Patrick Roy, qui a vu ses joueurs sur vidéo, a hâte de pouvoir les côtoyer pour pouvoir mieux les évaluer.

Roy: «J’ai hâte, ça va être le fun»

C’est un Patrick Roy dans son élément et excité à l’approche de sa première rencontre avec ses joueurs qui s’est présenté mercredi à l’ouverture du camp des Remparts de Québec. Des joueurs qu’il avoue ne pas encore connaître suffisamment, mais qu’il a hâte de découvrir à l’entraînement.

«J’ai hâte, ça va être le fun. C’est un processus qui s’est enclenché depuis ma nomination et c’est encore plus excitant pour moi, car je ne connais pas les joueurs. Je vais prendre les deux ou trois prochaines semaines pour apprendre à les connaître.

«Bien sûr, je les ai vus sur vidéo, mais ça ne permet pas de me donner une juste opinion d’eux. Par contre, je ne connais vraiment pas encore les autres équipes», a ajouté l’ex-gardien étoile en point de presse.

Celui qui revient comme directeur général et entraîneur-chef des Remparts après un exil de cinq ans, dont trois où il a dirigé l’Avalanche du Colorado, avoue qu’il a hâte de retomber dans le feu de l’action. «On dirait que le temps passe tellement vite... ça fait quand même cinq ans! J’ai comme oublié certaines choses, certains détails. Heureusement qu’il y a beaucoup de bonnes personnes autour de moi qui me donnent un coup de main.»

Le gros «R» dans ses pensées tout l’été

Nommé en mai, Roy dit avoir passé toutes les dernières semaines avec le gros «R» des Remparts dans ses pensées. «Tout l’été, ma tête était toujours vers les Remparts, comment améliorer l’équipe, quelles transactions je pourrais faire.»

Cette fois-ci, Roy s’amène à Québec avec le bagage d’expérience acquis durant son passage derrière le banc d’une équipe de la Ligue nationale. «J’ai appris beaucoup dans la LNH et ça va faire de moi un meilleur entraîneur. C’est une belle expérience que j’ai vécue là-bas, et les deux années passées à ne rien faire, ça m’a montré comment je m’ennuyais», a-t-il ajouté.

Même s’il concède avoir encore beaucoup à apprendre sur ses futurs adversaires, Roy demeure Roy. Il est déterminé à causer des surprises cette saison. «De ce que j’entends de plusieurs personnes, on serait une équipe de milieu de peloton, mais moi, j’aime bien surprendre!»

Après avoir réalisé quelques visites dans l’Est du Québec après sa nomination, Roy a été à même de constater à quel point son retour stimulait les partisans. «Les gens me parlaient tout le temps des Remparts. Et le plus amusant, c’est que ce dont les gens me parlent le plus, c’est des 24 000 km en autobus qu’on fait chaque saison. Plusieurs ne croyaient pas que j’étais dans le bus alors que, pourtant, c’est une partie de ce que j’aime le plus, être avec les joueurs et tout. Je n’ai pas peur du kilométrage.»

Il insiste d’ailleurs pour dire que ce n’est pas dans le but de préparer un autre retour dans la LNH qu’il a accepté de revenir à Québec. «Pour moi, ce n’est aucunement une avenue possible dans le futur à partir du moment où j’ai décidé de joindre les Remparts.»

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ROUSSEAU ENCHANTÉ DE TRAVAILLER AVEC SON IDOLE DE JEUNESSE

Avec le retour de Patrick Roy, c’est une idole et un modèle que l’entraîneur des gardiens Ghyslain Rousseau retrouvera derrière le banc des Remparts de Québec, une relation qui a démarré du bon pied aux dires du principal intéressé.

«J’ai très hâte de travailler avec lui, c’était mon idole de jeunesse», a déclaré l’ex-portier du Drakkar de Baie-Comeau, maintenant âgé de 36 ans, faisant écho à plusieurs gardiens de but de sa génération. «Je lui ai seulement parlé deux ou trois fois depuis sa nomination, mais ça a été très positif.»

Malgré ses trois trophées Vézina, Roy a d’ailleurs juré qu’il n’avait aucunement l’intention de s’immiscer dans le travail de Rousseau. «Je ne me suis jamais ingéré de ce côté-là, c’est Ghyslain qui va s’en occuper», a-t-il confié aux médias mercredi.

Rousseau ne cache cependant pas qu’il a l’intention de demander conseil à Roy de temps à autre. «Il a dit qu’il n’avait pas l’intention d’intervenir, mais moi, j’ai l’intention de profiter de son expérience. Je vais pouvoir lui demander des choses.», a déclaré le natif de Thetford Mines.

Celui-ci anticipe déjà l’expérience de côtoyer Roy, qu’il qualifie de très stimulante. «C’est la première fois que je travaille avec un entraîneur--chef qui est aussi un ex-gardien de but. Ça va donner quelque chose d’intéressant.»

Baribeau et les autres

Rousseau aura d’ailleurs du boulot au camp avec devant lui Dereck Baribeau, un espoir du Wild du Minnesota déjà désigné comme numéro un à Québec, et huit autres gardiens qui visent le poste d’adjoint. 

«Dereck est notre homme, il a 19 ans et il est dans la ligue depuis qu’il a 16 ans. Moi et Frédéric Chabot [entraîneur des gardiens avec le Wild] avons travaillé avec lui cet été. Nos attentes sont élevées et on sait que les siennes le sont aussi. On veut qu’il nous donne la chance de gagner à tous les matchs.»

Le Tchèque Dominik Tmej et le Néo-Écossais Oliver Troop, qui ont disputé quelques matchs avec les Remparts l’an dernier, sont aussi au camp, tout comme les gardiens de 16 ans Kevyn Brassard et Griffin Kelly, ainsi que Thomas Boucher, un produit des Corsaires de Pointe-Lévy qui célébrera son 16e anniversaire en décembre. 

L’Ontarien Brett Miller, ainsi que Marc-Antoine Bérubé-Jalbert et Philippe Bond, qui évoluaient l’an dernier au niveau midget AAA, complètent le tableau.

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DES LUTTES ÉPIQUES

Patrick Roy aura de quoi s’occuper durant les six semaines de camp d’entraînement qui marqueront son retour avec les Remparts et qui donneront lieu à des luttes épiques pour certains postes. Le patron des Diables rouges gardera notamment l’œil sur la lutte qui se dessine entre les cinq vétérans de 20 ans, dont seulement trois pourront demeurer avec l’équipe.

«C’est une belle vitrine pour eux. J’espère qu’ils seront en grande forme», a déclaré Roy à propos des attaquants Jesse Sutton et Gregor MacLeod et des arrières Sam Dunn, Benjamin Gagné et Étienne Verrette. Verrette a d’ailleurs affirmé s’attendre à un «gros camp», mais essaie tout de même de garder la tête froide. «C’est un gros défi, mais j’essaie de ne pas trop me mettre de pression. C’est ça, le hockey, il n’y a jamais rien de certain, encore moins cette année.»