Après avoir remporté le Grand Prix de Hongrie, fin juillet, Sebastian Vettel menait le championnat des pilotes par 14 points. Mais après son accident dès les premiers instants du Grand Prix de Singapour, dimanche, le pilote de Ferrari concède maintenant 28 points à Lewis Hamilton.

Rien ne va plus pour Vettel

En l'espace de trois courses, Sebastian Vettel a non seulement perdu son avance sur Lewis Hamilton en tête du championnat, mais il accuse désormais un recul deux fois plus important.
Après avoir remporté le Grand Prix de Hongrie, fin juillet, Vettel menait par 14 points, alors que les deux pilotes revendiquaient quatre victoires chacun au moment de la pause estivale.
Mais après son accident dès les premiers instants du Grand Prix de Singapour, dimanche, le pilote de Ferrari concède maintenant 28 points à Hamilton.
«C'est très décevant et ce n'était certainement pas le résultat que nous attendions, a commenté Maurizio Arrivabene, le directeur de la Scuderia. Mais cela ne veut pas dire que la bataille est terminée, juste qu'elle est devenue plus difficile.»
Pourtant, il peut sembler aux yeux de Mercedes que, avec toute son expérience, Vettel a compromis ses chances de championnat du monde. «De toute évidence, nous ne serions pas à l'aise de nous retrouver dans la position de Ferrari, a déclaré le patron de l'écurie Mercedes, Toto Wolff. Mais ce n'est pas le moment de nous réjouir.»
Hamilton a remporté facilement les trois courses depuis que le championnat a repris au mois d'août et, avec seulement six Grands Prix à disputer, Vettel a un énorme défi à relever pour freiner Hamilton. «Nous garantissons que nous nous battrons jusqu'au dernier virage du dernier Grand Prix de l'année», a promis Arrivabene.
Mercedes s'attend d'ailleurs à être mis au défi par Ferrari. «Ce résultat ne change rien à la situation, a prévenu Wolff. En fait, c'est un rappel brutal qu'il y a six autres occasions pour que la chance soit contre nous cette saison, comme cela est arrivé à Ferrari.»
Pas d'abandon pour Hamilton
Mais ce sera nettement plus difficile pour Vettel maintenant parce que, contrairement à la saison dernière, Hamilton n'a pas encore connu d'abandon en course. Et même s'il a été incapable de monter sur le podium à quatre reprises pour Mercedes cette saison, il fait jeu égal avec Vettel à ce chapitre.
Après avoir remporté trois des six premières courses, Vettel a perdu la main avec seulement une victoire lors des huit dernières courses.
Au Grand Prix de Grande-Bretagne en juillet, Vettel semblait au moins être assuré d'un podium lorsqu'un problème de pneus en fin de course l'a relégué à la septième position. 
Dimanche, il avait une excellente occasion de l'emporter en prenant le départ de la position de tête sur un circuit exigeant pour le freinage qui convenait mieux à Ferrari qu'à McLaren. Quelques secondes après le départ, sa course était terminée. Vettel a commis une erreur de jugement en essayant de couper le chemin à Max Verstappen en entrant dans le premier virage et il a finalement provoqué un carambolage qui a également sorti son coéquipier chez Ferrari, Kimi Raikkonen, auteur d'un excellent départ, ainsi que Verstappen et Fernando Alonso. Vettel s'est excusé auprès de son équipe après coup.
Scénario semblable
Mercedes a vécu un scénario similaire au Grand Prix d'Espagne l'année dernière, lorsque Hamilton et son coéquipier, Nico Rosberg, sont entrés en collision dès le premier tour, éliminant les deux voitures. L'écurie était furieuse à l'endroit de ses deux pilotes ce jour-là et elle a presque décidé d'imposer des consignes d'équipe. «Je comprends leur sentiment. J'ai connu cette situation de perdre les deux voitures, a précisé Wolff. Je sais combien c'est douloureux.»
La différence, c'était que Hamilton et Rosberg se battaient pour le titre et, en l'absence d'un autre rival principal parmi les autres équipes, cela n'a finalement eu aucune conséquence.
Chez Mercedes, la priorité est désormais d'assurer le titre à Hamilton. Même s'il est très peu probable qu'on impose des consignes d'équipe, il est évident - du moins officieusement - que Bottas s'efforcera d'aider Hamilton à égaler les quatre titres mondiaux de Vettel.
Wolff l'a confirmé quand il a parlé par inadvertance de Bottas comme de «notre deuxième pilote» dans son point de presse après la course de dimanche, avant de rapidement corriger le tir et dire «ah, l'autre pilote.»
Bottas connaît une bonne première saison depuis son arrivée impromptue en remplacement de Rosberg, qui a pris sa retraite quelques jours après avoir remporté le titre en 2016. Bottas a même dépassé les attentes avec 10 podiums en 14 courses, dont deux victoires, et il occupe la troisième place au championnat.