Philippe Boucher est impatient de trouver une stabilité dans l'alignement après la fin de la période de transaction.

Philippe Boucher a hâte à la fin des transactions

Au lendemain d'une victoire contre un club de tête de la LHJMQ, l'entraîneur-chef Philippe Boucher n'a pas dirigé la séance d'entraînement des Remparts de Québec, samedi midi. En lieu et place, il s'est réfugié dans son bureau en compagnie du président de l'équipe, Claude Rousseau, afin de mettre les dossiers à jour à l'approche de la fin de la période des transactions.
«Mardi midi, ça va venir vite», disait le directeur général sans faire d'annonce sur ce qui sera produit lorsque l'heure limite aura sonné (mardi, à midi). Même si les échanges viennent dans sa définition de tâche, il ne prend pas un plaisir fou à laisser certains joueurs sur le qui-vive.
«Je ne le cacherai pas, j'ai hâte que la journée de mardi soit passée pour voir le groupe qui sera ici et avec lequel on continuera d'avancer. Nous avons hâte d'avoir de la stabilité dans l'alignement», confessait le patron des Rouges avant de se réunir avec le président.
Selon lui, l'instabilité causée par les nombreuses blessures et l'incertitude provoquée par les éventuelles transactions sont exigeantes sur le moral des troupes. Malgré tout, l'équipe connaît une saison «phénoménale» selon Claude Rousseau, et ce, même si les Remparts n'ont pas joué un seul match avec un alignement complet.
Les 50 points au classement n'influenceront pas Boucher dans ses décisions à venir. Il ne se dit pas non plus obsédé par la possibilité que la Coupe Memorial soit présentée à Québec, en 2015, d'où l'accent mis sur l'actuelle période des échanges. Et ceux qui disent qu'il n'a pas le choix de bouger ne l'ébranleront pas!
«Il n'y a rien qui me dérange. Ce qui compte, c'est ce qu'on a ici. Patrick [Roy] a laissé un imposant noyau de joueurs talentueux, comme Duclair, Erne, Etchegary, Sorensen, Herzog, Culkin et Brassard. Son héritage est impressionnant et notre job est de les entourer. La stratégie de Pat, celle que j'avais à Rimouski et que 10,12 clubs adoptent, c'est d'avoir de moins en moins de cycles parce que vider son club pour aller jusqu'au bout, ce n'est pas évident.»
Assurer la victoire
Mais les prochaines gestes, comme ceux posés depuis son arrivée, lui appartiennent. Il pense souvent en fonction de la Coupe Memorial, bien qu'il ne considère pas avoir les mains attachées à celle-ci.
«Que ce soit cette année ou l'an prochain, ce sont de grosses saisons pour notre noyau actuel. On veut s'assurer d'être compétitif. Si on gardait le statu quo, ce qui n'arrivera probablement pas, on pourrait avoir la même équipe sur la glace, l'an prochain, avec deux nouveaux Européens et les 20 ans qui s'en vont, bien entendu. Je ne sens pas que je sois obligé de choisir entre cette année ou la saison prochaine. Un, on ne sait pas si on va avoir la Coupe Memorial, même si on pense que Québec est la place de choix, comme Chicoutimi pense la même chose pour eux.
«Il y a des gestes qui seront posés en fonction [de la Coupe Memorial] et certains l'ont déjà été comme [les acquisitions de] Moody, Batt et Chapman. Ça fait aussi partie du plan de travailler pendant deux ans avec la Coupe avec un gars comme Maheux», ajoutait Boucher en voyant des visages souriants sur la patinoire. Recherchée en début de saison, l'éthique de travail est désormais au rendez-vous!
En vitesse
Atteint à la main en bloquant un lancer, vendredi, Anthony Duclair aurait joué s'il y avait eu un match, samedi. «Ça fait mal, c'est enflé, mais il n'y a pas de fracture. On verra demain [dimanche], mais je devrais être là. Il nous manque encore des joueurs, on a besoin de tout le monde», disait celui qui a dépassé son plateau de 31 buts en 2011-2012 avec son 32e de la saison contre les Voltigeurs... Après avoir voyagé de la Suède vers le Canada, rejoint l'équipe à Drummondville et affronté les Voltigeurs, vendredi, Adam Erne profitait enfin d'une matinée de repos, samedi, pendant que ses coéquipiers s'entraînaient au Colisée Pepsi. Il sera en uniforme cet après-midi... Éliminé du Championnat mondial junior, le Suisse Fabrice Herzog pourrait disputer son prochain match avec les Remparts vendredi prochain... Le Phoenix de Sherbrooke s'arrête à Québec, aujourd'hui (15h), pour y affronter les Remparts... Comme le veut la coutume en deuxième moitié de saison dans la LHJMQ, les Remparts porteront leur chandail blanc à la maison d'ici à la fin du calendrier régulier après avoir joué en rouge devant leurs partisans jusqu'à présent. 
Chapman veut clouer le bec... de son frère!
Quand les Remparts ont fait l'acquisition d'Adam Chapman, tout juste avant la pause de Noël, ils s'offraient un cadeau recherché depuis quelques saisons. Le principal intéressé le savait bien, d'ailleurs, et lorsque le directeur général du Titan d'Acadie-Bathurst lui a demandé où il voulait aller après sa requête d'une transaction, Québec était sa première option.
«Je savais que les Remparts avaient de l'intérêt pour moi et je suis heureux que ça fonctionne. J'ai su que Patrick [Roy] avait cherché à m'obtenir lorsqu'il était ici et que Phil [Boucher] voulait aussi m'avoir à Rimouski, je suis très heureux de porter le chandail des Remparts», disait-il, sourire aux lèvres.
À sa troisième saison dans la LHJMQ, Chapman ne s'est pas fait que des amis et à peu près tous ses rivaux le détestent en raison de son style. Il est un agitateur, un joueur qui jette les gants à l'occasion, qui dérange. Il peut aussi s'affirmer offensivement, lui qui a amassé 54 points l'an dernier, à Gatineau.
«À mon arrivée, les gars blaguaient en me disant qu'ils ne m'aimaient pas beaucoup quand je les affrontais... Ils me connaissaient comme adversaire, pas comme coéquipier. Je ne suis pas le même sur la patinoire qu'à l'extérieur.»
Chapman aimerait récolter un point par match en deuxième moitié de saison et il pense aussi que la victoire pourrait lui faciliter la tâche dans l'obtention d'un contrat professionnel, bien que la victoire soit son premier intérêt.
Après une première saison à 16 ans à Sault-Sainte-Marie, dans la Ligue de l'Ontario, un changement d'entraîneur et de directeur général lui a coûté son poste. Il s'est retrouvé à Gatineau pendant deux ans et l'été dernier, il a convenu avec Benoît Groulx qu'il valait mieux jouer plus souvent à Bathurst que moins avec les Olympiques. Le voilà maintenant à Québec, où il veut gagner... pour clouer le bec de son frère Josh, un défenseur avec le Sting de Sarnia.
«Comme tous mes amis de l'Ontario, il dit que l'OHL est plus forte que la LHJMQ, même si ça fait trois ans de suite que la Coupe Memorial se retrouve ici [Saint-Jean, Shawinigan, Halifax]. Il me reste une saison et demie pour me rendre jusqu'au bout et avoir le dernier mot en retournant à la maison», rigolait l'attaquant de 19 ans.