L'entraîneur-adjoint des Remparts Benoît Desrosiers
L'entraîneur-adjoint des Remparts Benoît Desrosiers

Remparts: des adjoints qui pensent aussi à leurs poupons

Carl Tardif
Carl Tardif
Le Soleil
Derrière tout homme de hockey se cache une famille. Mais pour l’instant, celle-ci est séparée par une bulle opaque qui interdit tout contact. Père de deux jeunes enfants de 4 ans et de six mois, l’entraîneur-adjoint des Remparts de Québec Benoît Desrosiers fait contre mauvaise fortune bon cœur.

Jusqu’à présent, tout se passe bien pour lui, autant dans la bulle, sur la patinoire et à la maison, où sa conjointe Marie-Pier Blouin s’occupe de Mayson et Jacob, les deux jeunes garçons du couple.

«J’avoue que c’était un peu stressant de partir dans la bulle et la laisser seule. Depuis le mois de mars, tout ce qu’on faisait, c’était à deux. Quand je suis parti, lundi dernier, j’avais un peu le cœur gros parce qu’on aime énormément nos enfants. Le plus grand m’a serré, on voyait qu’il avait le trémolo, alors ça nous touche toujours un peu. Mais j’ai le bonheur d’avoir deux enfants en bonne santé, et je vais toucher du bois pour que ça demeure ainsi. Je n’ai pas à m’inquiéter de ça ni du reste. Ça tombe aussi dans une bonne période, car mon plus vieux n’a pas encore commencé l’école», racontait Desrosiers, dimanche, alors qu’il se trouvait avec son autre famille en préparation pour le match de lundi après-midi (14h) contre les Saguenéens de Chicoutimi.

En fait, on peut parler d’une famille élargie dans son cas puisque sa conjointe, une enseignante de formation, supervise les études des joueurs des Remparts. Habituellement, elle les rencontre au Centre Vidéotron, mais en ces temps de pandémie, tout se fait à distance.

«Marie-Pier les suit de près, mais je dois leur lever mon chapeau, ça va super bien dans leurs cours, l’école est importante pour notre organisation et tout se passe bien à ce niveau. Comme elle est proche de l’équipe, il n’y a pas de surprise quand ça va un peu moins bien sur la patinoire…»

Bien sûr, la bulle de Québec n’est pas sans fin. Les Remparts y ont disputé leur premier match le mardi 17 novembre et joueront leur dernier, jeudi (26), avant de rentrer chacun chez soir jusqu’à ce qu’on sache ce qui arrivera pour la suite de la saison.

«Dans le fond, c’est juste un peu plus long qu’un voyage de six jours dans les Maritimes. Là, on est parti une dizaine de jours. Ça nous donne une pratique pour le tournoi de la Coupe Memorial auquel on souhaite participer», disait celui dont le club pense toujours à présenter sa candidature pour en être l’hôte en 2022.

Le deuxième fils du couple est né le 16 mai, en pleine pandémie. Un mois plus tard, son collègue David Rodrigue devenait papa pour la première fois, une fillette prénommée Emma de leur côté.

«Nous, on ne savait même pas si j’allais pouvoir assister à l’accouchement. Le plus dur, finalement, ç’a été de ne pas pouvoir présenter notre enfant à la famille comme on le fait habituellement», rappelait Desrosiers.

L’entraîneur-chef Patrick Roy, dont les enfants sont grands (il est grand-père, maintenant), n’a pas les mêmes soucis que ses adjoints. Il apprécie leur dévouement.

«Le premier mot qui me vient en tête, c’est la passion. Ils ont la chance d’avoir des conjointes qui comprennent bien la situation, ce qui leur permet de vivre leur rêve de faire du hockey. Je les vois souvent faire du Facetime avec leurs enfants, ils sont bien là-dedans et ça paraît dans nos rencontres. On se réunit régulièrement dans ma chambre, ça paraît dans nos échanges qu’ils sont passionnés», confiait celui qui a eu la chance de diriger ses fils à son premier passage derrière le banc des Remparts.

Roy avait de bons mots pour chacun d’eux, que ce soit Desrosiers, Rodrigue, Martin Laperrière, Pascal Lizotte et Mikaël Tam. Il en aurait eu tout autant si on lui avait parlé du thérapeute Steve Bélanger et du responsable de l’équipement Stéphane Savard.

«Si la bulle durait trois mois, je pense qu’on aurait une conversation différente, les décisions seraient plus difficiles à prendre, mais ça dure 10 jours. À partir de 20 décembre, on va aussi tomber en congé pendant une quinzaine de jours, alors on aura tous le temps de passer du bon temps de qualité en famille.»

Contre les Saguenéens

Les Remparts disputent leur quatrième match (sur six) dans l’événement en environnement protégé contre les Saguenéens, lundi après-midi. Ils ont annulé leur séance d’entraînement prévue dimanche matin puisque celle-ci aurait eu lieu à 9h au Pavillon de la jeunesse.

Encore une fois, Patrick Roy reste fidèle à son idée de départ et n’effectuera pas de changement à l’alignement. Il gardera aussi ses trios intacts, même s’il aimerait voir ses joueurs prendre des lancers de meilleure qualité.

«J’aimerais que l’on soit meilleur sur la qualité de nos lancers. On essaie parfois d’être trop précis, mais on n’a pas toujours besoin du lancer parfait pour compter. On l’a vu sur le but de [Xavier] Filion, un tir bien placé au filet, un rebond ou deux, et ç’a fonctionné», notait celui qui voudrait aussi que ses joueurs s’assurent de mieux placer la rondelle en zone neutre, histoire de compliquer un peu la vie de l’adversaire dans sa relance.

Jusqu’à présent, le trio formé de James Malatesta (1-1), Hunter Holmes (1-0) et Cole Cormier (0-0) n’a pas produit de façon régulière, phénomène qui n’inquiète pas l’entraîneur-chef.

«Ce qui importe pour nous, c’est le processus. Ils jouent de la bonne façon, éventuellement, ils profiteront d’un bond favorable et leur confiance va revenir. Il s’agit d’un bon trio qui mélange le jeu physique de Malatesta et Cormier, qui complètement leurs mises en échec, avec la vision de Holmes, qui est un bon fabricant de jeu.

Thomas Sigouin, qui montre une moyenne de buts alloués de 1,75 et un pourcentage d’arrêts de 0,933 sera devant le filet.

«Je m’attends à un bon match. Dans le passé, c’était toujours serré, mais si la saison dernière, les Saguenéens avaient une équipe nettement supérieure à la nôtre sur papier, on trouvait une façon de rivaliser avec eux. Les deux équipes se respectent et jouent du bon hockey, même s’il leur manque deux excellents joueurs en [Hendrix] Lapierre et [Dawson] Mercer, n’en demeure pas moins qu’ils ont de l’expérience», disait-il avant de regarder le match que les Sags disputaient aux Olympiques de Gatineau, dimanche après-midi.