Pour le dernier droit de la saison, l'entraîneur-chef Philippe Boucher souhaite que ses joueurs améliorent leur éthique de travail et ne se fient pas uniquement à leurs habiletés.

Philippe Boucher resserre la vis

Quand les équipes adverses se présentent au Colisée Pepsi pour affronter les Remparts, elles savent qu'en leur opposant du jeu rude, elles multiplient leurs chances de l'emporter. Une réputation que tendent à confirmer les deux dernières défaites des Diables rouges, face à l'Armada et au Drakkar. Un «bobo» que l'entraîneur-chef Philippe Boucher entend guérir avant le début des séries.
«C'est ce que les équipes disent de nous autres. [...] Ils pensent qu'on ne paie pas le prix et qu'on ne bloque pas de lancers. C'est à nous autres de leur prouver qu'ils ont tort», a soutenu le pilote mercredi, au lendemain d'un piètre effort des siens face au puissant Drakkar.
Avant de sauter sur la glace, l'entraîneur-chef, qui avait fait faire du temps supplémentaire à ses joueurs après la défaite de 4-2 la veille, s'est adressé à ces derniers, et plus spécifiquement à ses vétérans, qui affichaient une mine concentrée à leur arrivée sur la patinoire.
«On croit en nos chances, mais est-ce qu'on est allés chercher les pièces manquantes, les gars physiques dont on a besoin, à Noël? Non, ce n'est pas ça. On pense qu'on peut être là cette année, mais il faut bâtir pour l'année prochaine. Nos joueurs qui sont ici, on ne leur vend pas l'année prochaine. On veut qu'ils réalisent que des fois, la meilleure chance que tu as de gagner, c'est présentement», a-t-il expliqué.
À une période de l'année où l'intensité augmente d'un cran dans la LHJMQ, les Remparts ne pourront donc pas continuer à se fier uniquement à leurs habiletés. Ils devront également améliorer leur éthique de travail.
«On n'est pas un club physique, mais désolé, on a des gars physiques. Moi, Adam Erne, c'est l'un des gars les plus physiques que je connaisse. [...] Chapman peut être physique, Etchegary peut l'être. Duclair, s'il finit ses mises en échec, ça fait mal. Donaghey peut en aligner, dans le centre. On a des gars qui peuvent le faire. Dans les séries, c'est ça que ça prend», a rappelé Boucher.
Selon l'entraîneur, c'est lorsque l'équipe était minée par les blessures qu'elle offrait son meilleur effort sur la glace. «Dans les bouts où on avait moins de joueurs de talent, où on avait des blessures et des Alex Snow dans l'alignement, on travaillait, on faisait circuler la rondelle dans le territoire adverse et on était difficiles à affronter. On n'enlèvera pas nos gars de talent de l'alignement, il faut juste les faire travailler.»
Cible dans le dos
Du côté des entraîneurs, on réévaluera tous les aspects de la préparation de l'équipe, question de voir comment elle pourrait connaître de meilleurs débuts de rencontres.
«Il me semble que tu sors de la porte du vestiaire et que tu vois 10 000 fans prêts à te voir jouer... Je ne comprends pas que tu ne sois pas prêts. On en a parlé, on a fait de la préparation en conséquence de ne pas avoir d'excuse, [mais ça arrive malgré tout]. On va tout réévaluer, de l'approche de la séance matinale jusqu'à la préparation de chaque gars. [...] Mais il ne faut pas être inutilement négatif. Il n'y a pas de panique. Il faut juste être très réalistes. Si on joue comme ça, on ne gagnera pas.»
Personne ne fera de quartier aux Remparts, et surtout pas cette année, note Boucher. «La cible sur le dos des Remparts a toujours été assez grosse et elle a grossi encore un peu plus cette année avec la venue d'un troisième Européen. Ça fait qu'il n'y a personne qui va nous prendre en pitié...»
*****
En vitesse...
De retour au jeu après 11 semaines d'absence, Alexandre Boivin (mononucléose) était «nerveux» de casser la glace contre le Drakkar, mardi. «C'était contre une bonne équipe et je savais que ça n'allait pas être facile. Ç'a pris un peu de temps, mais plus ça allait, plus je me sentais confortable», a fait savoir le Franco-ontarien, qui a trouvé «bizarre» de se retrouver avec les nouveaux dans le vestiaire de l'équipe... Connaissant sa plus longue saison en carrière, le Suisse Fabrice Herzog connaît une baisse de régime compréhensible, selon Philippe Boucher. «Il ne le nie pas non plus. C'est de voir ce qu'il faut faire pour qu'il s'en sorte. Une manière, c'est de travailler. Il était mortel devant le but, depuis le début de l'année»... Seul joueur des Remparts à afficher un différentiel de -3 mardi, Mikhail Grigorenko doit lui aussi hausser son jeu d'un cran. «Je n'ai rien à dire contre son attitude, mais s'il veut jouer professionnel, il faut qu'il joue mieux que ça. Il faut qu'il travaille plus fort que ça»... L'ancien gardien de la LNH et analyste de TVA Sports Patrick Lalime a été choisi pour compléter le comité de sélection de la Coupe Memorial 2015, qui évaluera les candidatures de Québec et Chicoutimi d'ici deux semaines.
*****
Erne devra élever son jeu d'un cran
Philippe Boucher n'a pas hésité à identifier les joueurs qui doivent offrir de meilleures performances, au terme de l'entraînement d'hier. Outre les Grigorenko, Herzog et Archambault, il s'attend à beaucoup plus d'Adam Erne, pour qui c'est «plus difficile depuis un petit bout de temps». Il a d'ailleurs rencontré son vétéran, mercredi.
«Adam a joué beaucoup de hockey. Le Championnat du monde n'a pas été comme il le voulait. Mais il n'a pas à utiliser ça comme excuse. On a besoin de lui. Pendant les échanges, on n'est pas allés chercher de joueur physique, à part Chapman. [...] Il faut être difficiles à affronter quand Adam Erne est sur la glace», a soutenu l'entraîneur-chef.
L'Américain de 18 ans a bien saisi le message de son entraîneur, qui s'attend à plus de constance dans l'effort de ses troupiers. «Je pense qu'il faut jouer 60 minutes. On s'en est sortis sans le faire contre certaines équipes dans le passé, mais c'est quelque chose qu'on doit corriger. Face à une équipe comme Baie-Comeau, on a connu une bonne troisième période. Une seule bonne période contre une équipe comme celle-là, ce n'est toutefois pas suffisant», a jugé Erne, qui n'a pas caché que les effets de la longue saison se faisaient ressentir, même si «c'est la même chose pour tout le monde».
Ce que Boucher souhaitait surtout communiquer à ses joueurs, c'est de tout laisser sur la glace pour ne rien regretter à la fin de la saison.
«C'est ce que nous apprenons en ce moment. On ne peut pas être à notre meilleur tous les soirs, on ne peut pas marquer trois buts tous les soirs, mais il n'y a pas d'excuses pour ne pas donner notre meilleur effort chaque soir. En donnant son effort maximal, on s'assure de ne pas avoir de regrets. On croit en notre équipe et on croit que si on met l'effort, on peut se rendre jusqu'au bout.»
D'ici là, les Remparts doivent trouver une façon d'injecter un peu plus d'urgence dans leur jeu, contrairement à ce qu'ils ont montré contre le Drakkar, mardi. «Ce n'était pas un match comme les autres et on n'y a pas mis le travail nécessaire. Ce n'était pas le meilleur match de Baie-Comeau et ils nous ont quand même fait payer le prix. Il faut trouver notre deuxième vitesse, il faut que tout le monde saute dans le train.»