Remparts: déranger l’orignal en essaim [VIDÉO]

L’orignal a peu de prédateurs. Mais la grosse bête puissante peut être dérangée par plusieurs petites bestioles qui l’attaquent en même temps. C’est donc en essaim, en groupe, que les Remparts comptent déstabiliser les Mooseheads dans leur série de première ronde, qui commence vendredi, à Halifax.

Swarm, nuée, essaim. Le mot est revenu à plusieurs reprises dans la bouche de Patrick Roy, mercredi matin, sur la glace du Pavillon de la jeunesse d’ExpoCité. À la veille de partir pour la Nouvelle-Écosse, l’entraîneur-chef des Remparts a encore une fois mis l’accent à l’entraînement sur la défensive de zone.

«Swarm, ça veut dire que quand la rondelle est dans le coin de la patinoire, on veut être à cinq dans le coin, pour couper l’espace au porteur de la rondelle. À un contre un face à une équipe de leur force, ça va être plus difficile pour nous que si on est cinq gars prêts à écraser le jeu dans le coin de la patinoire», explique Roy.

Personne ne se fait d’illusions. Les Remparts partent largement négligés. Halifax a remporté le championnat de l’Association Est avec 22 victoires et 35 points de plus au classement que Québec, en plus d’avoir marqué 103 buts de plus (300 contre 197) et encaissé 72 buts de moins (164 contre 236).

Et les Mooseheads sont encore plus difficiles à vaincre à Halifax, où ils montrent une fiche de 25-5-2-2 en saison et de 9-0-0-1 à leurs 10 dernières sorties devant leurs partisans.

L’excellent taux de réussite de 28 % de leur attaque massive grimpe même au-dessus de 30 % sur leur patinoire. Par chance, Québec est l’équipe la moins punie de la LHJMQ.

Le verre à moitié plein

Pour en ajouter une couche, les Remparts n’ont pas gagné une série depuis 2015. La plaie d’une élimination au septième match l’an dernier en première ronde est encore vive pour les sept joueurs qui sont toujours avec l’équipe. Aucun patineur actuel n’a connu les joies de gagner une série dans l’uniforme des Remparts.

«J’y pense», admet le capitaine et défenseur de 20 ans, Étienne Verrette. «Ça fait trois ans qu’on perd en première ronde. On apprend de ces expériences-là et on essaie de ne pas répéter les mêmes erreurs. Il faut garder la tête haute et y aller un match à la fois», résume Verrette.

Quant à Roy, il n’a retrouvé sa place à la barre de l’équipe que quelques semaines après l’exclusion crève-cœur du printemps dernier sous les ordres de Philippe Boucher.

«J’aime mieux regarder le verre à moitié plein, affirme Roy. À mes huit années comme entraîneur-chef des Remparts [2005 à 2013], on a perdu une seule fois en première ronde, l’année après la Coupe Memorial [2007]. Donc, je ne m’en fais pas! On va essayer d’être le plus compétitif possible et de donner du fil à retordre aux Moosheads. Comme toutes les équipes négligées, on va essayer de surprendre», conclut le patron.

Devant le filet, Roy fera d’abord confiance à Anthony Pagliarulo.

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BLESSÉ, SCHIVES A FAILLI CHAVIRER

Le défenseur Dylan Schives a été atteint à la main par un tir de son coéquipier lors de la séance d’entraînement.

Dylan Schives était étendu sur le banc des joueurs, sur le dos. Le visage aussi pâle que ses longs cheveux blonds. Ses coéquipiers se demandaient ce qu’il faisait là; la séance d’entraînement n’était même pas commencée.

Quelques secondes plus tôt, mercredi matin, alors qu’il installait l’un des filets sur la patinoire du Pavillon de la jeunesse, le défenseur recrue des Remparts venait d’être atteint à la main par un tir de son coéquipier Matthew Grouchy.

Rentré au banc pour constater l’origine de la douleur grandissante sous son gant, il a découvert une grosse bosse en train de gonfler sur le dos de sa main droite. Vision qui lui a fait plier les genoux. Après qu’il se soit étendu par lui-même, on a dû lui surélever les jambes avec des caisses de lait, en attendant l’arrivée du thérapeute de l’équipe Steve Bélanger.

«J’ai fait le saut. La bosse était vraiment grosse!» a plus tard commenté Schives, à propos de son moment de faiblesse. Après avoir obtenu les soins de Bélanger, qui a bien enrubanné la main, et une paire de gants plus rembourrés, l’Ontarien de 17 ans a participé à la dernière demi-heure de l’entraînement, même s’il pouvait difficilement tenir son bâton à deux mains.

«On verra demain. S’il y en a un qui peut le ramener, c’est bien Steve», a soupiré l’entraîneur-chef Patrick Roy, avouant ne pas être surpris de voir Grouchy mêlé à un tel incident fâcheux.

La présence de Schives se révèle donc incertaine en vue du match d’ouverture de la série, vendredi, à Halifax. Les Remparts quittent Québec pour une soixantaine d’heures, alors que l’affrontement numéro deux a lieu samedi soir, toujours au Scotiabank Centre.

Les trois rencontres suivantes se tiendraient au Centre Vidéotron, puisque la distance entre les deux villes dépasse tout juste les 1000 km (1023) nécessaires au format 2-3-2 dicté par la ligue LHJMQ qui paie l’avion prêt à décoller de Québec à 12h30, jeudi.