Les Remparts de Québec détiennent une avance de 3-2 dans la série huitièmes de finale. Les Mooseheads feront face à l’élimination, lundi soir, devant leurs partisans.

Patrick Roy: «Dur, jouer avec la pression»

HALIFAX — «C’est tellement dur de jouer avec la pression! Je l’ai vécu à plusieurs occasions. La pression est forte, on dirait que tes jambes deviennent pesantes, les mains… Pourtant, le match où ils avaient le moins de pression, c’était samedi! Parce qu’ils venaient de gagner deux matchs, ça roulait. Ils ont probablement eu un petit relâchement et on en a profité.»

Patrick Roy n’échangerait pas sa chaise avec celle de son vis-à-vis des Moosheads de Halifax, Éric Veilleux. Contre toute attente, Roy et ses Remparts de Québec détiennent une avance de 3-2 dans la série huitièmes de finale. Les Mooseheads feront face à l’élimination, lundi soir, devant leurs partisans.

Roy s’accommodait bien dimanche après-midi d’un vol d’avion d’une heure et demie, pour aller disputer le match numéro 6 de ce quatre de sept dans la capitale de la Nouvelle-Écosse. Si une septième rencontre devient nécessaire, ça se passera mardi, toujours sur la patinoire du Centre Scotiabank.

En fait, peut-être que Veilleux était assis dans l’exact même siège d’avion que Roy, mais quelques heures plus tôt. Après leur défaite de 4-2, le vol de samedi soir des Mooseheads a été retardé et ils n’ont pu quitter Québec que tôt dimanche matin.

Le même appareil Dash-8 de 37 places de Chrono Aviation affrété par la ligue a donc effectué deux trajets Québec-Halifax en quelques heures. Mais assurément pas avec des passagers dans le même état d’esprit.

Encore à chaud après le revers de samedi, Veilleux avait déclaré, sur le sentiment d’urgence au sein de son club : «Moi, je le sens! Eux [les joueurs], ils le sentent plus depuis cinq minutes, mais voilà une heure [pendant le match], ils ne l’avaient pas», pestait le coach des Mooseheads.

«Je ne suis pas un expert là-dedans, mais c’est sûr qu’eux, si quelqu’un leur avait dit avant la série qu’ils allaient tirer de l’arrière 3-2, pas mal de monde serait parti à rire», a de son côté illustré Roy, une fois débarqué à l’hôtel situé à deux pas de l’aréna érigé au centre-ville de Halifax.

Habitués des situations serrées

Malgré le retard de 35 points au classement en saison, le pilote des Remparts explique le succès actuel face aux champions de la conférence de l’Est en quelques facteurs.

«Comme notre position au classement n’a pas changé pendant plusieurs semaines à la fin de la saison, les joueurs ont peut-être manqué d’une certaine motivation. Mais en même temps, on a pu enseigner des choses qui rapporteraient plus à long terme. Ça fait longtemps qu’on se prépare en fonction des séries éliminatoires», explique celui dont le sort de l’équipe était fixé au huitième rang de la conférence dès la mi-janvier.

Les Remparts ont aussi été cet hiver l’une des deux formations, avec Charlottetown, à trancher le plus grand nombre de matchs en temps supplémentaire, donc prolongation ou fusillade. Vingt fois (7-13) en 68 matchs, soit trois parties sur 10. Seulement sept victoires, mais 20 occasions d’évoluer en situation de marche ou crève, comme en séries.

Les gars de Québec ont en plus brillé dans les Maritimes cette saison, souvent dans des situations serrées. Quatre victoires en six rencontres chez les clubs de l’Atlantique, dont quatre décidés en prolongation, trois gains et un revers.

Saison et séries confondues, les Remparts montrent une fiche de trois victoires en trois à Halifax en 2018-2019 et de 5-2 contre les Mooseheads.

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UN MATCH POUR MCISAAC, ROY MÉCONTENT

La LHJMQ a suspendu Jared McIsaac pour un match. L’excellent défenseur des Mooseheads et choix LNH de deuxième ronde en 2018 regardera donc le sixième match de la passerelle, lundi soir. Samedi, McIsaac a servi un solide coup de coude à la tête de Spencer Blackwell, en deuxième période. À son premier match éliminatoire en carrière junior, l’attaquant des Remparts a subi une commotion cérébrale. Il ne reviendra pas au jeu avant la fin de la série «et peut-être pas pour la prochaine série non plus, dépendamment des symptômes», confirme l’entraîneur Patrick Roy.

Roy s’avère très mécontent de la clémence de la ligue. «Maintenant, un gars peut donner un coup de coude, il va avoir un match de suspension et va sortir un joueur important, ce ne sera pas plus grave que ça. C’est là que ça me fait un peu peur», commente celui qui s’est entretenu dimanche matin avec le directeur de la sécurité des joueurs de la LHJMQ, Éric Chouinard. «De un, il y a les conséquences sur notre joueur. De deux, il a sauté. Finalement, il y avait un paquet d’éléments qui faisait en sorte que la table était mise pour une suspension beaucoup plus sévère qu’un seul match.» Rappelons que Samuel Asselin, des Mooseheads, a aussi été suspendu pour un match en début de série.  

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VEILLEUX OU LE SPECTRE DE 2012

En 2012, Éric Veilleux était aussi à la barre de l’équipe hôtesse du tournoi de la Coupe Memorial. Les Cataractes de Shawinigan l’avaient même gagné. C’est l’une des principales raisons de sa présence à la tête des Mooseheads, alors que le final four du junior majeur canadien se tiendra à Halifax, en mai. Mais en 2012, les Cataractes avaient aussi été éliminés tôt dans les séries éliminatoires de la LHJMQ, en deuxième ronde. Voilà que les Mooseheads font face à leur tour à une élimination hâtive, menés 3-2 en première ronde. Il s’agirait d’une première pour une équipe hôtesse du tournoi de la Coupe Memorial membre de la LHJMQ d’être exclue dès les huitièmes de finale de sa ligue. Par contre, ce serait la troisième fois en trois ans, puisque Regina, l’an passé, et Windsor, en 2017, ont emprunté ce chemin tortueux. Comme Shawinigan, Windsor a remporté les grands honneurs malgré tout.

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UN SEUL BON MATCH POUR GRAVEL

Selon sa propre analyse, le gardien des Mooseheads n’a disputé qu’un seul bon match sur les cinq jusqu’ici dans la série. «Je peux faire beaucoup mieux. J’ai goalé un bon match à date. Je dois être plus constant, pendant 60 minutes. Je peux faire mieux que ça», a répondu un Alexis Gravel livide, samedi soir, après la troisième défaite de sa troupe dans ce quatre de sept. Gravel n’estime toutefois pas être le seul de son camp affecté par un manque de constance, un problème qui serait même récurrent. «Ç’a été un problème des fois cette saison. On s’en est sorti des fois, mais il faut se réveiller», poursuit celui qui montre une moyenne de 3,46 et un taux d’efficacité de ,889 dans cette série, en comparaison des 2,72 et ,913 de son vis-à-vis des Remparts Anthony Pagliarulo. L’entraîneur de Gravel, Éric Veilleux, a confirmé dès la fin du match 5 qu’il serait de nouveau devant la cage dans le match 6.

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LU

La région de Halifax se pète les bretelles... de culotte de hockey, dans les pages du Chronicle Herald, le quotidien de l’endroit. Trois des 10 meilleurs pointeurs de la LNH viennent du coin! Brad Marchand, Nathan MacKinnon et Sidney Crosby affichaient dans l’ordre 97, 95 et 94 points, avant les matchs de dimanche. Les trois pourraient donc atteindre le plateau des 100 points d’ici la fin de la saison régulière, ce qui serait une première pour Marchand et MacKinnon, natifs de Halifax, mais une sixième centaine pour Crosby, originaire de Cole Harbour, municipalité voisine de Dartmouth, en face de Halifax. Il s’agirait quand même d’une première en cinq ans pour le 87. 

VU

Dans l’avion qui menait les Remparts à Halifax, dimanche après-midi, le pilote Martin Boudreault sortir de sa cabine de pilotage avec une vingtaine de minutes de vol à faire pour obtenir autographe et photo en compagnie de Patrick Roy. Son fils Vincent et lui sont de grands admirateurs du légendaire gardien de but numéro 33 et ont pleuré lors du départ des Nordiques de Québec.

ENTENDU

Des sifflets en provenance des gradins du Centre Scotiabank de Halifax, lors des deux premières tranches de la série Remparts-Mooseheads, il y a plus d’une semaine. Certains rigolos tentaient d’imiter l’appel sifflé de l’entraîneur-chef Patrick Roy auprès de ses joueurs pour qu’ils rentrent au banc, pendant le jeu. Reste à voir, ou plutôt à entendre, si le manège se répétera lundi soir. D’une capacité maximale de 10 500 spectateurs, l’aréna en a accueilli 7650 et 7657 lors des deux premières rencontres éliminatoires.