Le gardien des Remparts de Québec, Dereck Baribeau, a livré la marchandise en fin de rencontre, alors qu'il est venu en renfort à Evgeny Kiselev. Il sera partant lors du match contre le Drakkar.

Remparts 7/Océanic 6: remontée freinée à temps

Les alignements n'étaient pas aussi puissants qu'à la finale de la LHJMQ, en 2015, mais ça n'a pas empêché les Remparts de Québec et l'Océanic de Rimouski d'offrir un autre classique de la rivalité entre les deux formations, dimanche, au Colisée Financière Sun Life.
À l'occasion d'un duel à caractère très offensif, les visiteurs de la capitale l'ont emporté 7-6 sur leurs rivaux de la division Est. Mais la victoire n'a pas été facile à aller chercher.
En avance par 6-2 avec 5:55 à faire en deuxième période, les Remparts ont vu l'adversaire remonter la pente pour créer l'égalité en troisième. Finalement, c'est un but de Philipp Kurashev en avantage numérique avec 3:50 à écouler qui a tranché le débat, ce qui n'avait rien pour apaiser la colère envers l'arbitre de l'entraîneur-chef de l'Océanic Serge Beausoleil, furieux de l'appel contre Dylan Montcalm à ce moment crucial.
«C'est la plus grande rivalité de la Ligue, il se passe toujours quelque chose et je n'étais pas à l'aise à 6-2. On a perdu le contrôle en deuxième en pensant que ça allait être facile. Ça l'est seulement quand le match est fini et que tu as été acharné de la première à la dernière minute, pas lorsqu'il reste 5:55 à jouer en deuxième», a dit l'entraîneur-chef des Remparts Philippe Boucher, partagé entre la récolte des deux points de classement et la façon d'y parvenir.
Les siens avaient entrepris le match en force avec quatre buts dès la première période. Mais l'Océanic n'allait pas jeter l'éponge. Il y a eu un peu de tout dans cette rencontre : des buts à forces égales; certains en avantages numériques; un autre à la faveur d'un lancer de punition de Maxime Trépanier, de l'Océanic; un changement de gardien, etc. Même Louis-Filip Côté (6e) a compté pour les Remparts, mettant fin à une disette de 31 matchs.
Baribeau mis à l'épreuve
«Mon travail, c'est de toujours être prêt. Je ne m'attendais pas à avoir ma première victoire parce que je ne jouais pas, mais je suis très content. À 6-2, on pensait peut-être que ça allait être facile. Ça virait pas mal en troisième, et à 6-6, je commençais à être un peu stressé, mais les gars ont bien fait ça», a noté le gardien Dereck Baribeau, venu en relève à Evegny Kiselev à 6-5 en début de troisième. Il méritait d'être le partant à Baie-Comeau, mardi, a confirmé l'entraîneur-chef sur-le-champ.
Philipp Kurashev (13e et 14e), Dmitry Buynitskiy (6e), Matthew Boucher (23e), Mathieu Ayoytte (11e en plus de trois passes) et Benjamin Gagné (5e) ont marqué pour les Remparts. La réplique fut celle de Samuel Laberge (12e et 13e), Tyler Boland (30e), Dylan Montcalm (12e), Denis Mikhnin (16e) et Trépanier (1er).
«Si on veut se pencher sur le positif, regardons la première, c'est comme ça qu'on veut jouer. Je leur ai dit ma façon de penser, j'avais inscrit 5:55 sur le tableau après la deuxième, ils ont compris pourquoi», a ajouté Boucher.
Les Remparts passaient la nuit à Rimouski avant de traverser sur la Côte-Nord, lundi, en prévision du match de mardi à Baie-Comeau. Pour l'Océanic, c'était un sixième match en neuf jours. «Et on vient de faire 2400 km pour en jouer cinq», a noté Beausoleil avant le match.
Deux pénalités qui ont rendu Beausoleil furieux
Alors que les deux clubs étaient 6-6 à un peu plus de quatre minutes de la fin du match, deux pénalités de deux minutes chacune imposées à Alexandre Grisé et à Dylan Montcalm de l'Océanic auront fait toute la différence dans la tournure du match. C'est ce dont est persuadé l'entraîneur-chef de Rimouski qui est littéralement sorti de ses gonds, derrière le banc des locaux, vociférant contre les officiels. 
«Il y a eu deux appels en ligne, a déploré Serge Beausoleil. Trébucher sur Grisé, c'est ridicule! Ça peut pas être un appel qui est égal. Puis, le 4 contre 3 pour deux minutes, c'est une porte qui s'ouvre de façon inespérée pour l'adversaire! J'ai tout revu et c'est totalement inacceptable!»
«De voir une décision qui est complètement dénaturée comme ça, c'est d'une tristesse, a-t-il continué à tempêter. On a un superbe match, on revient de l'arrière, le building est gonflé à bloc et on appelle une pénalité sur [Andrew] Picco, qui n'a pas besoin de personne pour échapper une rondelle. À 4:15 de la fin, on doit laisser jouer! Le hockey sense, c'est pas juste pour les joueurs! Ça n'enlève rien à notre début de match qui n'était pas bon. Mais, en troisième période, on se serait attendus à un peu plus de jugement!»
L'entraîneur pense même que la diffusion du match en direct sur TVA Sports puisse avoir eu une incidence sur le jugement des officiels. «Il faut que le spectacle puisse se donner lui-même, analysait-il avec colère. C'est pas aux arbitres à se donner en spectacle quand le match est à la télé!»
Autant Beausoleil était furieux contre les arbitres, autant il était heureux de la performance des siens. «Je suis très fier de la façon dont les gars ont montré de la résilience, a-t-il tenu à souligner. À 6-2, bien peu de gens croyaient qu'on pouvait revenir dans ce match-là... et on est revenus! Après la semaine qu'on vient de faire, 2400 km et cinq matchs, puis arriver à un sixième et jouer de cette façon-là en troisième, c'est tout à l'honneur des gars qu'on a utilisés!» Johanne Fournier (Collaboration spéciale)