Mikhail Grigorenko avait l'air très heureux d'être de retour sur la glace du Colisée, samedi.

Rouyn-Noranda 3 /Remparts 5: Grigo fait déjà la différence

Sans livrer une performance aussi spectaculaire qu'à son retour l'an passé, Mikhail Grigorenko est quand même parvenu à faire la différence, samedi soir au Colisée Pepsi, en inscrivant le but gagnant - en plus de récolter deux passes - dans une victoire de 5-3 des Remparts de Québec aux dépens des Huskies de Rouyn-Noranda.
Devant la troisième foule la plus élevée de la saison (11 391 spectateurs), le numéro 25 a récolté la première étoile, notamment grâce à sa brillante passe par derrière dès la huitième minute, mais aussi en raison d'un but typique où il a vite retroussé la rondelle dans le haut du filet, bien installé dans l'enclave.
«Quand le match a commencé, c'était ma plus belle sensation de la saison. Je suis heureux qu'on l'emporte, c'était important pour moi», confiait Grigorenko à la porte du vestiaire.
Bien sûr, tous les regards étaient tournés vers lui et il a eu droit à un accueil bien senti. Quelques minutes plus tard, il servait une superbe passe à Adam Erne, qui a marqué facilement. D'abord utilisé entre l'Américain et Nick Sorensen, il s'est ensuite retrouvé au centre d'Anthony Duclair et Olivier Archambault en troisième.
«J'étais content que ma passe se retrouve sur le bâton d'Erne, j'ai eu un peu de chance sur ce jeu. Pour ce qui est du but vainqueur, la passe de "Sorsy" était parfaite. Dans l'ensemble, ç'a été le fun de disputer ce match, d'avoir un rôle important à jouer. J'ai joué plus de 20 minutes, ça me prendra quelques matchs pour m'habituer», convenait l'attaquant russe.
En plus de Grigorenko (1er) et Erne (19e), Cody Donaghey (6e), Zachery Moody (9e) et Duclair (37e, dans un filet désert) ont marqué pour les Remparts, qui ont toutefois concédé 37 lancers contre 24 aux Huskies. Alerte, François Brassard a cédé devant Jean-Sébastien Dea, Liam O'Brien et Mathieu Lemay.
Enthousiaste et motivé
L'entraîneur-chef Philippe Boucher a apprécié la contribution de son nouveau protégé, qui a réussi à se démarquer même si l'adversaire en était un de qualité. Les Huskies ont d'ailleurs forcé les Remparts à délaisser un peu la finesse au profit d'un style moins flamboyant.
«Depuis qu'il est arrivé, il a l'air d'être content et il veut travailler pour avoir un rôle important à Buffalo. Nos fans sont reconnaissants, ils ont compris que sa réflexion était normale. Je ne dirais pas que ça été un grand match, mais il a quand même fait la différence. Il ne l'a pas eu longtemps sur la palette pour marquer. Lorsqu'il sera en pleine forme, il sera un joueur dominant dans notre Ligue», soulignait l'entraîneur-chef. À l'exercice du matin, Boucher avait senti ses joueurs plus excités qu'à l'habitude, sans doute motivé par la présence de Grigorenko.
«Anxieux, nerveux, on peut utiliser tous les termes. Après tout un premier but et dès qu'on fait quelque chose de bien en début de match, on a tendance à relâcher. Ce serait d'enlever du crédit à Rouyn, qui a vraiment bien joué. Je pense qu'on a donné 13 chances de marquer en troisième, alors si on veut gagner d'ici à la fin de la saison et dans les séries, on ne pourra pas faire ça. Avec le calendrier qui s'en vient, ça va être difficile si on joue de cette façon-là.»
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Clin d'oeil européen
Pour la première fois, trois joueurs européens s'alignaient dans la même équipe, samedi soir. Le hasard fait drôlement les choses, puisque le Russe Mikhail Grigorenko, le Suédois Nick Sorensen et le Suisse Fabrice Herzog ont inscrit leur nom à la feuille de pointage à l'occasion du but vainqueur, le premier marquant avec l'aide des deux autres. «Je n'y ai pas pensé sur le coup, mais c'était sûrement la première fois de l'histoire de la LCH [Ligue canadienne de hockey] que ça arrivait», disait Grigorenko en riant.
D'ailleurs, l'entraîneur-chef des Remparts Philippe Boucher avait inséré ses trois «Euros» dans la formation partante pour cette raison. «On y avait pensé depuis un bout de temps, est-ce qu'on le fait ou non? C'était la première fois que ça arrivait dans la Ligue, c'était un petit clin d'oeil, pas plus que ça», confirmait Boucher à ce sujet.
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Les Huskies sans Dillon Fournier
«Je suis un gars de destin, on va le suivre», disait l'entraîneur-chef des Huskies, Gilles Bouchard, à propos de la perte de Dillon Fournier, son meilleur défenseur - et peut-être aussi de la Ligue - qui subira une intervention chirurgicale à Chicago, cette semaine. Jeudi, avant le départ de l'équipe pour ce périple de trois matchs en trois jours à Sherbrooke, Québec et Victoriaville, le choix de deuxième ronde des Blackhawks en 2012 a avisé la direction de l'équipe qu'il préférait être opéré au lieu de se taper une rééducation incertaine.
«Il a pris une sage décision, sinon, ça aurait pu le retarder dans son développement chez les pros. On a parlé avec les gars pour voir comment ils voyaient ça sans lui, on va se serrer les coudes. Nous avons acquis des joueurs d'expérience qui étaient des capitaines dans leur club [Francis Beauvillier (photo), Ryan Penny et Jack Nevins], on a vieilli la chambre sans sacrifier nos jeunes et on a encore deux choix de première ronde en 2014. Nous, on y va [pour les séries], ça finit là» estimait celui qui trouvait une ressemblance au plan de la profondeur de l'attaque entre les Huskies et les Remparts.
Quand Fournier s'est blessé, le 29 décembre, les Huskies n'ont pas cru bon le remplacer par une police d'assurance à la ligne bleue puisqu'il était possible que l'auteur de 13 buts, 32 points et un différentiel de + 10 puisse revenir au jeu.
«On est à l'aise avec la défensive qu'on a. Nos deux jeunes à la ligne bleue n'ont pas l'air de joueurs de 16 ans. Ce qui nous manquait, c'était surtout des joueurs avec de la hargne, ce qu'on est allés chercher», confiait celui qui en était à sa première période de transactions du genre dans son rôle de directeur général.
Ancien joueur des Harfangs de Beauport, Bouchard s'informait aussi de l'impact de Mikhail Grigorenko sur les Remparts. «Il va être crinqué ce soir [samedi]», devinait-il. Cela dit, Bouchard disait n'avoir aucun contrôle sur le règlement qui ouvre la porte de la LHJMQ au numéro 25. «C'est un peu injuste de pouvoir avoir trois joueurs européens, c'est comme si [Sven] Andrighetto revenait avec nous. Y doit bien y avoir un moyen d'arranger ça mieux que ça», ajoutait-il sans faire de l'esclandre.