Patrick Roy n’est pas préoccupé par le fait qu’il ne pourra pas parler avant la troisième ronde, samedi. Le dg et entraîneur-­chef des Remparts aurait eu la chance d’obtenir un choix de premier tour, mais il a choisi de passer son tour.

Roy choisit de garder son rang

SHAWINIGAN — À part la confirmation de l’échange envoyant le joueur de 20 ans Olivier Garneau à Rimouski, les Remparts de Québec n’ont pas planifié de coup fumant en prévision de la période réservée à l’annonce des transactions, vendredi matin, dans le cadre des assises de la LHJMQ qui se tiennent à Shawinigan. Mais si Patrick Roy l’avait voulu, il aurait pu s’avancer pour parler en première ronde.

«J’aurais pu avoir un premier choix, mais pourquoi? Juste pour dire que je parle en première ronde… J’ai quand même fait 10 ans comme directeur général dans la Ligue, je suis ici pour le bien de l’équipe, pour monter le meilleur club possible», précisait Roy en discutant avec les représentants des deux quotidiens de Québec, jeudi après-midi.

Roy se disait à l’aise à l’approche du repêchage, samedi, et ce, même s’il ne détient pas de droit de parole dans les deux premières rondes. Les Remparts parleront en troisième ronde, si rien ne change dans les prochaines heures.

«La journée de vendredi, c’est la pire de l’année. À peu près tous les choix valent plus cher qu’à l’habitude, et après le repêchage, le monde les laisse aller pour moins que ça. Pour nous, ça tombe bien, car ça me permet de mieux connaître la Ligue après cinq ans d’absence.

«Je suis dans une belle position, je savais dans quoi je m’embarquais et ce que j’avais devant moi. Philippe [Boucher] a donné un coup, l’an passé, ce qui est normal. Maintenant, c’est à moi d’amener mon identité», notait-il.

Déjà bien informé

Chose certaine, le Diable rouge en chef n’a pas tardé à se mettre au parfum. Il connaît déjà toute son équipe, énumère les noms des joueurs à une telle vitesse, qu’on ne parvient pas à suivre le rythme sur notre calepin de notes...

«J’aurais aimé qu’il y ait plus d’action, mais dans le fond, c’est difficile pour nous parce que nos postes sont pas mal remplis. Je verrais bien un 20 ans avec Philipp Kurashev et l’autre joueur européen qu’on repêchera; sur la deuxième ligne, j’aimerais avoir Matthew Grouchy avec Andrew Coxhead et Pierrick Dubé. Et sur la troisième, je ne détesterais pas essayer Louis-Filip Côté au centre de Mikaël Robidoux et Olivier Mathieu», indiquait-il en nommant aussi tous les espoirs à qui il veut donner la chance.

Et si l’on se base sur sa vision de la défensive, il ne devrait pas se départir des services des vétérans Benjamin Gagné et Sam Dunn, qu’il identifie comme étant la première paire à la ligne bleue. «J’ai toujours aimé avoir deux joueurs de 20 ans à l’arrière, ça stabilise les choses», ajoutait-il, sans oublier Dereck Baribeau et Philippe Bond devant le filet.

Roy attend aussi de connaître le statut de certains joueurs de 20 ans, comme celui de Pascal Laberge avec les Flyers de Philadelphie, avant de décider qui restera. Il ajoutait avoir apprécié la fin de la saison de Jesse Sutton, un joueur offensif qui cadrerait dans le style de jeu qu’il aimerait mettre en place. Vitesse et mobilité, voilà les qualités recherchées au repêchage.

Les Américains

Par ailleurs, la LHJMQ a mis en place un repêchage spécial pour les joueurs américains, qui se tiendra après celui de samedi. «Personnellement, ça ne changera rien. Si on aime un joueur américain, on va le prendre dans le repêchage [de la LHJMQ], on n’attendra pas le lendemain. Christian [Vermette, le dg adjoint] a ciblé des gars, mais je ne les connais pas. Je vais m’y remettre.»

Il a vite repris son aisance à la table des négociations. Certains visages ont changé, mais la base reste la même. «Il y en a qui sont plus vites, d’autres qui le sont moins, c’est la même affaire qu’avant», indiquait-il avec un sourire en coin.

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Pierre-Olivier Roy est classé au 11e rang des espoirs du Centre de soutien au repêchage.

UN AUTRE REPÊCHAGE POUR LA FAMILLE ROY DE LAC-ETCHEMIN

Pour la famille Roy de Lac-Etchemin, le repêchage de la LHJMQ est devenu une vieille habitude. Après Alexandre, en 2016, ce sera au tour de son jeune frère Pierre-Olivier de vivre l’expérience.

L’attaquant des Chevaliers de Lévis est classé au 11e rang des espoirs du Centre de soutien au repêchage. Il a connu une saison de 50 points, dont 14 buts. «Je suis vraiment stressé, il s’agit d’un gros moment à vivre dans une carrière. Le junior majeur, c’est là que je veux me rendre. L’endroit m’importe peu, ce qui compte, c’est de savoir que le club qui t’a choisi te veut vraiment.»

Roy, un rapide patineur de 5’9” et de 155 livres, a été identifié comme un éventuel choix de première ronde tout au long de la saison. «J’ai vraiment commencé l’année sur le bon pied. J’ai réussi à faire mon nom assez vite, ça m’a vraiment aidé. J’ai connu une saison au-delà de mes attentes, je ne m’attendais pas à faire autant de points à ma première saison. Je pensais que ce serait un peu plus dur de m’adapter et de produire offensivement, car mon frère avait vécu l’expérience à 15 ans et ça avait été un peu plus difficile pour lui de s’adapter.»

Cette saison, les deux frères jouaient ensemble avec les Chevaliers. «On avait une belle chimie, on se voyait bien sur la glace. On avait déjà joué ensemble dans le novice, mais ça ne compte pas vraiment. Ça compliquait aussi moins les choses pour nos parents… Mais ça pourrait bien ne plus jamais arriver.»

Alexandre avait été un choix de neuvième ronde du Cap-Breton en 2016. Son petit frère partira plus tôt. «Je me vois sortir en première ronde, j’ai un bon feeling. Les équipes disent qu’elles aiment la manière que je joue, ma personnalité. En étant un petit joueur, je suis en mesure de me démarquer par ma vitesse, c’est ma grande force», estime celui dont la vision en fait un bon fabricant de jeu.