L’entraîneur-chef des Remparts, Patrick Roy, ne veut pas que les deux derniers matchs difficiles de ses protégés fassent oublier ce qui était un début de saison exceptionnel.

Patrick Roy ne croit pas aux entraînements punitifs

Patrick Roy l’avoue, ses Remparts étaient nerveux au moment de sauter sur la glace mardi après les deux défaites de la fin de semaine, plus particulièrement la raclée de 9 à 2 subie dimanche contre l’Océanic à Rimouski. L’entraîneur-chef et directeur général ne leur a cependant pas fait payer leurs deux revers avec un entraînement punitif, une méthode à laquelle il dit ne pas croire.

«C’est sûr qu’ils étaient un peu nerveux, qu’ils se demandaient si le coach allait les brasser, mais moi, j’aime ça les surprendre», a déclaré Roy après l’entraînement. «On n’a pas besoin de les brasser. C’est dépassé, ça. C’est l’époque de Scotty Bowman où on jouait dans le mental des joueurs. Ce n’est plus comme ça», a-t-il expliqué en mentionnant l’ex-entraîneur vainqueur de neuf Coupes Stanley.

Roy dit également ne pas trop s’attarder au score final du match de dimanche, dans lequel ses joueurs avaient pourtant pris les devants 2 à 0. «Je m’attarde surtout à comment on joue. On ne peut pas continuer à écoper de mauvaises pénalités. Et là-dessus, je ne peux même pas critiquer le travail des arbitres, quoi qu’on en dise. Un accrochage, c’est un accrochage et un double échec, c’est un double échec», a-t-il illustré. Dimanche, quatre des buts de l’Océanic ont été marqués en avantage numérique.

«Wake up call»

«Moi, j’appelle ça un “wake up call”. Le cadran a sonné!» reprend-il à propos de la mauvaise séquence des siens qui, estime-t-il, a commencé en troisième période du match de l’Action de Grâce contre les Cataractes de Shawinigan. Face au Drakkar de Baie-Comeau mercredi, il espère que ses protégés laisseront les derniers matchs derrière eux. «Il faut faire trois choses : être disciplinés, compétitionner et jouer rapidement», a-t-il résumé.

Le pilote des Diables rouges ne veut pas non plus que ces deux matchs difficiles fassent oublier ce qui était un début de saison exceptionnel. «Il ne faut pas perdre de vue où on était quand la saison a commencé. Notre fiche était quand même de 8 à 2 avant le week-end en ayant joué plusieurs matchs sans Nicolas Savoie et sans Aleksei Sergeev», souligne-t-il en confiant que les blessures commençaient à peser lourd dans la performance de son équipe.

«Quand on a autant de blessés, on en vient à mettre des joueurs dans une mauvaise chaise. Si tu regardes notre ligne du centre, c’est Bibeau, Coxhead, Sergeev, Gaucher et Fillion. Avec Coxhead et Sergeev blessés, des gars comme Gaucher et Fillion jouent plus qu’ils ne devraient, mais ça reste quand même du temps et de l’expérience pour ces jeunes joueurs.»

Sato décevant

Roy a aussi avoué qu’il n’était lui non plus pas entièrement satisfait du début de saison de son choix de première ronde au repêchage international, le Japonais Yu Sato, à propos duquel plusieurs partisans ont exprimé leur déception sur les réseaux sociaux.

«Je ne peux pas être en désaccord avec les partisans... Après 12 matchs, il ne livre pas ce dont on s’attend d’un joueur [international]. Oui, il est un petit peu petit, il n’a pas atteint sa maturité physiquement. Par contre, il a une bonne attitude. Il veut marquer et, avant le match, il me posait des questions pour savoir ce que je faisais quand j’étais dans une mauvaise séquence», a-t-il raconté.

Il a aussi fait l’analogie avec son expérience personnelle dans la LNH pour indiquer qu’il avait encore confiance en Sato, qui a été le dernier à quitter la patinoire mardi à l’entraînement.

«C’est un peu comme moi, quand je suis arrivé avec l’Avalanche du Colorado [en 1995]. Je n’aurais jamais fait le Temple de la renommée si on s’était fié seulement à mes premiers matchs là-bas», fait-il remarquer. Celui qui est toujours détenteur de quelques records de la LNH avait en effet subi trois défaites à ses quatre premiers matchs avec l’Avalanche, accordant 12 buts en quatre parties dans une saison qu’il avait toutefois conclue avec la Coupe Stanley entre les mains.

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LA PRÉSENCE DU VÉTÉRAN KIELB

Darien Kielb n’a aucun problème avec le fait de passer jusqu’à 30 minutes par match sur la patinoire comme ça a été le cas vendredi.

Avec une équipe aussi jeune que celle des Remparts, la présence d’un vétéran comme le défenseur Darien Kielb, qui vient terminer son stage junior où il l’avait commencé, constitue un atout important. Surtout quand l’équipe traverse une séquence plus difficile.

«L’année dernière, à Gatineau, il y avait aussi beaucoup de jeunes joueurs. Peut-être pas autant qu’ici cette année, mais il y en avait quand même plusieurs. Pour un vétéran, mon rôle est de demeurer calme, de ne pas paniquer. Je dis aux gars d’oublier ce qui vient d’arriver et d’aller en avant vers le prochain match, de garder ça simple», a-t-il expliqué après avoir quitté la patinoire une fois l’entraînement des Remparts terminé.

Kielb, qui a obtenu deux aides dimanche, n’a aucun problème non plus avec le fait de passer jusqu’à 30 minutes par match sur la patinoire comme ça a été le cas vendredi. «Je me suis entraîné tout l’été et Patrick [Roy] m’avait dit que j’allais jouer beaucoup et que j’aurais beaucoup de temps dans les minutes importantes des matchs. Je suis prêt pour ça.»

L’Ontarien espère bien lui aussi voir son équipe renverser la vapeur dès mercredi contre le Drakkar. «Il faudra établir comment nous allons jouer dès que la rondelle tombera lors de la première mise en jeu. Ensuite, il faudra être compétitifs tout le long du match.»

De son côté, l’attaquant Pierrick Dubé a aussi insisté sur l’importance de reprendre le chemin de la victoire contre les trois prochains adversaires : le Drakkar, les Voltigeurs de Drummondville et les Cataractes de Shawinigan. «Il ne faut surtout pas les prendre à la légère», a-t-il insisté, avouant que l’éthique de travail de l’équipe à l’entraînement avait laissé à désirer la semaine dernière. «Et on a vu que ça s’est répercuté dans les matchs. Ça va nous servir de leçon. À l’avenir, nous serons prêts pour les matchs, car nous ferons mieux à l’entraînement.»