Mercredi dernier, à l'aéroport de Cologne, le champion du monde de F1 et jeune retraité, Nico Rosberg, a eu la chance de rencontrer l'ancien joueur de soccer Lukas Podolski, qui a remporté la Coupe du monde avec l'équipe allemande en 2014.

Rosberg de champion pilote à... vedette de films d'action?

Tout juste retraité à 31 ans, le champion du monde Nico Rosberg a esquissé samedi ses rêves pour l'après-F1 dans un entretien à Nice : d'abord un Noël en famille, des projets, d'autres enfants et, pourquoi pas, un rôle de cinéma, de préférence dans un film d'action.
Q Comment avez-vous savouré vos premiers instants de liberté?
R «Il n'y a pas encore de liberté, je suis encore à fond pour célébrer ce succès [le titre de champion du monde, décroché cinq jours avant l'annonce-surprise de sa retraite]. Le premier vrai moment de liberté, ça va être Noël. C'est excitant, car c'est un nouveau chapitre dans ma vie, un gros changement aussi. Ça va être beau de voir ce qui va arriver, les projets, la famille, plus de temps avec elle. On va être à Ibiza, avec le sapin, le souper typique et la dinde! Puis je vais chercher de nouveaux projets où mettre toute ma combativité, mais on verra ça avec la nouvelle année.»
Q La dernière saison a été très dure?
R Le plus dur, c'était mentalement. Il y a beaucoup de sacrifices à faire pour réussir dans le sport, la famille passe après et dès que le titre a été proche, la pression a été vraiment monstrueuse. La dernière course [qui lui a valu le titre le 27 novembre à Abou Dhabi], c'était tellement, tellement dur mentalement. C'était d'une intensité incroyable.»
Q Votre relation complexe avec votre coéquipier et rival chez Mercedes, Lewis Hamilton, est digne d'un film. Cela a contribué à la pression?
R «Évidemment, c'est un des meilleurs pilotes du monde, la lutte contre lui est très dure mais j'adore aussi cette compétition. Pousser au plus haut niveau et battre un des meilleurs, c'est ça qui est beau.»
Q Certaines personnes ont mal réagi à votre décision de ne plus courir, parlant même de lâcheté. Que répondez-vous?
R «Je suis très reconnaissant, car la majorité me soutient dans ma décision. Évidemment, il y a toujours des gens qui ont une autre opinion mais, en fin de compte, je change de boulot, qui peut me critiquer? Chacun son choix et chacun son chemin! J'ai fait une très, très belle carrière de mon point de vue, j'ai réussi ce que je voulais réussir. Je comprends aussi qu'il y ait des gens qui soient déçus, car cette lutte avec Lewis, c'était beau, j'imagine. À ceux-là, je veux dire : "Regardez les trois années passées et gardez ce souvenir fantastique." Moi, c'est ce que je vais faire. C'était une période incroyable, je suis fier d'y avoir participé, d'avoir battu Lewis et d'être champion du monde. Maintenant, ça y est, j'ai réussi et je passe à autre chose. Par exemple, je veux vraiment avoir plus de temps pour ma famille. Ma fille a un an et demi et ça n'arrivera qu'une fois.»
Q Justement, vous vous voyez avec combien d'enfants?
R «Je ne sais pas, j'espère avoir plusieurs enfants, ce serait sympa si j'ai cette chance : une équipe de foot! Mais ma femme Vivian n'est pas trop convaincue par cette idée!»
Q Avec votre physique, vous vous verriez faire du cinéma?
R «Oui, j'aimerais bien. Je connais des acteurs en Allemagne, peut-être un jour, ce serait sympa. J'ai déjà un peu d'expérience car en étant pilote, il faut qu'on fasse beaucoup de pubs. Action hero, ça me plairait!»
Q Votre titre mondial est-il une façon de rembourser une dette envers ceux qui vous ont porté jusque-là?
R «Une dette, non, mais dans le sport, on ne réussit rien tout seul. J'ai toute une équipe derrière moi. J'ai accompli mon rêve de jeunesse, mais c'est eux qui m'ont aidé à y arriver. Ce rêve était inspiré par mon père [le Finlandais Keke Rosberg, champion du monde 1982]. Ensuite, dès que j'ai pris de l'âge et que j'ai commencé à courir, c'est mon rêve à moi que j'ai voulu accomplir. Ma mère et mon père m'ont toujours soutenu. J'ai eu de la chance. Quand je suis rentré en F1, mon père s'est complètement retiré et je l'en remercie beaucoup. Il a parfaitement réussi à lâcher prise, et c'est la chose la plus difficile pour des parents.»