«Il faut faire comme si c’était un autre match, il faut un équilibre. Il faut quand même que les joueurs soient heureux et qu’ils aient du plaisir», pense le quart Hugo Richard, qui a deux finales nationales à son actif.

Richard et Betts en terrain connu

En Hugo Richard, quart-arrière, et Mathieu Betts, joueur de ligne défensive, le Rouge et Or de l’Université Laval peut compter sur deux joueurs très décorés en matière de bagues de championnats.

Les leaders offensif et défensif de l’équipe de Glen Constantin ont en effet remporté le championnat dans le niveau le plus élevé de toutes les catégories de football au Québec, à savoir le Bol d’or juvénile en première division, le Bol d’or collégial en première division et la Coupe Vanier.

Les deux ont gagné avec le Cactus du Collège Notre-Dame alors qu’ils étaient au secondaire et avec le Rouge et Or en 2016. Entre les deux, Betts a gagné en 2014 avec les Spartiates du Cégep du Vieux-Montréal alors que Richard l’avait fait en 2012 avec les Cheetahs du Collège Vanier.

«Je ne sais pas si moi et Mathieu sommes les seuls de l’équipe à avoir des championnats en première division au secondaire et au collégial en plus d’une Coupe Vanier. Probablement qu’il y en a d’autres, je ne suis pas certain...», a avoué le quart-arrière après l’entraînement au PEPS mercredi.

Atout important

Une chose est certaine cependant pour Richard, qui demeure une force tranquille et d’un calme légendaire même à l’approche de parties cruciales : le fait d’avoir été sur le terrain dans de «gros matchs» demeure un atout non négligeable.

«Ce n’est pas tout le monde qui a eu la chance de jouer dans de gros matchs comme ça, ça te donne une expérience que tu ne peux pas vraiment aller chercher ailleurs», explique-t-il, en soulignant toutefois que le facteur de difficulté est bien différent d’un niveau à l’autre.

«Quand on monte, c’est beaucoup plus difficile et une Coupe Vanier, il faut en avoir vécu une pour savoir ce que c’est. Et quand on l’a vécu, ça nous permet d’être un peu moins nerveux», ajoute celui qui a deux finales nationales à son actif : une gagnante en 2016 et une perdante l’an dernier.

Même si la dernière saison a été très bonne pour lui, Richard refuse de s’asseoir sur ses lauriers. «Je sais que j’ai eu une bonne année, mais ça ne compte plus quand on arrive au dernier match, à la grande finale.»

Il souligne également qu’il ne faut pas non plus s’ajouter trop de pression. «Il faut faire comme si c’était un autre match, il faut un équilibre. Il faut quand même que les joueurs soient heureux et qu’ils aient du plaisir. C’est le délicat dosage qu’il faut rechercher pour un match comme celui-là.»

Richard sait que ce match sera son dernier après une carrière universitaire bien remplie où il a fracassé de nombreux records. Celui qui a étudié en génie mécanique aimerait bien poursuivre son périple avec le ballon ovale chez les pros, mais il sait qu’il a un pouvoir limité sur la suite des choses.

«Continuer chez les pros, ce n’est pas moi qui décide ça. Il faut voir s’il y a des opportunités. Présentement, ça n’a pas l’air très fameux...», avoue-t-il bien humblement. «Par contre, vous pouvez être certain que je vais continuer de m’entraîner tout l’hiver pour voir s’il y en aura, des opportunités, par la suite.»

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LA MATURITÉ DU «VIEUX» MCGEE

Le demi défensif Kevin McGee (24) va enfin pouvoir fouler le terrain en grande finale contre les Mustangs.

Souvent pointé du doigt pour des plaqués un peu trop solides, suspendu à quelques reprises par le passé, Kevin McGee aborde la prochaine finale de la Coupe Vanier avec la nouvelle maturité de ses 25 ans.

«J’ai eu 25 ans en octobre, je pense que je suis le plus vieux de l’équipe...», laisse tomber le joueur de quatrième année, qui fait des études en marketing.

L’an dernier, c’est depuis les lignes de côté que le demi défensif du Rouge et Or avait dû se résigner à regarder son équipe perdre en grande finale canadienne. Il avait été suspendu trois matchs en raison d’un plaqué illégal sur le receveur de passes Khalil Kerr [Carabins de l’Université de Montréal] lors du match de la Coupe Dunsmore. Cette année, il a déjà du feu dans les yeux à l’idée de sauter dans la mêlée pour apporter sa contribution à la quête du Rouge et Or.

Comme quelques coéquipiers, le Sherbrookois a remporté des championnats à tous les niveaux. «Mais tu sais, de 17 à 25 ans, tu vois de grandes différences. Tu gagnes beaucoup en maturité.»

Un revers à oublier

Heureux de pouvoir enfin fouler le terrain en grande finale contre les Mustangs, McGee insiste sur l’importance «d’oublier» le revers de 39-17 de 2017. «Il faut oublier des games comme celle-là», plaide-t-il en faisant référence au nombre de points anormalement élevé marqué contre la défensive généralement hermétique du Rouge et Or.

«Il faut qu’on grandisse et qu’on apprenne de nos erreurs, il faut être conscient de ce que ça prend pour gagner, c’est-à-dire être parfaits à l’offensive, en défensive et sur les unités spéciales.»

Selon McGee, les vétérans du Rouge et Or s’efforcent de donner l’exemple depuis le début de la saison afin de la terminer sur une bonne note, c’est-à-dire avec le gros trophée du général Vanier bien au chaud entre les murs du PEPS. «On est une bonne gang de vétérans. Ceux qui sont là depuis longtemps, qui ont gagné à d’autres niveaux, ont un seul objectif en tête et c’est le même pour tout le monde.»  

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MCGEE A RÉSISTÉ À L'APPEL DE L’ONTARIO

En tant qu’ex-Cougars de Champlain-Lennoxville, Kevin McGee aurait très bien pu aboutir avec les Mustangs, les adversaires du Rouge et Or en Coupe Vanier cette année et l’an dernier. Il a préféré rejoindre son ancien rival Mathieu Betts à Laval. «J’ai joué avec Philippe Dion et aussi avec Cedric Joseph, entre autres. Les deux sont partis à Western Ontario. Ils ont essayé de me recruter aussi, mais je n’étais pas intéressé à aller là-bas», a raconté le demi défensif du Rouge et Or. «Je n’ai pas affronté Philippe et Cedric l’an dernier, mais je les affronterai cette année. Je sais que Cedric est l’un des deux ou trois meilleurs porteurs de ballon au pays. On était vraiment de bons chums quand on jouait ensemble, mais maintenant...», poursuit-il sans terminer sa phrase.