Kevin Pillar a foulé pour la première fois la pelouse du Rogers Centre dans l’uniforme des Giants de San Francisco, mardi. L’ex-porte-couleurs des Blue Jays de Toronto a salué la foule alors que celle-ci lui réservait une ovation debout au moment où il prenait position au champ centre, en première manche.

Retour émotif à Toronto pour Pillar

TORONTO — Kevin Pillar ne savait pas trop ce qu'il ressentirait au moment de mettre les pieds sur la surface de jeu du Centre Rogers pour la première fois dans un nouvel uniforme.

«Je suis toujours incertain», a admis l'ancien des Blue Jays mardi, quelques heures avant de jouer son premier match à Toronto à titre de porte-couleurs des Giants de San Francisco.

«C'est certain que je suis excité d'être ici, un endroit dont j'étais un grand partisan et où j'ai vraiment aimé jouer, a-t-il ajouté. J'ai été très ouvert et honnête au sujet de mon désir d'être ici pendant longtemps et pour cette raison, je suis assurément emballé de revenir. Je suis sûr que lorsque le match va commencer, il y aura beaucoup d'émotion.»

Pillar, 30 ans, a été échangé des Blue Jays aux Giants le 2 avril, mettant ainsi fin à un séjour avec l'organisation torontoise qui s'est amorcé lorsque l'équipe l'a repêché en 2011.

Le voltigeur de centre avait paru émotif lorsqu'il avait rencontré les journalistes la journée de la transaction. Assis dans l'abri du club visiteur trois semaines plus tard, Pillar est revenu calmement sur ses années dans la ville et l'abrupte conclusion.

«C’est bizarre»

«Il n'y a pas de doute que c'est bizarre. J'ai été ici pendant sept ans et je ne suis jamais vraiment entré dans cet abri, a-t-il noté. Je n'avais vraiment imaginé que je serais un jour assis dans cet abri, que je sortirais de ce vestiaire. Alors oui, c'est bizarre. Mais je suis heureux. S'il fallait que ça se réalise, le fait de me retrouver sur la côte du Pacifique a été une sorte de bénédiction.»

Plus près de la famille

Natif de la Californie, Pillar s'est rapproché de sa propre famille et des parents de sa femme à San Francisco. Il s'est aussi dit réconforté à l'idée que sa fillette pourrait voir ses grands-parents, tantes et oncles plus souvent.

Il connaît aussi un meilleur départ avec les Giants que celui qu'il avait à Toronto. Avant le match de mardi, Pillar présentait une moyenne au bâton de ,226 avec quatre circuits et 13 points produits en 18 parties. En cinq matchs avec les Blue Jays, il avait obtenu un coup sûr et avait été victime de trois retraits sur des prises.

En déménageant à San Francisco - et dans la Ligue nationale pour la première fois - Pillar a dû faire des ajustements qui, dit-il, ont été facilités par la collaboration d'Evan Longoria. L'ancien joueur de troisième but des Rays de Tampa Bay, maintenant avec les Giants, a pris Pillar sous son aile lorsque ce dernier est arrivé à San Francisco, a confié l'ex-Blue Jay.

«Le fait de jouer dans une ligue différente représente possiblement l'ajustement le plus important, estime Pillar. J'affronte des lanceurs et des joueurs contre lesquels je jouais très peu, et j'apprends donc à connaître ces lanceurs et à me placer différemment au champ extérieur contre des frappeurs que j'avais rarement vus avant.»

Pillar, qui a aidé les Blue Jays à se qualifier aux séries éliminatoires lors de deux saisons consécutives, en 2015 et en 2016, affirme que ce sont les moments qu'il a appréciés le plus pendant son séjour dans l'uniforme torontois.

Renaissance du baseball au Canada

Par ailleurs, il se dit fier d'avoir contribué à la renaissance du baseball au Canada, résultat de ces deux participations aux séries éliminatoires.

«De voir l'impact des succès de l'équipe en 2015 et 2016 sur le baseball et les jeunes au Canada est quelque chose dont je serai toujours très fier.»

Quelques jours après l'échange, Pillar a écrit un long message sur Instagram, bien senti, aux partisans des Blue Jays, ses anciens coéquipiers et au personnel de l'équipe. Bien que la transaction l'ait surpris sur le coup, il assure qu'il n'y avait aucune animosité entre lui et la direction des Blue Jays.

En fait, il espérait que la courte série de deux matchs à Toronto lui permettrait de tourner la page de façon définitive à la suite de son départ soudain.

«Je vais certainement profiter du fait que ce pourrait être la dernière fois que je joue ici pour apprécier les amateurs, le stade, l'environnement et tous les souvenirs que j'ai pu créer avec ces gars-là. Les partisans ont joué un grand rôle pendant mes années ici et ont beaucoup contribué à mes succès. Il n'y a aucun doute que j'ai hâte de les saluer.»

Ovation 

Pillar a eu l’occasion de le faire en deuxième moitié de première manche, après la diffusion d’une vidéo-hommage sur l’écran géant du champ centre. Du terrain, Pillar a regardé la vidéo pendant que les spectateurs lui réservaient une ovation debout, et les a salués de sa casquette une fois la présentation terminée.

Pillar avait également eu droit à une chaleureuse salve d’applaudissements lors de la présentation des alignements partants avant le premier lancer du match, et de nouveau lorsqu’il a effectué sa première visite au marbre au début de la deuxième manche. Il a réagi en cognant un simple qui a permis aux Giants de marquer leur premier point de la rencontre.