Les Capitales sont loin d’être sortis du bois. Leur fiche de 27-42 les place toujours sixièmes et derniers au classement, à 5,5 matchs de la quatrième position donnant accès aux séries d’après-saison.

Rockland 3/Québec 4: «On n’a plus d’excuse»

Deuxième victoire de suite. Pas entendu ça souvent chez les Capitales cette année. Vainqueur 4-3 dimanche aux dépens des Boulders de Rockland, le club de Québec retrouve en plus quatre joueurs-clés pour la dernière ligne droite.

«On vient de gagner deux matchs de suite, surtout contre l’équipe qu’il faut rattraper au classement. Nos renforts seront enfin de retour lundi, alors on s’en va à la guerre avec l’alignement qu’on voulait. On n’a plus d’excuse», a tranché le gérant Patrick Scalabrini, après la rencontre.

Car ses Capitales sont loin d’être sortis du bois. Leur fiche de 27-42 les place toujours sixièmes et derniers au classement de la Ligue Can-Am, à 5,5 matchs de la quatrième position donnant accès aux séries d’après-saison occupée par Rockland (33-37). Québec est 3-7 à ses 10 dernières rencontres.

Après les Jeux panaméricains, le tournoi de baseball s’est conclu dimanche, le retour des lanceurs Scott Richmond et Dustin Molleken, du Canada, ainsi que des avant-champs Yordan Manduley et Stayler Hernandez, de Cuba, va requinquer l’alignement.

Le voltigeur torontois Connor Panas garde aussi un intérêt à se joindre aux Capitales advenant que son essai de cette semaine avec l’organisation des Blue Jays tombe à plat.

Appelés comme simples remplaçants, Josué Peley, Rylan Sandoval et Jean-François Garon seront remerciés sous peu ou l’ont déjà été. Rian Kiniry sera aussi avisé que ses services ne sont plus requis. Le lanceur David Richardson serait pour sa part placé sur la liste des blessés.

Sandoval et Pelé

C’est quand même Sandoval, avec deux doubles et de belles pièces défensives au deuxième coussin, ainsi que Peley, solide derrière le marbre et auteur de deux coups sûrs, qui ont tracé le chemin vers la victoire de dimanche. Sans oublier le circuit de deux points de T.J. White en première manche, longue claque dans la gauche qui a atterri dans les terrains de tennis du parc Victoria.

«Je n’ai jamais été aussi en forme et quand c’est possible, je dis oui à Pat. Je veux apporter de l’énergie et partager mon expérience avec les gars», explique Peley, 31 ans, qui a été joueur régulier des Capitales de 2012 à 2015.

«Mais j’ai des engagements professionnels [comme représentant du fabricant de bâtons Louisville Slugger] et je participe aussi au championnat canadien de balle donnée du 10 au 17 août. Le baseball fait partie de mes priorités, mais j’ai aussi d’autres priorités», fait valoir le papa de la petite Nayla, quatre ans. Résident de Québec, Peley s’aligne de plus, quand il le peut, dans le senior avec les Brewers de Montréal.

Il reste encore un poste de vétéran vacant dans l’alignement, que Peley occupera encore mardi. Pour la suite, Scalabrini magasine et espère dénicher la perle rare.

Quant au match de dimanche, le lanceur de départ Austin Chrismon (6 ml, 5 cs, 3 pm, 5 rab) a mérité sa première victoire dans l’uniforme des Capitales, tandis que Jonathan de Marte (1,2 ml, 1 rab), auteur de la victoire de samedi, a cette fois récolté le sauvetage.

Les Capitales sont donc 2-2 en août! Et ont offert deux victoires aux 10 190 spectateurs venus les applaudir les trois derniers jours au Stade Canac, dont 3179 dimanche. Ils reçoivent la visite des Aigles de Trois-Rivières mardi, mercredi et jeudi.

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L'ESPOIR D'UNE ÎLE PERDUE

Sean Cruz vient de l’autre bout du monde. Littéralement. Le nouveau lanceur des Capitales de Québec est natif de Guam, petite île perdue du Pacifique qui joue cependant un grand rôle dans son histoire et même un peu dans l’histoire du monde moderne.

«Je suis très loin de chez moi!» confirme le droitier de 24 ans, abordé dans le vestiaire de l’équipe locale au Stade Canac. Ce qui ne lui enlève pas le sourire, au contraire, lui qui est devenu cet été le premier joueur de baseball formé à l’école secondaire sur l’île à parapher un contrat professionnel en plus de 20 ans.

Avec ses 170 000 habitants, Guam est la plus grande île de la Micronésie, archipel situé au large des Philippines. Il s’agit d’un territoire appartenant aux États-Unis, même s’ils sont à quatre heures d’avion du Japon et à sept de Hawaii.

Guam a été le lieu de deux batailles durant la Seconde Guerre mondiale, en 1941 dans la foulée de Pearl Harbor, et reconquise en 1944 par les Américains, qui y ont toujours une importante base militaire.

Sean Cruz est le premier joueur de baseball formé à l’école secondaire de l’île de Guam à parapher un contrat professionnel en plus de 20 ans.

Cruz est natif de Yona et a étudié dans le village voisin, Santa Rita. Et après le secondaire, tout ce qu’il voulait, c’était continuer à jouer au baseball. À ce point, il n’avait plus le choix de quitter son île paradisiaque.

«Des gars que je connaissais avaient joué dans un junior college en Iowa, alors j’ai juste envoyé un courriel à l’instructeur-chef et je suis parti. J’ai ensuite fait une autre école au Texas, puis je me suis promené un peu et me voici!» résume-t-il.

Depuis longtemps

Il a amorcé la saison avec beaucoup de succès dans la Ligue Empire, circuit indépendant inférieur à la Ligue Can-Am. Mais le gérant des Capitales, Patrick Scalabrini, avait un œil sur lui avant ça. L’an passé, Cruz a joué dans le semi-pro en Alberta, pour Greg Morrison, coéquipier de Scalabrini à Winnipeg il y a une quinzaine d’années. C’est aussi par Morrison qu’il a entendu parler de David Salgueiro, rapide voltigeur recrue des Capitales.

Même s’il n’a pas encore de victoire à sa fiche en deux départs, Cruz fait bien avec un seul point accordé par sortie pour une très bonne moyenne de 1,50 point mérité.

Il sait que les membres de sa famille et plusieurs concitoyens de Guam, dont de jeunes joueurs de baseball, suivent chacun de ses faits et gestes sur le continent. «Les gens de Guam m’ont toujours encouragé et je veux les rendre fiers. Je sais qu’ils me suivent, je l’espère en tout cas. Après, ce que j’aime le plus depuis que je suis enfant, depuis que j’ai cinq ans, c’est jouer au baseball. Alors je continue et je fais de mon mieux», résume celui qui a subi une opération au coude à la Tommy John il y a quatre ans.