Nico Rosberg et sa femme Vivian à leur arrivée vendredi au gala de la Fédération internationale de l'automobile. L'Allemand de 31 ans est le premier champion du monde à s'arrêter juste après son titre depuis le Français Alain Prost en 1993.

Rosberg se retire au sommet

Nico Rosberg a créé une énorme surprise en annonçant vendredi qu'il arrêtait sa carrière, cinq jours seulement après son premier sacre en F1 l'âge de 31 ans.
«Je suis au sommet, donc je sens que c'est le bon moment», a écrit Rosberg sur sa page Facebook. Il est le premier champion du monde à s'arrêter juste après son titre depuis le Français Alain Prost en 1993.
Dimanche, Nico Rosberg avait rejoint au palmarès son père, sacré en 1982. Mais papa Keke n'avait remporté qu'un seul Grand Prix pour être sacré en 1982 dans une Williams avant d'en gagner quatre autres entre 1983 et 1985. Le fils aura fait beaucoup mieux, avec 23 victoires en 206 Grands Prix.
«Pendant 25 ans, c'était mon seul et unique rêve de devenir champion du monde», a confié le pilote allemand sur les réseaux sociaux. «Maintenant, je l'ai accompli. J'ai gravi ma montagne.»
Le nouveau retraité a révélé avoir pris sa décision lundi, au lendemain de sa deuxième position au dernier Grand Prix de la saison, à Abou Dhabi. «Soudain, tout a été clair avant le départ. Je voulais savourer chaque seconde.» Il a ajouté qu'il avait commencé à envisager la retraite après sa victoire à Suzuka, au début octobre, «quand le destin du championnat s'est retrouvé entre mes mains».
Saison éprouvante
Rosberg a également fait allusion aux difficultés auxquelles il a été confrontées pendant la saison et qui ont eu un effet sur ses proches. «Cette saison a été extrêmement éprouvante. J'ai travaillé comme un dingue dans tous les domaines après les déceptions des deux dernières années. Et évidemment, cela a eu un impact sur ceux que j'aime.
«Je n'ai pas de mots assez forts pour remercier ma femme Vivian. Elle a été incroyable. Elle a compris que cette année était la plus importante, que c'était notre chance d'y arriver, et m'a donné l'espace pour me permettre de récupérer après chaque course, en prenant soin de notre fille chaque nuit, en s'occupant des choses quand c'était difficile et en plaçant ma saison avant tout le reste.»
Né d'une mère allemande, Sina, le 27 juin 1985 à Wiesbaden, Rosberg a été élevé en Principauté de Monaco et a débuté en karting, à six ans. «Ma mère a grandi dans l'Allemagne d'après-guerre et elle fumait les mégots des soldats américains», avait confié Rosberg au Guardian. «Et j'ai toujours eu horreur d'acheter des jeans avec l'argent de mon père.»
Rosberg est désormais un père de famille épanoui, capable de s'exprimer parfaitement dans cinq langues, soit autant d'atouts pour sa reconversion éventuelle.
Le directeur de Mercedes F1, Toto Wolff, a rendu hommage à Rosberg pour avoir «une décision courageuse.» «Il a choisi de partir au sommet de sa carrière, en tant que champion du monde, ayant réalisé son rêve d'enfance. La clarté de son jugement fait en sorte que j'ai accepté sa décision immédiatement quand il m'en a fait part.»
Mercedes va désormais devoir lui trouver un remplaçant. L'Allemand Pascal Wehrlein (22 ans), issu de la filière de la marque à l'étoile et qui vient de terminer sa première saison de F1 chez Manor, semble être en pole position.  Avec AP
Un monde «un peu fêlé»
Dans une entrevue accordée avant que sa retraite ne soit rendue publique, Nico Rosberg jugeait le monde de la F1 «un peu fêlé». «Beaucoup d'ego se heurtent. Chacun pense d'abord à soi et essaie de tirer avantage des situations au détriment des autres. C'est comme ça dans tous les milieux. Mais en Formule 1, c'est extrême, parce que c'est un petit monde avec beaucoup d'argent», avait confié le nouveau champion du monde à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, qui a publié l'article vendredi. Rosberg a aussi révélé avoir travaillé avec un maître zen japonais pour garder sa sérénité tout au long de la saison. Il rendait à Kyoto pour perfectionner sa technique de méditation. «Dit en termes simples, le but est de travailler sur la pleine conscience. Tu prends du temps pour te détendre et te concentrer sur tes sensations. Tu apprends à accepter tes émotions, y compris les émotions négatives comme la colère ou l'angoisse.» AFP

Hamilton pas surpris

Avec la retraite de Nico Rosberg, Lewis Hamilton perd son frère ennemi. Coéquipiers en karting en 2000 et en 2001, à une époque où les deux adolescents étaient les meilleurs amis du monde, les deux pilotes ont dû composer avec une relation tendue chez Mercedes. «Nous avons commencé quand nous avions 13 ans et nous avons toujours parlé de devenir champions. Quand j'ai rejoint cette écurie, Nico était là, ce qui était encore quelque chose dont nous avions parlé enfants. Ça va être très, très étrange et triste de ne pas l'avoir dans l'équipe l'année prochaine. Il va manquer à ce sport et je ne lui souhaite que le meilleur», a précisé le Britannique à autosport.com. Il a ajouté ne pas avoir été surpris par la retraite de Rosberg «parce que je le connais depuis longtemps. C'est la première fois qu'il gagne en 18 ans, c'est pourquoi ce n'était pas une surprise qu'il décide d'arrêter. Il a aussi une famille sur laquelle se concentrer et la Formule 1 prend tellement de ton temps». AFP et AP