L'entraîneur-chef des Huskies, Gilles Bouchard, voulait que son équipe s'entraîne, lundi, à l'abri des regards de l'adversaire et des journalistes pour apporter plusieurs ajustements à son équipe.

L'exclusion des journalistes par les Huskies fait jaser

Préoccupés par les ajustements à apporter à leur jeu à la suite de la défaite de 7-3 encaissée à Québec, samedi, les Huskies de Rouyn-Noranda n'avaient pas imaginé que la décision de s'entraîner à l'abri des regards de l'adversaire et des journalistes affectés à la couverture quotidienne des Remparts ferait autant jaser à travers la LHJMQ.
«Il y a eu un malentendu, demain [mardi], vous pourrez être là», a indiqué l'entraîneur-chef Gilles Bouchard lors d'une rencontre dans son bureau de l'aréna Iamgold avec Le Soleil et le Journal de Québec après la séance d'entraînement à huis clos de son équipe.
À l'occasion d'un brin de causette avec son homologue de Québec, dimanche soir, Bouchard expliquait s'être entendu avec Philippe Boucher pour que personne n'assiste à l'entraînement de l'un ou de l'autre, lundi.
«Je ne veux pas être associé à cela, je n'ai rien à voir là-dedans. Moi, je parlais de mon organisation, en faites-vous partie? Non», précisait Boucher, qui n'a pas tenu les médias à l'écart de son entraînement.
Comme Roy et Tourigny
En bout de ligne, Boucher n'aurait même pas eu objection à ce qu'un coach des Huskies jette un coup d'oeil à son entraînement. Mais de l'autre côté, il n'en était pas question, au point où la meute serait allée s'entraîner dans un autre aréna si les Remparts n'avaient pas accepté leur part du marché.
«As-tu vu la volée qu'on a mangée, samedi? Est-ce que je peux te dire qu'on a de l'ouvrage. Dimanche, j'ai dit à Phil : toi, tu n'as pas d'ajustements à faire, mais nous, on en a un tas. J'ai demandé à savoir si on pouvait s'entendre pour qu'il n'y ait personne dans l'aréna, c'est comme ça qu'on a réglé la patente», racontait Bouchard, rencontré dans son bureau.
En l'espace de quelques minutes, la situation dénoncée sur le réseau social Twitter par les médias de Québec présents à Rouyn-Noranda a fait boule de neige. À sa sortie de la patinoire, Bouchard a passé plus de temps à parler de cela qu'à discuter du match de mardi, le troisième de la série présentement à égalité 1-1 entre les Remparts et les Huskies.
«Ça fait jaser», constatait l'entraîneur-chef recrue, qui disait ne pas savoir si un règlement à ce sujet existait dans la Ligue. Il rappelait que l'an dernier, une entente du genre avait aussi été conclue entre Patrick Roy et André Tourigny. Les journalistes de Québec n'avaient cependant pas été invités à quitter les gradins. En fin de journée, le directeur des communications de la LHJMQ nous avisait qu'il apporterait une précision dans la politique média pour éviter qu'une telle situation se produise à nouveau.
Être plus disciplinés
Pour ce qui est de la série, Bouchard est d'avis que les siens devront afficher plus de discipline et contenir le jeu de puissance des Remparts.
«Ils sont sept en quoi [10] sur l'avantage numérique? On a des ajustements à faire. Nous avons la chance de jouer chez nous, essayons d'en profiter. La glace est plus petite, on est habitué. On est positif parce que c'est 1-1, on voulait aller chercher un match là-bas et on l'a fait», a ajouté le successeur de Tourigny.
Bien sûr, Boucher s'attend à quelques ajustements. «Penses-tu... Ça a l'air qu'ils en ont pratiqué, tantôt... Il va y en avoir beaucoup, mais nous aussi, on va arriver avec des choses nouvelles», indiquait le Diable rouge en chef.
Il n'y a que ceux qui ont assisté à l'entraînement des Remparts qui le savent!
***************
En vitesse
Les Huskies ont écopé d'une amende de 1000 $ pour ne pas avoir respecté la directive demandant aux joueurs de quitter la période d'échauffement dès la fin de celle-ci, en fin de semaine à Québec... Le défenseur des Remparts, Francis Lambert-Lemay, a eu droit à un colis spécial, lundi, tout juste avant le début de l'entraînement. Comme il avait oublié ses patins à Québec, on les lui a envoyés par le vol matinal vers Rouyn-Noranda... L'entraîneur-chef des Remparts, Philippe Boucher, célébrait son 41e anniversaire, hier... Même s'il a été retiré du match de samedi, Alexandre Bélanger sera de retour devant le filet des Huskies, mardi.
Un environnement à découvrir
Les Remparts ont patiné pendant 90 minutes, lundi midi, à l'aréna Iamgold, où les trois prochains matchs seront disputés. Si l'équipe avait mis le cap sur l'Abitibi, dimanche, c'était justement pour avoir la chance de s'adapter à la petite surface de l'endroit. Ici, la patinoire fait 190 pieds de long sur 85 de large, contrairement à 200 pieds sur 85 au Colisée Pepsi. «La glace était épouvantable, ce n'était pas facile d'avoir de l'exécution. On passe la semaine ici, on joue trois matchs et on veut connaître l'environnement. Les bandes sont différentes, les coins aussi. On a même vu [Marc-Antoine] Groleau rentrer dans la bande, il s'est rendu compte que la patinoire était moins grande...», a raconté Philippe Boucher, en rappelant que les siens devaient mieux faire à cinq contre cinq.
Leclerc de retour
L'absence de Jason Fuchs devrait entraîner le retour au jeu d'Alexandre Leclerc chez les Huskies. Même si on n'a pas été en mesure de le voir [en raison de l'exclusion des médias de la pratique], le défenseur de Saint-Augustin-de-Desmaures a repris l'entraînement avec ses coéquipiers, lundi matin. «On n'a pas besoin de rappeler personne. On va jouer à 11 attaquants et sept défenseurs. Ça s'enligne pour qu'il [Leclerc] soit là, ça va nous aider», a convenu Gilles Bouchard à propos de celui qui était un rouage important, notamment en désavantage numérique, avant d'être blessé. Pour ce qui est de l'attaquant suisse, il est allé à la rencontre d'un spécialiste, à Amos, lundi. «Le docteur lui avait dit qu'il pourrait être amputé du doigt, mais il est correct. Il sera absent quelques semaines. On se pose des questions sur le gant, ça a l'air que ce n'est pas la première fois qu'il y a une blessure du genre», a précisé l'entraîneur-chef des Huskies.
*************
Des unités spéciales à corriger
Auteur de 17 buts (sur 49) en avantage numérique, cette saison, Jean-Sébastien Dea admet que les unités spéciales ont fait la différence jusqu'à présent dans la série. Si les Remparts ont marqué 7 fois sur 10 avec un homme en plus, les Huskies n'ont qu'un but en 12 occasions. «Dans les séries, ça se joue souvent sur les unités spéciales. L'autre soir, on s'est fait marquer cinq buts par leur jeu de puissance, et en désavantage, ils jouent bien, ils bloquent beaucoup de lancers. Il faut trouver des solutions et essayer des choses différentes pour marquer.
C'est le même scénario que l'an passé, la série est égale 1-1 et on revient devant nos partisans. On va se servir de la foule pour se donner une dose d'énergie», a soutenu le numéro 10 des Huskies, qui a eu la présence d'esprit de sauter rapidement sur la glace, samedi, avec quelques coéquipiers afin que les arbitres réalisent que quelque chose n'allait pas avec Jason Fuchs. «On a fait un peu la même chose qu'à Dallas», disait-il en référence à la réaction des joueurs quand Rich Peverley s'était écroulé sur le banc.