Les spectateurs sont venus nombreux encourager leur favori local sur les Plaines en fin de semaine dernière, mais aussi les fondeurs de toutes les provenances.

Retraite d’Alex Harvey: «Pas la fin du ski de fond à Québec»

Le départ à la retraite d’Alex Harvey ne signifie pas pour autant la disparition des événements de ski de fond dans la capitale, selon le président de Gestev, Patrice Drouin. «Je pense que le monde de Québec aime ce sport, ils l’ont dit, ils l’ont prouvé. Ce n’est pas la fin du ski de fond à Québec», disait-il en marge des finales de la Coupe du monde, en fin de semaine.

Déjà, Québec est inscrit au calendrier 2020 de la Fédération internationale de ski. Un Tour de six étapes qui passerait aussi par Minneapolis (États-Unis) et Canmore (Alberta) est en voie de confirmation. Ne lui reste qu’à finaliser les ententes financières.

«On fonctionne toujours de la même façon. On fait inscrire l’événement au calendrier, on assemble le financement par la suite. Nous aurions pu négocier avec nos partenaires du privé et du public avant et pendant cette Coupe du monde, mais je préférais qu’elle soit terminée. Nous avons des rendez-vous, cette semaine, je présume que ça va bien aller. Avec le succès qu’on vient de connaître, j’aurais de la misère à croire que ça ne revienne pas. Mais bon, on a nos devoirs à faire au cours du prochain mois et nous aurons la réponse au mois de mai», a confié Drouin au lendemain de ce qui fut un succès sportif et populaire.

À ses yeux, le rendez-vous de Québec n’est plus uniquement celui d’Alex Harvey, comme il l’a été jusqu’à présent.

«Le phénomène Alex Harvey a donné des ailes à l’événement, c’est indéniable. Mais les gens encourageaient autant les Norvégiens qu’Alex, on est sur une bonne voie pour le ski de fond à Québec», a-t-il dit en citant le vélo de montagne. Les Championnats du monde de cette discipline, qui a vu apparaître et partir à la retraite la cycliste Marie-Hélène Prémont, auront d’ailleurs lieu au Mont-Sainte-Anne lors de la fin de semaine de la fête du Travail, début septembre.

N’empêche, le meilleur fondeur canadien de l’histoire valait son pesant d’or. Les conquêtes des plaines d’Abraham de 2017 et 2019 seront difficiles à reproduire.

«Je pense que pour Alex, c’est fini de passer incognito à Québec... On n’est pas près de revoir ce qu’on a vécu. J’avoue que samedi, Alex nous a pris par surprise sur le plan émotif. On vient de vivre un scénario de rêve, car on conjugue la fin d’une carrière à une autre belle édition de la Coupe du monde. On était au rendez-vous, lui aussi.»

Maintenir l’intérêt

Maintenant, le défi sera de maintenir l’intérêt. Mais Drouin n’est pas inquiet après avoir vu les amateurs encourager les fondeurs, peu importe leur provenance.

«La FIS nous voit dans l’avenir, car c’est un bel événement en Amérique du Nord. La foule était égale ou supérieure à l’an passé, où nous l’avions estimée à 60 000 personnes [pour les trois jours]. C’était au-delà de nos attentes, surtout avec la météo qui avait l’air de n’importe quoi en début de semaine. La Coupe du monde de ski de fond est une révélation pour nous, on ne pensait jamais que ça allait être comme ça.»

Bien sûr, il ne pouvait pas passer la contribution de Harvey pour le succès de l’aventure.

«Alex est un athlète incroyable, il est adorable, fort, surprenant. Il nous propulse par en avant en disant aux autres qu’on est bon. Finir une carrière avec deux podiums et le temps le plus rapide du jour, c’est incroyable... Alex ne sera peut-être plus en train de faire un tel spectacle, mais il ne sera jamais loin de nous.»