Le commissaire de la LHJMQ Gilles Courteau, qui était le directeur général des Remparts quand la première mouture de l’équipe a été dissoute, a insisté sur l’apport de cette concession pour le circuit.

Les Remparts: une pierre d'assise de la LHJMQ, selon Gilles Courteau

De passage dans la capitale pour souligner le 50e anniversaire de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), le commissaire Gilles Courteau n’a pas manqué de rappeler que les Remparts de Québec demeuraient l’une des pierres d’assises de son circuit.

«Quand les Remparts ont quitté en 1985 et qu’on est retournés à Beauport quelques années plus tard, ce n’est pas parce qu’on trouvait le Centre Marcel-Bédard beau! C’est parce qu’on voulait revenir dans le marché de Québec, qui est très important pour nous. Je peux vous dire que Chicoutimi trouvait ça loin, car leur adversaire le plus proche était Drummondville», a-t-il expliqué jeudi, en entrevue avec Le Soleil.

Courteau, qui était le directeur général des Remparts quand la première mouture de l’équipe a été dissoute, insiste sur l’apport de cette concession pour le circuit. «Les “Remparts en or”, ce sont eux qui sont à l’origine de la Ligue. Il y avait 10 000 personnes par match et c’était un modèle de franchise pas seulement au Québec, mais pour toute la Ligue canadienne», indique-t-il.

C’est en raison de son expérience passée à la tête des Diables rouges que le commissaire a tant insisté pour que Québecor se porte acquéreur de l’équipe junior. «Québecor veut ramener la LNH à Québec et il faut un seul propriétaire pour l’équipe de la LHJMQ et l’équipe de la LNH! Avant que les Nordiques ne les achètent les dernières années, Marcel Aubut n’aimait pas beaucoup les Remparts parce qu’il estimait qu’ils nuisaient aux Nordiques et on ne voulait plus que la même situation se reproduise.»

Maurice Filion

Par ailleurs, c’est justement quand les anciens Remparts étaient la propriété des Nordiques de Québec que Gilles Courteau a fait la connaissance de Maurice Filion, décédé en 2017 et qui sera honoré par les nouveaux Remparts vendredi, avant le match contre les Sea Dogs de Saint-Jean. «Nous sommes toujours demeurés en contact, même après la fin des Remparts, et quand ça a été fini pour lui avec les Nordiques au début des années 90, je lui ai offert de devenir le préfet de discipline de la LHJMQ. Il a joué un rôle très important en cette époque où on avait des entraîneurs très exubérants comme Richard Martel à Val-d’Or, Alain Rajotte à Victoriaville et Michel Therrien à Granby. Il a mis de la sévérité dans les sanctions, toujours dans le but de protéger les joueurs, plus particulièrement les joueurs vedettes», rappelle Courteau.

«Maurice Filion a été tellement bon, pas seulement pour la ligue, mais pour moi personnellement. Il me donnait des conseils sur la façon de voir les choses. Je peux vraiment dire qu’il a été un mentor pour moi, une personne très importante dans ma carrière. Il avait une main de fer, était très autoritaire, mais ayant occupé tous les postes dans les plus hautes sphères du hockey, les gars aimaient jouer pour lui et il inspirait le respect», poursuit celui qui est commissaire de la LHJMQ depuis 23 ans et qui n’a pas encore l’intention de passer la main.

Toujours la passion

«J’ai encore la passion d’être dans la LHJMQ, mais je ne peux pas vous dire combien d’années j’y serai encore. Ma femme me le demande après chaque saison. J’ai encore la santé, alors je lui réponds que je vais être là tant et aussi longtemps que mon crayon ou mon cellulaire ne sera pas rendu trop pesant. Ce n’est pas encore arrivé. Jamais je ne suis entré au bureau reculons», assure l’homme de 61 ans.

Il ajoute que le dossier le plus important sur son bureau présentement est le recours collectif de certains anciens joueurs juniors canadiens qui estiment qu’ils auraient dû être traités comme des salariés. «Je peux vous dire que moi et les deux autres commissaires des ligues juniors canadiennes passons beaucoup de temps là-dessus. Les impacts pourraient être majeurs. Notre raison d’être est de prendre les meilleurs hockeyeurs et de les développer comme joueurs, dans leurs études et d’en faire de bons citoyens. Il ne faut pas leur donner des responsabilités d’employés en plus!», plaide Courteau.

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TOUJOURS L'OEIL SUR LES ÉTATS-UNIS

Même si le commissaire de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) Gilles Courteau jure qu’il n’y a ni équipe à vendre ni projet d’expansion à l’horizon, il garde tout de même l’œil sur le marché des États-Unis. Même huit ans après la fin de l’aventure des MAINEiacs de Lewiston.

«Le post-mortem qu’on peut dresser de l’aventure des MAINEiacs, c’est la ville et l’amphithéâtre où on voudra aller... Il faut un bâtiment d’au moins 5000 sièges qui soit bien localisé», explique-t-il en entrevue avec Le Soleil. Le Androscoggin Bank Colisée ne comptait que 3677 sièges et l’équipe avait enregistré des pertes à presque chacune de ses huit saisons dans le circuit. «Et si on retourne aux États-Unis, ce ne sera pas avec une seule équipe. Il faudra avoir deux équipes», insiste le commissaire.

Le retour de la LHJMQ au pays de Donald Trump n’est cependant pas pour demain. «C’est davantage un projet à moyen et à long terme, car, présentement, la Ligue américaine et la Ligue de la côte Est occupent presque tous les marchés intéressants en Nouvelle-Angleterre», indique-t-il. La Ligue américaine possède en effet des franchises à Rochester, Syracuse et Utica, dans l’état de New York ainsi qu’à Springfield, dans le Massachusetts, alors que la Ligue de la Côte-Est est présente à Portland, dans le Maine, Manchester, au New Hampshire, Worcester, dans le Massachusetts et Glen Falls, dans l’état deNew York.

Mise à jour

«Pour ce qui est du Québec et des Maritimes, je pense que le marché est bien couvert présentement», poursuit M. Courteau, soulignant la qualité des propriétaires d’équipes du circuit. «C’est un aspect qui s’est grandement amélioré ces 25 dernières années et c’est une bonne chose. Pour gérer une équipe dont le budget moyen est de 2,5 millions $, il faut être sérieux.»

Le commissaire insiste aussi sur la nécessité pour les équipes de circuit de mettre à jour leurs équipements sportifs. «Si j’exclus le Centre Vidéotron, qui a été bâti pour la Ligue nationale, il n’y a eu qu’un seul nouvel amphithéâtre dans la Ligue en 50 ans, le Centre Gervais Auto à Shawinigan en 2008. Il y a des projets en cours ailleurs, dont Gatineau, mais on ne peut pas dire que nous sommes trop exigeants. Maintenant, il faut cependant faire une mise à jour : modifier les bandes, les baies vitrées, l’éclairage, tout ça entre autres pour la sécurité des joueurs, pour diminuer les blessures. Il y a aussi Drummondville qui aurait besoin d’un nouvel aréna et Chicoutimi qui regarde la possibilité.»