiche.

D’ailleurs, grâce à cet éventuel avantage du terrain et au fait que le match de la Coupe Vanier ait lieu à Québec cette année, les joueurs du Rouge et Or pourraient voir le Stade Telus et leurs partisans assez souvent durant les séries s’ils se rendent jusqu’au bout. «Oui, on pourrait jouer plusieurs matchs à la maison durant les séries. Mais je vais être honnête, passer les séries à la maison, je ne pense pas encore à ça, car il reste encore plusieurs matchs à disputer.»