Nick Sorensen se réjouit d'être en santé dans la série contre les Huskies. L'an passé, le Suédois blessé à un bras n'avait pas été en mesure de contribuer comme il l'aurait souhaité face à ces mêmes Huskies, qui avaient éliminé les Remparts en cinq matchs.

Nick Sorensen: pas de secret d'État cette année

Contrairement au printemps dernier, aucun scénario digne d'un polar ne marque l'arrivée de Nick Sorensen à Rouyn-Noranda, cette semaine. Le grand blond a débarqué de l'autocar de l'équipe en même temps que tout le monde, dimanche soir.
Sorensen se réjouit d'être en santé, lui qui n'a pas été épargné par les blessures depuis son arrivée avec les Remparts. Après avoir raté les séries à sa première saison en raison d'une blessure à un genou, il n'a pas été en mesure de contribuer comme il l'aurait souhaité, l'an passé, à cause d'une entorse acromio-claviculaire. «Il était difficile de jouer avec seulement un bras, je peux vous l'assurer», rappelle en souriant celui qui revendique déjà quatre buts et deux passes dans cette série.
En mars 2013, il n'y avait rien de drôle, cependant. Blessé lors du cinquième match de la série contre les Saguenéens, en première ronde, il avait raté le sixième duel et les deux premiers contre les Huskies, au second tour.
«J'étais allé à Phoenix pour y faire une rééducation. Tous les jours, on essayait que je me sente mieux, mais c'était difficile parce qu'il s'agissait d'une vilaine séparation de l'épaule. On faisait tout pour que je puisse jouer», raconte-t-il en marge de l'actuelle série qui se transporte dans le Nord-Ouest québécois.
Sorensen était parti en Arizona afin d'y suivre un traitement supposément révolutionnaire. Sans qu'on ne le dise à personne, il avait rejoint l'équipe à Rouyn-Noranda en devançant l'arrivée de ses coéquipiers de quelques heures. Les Remparts n'avaient pas dévoilé l'information, mais une préposée à l'accueil de l'hôtel avait vendu la mèche aux journalistes de Québec.
DÉMASQUÉ À L'AÉROPORT
C'était aussi sans compter qu'un Suédois ne passerait pas inaperçu en Abitibi. Le lendemain, l'entraîneur-chef André Tourigny, qui est devenu l'adjoint de Patrick Roy avec l'Avalanche, nous avait dit qu'un actionnaire des Huskies avait croisé le numéro 94 à l'aéroport. Comme par hasard, ce matin-là, Remparts et Huskies avaient accepté de ne pas regarder la séance d'entraînement de l'adversaire. Quand Sorensen s'était pointé sur la glace, Roy avait aussi demandé aux médias de Québec de ranger leur appareil photo jusqu'à la fin de ladite pratique, sauf que la présence de Sorensen avait déjà filtré.
«Il ne servait à rien d'attendre. Je devais revenir au jeu à ce moment-là ou pas du tout. J'ai fait de mon mieux, mais ça n'avait pas fonctionné», reconnaît aujourd'hui celui qui avait marqué un but dans cette série ayant pris fin en cinq matchs.
Sorensen est bien heureux de ne pas se retrouver dans une autre histoire du genre. S'il préfère oublier ce moment difficile, il garde en mémoire l'élimination face aux Huskies.
«Nous voulons pas trop y penser, mais on n'oublie pas ce qui s'est passé. Ils nous ont battus trois matchs d'affilée chez eux, on ne veut pas que ça arrive à nouveau. S'il y a une leçon à retenir, c'est qu'ils [les Huskies] avaient affiché un plus grand désir de vaincre que nous. On a un bel esprit d'équipe, assurons-nous que ça ne soit pas encore le cas», affirme celui qui sait exactement ce qui trotte dans la tête d'Adam Erne et d'Anthony Duclair, deux rouages importants des Remparts qui attendent le feu vert pour revenir au jeu.
Mais dans leur cas, il n'y a pas encore de secret d'État!
*************
La bonne entente européenne
Philippe Boucher a eu la main heureuse en réunissant ses trois Européens au sein de la même unité offensive. Le Suédois Nick Sorensen adore jouer en compagnie du Russe Mikhail Grigorenko et du Suisse Fabrice Herzog. Le triumvirat a amassé 12 points en deux parties, jusqu'à présent. «On s'entend bien, on se parle beaucoup, ça aide. On écoute ce que les entraîneurs nous disent, mais on essaie aussi d'être créatif. On ne ressent pas plus de pression de produire [en l'absence de Duclair et Erne] parce qu'on s'en place déjà beaucoup sur nous-mêmes. Les gens, à Québec, veulent gagner, mais nous, comme trio, on le veut encore plus», a expliqué le choix de deuxième ronde des Ducks d'Anaheim en 2013.