Les joueurs des Remparts se sont rendus une dernière fois au Centre Videéotron afin d’y récupérer leurs effets personnels. Nicolas Savoie (à gauche) et Aleksei Sergeev ont profité de l’occasion pour faire un brin de jasette avant de commencer leurs vacances du hockey.

Nicolas Savoie surpris de lui-même

Même lui ne pensait pas jouer autant qu’il l’a fait à sa première saison dans la LHJMQ. Le défenseur Nicolas Savoie sera l’un des piliers de la brigade défensive des Remparts de Québec, la saison prochaine.

Son passage dans le bureau des entraîneurs où l’on rencontrait les joueurs à tour de rôle, vendredi matin au Centre Vidéotron, ne s’est pas éternisé pour le natif de Dieppe, au Nouveau-Brunswick, ne s’est pas éternisé. Comme la veille, en public, les commentaires de Patrick Roy à son endroit ont été aussi positifs, en privé.

«Ç’a mieux été que plusieurs personnes ne le pensaient, incluant moi. J’ai joué beaucoup plus que je ne l’avais imaginé, j’en suis même surpris un peu», admettait l’arrière de 16 ans à sa sortie du local.

Discret, Savoie a laissé parler la qualité de son jeu au fur et à mesure que la saison progressait. Quand Patrick Roy l’avait courtisé après sa sélection en quatrième ronde au repêchage de 2018, il se voyait l’utiliser dans une cinquantaine de matchs, au maximum. Savoie en a finalement disputé 54 (sur 68), mais c’est une blessure qui lui a fait rater un mois en novembre.

«À un certain point dans la saison, je me suis senti confortable. Plus ça allait, plus j’améliorais ma vision du jeu, je voyais les options que j’avais sur la glace», racontait celui qui a largement dépassé les attentes placées en lui.

Déjà membre du top 4 à la ligne bleue, Savoie jouera encore un plus grand rôle en 2019-2020 au sein d’un groupe qui devrait comprendre trois arrières de 17 ans, dont lui, Romain Rodzinski et Édouard Cournoyer (un joueur du midget AAA à Magog vanté régulièrement par Roy), et deux de 18 ans, soit Dylan Schives et Félix-Olivier Chouinard.

«Tout le monde s’est amélioré, cette année. On a tous pas mal jeune, on aura une bonne défensive, mais plus important encore, on est un bon groupe d’amis et on va grandir ensemble au cours des prochaines saisons.»

Chose certaine, Savoie ne regrette nullement sa décision d’avoir opté pour la LHJMQ au lieu du hockey étudiant.

«Tout a été parfait pour moi, la seule chose, c’est que ça n’a pas fini comme on le voulait, on aurait aimé gagner le dernier match contre Halifax», ajoutait celui dont la prochaine saison sera son année de repêchage.

Sergeev revient 

Unilingue russe à son arrivée, Aleksei Sergeev a profité du dernier rendez-vous d’équipe pour effectuer sa première entrevue en anglais sans l’aide de Philipp Kurashev, qui lui a longtemps servi de traducteur.

«J’ai adoré ma saison à Québec. Au début, Philipp traduisait tout pour moi, autant ici que partout en ville. Il m’a beaucoup aidé. Après les fêtes, j’ai commencé à pouvoir m’exprimer, à comprendre ce qu’il se disait autour de moi», indiquait l’attaquant de 18 ans auteur de 13 buts et 45 points en 63 matchs. Il a raté la fin de saison et les séries en raison d’une fracture de l’épaule.

«J’ai eu une bonne, mais pas une excellente saison. Je vais m’entraîner, cet été, pour revenir en force, l’an prochain», ajoutait le numéro 76.

Pour ce qui est du gardien Anthony Pagliarulo, son acquisition par les Remparts à la pause des fêtes a complètement changé sa saison, voire sa carrière junior.

«Quand je suis arrivé ici, je pensais être réserviste, mais j’ai réussi à prendre ma place. Je n’avais joué que huit matchs avant les fêtes [à Rimouski], puis j’en ai disputé 22 en deuxième moitié et tous ceux dans les séries. Patrick et Ghislain [Rousseau, l’entraîneur des gardiens] y ont été pour beaucoup, ils ont changé le petit quelque chose dans mon jeu qui a fait la différence.»

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DUBÉ REJOINT L'ÉQUIPE NATIONALE FRANÇAISE DES MOINS DE 18 ANS

Sac d’équipement à l’épaule, bâtons de hockey à la main, Pierrick Dubé n’avait pas l’air d’un joueur qui venait de tomber en vacances forcées. Avec raison, puisque l’ailier droit s’en allait rejoindre l’équipe nationale de la France afin de participer au Championnat mondial des moins de 18 ans (division 1 groupe A) qui aura lieu dans ce pays, du 14 au 20 avril.

Né à Sept-Îles, il possède la double nationalité canadienne et française, sa mère étant originaire de l’Hexagone. Il joindra l’utile à l’agréable puisque celle-ci réside à Lyon, non loin de Grenoble, ville hôtesse du tournoi.

«J’avais prévu aller la voir pendant l’été, je vais pouvoir le faire en même temps», disait celui qui devra retrouver son accent français, le temps de l’événement international.

Dubé a retrouvé le sourire en seconde moitié de saison. Il admet que son attitude n’avait pas été top à un certain moment, mais une bonne discussion avec Patrick Roy l’a ramené dans le droit chemin.

«J’ai remercié Patrick de m’avoir pris en main, et après les fêtes, ç’a beaucoup changé. Patick m’a fait confiance comme joueur et comme personne», soulignait le numéro 72.

Dubé racontait que sa première saison (en 2017-2018) n’avait pas été facile, autant sur la glace que mentalement. Après avoir été limité à trois buts en 17 matchs, il a riposté avec 17 filets en 64 parties, cette saison, et deux autres dans la série contre Halifax.

«Je finis l’année avec tout près de 20 buts. Je ne mets pas l’emphase là-dessus, parce que tout ce qui compte, c’est la victoire. Mais il n’y a rien de mieux comme sensation que de gagner et d’avoir pu contribuer», soulignait celui qui savait depuis déjà quelque temps qu’il était invité au Mondial des moins de 18 ans. Il n’avait pas ébruité le tout, histoire de garder sa concentration sur les séries. À défaut d’affronter des clubs de la LHJMQ, il se mesurera plutôt à des équipes de la Norvège, de l’Allemagne, du Danmark, de l’Ukraine et du Kazakhstan. Carl Tardif