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Sébastien Sasseville
Sébastien Sasseville

Rien n'a arrêté Sébastien Sasseville lors de sa traversée du Canada en vélo

Philippe Chabot
Philippe Chabot
Le Soleil
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D’un océan à l’autre, 6000 kilomètres de vélo en 15 jours dans des conditions extrêmes imposées par Mère Nature. Toute personne sans véritable mission tatouée sur le cœur n’aurait terminé cette traversée. Cependant, rien n’a pu arrêter Sébastien Sasseville d’y parvenir parce qu’il avait un objectif bien précis en tête qui l’a motivé jour et nuit.

Le périple de l’athlète de Québec a débuté sur la côte ouest du Canada à Vancouver. Dès la première journée, il devait affronter un défi de taille, les Rocheuses. Ce n’est toutefois pas cette vertigineuse chaîne de montagnes qui lui a causé du souci… 

«Le jour 1 a transformé l’histoire. J’ai commencé mon aventure le 28 juin, la journée la plus chaude jamais enregistrée au Canada avec le mercure qui indiquait 48 Celsius», déclare-t-il. 

Bien que la chaleur était accablante, il a tout de même décidé de grimper sur son vélo et de faire ses premiers kilomètres sur l’autoroute transcanadienne. Bien entendu, la journée n’a pas été de tout repos.  


« Ça l’a été l’épreuve la plus difficile de toute ma carrière sportive. »
Sébastien Sasseville

Ce n’est pas rien considérant que Sébastien Sasseville a déjà fait l’ascension du mont Everest ainsi qu’une dizaine de marathons et de triathlons. 

Il a toutefois su tirer du positif de son expérience. «C’était quand même un beau moment. Il y a une équipe derrière moi et on s’est tous rassemblé pour accomplir notre mission. On a tout fait ce qu’il fallait pour y parvenir.» 

Il a donc décidé de changer son fusil d’épaule pour la suite de son parcours.

«J’ai été obligé de rouler principalement la nuit, c’était les meilleures conditions. Je roulais donc en moyenne 400 et 500 kilomètres par jour, ce qui me donnait un petit trois, quatre, cinq heures de sommeil», témoigne l’homme de 41 ans.   

Après la pluie le beau temps, vraiment ?

Quatre jours après le début de son aventure, il voyait la lumière au bout du tunnel de cette canicule infernale qui l’avait ralentie tout au long de son trajet en Colombie-Britannique. 

Il faisait son entrée dans les Prairies. Cependant le tunnel emprunté précédemment continuait, mais sous une autre forme.

«On a fait la traversée d’ouest en est pour avoir des vents favorables, mais on n’a pas été chanceux. On a frappé un mur de vent», se souvient l’athlète. Malgré tout ce qu’on lui mettait sur son chemin, il n’était pas question d’arrêter. Il devait accomplir sa mission. 

Mais quelle était cette fameuse mission qui lui a donné la motivation d’affronter une Mère Nature déchaînée et de continuer sans relâche ? 

«J’ai fait ce défi en soutien à la campagne #Accèspourtous de la Fondation pour la recherche sur le diabète juvénile», affirme le cycliste. 

Lui-même, diagnostiqué diabétique de type 1 à ses 22 ans, il utilise présentement le glucomètre SGC Dexcom G6. «Ces nouvelles technologies existent, mais ne sont pas accessibles partout au Canada. Ça change complètement la vie d’un diabétique, c’est le jour et la nuit.» 

Son but était de sensibiliser les gens à l’importance de rendre accessibles ces technologies, dont Sébastien Sasseville rêvait il y a vingt ans, aux quatre coins du pays. 

Arriver à jongler performance et contrôle de glycémie pendant deux semaines, a été «sportif» pour lui. «La gestion du diabète est extrêmement complexe dans la vie quotidienne. Imaginez avec un tel effort, j’ai dû m’adapter.» 

Cette traversée incarne donc un message important à toute personne diabétique.

«Le diabète ne doit pas nous arrêter, il faut continuer à faire ce que l’on aime!»

Il arrivait enfin à Halifax dans la nuit du 13 au 14 juillet. 15 jours, 17 heures et 36 minutes après le début de son odyssée.  

Depuis quatre jours au moment d’écrire ces lignes, Sébastien Sasseville est de retour chez lui à Saint-Gabriel-de-Valcartier et arrive enfin à avoir de bonnes nuits de sommeils. 

«On ne dort pas aussi bien que l’on pourrait croire. J’ai eu de grandes sueurs, mon corps était sur le choc et tentait par tous les moyens d’éliminer les toxines de ce surentraînement», explique l’athlète d’expérience. 

Le repos ne fera pas de tort, car il est déjà inscrit à plusieurs épreuves longues distances en vélo l’an prochain.