Andrew Coxhead a créé l’égalité 3 à 3, à mi-chemin en troisième période, avec son cinquième filet de la saison.

Victoriaville 4/Québec 3: «Une autre façon originale de perdre»

Les Remparts de Québec n’ont pas réussi à profiter d’une séquence de près de 3:30 en avantage numérique en fin de partie et se sont inclinés 4 à 3 jeudi face aux Tigres de Victoriaville devant 5809 spectateurs au Centre Vidéotron, leur plus petite foule en 14 ans.

«On a trouvé une autre façon originale de perdre un match qu’on n’avait aucune raison de perdre. Nous n’avons que nous-mêmes à blâmer», a déclaré l’entraîneur-chef des Remparts, Patrick Roy, après la rencontre que ses protégés ont pourtant dominée 30 à 19 au chapitre des lancers.

Roy a identifié les erreurs d’exécution et l’inefficacité des Remparts en avantage numérique pour expliquer ce revers, le dixième cette année en 14 parties à domicile.

«On a carrément donné deux buts à l’adversaire, leur deuxième et leur troisième, en raison d’erreurs d’exécution. Le hockey est un jeu de revirements et, ce soir, les revirements nous ont fait mal», a commenté Roy.

Avantage numérique

Sur l’avantage numérique, Roy a répété un discours qu’il a tenu à quelques reprises cette saison. «On a eu quelques chances, mais à quatre contre trois, c’est des tirs sur réception que ça prend et une présence devant le filet. Pour la fin de la troisième période, leur gardien a quand même fait quelques bons arrêts.»

Une pénalité de quatre minutes à Jordan Brière à 16:36 de la troisième avait en effet permis aux Diables rouges de terminer le match avec un homme en plus et Roy, avec une minute à faire, avait même décidé de retirer le gardien Émerik Despatie pour permettre aux siens de jouer à six contre quatre.

Le capitaine des Remparts, Félix Bibeau, a été encore plus sévère concernant l’inefficacité des siens en avantage numérique. «On est pourris, on est «poches», on n’est pas capables... On a eu des chances à la fin, mais c’est normal, on était à six contre quatre...», a-t-il laissé tomber.

«Je crois qu’on n’est pas habitués de jouer avec une avance et qu’on pensait que ce serait facile. Il faut apprendre de ça», a-t-il ajouté.

Les Remparts avaient terminé la première période avec une avance de 2 à 0, gracieuseté de buts de Bibeau, qui a dévié un tir de James Malatesta pour battre le cerbère Trisan Côté-Cazenave, et Yu Sato, qui a pris le gardien des Tigres à contrepied avec un tir du revers dans la partie supérieure du filet.

En deuxième, Émerik Despatie a cédé sur deux lancers de loin, ceux de Jérôme Gravel, un tir sur réception en avantage numérique, et d’Alex Degagné. Laissé seul devant le but, Édouard Ouellet a ensuite poussé les siens en avant après avoir capté une passe précise de Mikhail Abramov.

Tirs bloqués

À mi-chemin en troisième, Andrew Coxhead avait créé l’égalité lorsqu’il s’élançait à deux ­­­­­contre un vers le but des Tigres. Son lancer par-dessus le défenseur Alex Degagné qui s’était jeté par terre pour bloquer le tir avait ensuite touché la cible.

Gravel, qui a mérité la première étoile du match, a toutefois frappé de nouveau à 14:39 avec un tir voilé pour ce qui allait être le but gagnant.

L’entraîneur des vainqueurs, Louis Robitaille, était particulièrement satisfait du travail de ses défenseurs, dont plusieurs n’ont pas hésité à payer le prix pour bloquer des tirs. 

«Dès le début du match, Félix Paré a bloqué des tirs. En fin de match, c’était beau de voir quatre blancs bloquer des lancers en désavantage numérique. Il faut aussi dire que Tristan a fait du bon travail devant le filet. Il dégageait de la confiance ce soir.»

Notes : Nicolas Daigle et Samy Paré ne sont pas les seuls joueurs des Tigres à avoir joué leur hockey Midget AAA à Lévis. Deux des cinq meilleurs marqueurs des Victoriavillois ont porté les couleurs de l’équipe alors qu’elle était connue comme les Commandeurs. Le Lévisien Félix Paré, frère de Cédric Paré de l’Océanic de Rimouski, avait huit buts et neuf aides avant le match de jeudi alors qu’Anthony Poulin, de Saint-Prosper, montrait une fiche de quatre buts et dix aides. «C’est agréable d’être plusieurs gars qui viennent du même programme. On a du fun ensemble», commente Nicolas Daigle. 

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LES LEÇONS D'UNE SAISON PRESQUE PARFAITE 

Le centre Nicolas Daigle et l’ailier Samy Paré des Tigres de Victoriaville ont vécu une saison comme peu de joueurs en ont vécu l’an dernier avec les Chevaliers de Lévis. Quarante et une victoires, une seule défaite et une pile de nouveaux records de la Ligue Midget AAA du Québec. Seule une élimination en demi-finale est venue mettre un peu d’ombre sur tous ces exploits.

«Même si on ne perdait pas souvent, je peux vous dire qu’il y a des matchs où on perdait par un but avec quelques minutes à faire et où on a réussi à gagner. On a eu une bonne saison, mais on a travaillé fort. Même si on a été éliminés, je suis satisfait de cette saison», raconte Daigle, rencontré par Le Soleil avant la partie en compagnie de Paré.

«Il y a eu des victoires qu’on a traitées comme des défaites parce qu’on n’était pas satisfaits de notre jeu. Il fallait quand même améliorer des choses à l’entraînement», poursuit Paré.

Leur ex-entraîneur Mathieu Turcotte, maintenant adjoint avec les Voltigeurs de Drummondville, leur avait inculqué ce désir de faire toujours mieux malgré les victoires qui s’accumulaient et les records qui tombaient. «Il a réussi à nous transmettre sa passion», commente Daigle.

De nouveau réunis

Maintenant, les deux hockeyeurs se retrouvent de nouveau coéquipiers à Victoriaville. «Mes droits appartenaient à l’Océanic de Rimouski. C’est une bonne organisation, mais j’étais très heureux qu’ils m’échangent à Victoriaville. Il n’y avait pas vraiment de place pour moi à Rimouski et, en plus, Victo, c’est l’équipe la plus proche de chez moi», explique le natif de Thetford Mines.

«Les cinq derniers matchs, l’entraîneur nous a fait jouer ensemble et une bonne chimie s’est créée entre nous deux, tant sur la glace qu’à l’extérieur», indique Paré. «Samy est un très bon joueur et je suis chanceux de jouer avec lui», enchaîne Daigle à propos de son coéquipier natif de Sainte-Marie-de-Beauce.

Une marche

Les deux attaquants de 17 ans ont toutefois constaté qu’il y avait une marche entre le niveau Midget AAA et la LHJMQ. «Les joueurs sont tous plus gros et plus rapides et ça joue plus dur. Ça paraît pour des joueurs comme nous, qui ne sommes pas les plus gros», souligne Paré, qui comme Daigle pèse moins de 160 livres et fait moins de 5 pieds 9 pouces.

«Les passes sont beaucoup plus précises ici. Cependant, tu fais une erreur et tu en payes le prix. Il y a beaucoup moins de marge de manoeuvre qu’au Midget AAA», reprend Daigle.

Habitués de gagner l’an dernier, Daigle et Paré ont fait face à beaucoup plus d’adversité cette année avec le début de saison en dents de scie des Tigres. «C’est sûr qu’on n’a pas les résultats qu’on souhaitait, mais on a eu beaucoup de meetings pour corriger ça», déclare Paré. «On a eu un lent départ, mais maintenant, ça va mieux depuis quelques matchs», conclut Daigle. Ian Bussières