Football

Le Rouge et Or, une équipe à maturité

Le camp d’entraînement presque terminé, il est maintenant temps de penser, et de passer, aux choses sérieuses pour le Rouge et Or. Avec une équipe mature comme rarement en a-t-on vu, les Lavallois espèrent pouvoir jouir de cette expérience pour décrocher les grands honneurs.

Avec seulement quatre des partants de sa ligne offensive de 2017 qui ont quitté, l’entraîneur-chef Glen Constantin peut compter sur des joueurs qui ont l’expérience du football universitaire québécois pour l’aider à former des recrues qui y feront leurs premiers pas.

«Un bon esprit, ça gagne pas des games, mais ça aide. […] Ça prend du leadership, ça prend du monde qui vont transmettre leur passé, leur passion, leurs connaissances et ça je le sens partout, à toutes les positions», a dit Constantin en conférence de presse, jeudi.

Même chose du côté de l’unité défensive, où on retrouve une bonne partie de l’alignement des années passées, notamment le demi défensif Adam Auclair qui disputera une troisième saison avec l’équipe. Ce dernier vante le fait «qu’il y a une très bonne cohésion», entre autres sur la ligne tertiaire presque intacte depuis trois ans.

«Mais à chaque année, c’est de recommencer à la case départ. Il y a des nouveaux joueurs à chaque année, donc c’est vraiment de créer une nouvelle cohésion avec ces nouveaux joueurs-là, puis de progresser.»

Élu meilleur joueur défensif au Canada en 2017, Auclair veut «essayer d’avoir un nouveau rôle de leader cette année, d’aider mon équipe à remporter des matchs».

Golf

Deux nouveaux entraîneurs pour le Rouge et Or golf

Le club de golf du Rouge et Or de l’Université Laval a décidé d’adopter la formule d’une gestion à deux têtes pour succéder à l’entraîneur Élie Anquetil, qui a quitté son poste après cinq ans à la tête de l’équipe.

Mathieu Paradis et Kevin Bergeron, qui étaient les adjoints d’Anquetil, se partageront dorénavant la tâche en tant que coentraîneurs en chef. «Élie, Mathieu et Kevin nous ont proposé cette formule qui amènera une continuité puisque Mathieu, qui est dans l’organisation depuis 16 ans, s’occupait déjà de l’équipe des gars et que Kevin, en place depuis quatre ans, était responsable de l’équipe des filles», a expliqué le président du conseil d’administration, Stéphane Lemieux, en marge de la conférence de presse annonçant la double nomination.

Il faut dire que le Rouge et Or a en main une formule gagnante qui lui a permis de décrocher les championnats canadiens masculins de 2010, 2012 et 2017, ainsi que tous les championnats universitaires québécois masculins depuis 1999, à l’exception de celui de 2001.

«Nous avons développé une méthode gagnante», explique Mathieu Paradis. «Nos trois championnats canadiens ont été remportés avec trois équipes complètement différentes», souligne-t-il.

Partage de tâches

Conservant leurs responsabilités respectives avec l’équipe masculine et féminine, Paradis et Bergeron se sépareront les tâches administratives autrefois réalisées par leur prédécesseur. «Mon défi à moi sera le recrutement, dénicher les meilleures filles au Québec et aussi d’ailleurs», indique Kevin Bergeron, qui perdra les services d’Elizabeth Asselin, golfeuse par excellence du Réseau de sport étudiant québécois au cours des deux dernières années.

Il pourra cependant compter sur le retour de Catherine Gariépy, Noémie Ouellette et Anaïs Galas en plus de l’ajout des recrues Virginie Roy, de Québec, et Florence Leduc, de Gatineau.

Misant sur un personnel de 12 athlètes, dont plusieurs piliers qui sont de retour, Mathieu Paradis pense plutôt à assurer l’avenir puisque son équipe perdra cinq joueurs en deux ans, dont les vétérans Arthur Heinkélé, Michaël Harvey et Émile Provost, qui en sont à leur dernière année d’éligibilité.

«Nous avons recruté quatre bons joueurs qui devraient former un bon noyau pour les prochaines années», indique-t-il en nommant l’Ontarien Brandon White, le Rimouskois Antoine Roy et les produits locaux Étienne Lemieux et Charles-David Trépanier.

Recrue inéligible

Le cas de Trépanier, qui s’alignait l’an dernier avec la puissante équipe des Thunderbirds de l’Université de Colombie-Britannique, est particulier puisque les règles du sport universitaire canadien le rendent inéligible à tous les tournois cette année en raison de son transfert.

«En passant à Laval, je savais que je ne serais pas éligible cette année, mais je vais m’entraîner avec l’équipe et je serai prêt en 2019-2020», explique celui qui garde toutefois un mince espoir de pouvoir participer à des tournois en mai 2019 puisque son transfert remonte au mois d’avril.

«Ça allait bien au niveau du golf avec l’Université de Colombie-Britannique, mais c’était plus difficile de combiner le sport et les études avec un tournoi à toutes les deux semaines et un horaire très chargé. À Laval, c’est mieux encadré au niveau académique», explique l’étudiant au baccalauréat en génie civil.

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UNE SÉQUENCE À PRÉSERVER

Loick Laramée ne cache pas sa joie de voir les adjoints Mathieu Paradis et Kevin Bergeron prendre la relève après le départ d’Élie Anquetil comme entraîneur-chef de club de golf du Rouge et Or de l’Université Laval. «On ne pouvait pas imaginer mieux, même si le départ d’Élie nous a tous affectés. On aurait aimé mieux performer pour lui à son dernier championnat canadien», a-t-il déclaré à propos de la décevante septième place du Rouge et Or lors de la compétition remportée par les Cascades de l’Université de la Vallée de Fraser en juin.

«Cette année, on veut faire mieux et on veut continuer sur notre lancée aux championnats provinciaux. On ne veut cependant rien tenir pour acquis. C’est le pep talk qu’on a avant chaque championnat : on ne veut pas être les cinq qui mettront fin à la séquence!», conclut l’étudiant en actuariat originaire de Drummondville. 

Rouge et Or

Mathieu Betts: l’année de la maturité

Pour bien des footballeurs, la quatrième saison dans les rangs universitaires est synonyme de maturité. Mais pour Mathieu Betts cette qualité n’a pas attendu aussi longtemps avant de se manifester chez lui. Choisi recrue de l’année au Canada en 2015, il a ensuite été élu meilleur joueur de ligne au pays en 2016 et la saison dernière, il a toujours, depuis ses débuts avec le Rouge et Or, joué avec l’aplomb d’un vétéran.

«J’en ai plus définitivement plus derrière moi que devant», mentionne le numéro 9 lavallois. Mais c’est ça la beauté du football universitaire. Et c’est sûr que mon rôle en soi sur le terrain ne changera pas en dépit du fait que je suis maintenant un vétéran. Je reste un ailier défensif du côté fort et j’ai un travail à faire.

«Mais on est une gang à être entrés ensemble en 2015. On est un beau noyau de joueurs qui se tient et qui a un bagage d’expérience, L’objectif, notre fierté en tant que vétérans, c’est de faire en sorte que les gars de première année s’adaptent et s’intègrent le plus rapidement possible. Je pense que ç’a été prouvé dans le passé qu’il y a beaucoup de joueurs qui peuvent contribuer aux succès de l’équipe, peu importe le nombre d’années d’expérience qu’ils ont avec le club.»

Selon Betts, le camp d’entraînement est une période cruciale. C’est pendant celui-ci que les formations peuvent vraiment progresser en tant qu’équipe, progression qui est plus difficile à faire quand la saison est commencée et que les équipes doivent se préparer chaque semaine pour affronter un adversaire différent. «Il faut essayer donc de créer une cohésion le plus rapidement possible de manière à être prêts pour le premier match contre Guelph [samedi].»

Même si la prochaine campagne sera importante pour lui au niveau personnel, le vétéran joueur de ligne n’y pense pas. Il avait tout simplement hâte que le camp prenne son envol et il était très heureux de sauter sur le terrain vendredi matin. «Même si collectivement parlant, nos objectifs sont super grands cette, je suis loin de penser au premier match et encore moins aux séries. En ce moment, je pense à la prochaine pratique. Je crois qu’il faut profiter de chaque moment sur le terrain avec mes coéquipiers. C’est vraiment ça que j’essaie de faire.

«Évidemment, je veux aussi avoir les meilleures performances possibles sur le terrain et emmener les autres joueurs à s’améliorer pour collectivement on puisse présenter la meilleure équipe possible cet automne.»

Défaite difficile

Betts n’a pas caché que les joueurs ayant vécu la défaite lors de la en finale de la Coupe Vanier 2017 avaient beaucoup appris. Mais selon lui, ce revers n’avait pas laissé de traces parce que l’édition 2018 du Rouge et Or était une nouvelle équipe qui devait faire ses preuves. 

«Peu importe ce que l’on a accompli avant, ça ne compte plus quand le camp d’entraînement commence. Notre défaite face aux Mustangs ne change rien à l’atmosphère du camp de cette année. Quand on a sauté sur le terrain ce matin [vendredi], on était à la case zéro. Demain, on sera à la case un, le but étant de se rendre jusqu’à la énième case, la dernière pour jouer la dernière partie de la saison qui sera ici au PEPS en novembre. «Mais ça, c’est l’objectif chaque année. Il pourrait être à Winnipeg ou à Hamilton, c’est à cette dernière case que l’on veut être. On veut placer tranquillement les briques pour avoir la meilleure équipe possible et essayer de faire en sorte qu’il y ait le plus de gars possible qui contribuent à faire de l’édition 2018 du Rouge et Or une équipe championne à la fin de l’année.»

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Football

Hugo Richard vit au jour le jour

Même s’il a amorcé vendredi le dernier droit de sa carrière avec le Rouge et Or, Hugo Richard préfère vivre le moment présent plutôt que penser au moment où son passage à l’Université de Laval appartiendra au passé.

«Je ne crois pas que mon parcours soit terminé», lance le quart-arrière de cinquième année. «Et je ne veux pas agir comme si c’était le cas. Il me reste encore beaucoup d’expériences à vivre cette année.

«Je suis content d’être là et je veux avoir le plus de plaisir possible avec mes chums sur le terrain», a ajouté Richard, «On se taquine d’ailleurs beaucoup entre gars de cinquième année. Ce matin on s’est dit que l’on se préparait pour notre dernière première pratique du camp. Et demain, ça sera notre dernière deuxième pratique. À chaque jour, nous vivrons une dernière chose, Et on a du fun là-dedans pareil.»

La fin prochaine de sa carrière ne fait pas naître encore en lui de la nostalgie. Mis à part son stage à l’école secondaire, Richard n’était jamais demeuré aussi longtemps dans le même établissement.

«Cinq ans au même endroit ou cinq ans dans la même équipe, c’est quand même long. J’ai vu beaucoup de choses, j’ai vécu de belles expériences et j’ai appris beaucoup. Je ne regrette aucunement que la fin arrive, même si je ne suis pas nécessairement content que ça soit ma dernière année. Mais je vais tout faire pour profiter au maximum de chaque moment. J’aime le football, j’aime jouer au football et ça va être comme ça jusqu’à la fin.»

La défaite en finale

À l’aube de cette dernière saison, Richard reconnaît que personne chez le Rouge et Or n’avait oublié la défaite face aux Mustangs en finale de la Coupe Vanier, l’automne dernier. «Mais ce n’est pas à ca que l’on pense présentement. Justin [Ethier, coordonnateur de l’offensive] nous l’a d’ailleurs dit : ce n’est pas aujourd’hui que l’on va gagner la Coupe Vanier. Ce ne sera également pas demain ni après-demain. Alors il faut se concentrer sur ce que l’on doit faire, soit bien exécuter nos jeux, réviser et savoir ce que l’on à faire et revenir demain avec dans le même état d’esprit afin d’avoir une autre bonne journée.»

Le vétéran dit ne pas ressentir un sentiment d’urgence et avoir le besoin pressant de réaliser ce qu’il n’a pu encore faire. Celui qui terminera son bac cette session explique qu’il préfère vivre au jour le jour.  «Et ça commence par bien me préparer aujourd’hui. Mon objectif, c’est d’amener l’équipe le plus loin possible. On a encore une bonne équipe. Nous avons perdu quelques joueurs clé, mais le cœur du club reste le même.

«On a beaucoup de jeunes joueurs talentueux et un bon mélange de gars d’expérience , des athlètes de quatrième et de cinquième année. C’est tout ça qui va nous aider à passer à travers la campagne avec succès. Et c’est certain que de finir la saison en gagnant la Coupe Vanier à Québec, ça serait vraiment une belle façon de terminer ma carrière.»

LIRE AUSSI : LA COUPE VANIER À QUÉBEC, UNE MOTIVATION SUPPLÉMENTAIRE POUR LE ROUGE ET OR

Football

La Coupe Vanier à Québec, une motivation supplémentaire pour le Rouge et Or

Les années passent, les joueurs changent, mais le but ultime du Rouge et Or demeure le même : décrocher la Coupe Vanier. Et il n’y a pas de doute que l’amertume qu’a laissée la défaite en finale face aux Mustangs de Western l’automne dernier et l’opportunité de gagner le titre national devant leurs partisans constitueront les deux principales sources d’inspiration des représentants de l’Université Laval.

«Dans le sport amateur, jouer un match de championnat devant ta foule, c’est toujours une expérience spéciale», a confié l’entraîneur--chef Glen Constantin. «Quand il est venu parler aux joueurs hier [jeudi], Jacques Tanguay a expliqué que c’est d’ailleurs ce qui le motivait à travailler pour obtenir la présentation des ces rencontres à Québec.»

Constantin espère que ses hommes se serviront de la présentation de la grande finale comme source de motivation et surtout pas comme source de pression.

Revenant sur la défaite de 2017, il a avoué que son équipe n’en parlait pas beaucoup. Quand il en était question, l’emphase était mise sur l’importance de se remémorer le sentiment que le revers avait engendré chez chacun, particulièrement lors des journées plus difficiles.

«On n’a pas d’amertume. On s’en sert comme motivation. On dit aux gars de ne pas gaspiller ce feeling-là, le feeling qu’ils avaient eu pendant toute la saison 2017, que celui-ci allait leur servir plus tard.»

Tous les espoirs permis

Le camp d’entraînement 2018 s’est enfin amorcé. Et le mot enfin n’est pas de trop. Car même si l’exercice tenu vendredi marquait le début officiel de la saison, celle-ci s’était amorcée il y a plusieurs mois déjà avec le recrutement des nouveaux joueurs.

«Aujourd’hui, c’est une journée plaisante pour les coachs parce que l’on fait ce qu’on est payé pour faire : du football», a lancé Constantin. «Il y a beaucoup d’énergies qui ont été mises et de travail qui a été fait dans la préparation autant technique que stratégique. Et c’est le fun de pouvoir être en action.»

Comme chaque année, le Rouge et Or doit composer avec la perte de vétérans, mais aussi avec l’arrivée de recrues qui viendront épauler les joueurs de premier plan. Pour Constantin, il était évidemment encore trop tôt pour faire une évaluation définitive de sa troupe.

«On est quand même content de ce que l’on a comme effectifs. Chaque fois que tu peux compter sur un quart-arrière d’expérience de cinquième année comme Hugo Richard, tu sais que tu aura du talent et de la force de caractère en attaque et c’est rassurant.

«En défensive, on est chanceux d’aligner Adam Auclair, le joueur défensif par excellence au Canada et Mathieu Betts, le joueur de ligne de l’année au pays. Mais il y a aussi beaucoup de belles pièces — des Gabriel Ouellet, Vincent Desjardins et cie — qui vont nous permettre d’avoir une bonne défensive. Et a chaque fois que tu as une bonne unité défensive et un bon quart-arrière, tous les espoirs sont permis.»

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Les Alouettes retranchent Seydou Junior Haïdara

Sa sixième campagne dans la LCF à peine amorcée que Seydou Junior Haïdara se retrouve devant rien. Mardi, les Alouettes de Montréal ont libéré le receveur de passes de Québec, à sa grande surprise, mettant fin à une association de près de deux ans.

«Je ne m’y attendais pas du tout!» a admis au Soleil l’ancien du Rouge et Or de l’Université Laval. Il était en uniforme comme ailier espacé réserviste pour le premier match régulier, samedi, mais il n’a pas touché au ballon. «Je trouvais même que ma situation dans l’équipe s’améliorait! J’avais de bons commentaires des entraîneurs, mais des fois, l’évaluation des entraîneurs et de l’administration n’est pas la même», constate celui qui a été sacrifié pour pouvoir ajouter un Canadien sur la ligne offensive. Dans une ligue où les quotas font loi, il sera remplacé par un receveur américain.

À 29 ans, l’athlète de 6’1” et de 215 livres a déjà commencé à préparer son après-carrière. Mardi, on lui a offert de devenir entraîneur dans les rangs amateurs. «Le sport professionnel, on ne sait jamais quand ça peut s’arrêter. C’est encore frais et je vais voir s’il se passe quelque chose avec les autres équipes dans les prochaines semaines. Mais oui, peut-être que c’était mon dernier match comme joueur», a-t-il résumé.

Repêché en 2013 par les Lions de la Colombie-Britannique, Haïdara a joué avec Vancouver, Regina, Winnipeg et Montréal. Il cumule 71 matchs dans la LCF avec 20 attrapés pour 163 verges de gains et la majorité de son utilisation au sein des unités spéciales. Autres produits de l’UL, Christopher Amoah (Edmonton), Étienne Moisan (Montréal) et Tyrone Pierre (Winnipeg, blessé) ont subi le même sort dans les dernières semaines. Amoah et Moisan reviennent à Québec pour une dernière saison universitaire, cet automne.

Mardi, les Alouettes se sont aussi délestés du quart-arrière Antonio Pipkin et du porteur de ballon Amir Carlisle, deux Américains.  

Football

Vincent Desjardins, une étoile dans l'ombre

Peut-on vraiment dire d’un athlète tout étoile qu’il joue dans l’ombre d’un coéquipier? Rarement, mais le cas de Vincent Desjardins ressemble à une exception.

Et c’est uniquement en raison de l’intérêt soulevé par son ami et coéquipier sur la ligne défensive du Rouge et Or, Mathieu Betts. Car Desjardins connaît une carrière colossale dans les rangs universitaires, où il a déjà été nommé deux fois dans l’équipe d’étoiles canadiennes, en 2016 et en 2017.

Mais Betts est un joueur spécial. Et ç’a paru dès mardi, lors de la journée des tests physiques en préparation au Défi Est-Ouest, présenté samedi (12h30) au Stade Telus du PEPS. Tous les yeux étaient déjà tournés vers l’ailier défensif.

«On en a entendu parler!» a rigolé Desjardins, vendredi, après l’entraînement de l’Est. «Je pensais que mon Facebook, c’était celui de Mathieu. C’était à ce point-là», a-t-il aussi illustré.

Malgré tout, Desjardins hésite à employer le mot «ombre». Comme, on présume, hésiterait aussi à le faire le toujours humble Betts, premier à vanter le travail de ses coéquipiers. Les deux hommes sont plutôt comme deux doigts d’une même main.

«Je ne suis pas dans son ombre tant que ça, parce que je pense qu’on se complète bien», analyse Desjardins. «On a une bonne complicité.

«Et ça ne me dérange pas d’être dans l’ombre de Mathieu», ajoute-t-il toutefois, du même souffle. «C’est un grand joueur, je suis content de jouer avec lui.» Ils se connaissent depuis longtemps, «depuis que j’ai perdu le Bol d’or contre lui au secondaire», raconte Desjardins.

Capacité d’adaptation

L’ancien du Campus Notre-Dame-de-Foy réussit à se démarquer malgré sa petite taille pour un joueur de ligne. À 6’1’’ et 257 livres, il fait souvent face à des hommes bien plus imposants que lui. Il ne s’en cache pas : ce 6’1’’ demeure sans doute sa «plus grande faiblesse» en vue d’une carrière chez les professionnels.

«Je ne suis pas le plus gros body type. Je pense à un gars à côté de moi [sur la ligne défensive de l’Est] qui s’appelle Thomas Grant. Lui il est grand [6’6’’], il a la shape de l’emploi. Mais l’effort que je suis capable de donner, le fait que je sois bien coaché depuis le début de mon parcours… C’est ce que je peux amener sur le terrain», souligne Desjardins, beaucoup plus «vocal» entre les lignes que dans le vestiaire.

S’il connaît tant de succès malgré sa taille «modeste», c’est d’abord grâce à sa capacité à s’ajuster, fait remarquer son instructeur cette semaine, David Caron, des Ravens de Carleton.

«C’est un gars qui applique tout ce qu’on lui dit», résume l’ancien membre du personnel d’entraîneurs des Élans de Garneau. «Quand tu lui demandes quelque chose, c’est appliqué, c’est bien fait. C’est pour ça qu’il s’améliore si rapidement et qu’il est si efficace. Il est super facile à coacher

Contrairement à son poulain du moment, Caron ne voit pas les 6’1’’ de Desjardins comme un si gros handicap pour la suite de sa carrière. «En bout de ligne, ce que les dépisteurs veulent voir, c’est des gars qui font des jeux. C’est un gars qui a sa place, c’est sûr et certain.»

Le principal intéressé n’en fera pas une maladie, mais la Ligue canadienne est dans sa mire, comme tous les joueurs présents cette semaine à Québec. «Je vais tout faire pour essayer de me rendre là. Et si ça ne fonctionne pas, j’ai d’autres plans dans ma carrière», conclut l’étudiant en génie civil.

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LA CHANCE DE SE FAIRE UN NOM

Benjamin Garand-Gauthier n’avait pas été retenu pour le Défi Est-Ouest, et il ne s’en faisait pas trop. Mais lorsque Glen Constantin lui a dit qu’une place venait de se libérer, la semaine dernière, il a sauté sur l’occasion. Le centre-arrière du Rouge et Or y a vu une chance de laisser une bonne impression dans la tête des dépisteurs de la Ligue canadienne. «Je voulais me faire un nom», a lancé l’athlète de Châteauguay, vendredi. «J’ai joué pas mal sur les unités spéciales dans les dernières années, mais je voulais montrer que j’étais aussi capable de jouer comme centre-arrière, de bloquer et d’être physique.» Garand-Gauthier a raté toute la saison 2016 en raison d’une blessure à l’ischio-jambier, absence qui l’a forcément «un peu» ralenti dans sa progression.  

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UN «P'TIT GARS» DE 6'3'' ET 250 LB

À 6’3’’ et 250 livres, Mathieu Betts est un solide gaillard. Mais il avait malgré tout l’air d’un p’tit gars, vendredi, lorsqu’il discutait avec son coéquipier Samuel Thomassin, véritable armoire à glace de 6’6’’ et 313 livres. La présence tout près du bloqueur de Concordia Maurice Simba (6’8’’ et 323 livres) complétait ce tableau, à côté duquel votre humble serviteur (5’10’’ et 30 livres en trop) se sentait littéralement minuscule.

Football

Le Défi Est-Ouest, une belle opportunité pour Lanctôt

Invité sur le tard à participer au Défi Est-Ouest en raison d’un désistement, Pierre-Karl Lanctôt n’allait certainement pas refuser une chance de se faire valoir devant les dépisteurs. Ennuyé par une blessure au pectoral, la saison dernière, le bloqueur du Rouge et Or se dit finalement à 100 %.

«C’est sûr que les blessures ne m’ont pas aidé et j’ai été invité ici parce que le centre des Redmen s’est retiré de l’évènement», pointe lui-même Lanctôt lorsqu’on lui parle de sa participation au Défi Est-Ouest. 

«Cela étant dit, une fois ici, je pratique comme les autres gars et j’ai des répétitions comme les autres gars. Je ne pense pas avoir quelque chose à prouver, si ce n’est me prouver à moi-même et aux dépisteurs ce que je sais faire sur un terrain de football.»

Le produit des Géants de Saint-Jean n’a pas obtenu beaucoup de départs sur la ligne offensive depuis le début sa carrière avec le Rouge et Or, mais lorsqu’il a joué, l’enjeu était grand. Ses premiers départs en carrière ont été les matchs de la Coupe Uteck et de la Coupe Vanier 2016, en relève de Francis Chabot, blessé. 

Il semblait alors tout désigné pour un poste de partant la saison suivante, mais une blessure au pectoral subie durant la saison morte l’a empêché de prendre part au camp d’entraînement, l’été dernier, le faisant reculer dans l’organigramme de l’entraîneur de la ligne offensive Carl Brennan. Lanctôt n’a pas été habillé jusqu’à ce qu’une autre blessure à Chabot lui ouvre une place dans l’alignement. Puis une blessure à la recrue Nicolas Thibodeau en Coupe Dunsmore a forcé «PK» à frapper en relève à nouveau lors d’un match crucial. 

Un poste à gagner

Entouré des meilleurs joueurs au pays cette semaine, l’occasion est belle pour le bloqueur de Dorval de prouver qu’il appartient à l’élite. «Ça va bien jusqu’à maintenant. Les gars sont sympathiques, les entraîneurs sont plaisants et le cahier de jeu est simple. Alors c’est une bataille physique un homme contre un homme.

«C’est sûr que ça donne confiance et c’est une petite fierté d’être capable de tenir ton bout et de faire de belles choses contre les meilleurs», explique l’athlète de 6’5’’ et de 300 livres. 

«S’il fait bien ici, il pourrait faire écarquiller les yeux des dépisteurs», croit pour sa part Carl Brennan. Mais Lanctôt voudra également impressionner son propre entraîneur, alors qu’il se dirige vers une lutte pour le poste de bloqueur à droite durant le camp d’entraînement, cet été. 

NOTES : Tous les entraîneurs-chefs du RSEQ étaient sur le terrain du Stade Telus, mercredi. Danny Maciocia (Carabins), Ronald Hilaire (Redmen), Mathieu Lecompte (Vert & Or) et Pat Donovan (Stingers) ont fait le voyage à Québec pour observer leurs ouailles... Plus de 5000 billets ont déjà trouvé preneurs pour le match de samedi. Le stationnement du PEPS ouvrira exceptionnellement à 9h, plutôt que 6h, pour le tailgate.

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DES OUVERTURES SUR LA LIGNE OFFENSIVE

Après une saison 2017 où les blessures ont mis à rude épreuve la profondeur de sa ligne offensive, Carl Brennan est satisfait de la cohorte de quatre nouvelles recrues qui se greffera au Rouge et Or, l’automne prochain. Du nombre, par contre, seul le bloqueur Jean-Philippe Pépin (CNDF) est entré à l’université à l’hiver et a ainsi pu participer au camp de printemps. Le bloqueur Antoine Marin (Rimouski) et les gardes Philippe Gagnon (Garneau) et Philippe Robitaille (Lévis-Lauzon) devront pour leur part faire leurs armes au camp d’entraînement.

Difficile, donc, d’évaluer leurs chances de voir du terrain rapidement. Mais il y aura des ouvertures. Pour l’instant, seuls Samuel Lefebvre, qui a été ramené à sa position naturelle de centre durant le camp de printemps, et le garde Samuel Thomassin, qui participe au Défi Est-Ouest, semblent indélogeables parmi les partants. Joueur de ligne offensive par excellence au collégial division 1 l’an dernier, Robitaille paraît tout désigné pour l’autre poste de garde. Mais pas question pour Brennan de se compromettre. «On ne sait jamais ce que le futur réserve. Nous, on donne à chacun une chance de se faire valoir et une fois que le camp est fini on prend nos décisions.»

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Football

Alexandre Savard sur les traces d'Antony Auclair

Avec son casque sur la tête, on pourrait presque confondre Alexandre Savard avec l’un de ses illustres ex-coéquipiers chez le Rouge et Or. Ayant ajouté quelques livres à sa charpente durant l’hiver pour effectuer la transition à la position d’ailier rapproché, il est officiellement sur les traces d’Antony Auclair.

C’est au Défi Est-Ouest 2016, où il avait été nommé joueur offensif de la semaine pour l’équipe de l’Est, qu’Antony Auclair avait commencé à faire saliver les dépisteurs de partout au pays. Spécimen physique doté de la force d’un joueur de ligne, mais de la rapidité d’un receveur de passes, le Beauceron sortait du lot. On connaît la suite pour l’ailier rapproché des Buccaneers de Tampa Bay. 

Il était difficile de ne pas penser à cela en voyant Alexandre Savard s’exécuter lors des tests physiques du Défi Est-Ouest, au PEPS, mardi matin. Placé dans le groupe des receveurs de passes, le Montréalais avait l’air d’un homme parmi les enfants, dépassant tout le monde d’une tête. Ses résultats dans pratiquement tous les tests physiques ont été égaux ou meilleurs que ceux qu’avait obtenus Antony Auclair lors de son Pro Day, le printemps dernier, devant les dépisteurs de 17 équipes de la NFL. 

«J’espère que ça a ouvert des yeux de dépisteurs, que ce soit de la NFL ou de la CFL. C’est à cela que servent les tests, montrer ce que tu es capable de faire athlétiquement parlant», a admis Savard. 

À tout près de 6’6’’ et 248 livres, ce dernier est également doté d’un physique quasi identique à celui d’Auclair, qui pointait à 6’5’’ et 254 livres à sa dernière saison à Laval. 

D’autant plus qu’Alexandre Savard, qui jouait à 242 livres la saison dernière, a l’intention d’ajouter encore quelques livres d’ici l’automne. «Je n’en ai pas encore pris autant de poids que ce que je pensais. J’essaye de devenir un peu plus lourd, question d’avoir le bon physique pour être ailier rapproché et ne pas être désavantagé quand je vais bloquer.»

Une position à apprivoiser

C’est qu’après avoir évolué toute sa carrière comme receveur, le produit des Cheetahs de Vanier a débuté une transition vers la position d’ailier rapproché, où les opportunités professionnelles sont meilleures, la saison dernière. «Ça allait bien, mais la transition ne se faisait pas assez rapidement pour vraiment m’utiliser là durant les séries.»

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Mathieu Betts épate aux tests physiques du Défi Est-Ouest

La crème du football universitaire canadien a beau être au Peps pour le Défi Est-Ouest, cette semaine, le nom sur toutes les lèvres demeure le même : Mathieu Betts.

L’ailier défensif étoile du Rouge et Or faisait déjà tourner des têtes, mardi matin, lors des tests physiques de l’évènement réunissant les meilleurs espoirs en vue du repêchage 2019 de la LCF. À peine ses tests physiques terminés, sur le terrain synthétique intérieur du Stade Telus, que déjà il devait commencer à répondre à des questions sur son avenir professionnel.