Les gardiens de but des Remparts, Anthony Pagliarulo et Émerik Despatie, ont été mis à rude épreuve, particulièrement lors d’une séquence de cinq buts en huit minutes.

Rimouski 6/Québec 1: deuxième période fatale

Une deuxième période où l’Océanic de Rimouski a été opportuniste, et un peu chanceux, en marquant cinq buts en huit minutes leur a permis de l’emporter 6 à 1 sur les Remparts de Québec jeudi soir au Centre Vidéotron.

«On a fait de bonnes choses en première, on a utilisé notre vitesse et on a mis du monde autour du filet, mais, en deuxième, les rondelles avaient des yeux! Je pense qu’on réessaie la même chose demain et ça ne fonctionnera pas», a commenté l’entraîneur des vainqueurs, Serge Beausoleil, après la partie.

Frédéryck Janvier avait ouvert le pointage en première et le ciel est véritablement tombé sur la tête des Remparts à mi-chemin en deuxième quand Vincent Martineau, Zachary Bolduc, Cédric Paré et Nathan Ouellet ont marqué à leur tour et chassé du match le gardien Anthony Pagliarulo. 

Le cerbère des Remparts n’était pas de très bonne humeur suite au but de Ouellet, donnant quelques coups de bâton à ses poteaux avant de quitter la glace.

Son successeur devant la cage des Diables rouges, Émerik Despatie, n’a pas tardé à être mis à l’épreuve. Une minute après qu’il ait posé les patins sur la glace, Dmitry Zavgorodniy le déjouait avec un tir qui a fait un rebond chanceux sur le bâton d’un défenseur des Remparts pour passer près du poteau et aboutir au fond du filet.

Changer d’air

«On a eu des chances de marquer en première et ça aurait pu être 3 à 1 pour nous, mais c’était 1 à 0 pour eux. En deuxième, ils ont eu six chances de marquer et ils ont compté cinq buts», a résumé le capitaine des Remparts, Félix Bibeau, après la partie. 

«En troisième, par contre, on avait la tête basse et c’est un peu frustrant. On doit avoir eu quatre deux contre un et on n’a pas eu un seul tir. C’est décevant, mais je crois qu’il faut arrêter de se compliquer la tâche. Ça va faire du bien de repartir sur la route pour changer d’air un peu», a-t-il ajouté.

L’entraîneur-chef des Remparts, Patrick Roy, partageait le point de vue de son capitaine. «Je lève mon chapeau à Bibeau et je pense comme lui. Je crois qu’on est gâté d’avoir des gens qui nous appuient et qui réalisent qu’on a une équipe jeune qui, malheureusement, ne joue pas du bon hockey à domicile. Le voyage à Baie-Comeau et Chicoutimi sera le bienvenu.»

Confiance absente

«Pour nous, offensivement, la confiance n’est clairement pas là. Il faudra être meilleurs autour du filet, car quand on ne marque pas, on ne casse pas le momentum», a repris Roy, qui a aussi pointé du doigt les défenseurs Félix-Olivier Chouinard et Colton O’Brien, déclarant qu’ils «pouvaient faire mieux», tout en épargnant son jeune centre Nathan Gaucher même s’il a terminé le match avec une fiche de -4.

«Moi, je m’en fous! C’est du millage pour lui. Nate, je vais continuer à l’embarquer quand même, car je veux qu’il apprenne», a déclaré Roy à propos de son attaquant de 16 ans.

Thomas Caron, qui a provoqué un revirement avec une trentaine de secondes à faire au deuxième engagement et a déjoué Raphaël Audet sur une échappée, a été la seule étincelle de cette fin de match où les Remparts n’ont lancé que huit fois au but en 40 minutes.

NOTES : Les buts de Janvier et Martineau étaient leurs premiers de la saison avec l’Océanic... Il s’agissait d’un huitième revers en onze matchs à domicile pour les Remparts cette saison... Blessé mardi à l’entraînement, le défenseur Nicolas Savoie a été rayé de l’alignement hier et ratera vraisemblablement le match de samedi à Baie-Comeau. L’arrière recrue Olivier Archambault, fraîchement arrivé du Phénix du Collège Esther-Blondin, fera le voyage avec l’équipe après avoir disputé son premier match junior jeudi... 

+

L'ADAPTATION ÉCLAIR DE ZAVGORODNIY

Il a beau venir d’Omsk, une ville du sud-ouest de la Sibérie plus proche du Kazakhstan que des grandes métropoles, Dimitry Zavgorodniy est l’un des hockeyeurs russes s’étant le plus rapidement adaptés à la vie en Amérique du Nord.

«Je ne parlais pas du tout anglais à ma première année à Rimouski. J’ai vite décidé d’apprendre la langue et, déjà, après six mois, j’étais capable de bien communiquer», indique celui qui n’a maintenant aucun problème à tenir une conversation élaborée dans la langue de Shakespeare. 

Pour tout dire, Zavgorodniy affirme avoir eu plus de difficulté à s’adapter aux petites patinoires nord-américaines qu’à la langue. «Tout le monde le sait, les patinoires russes sont beaucoup plus grandes. Ça a été plus dur pour moi de composer avec ça à ma première année ici», reprend le joueur de 19 ans.

Le numéro 89 de l’Océanic dit cependant être maintenant très à l’aise sur les glaces de la LHJMQ. «Je me sens bien et peut-être que si je m’étais senti aussi bien plus tôt dans ma carrière, j’aurais été repêché plus tôt», avoue-t-il.

Les Flames de Calgary ont en effet sélectionné Zavgorodniy avec leur choix de septième ronde après sa première saison à Rimouski. «Les Flames ont été fantastiques avec moi. À leur camp cet automne, je crois avoir été en mesure de leur montrer de quoi je suis capable sur la glace. Je sais que je peux être un très bon joueur, mais il faut que je travaille fort pour atteindre mon but.»

Avouons que le fait d’évoluer au sein du même trio qu’Alexis Lafrenière n’est pas pour nuire au Russe. «Alexis est vraiment le meilleur joueur avec qui j’aie joué de toute ma vie. La chimie est excellente entre moi, Cédric [Paré] et lui. Ce sont tous les deux d’excellents joueurs et c’est une sensation incroyable d’être jumelé à eux», conclut Zavgorodniy. Ian Bussières

+

REMPARTS EN BREF

Parmi les meilleurs espoirs

Sans grande surprise, Alexis Lafrenière fait partie des cinq joueurs de la LHJMQ identifiés comme étant susceptibles d’être sélectionnés en première ronde du prochain repêchage par la centrale de recrutement de la LNH. Hendrix Lapierre des Saguenéens de Chicoutimi, Jérémie Poirier des Sea Dogs de Saint John, Dawson Mercer des Voltigeurs de Drummondville et Justin Barron des Mooseheads d’Halifax font aussi partie de ce groupe. Natif de Donnacona, le centre Théo Rochette des Saguenéens est de son côté classé comme un potentiel choix de deuxième ou troisième ronde. Son coéquipier Louis Crevier, originaire de Québec, est quant à lui un espoir des rondes 4 à 6, tout comme le défenseur Nicolas Savoie des Remparts et l’attaquant Adam Raska de l’Océanic. Ian Bussières

«L’autre» Européen

Même si la limite est de deux joueurs internationaux par équipe, l’Océanic de Rimouski aligne tout à fait légalement trois joueurs européens. En plus du Russe Dmitry Zavgorodniy et du Tchèque Adam Raska, l’ailier Cole Cormier est citoyen canadien, mais est né en Allemagne et a habité jusqu’à l’âge de 12 ans en Suisse, où son père Derek, un produit du hockey universitaire des Maritimes, poursuivait sa carrière de hockeyeur. «J’ai commencé à jouer au hockey là-bas et je suis arrivé au Canada au niveau pee-wee. Ça faisait un peu bizarre au début, les petites patinoires, mais finalement, le hockey ça ne change pas tant que ça», indique le joueur de 17 ans qui en est à sa première saison dans la LHJMQ. «Je crois que faire une année de plus au niveau midget m’a apporté beaucoup. J’ai davantage confiance en moi et c’est important puisque c’est mon année de repêchage. Maintenant, je veux améliorer ma vitesse et ma confiance avec la rondelle», a-t-il déclaré au Soleil. Ian Bussières

Demandes d’entrevues, armée de dépisteurs qui se pointent à chaque match de l’Océanic, Alexis Lafrenière est très sollicité depuis son arrivée dans la LHJMQ et encore davantage cette année.

+

LAFRENIÈRE NE SE LAISSE PAS DISTRAIRE

Plusieurs jeunes hockeyeurs pourraient vite perdre leur concentration s’ils devenaient le centre d’intérêt partout où ils passent. Pas Alexis Lafrenière. Même s’il vient tout juste de fêter ses 18 ans, l’attaquant vedette de l’Océanic de Rimouski démontre déjà une belle maturité.

Demandes d’entrevues, armée de dépisteurs qui se pointent à chaque match de l’Océanic, le jeune prodige originaire de Saint-Eustache est très sollicité depuis son arrivée dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) et encore davantage cette année.

«J’essaie de ne pas trop penser au repêchage et à tout ça. Je préfère plutôt penser à m’améliorer tous les jours», racontait Lafrenière avant le match de jeudi soir à propos du tourbillon qui vient avec le fait d’être considéré par plusieurs comme l’éventuel premier choix du prochain repêchage de la Ligue nationale de hockey (LNH).

«Personnellement, ce n’est pas quelque chose qui me déconcentre. J’essaie de garder les yeux sur mon premier objectif qui est de remporter la Coupe du Président. C’est encore loin cependant, il y a encore beaucoup de matchs à jouer avant de me rendre là», ajoute-t-il.

Jumelé à Cédric Paré et Dmitry Zavgorodniy, Lafrenière fait flèche de tout bois cette saison. Avant le match de jeudi, Paré et lui figuraient respectivement aux premier et deuxième rangs des marqueurs de la LHJMQ alors que Zavgorodniy partageait la quatrième place avec son compatriote russe Egor Sokolov des Eagles du Cap-Breton. 

Une chance

«Chaque année, j’ai toujours eu la chance d’avoir d’excellents joueurs avec moi. Je fais partie d’un très bon trio, c’est agréable de jouer avec eux», enchaîne celui qui avait 13 buts et 32 aides en 20 matchs avant le match, sur la bonne voie pour surpasser facilement ses 105 points de la saison dernière s’il demeure en bonne santé.

«Porter l’uniforme de l’Océanic, c’est aussi quelque chose de spécial et d’agréable. On sait tous qu’il y a de très gros noms qui sont passés par ici», enchaîne-t-il en faisant référence aux Crosby et Lecavalier dont les numéros ornent le plafond du Colisée Financière Sun Life et qui ont tous deux été sélectionnés au tout premier rang de l’encan annuel de la LNH.

L’an dernier, Lafrenière a aussi eu la chance de représenter le Canada au championnat mondial junior à Vancouver même s’il n’était âgé que de 17 ans, une expérience qu’il aimerait beaucoup répéter cette année en République tchèque.

«C’est toujours intéressant de participer à ce genre de tournoi. J’estime y avoir gagné beaucoup d’expérience», explique-t-il à propos du championnat qui met surtout en scène des joueurs de 19 ans. «J’aime jouer avec les meilleurs et contre les meilleurs, ça me permet aussi d’apprendre un peu d’eux», conclut-il. Ian Bussière