Utilisé avec deux ailiers offensifs, le centre Zachery Moody profite pleinement de cette occasion, comme en fait foi ses six points à ses sept dernières parties.

Remparts 3 / Sea Dogs 2 : troisième victoire en trois jours dans les Maritimes

Ce n'est pas un tour du chapeau qu'ils ont réussi, mais un véritable tour de force. En battant les Sea Dogs de Saint-Jean par 3-2 en tirs de barrage, dimanche après-midi au Harbour Station, les Remparts de Québec complétaient ainsi un voyage parfait de trois victoires en autant de jours dans les provinces maritimes.
C'est finalement un but de Zachery Moody avec une belle feinte du revers dans la quatrième vague qui aura fait la différence dans ce match fort enlevant. La prolongation avait été spectaculaire, l'espace sur la patinoire profitant pleinement au style créateur de Dmytro Timashov et de Nikolas Brouillard.
«Avant de partir, j'aurais été satisfait avec deux victoires, mais de revenir comme ça avec devant nos partisans, en fin de semaine prochaine, c'est le fun. Les tirs de barrage, c'est spectaculaire quand tu gagnes. Nous avons eu la contribution de tout le monde, le désavantage a été très bon et c'était un beau duel de gardiens entre le meilleur de la Ligue [Sébastien Auger] et Callum [Booth] qui aspire à faire partie de l'élite», résumait l'entraîneur-chef Philippe Boucher, qui savourait sa 50e victoire derrière le banc.
L'unité de désavantage numérique (0 en 5) méritait effectivement une étoile dans son dossier pour son effort, notamment, en fin de deuxième lorsque les Remparts sont parvenus à écouler trois punitions successives, dont une séquence de 1:20 à court de deux joueurs.
Booth ne bronche pas
Booth a aussi eu son mot à dire dans cette 11e victoire des siens. Le jeune homme masqué qui a reçu 34 lancers n'a pas bronché, freinant les charges offensives de l'adversaire qui a réussi à provoquer l'égalité avec 13 minutes à jouer en troisième. À l'autre bout, le gardien de Saint-Augustin-de-Desmaures, a été aussi efficace, brillant souvent avec sa gobeuse sur les 36 rondelles dirigées vers lui.
«Ça fait du bien de gagner sur la route. Tout le monde était un peu fatigué, mais les gars ont donné leur 110 %. Pour la confiance, c'est toujours le fun de récolter des victoires», disait Booth.
Les Remparts avaient réussi à se forger une avance de 2-1 après 40 minutes, grâce à des touches de Cody Donaghey (3e) et de Kurt Etchegary (4e et troisième en deux matchs). Mais en troisième, les Sea Dogs ont finalement réussi à créer l'égalité par l'entremise du deuxième de Juraj Siska.
«Lorsqu'on était 0-2 en début de saison, je savais qu'on ne tomberait pas à 1-8. Même chose avec nos insuccès sur la route avant ce voyage, j'étais sûr qu'on gagnerait à l'extérieur. Malgré la fatigue, on s'est bien battu», ajoutait Boucher.
NOTES: La présence de Booth devant le filet ne devait pas être perçue comme un manque de confiance à l'endroit d'Éric Brassard, brillant à Charlottetown, la veille. «Je lui ai expliqué qu'il méritait de jouer, mais qu'on devait y aller avec le plus reposé des deux puisqu'il s'agissait d'un deuxième match en moins de 24 heures», expliquait Boucher après avoir discuté avec son gardien de 19 ans... Yannick Turcotte a été rayé de l'alignement une troisième fois dans ce voyage... Les Remparts ont roulé vers Québec après la rencontre et disputeront leur prochain match vendredi au Colisée Pepsi contre Shawinigan.
Un capitaine de Charlesbourg
À 18 ans, Olivier LeBlanc a hérité du titre de capitaine des Sea Dogs au début de la saison, une nomination en lien avec la relance de l'équipe ayant remporté la Coupe Memorial en 2011 et la Coupe du président (championnat de la LHJMQ) deux fois de suite, tout juste avant son arrivée. L'ancien choix de première ronde se disait honoré de porter la lettre symbolique.
«Il s'agit d'un bel honneur d'être le capitaine des Sea Dogs, surtout avec ceux qu'il y a eu dans le passé, comme Jonathan Huberdeau [qui a été son coéquipier à sa première saison, en 2012-2013]. Ça va aussi dans le sens où nous avons une jeune équipe, et même si on savait qu'on allait avoir un bon club, je pense que les gens sont surpris de voir que ça va aussi bien [Saint-Jean occupe le premier rang de la division Maritimes]», soulignait le joueur de Charlesbourg, qui s'est déjà aligné avec le Blizzard (SSF). Choix de première ronde des Sea Dogs en 2012 (11e), il a aussi été choisi au septième tour (197e) du repêchage de la LNH en 2013 par Columbus. Et cette semaine, il a été invité par la LHJMQ à participer à la Super Série Subway. 
<p>Le match contre les Sea Dogs avait une saveur particulière pour quelques joueurs des Remparts: Marcus Cuomo, Nicolas Hébert (photo) et Alexander McQuaid revenaient tous pour la première fois au Harbour Station depuis qu'ils ont quitté Saint-Jean.</p>
Faire mentir les Sea Dogs
Le match contre les Sea Dogs avait une saveur particulière pour quelques joueurs des Remparts. Après tout, Marcus Cuomo, Nicolas Hébert et Alexander McQuaid revenaient pour la première fois au Harbour Station depuis qu'ils ont quitté Saint-Jean pour Québec.
«Je l'avoue, c'est différent de se trouver de ce côté-ci du corridor», disait Cuomo, qui a séjourné pendant deux saisons avec les Sea Dogs avant d'être soumis au ballottage à la fin du camp.
Il ne voulait pas modifier sa façon de jouer contre son ancienne équipe, mais ne cachait pas se pointer sur la patinoire avec le désir de battre le club qui l'a sacrifié au profit de la jeunesse.
«Je veux les faire mentir, mais pour cela, ce n'est pas en essayant d'être quelqu'un d'autre. Mon rôle est de jouer sur la troisième ligne, de jouer physiquement, d'écouler les punitions et d'essayer de contribuer dans les deux sens. Je suis aussi un gars toujours positif, c'est important dans une équipe, surtout que la saison est longue, il ne doit pas y avoir de négatif», disait-il avant le match.
Avant de le réclamer, l'entraîneur-chef Philippe Boucher avait pensé l'acquérir via une transaction. Représente-t-il une surprise à ses yeux?
«Oui et non. Nous avions de l'information sur lui par notre personnel venant de Saint-Jean [Christian Vermette], tous les rapports étaient positifs, autant sur la glace que dans le vestiaire. C'est important que les gars comprennent et acceptent leur rôle, il est un bon exemple à suivre. J'ai les deux postes, mais ce n'est pas différent qu'ailleurs dans le hockey : le directeur général trouve les joueurs, l'entraîneur-chef utilise ceux qui l'aident à gagner et le forcent à le faire.»
Hébert, lui, n'a pas vraiment eu le temps de s'établir en permanence à Saint-Jean, où il n'a joué qu'une demi-saison avant d'être rapatrié par Boucher avant le dernier repêchage. «Sur la glace, il n'y a pas d'amis, mais j'ai gardé contact avec plusieurs gars. On ne gagnait pas souvent, mais il y avait un bel esprit d'équipe. Le temps que j'ai été ici [à Saint-Jean], ça avait bien été», précisait celui qui revenait dans l'alignement, dimanche, après avoir raté le match de samedi à Charlottetown.