Samuel Poulin, que l'on voit ici protéger le disque contre Benjamin Gagné, a inscrit le premier but du Phoenix, vendredi.

Québec marque un but à la huitième seconde... mais perd 4-1

SHERBROOKE — 59 minutes et 52 secondes. C’est tout le temps que les Remparts ont passé sans marquer, vendredi soir. Et ils ont perdu 4-1.

Dans un Palais des sports Léopold-Drolet de Sherbrooke plein de 3556 spectateurs pour l’ouverture locale du Phoenix, les Remparts ont connu un départ canon. Louis-Filip Côté a marqué après seulement huit secondes d’écoulées! Les joueurs du Phoenix avaient encore la tête aux (longues) cérémonies d’avant-match.

Mais il restait encore beaucoup de temps. Les locaux ont repris leurs esprits. Les deux équipes ont obtenu de belles chances de marquer toute la soirée, comme en témoigne le décompte des lancers de 33-31 en faveur de Québec. Sauf qu’une tendance lourde se dessine déjà chez les Remparts cette saison : pas moyen de mettre la rondelle au fond du filet adverse.

«Je n’ai pas un mot à dire contre mes joueurs!» a d’abord commenté le barreur des perdants, Patrick Roy. «On était sur la job. On a demandé à nos joueurs de sortir forts et ils sont sortis forts. On n’a pas donné grand-chose à cinq contre cinq, mais l’autre équipe a été plus opportuniste. On a par contre été ordinaires sur le bord des bandes dans notre territoire et c’est là que ça s’est joué», a analysé l’entraîneur-chef.

Gardien retiré tôt

Après des buts de Samuel Poulin en première période, joli revers dans la lucarne sur l’attaque massive, puis du Slovaque Oliver Okuliar, en deuxième, Roy n’a pas hésité à retirer son gardien Dereck Baribeau à la faveur d’un sixième attaquant avec plus de deux minutes à jouer en troisième. Poulin et Okuliar en ont profité pour chacun marquer dans un filet désert.

Pas qu’à leur premier match sur la route les Remparts aient mal paru. Mais encore une fois, ça ne rentrait pas. Le gardien de Sherbrooke Brendan Cregan a été solide tout comme Baribeau. Le tir sur le poteau de Gabriel Montreuil avec huit minutes à faire aurait pu changer la donne.

«Ils ont travaillé plus fort que nous sur les rondelles libres. Leurs deux buts ont été réussis sur des rebonds», a souligné Baribeau qui, comme c’était déjà prévu, cédera son poste samedi à Drummondville à son adjoint Anthony Morrone, pour la première fois de la saison.

Roy a souligné le bon travail de son quatrième trio composé de Jérémy Laframboise et des recrues Gabriel Montreuil et Brandon Frattaroli. «Mais on n’a pas vu ça de nos plus vieux. J’ai hâte de voir une certaine production de leur part», tranche le patron.

Avec 0 en 3, le jeu de puissance des Remparts montre un faible taux d’efficacité de 15,7 % (3 en 19) jusqu’ici cette saison.

De l’autre côté, l’entraîneur Stéphane Julien se réjouissait de cette première victoire pour son Phoenix cette saison, admettant que cela allait «enlever un petit poids sur nos épaules».

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IL Y A 33 ANS, LE 33 GAGNAIT LA COUPE CALDER

En débarquant de l’autocar des Remparts dans le stationnement du Palais des sports de Sherbrooke, vendredi après-midi, Patrick Roy (photo) s’est rappelé de beaux souvenirs. Il y a 33 ans, le 24 mai 1985, le célèbre numéro 33 y remportait la Coupe Calder, le championnat de la Ligue américaine de hockey, avec les Canadiens de Sherbrooke.

À l’époque, Roy portait le numéro 30 et était le troisième gardien de l’équipe, donc aussi bien dire presque un inconnu, rappelé en urgence après sa troisième saison avec les Bisons de Granby. Ce serait sa dernière campagne dans les rangs juniors.

«Quand on avait gagné, on sortait par le garage», s’est remémoré Roy, avant le match Remparts-Phoenix. «Au cours de la première série contre Fredericton [club-école des Nordiques de Québec], [le gardien] Paul Pageau et sa femme ont eu un bébé. [L’entraîneur] Pierre Creamer m’a appelé et m’a dit : “Tu vas être backup à soir”.

«À un moment donné, Greg Moffet [l’autre gardien] a eu un bris d’équipement et j’ai embarqué, en deuxième période. Et ils m’ont laissé dans le but jusqu’à la fin», raconte Roy. La suite a fait l’histoire. Ce tout jeune gardien maigrichon a mené Sherbrooke aux grands honneurs avant d’aller faire pareil l’année suivante avec le grand club, à Montréal, pour la Coupe Stanley de 1986. En 18 ans de carrière dans la LNH, il soulèvera le précieux trophée à quatre reprises.

Le Canadien de Montréal l’avait repêché en troisième ronde (51e) l’année précédente, en 1984. Un prometteur attaquant coéquipier à Granby avait aussi fait des flammèches pour Sherbrooke ce printemps-là avec neuf points en neuf matchs de séries, un certain Stéphane Richer. Ils étaient cochambreurs.

«Quand je parle aux joueurs, je leur fais comprendre qu’il y en a pour qui le chemin est déjà tracé et d’autres qui doivent tracer leur propre chemin. Pour moi, ç’a été un peu comme ça», conclut Roy. 

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MORRONE MIS AU DÉFI

Avec trois matchs en trois jours pour ses Remparts, Patrick Roy confiera samedi la cage au gardien auxiliaire Anthony Morrone. Le dernier match de cette séquence s’annonce le plus ardu contre l’équipe classée quatrième au Canada, première de la LHJMQ au top 10 hebdomadaire du junior canadien. «Patrick me met au défi. Il veut me voir performer contre une grosse équipe, je vais montrer ce que je suis capable de faire», affirme Morrone, se disant «excité» à l’idée de disputer son premier match officiel avec sa nouvelle formation.

Échangé de Victoriaville à Québec durant le camp d’entraînement, le portier de 19 ans a disputé deux rencontres et demie en présaison. Mais autrement, sa dernière véritable prestation dans le junior majeur remonte au 16 février. Il avait terminé la saison dans le junior AAA, à Valleyfield. 

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NOTES

- Léopold Drolet, dont le Palais des sports porte le nom, est le fondateur de la compagnie de bâtons de hockey Sher-Wood, qu’il avait à l’origine nommé en 1949 Sherbrooke Woodcraft.

- Pendant qu’Elton John animera le Centre Vidéotron, samedi soir, les Remparts seront à Drummondville pour y affronter les puissants Voltigeurs, classés quatrièmes au Canada.