Matthew Grouchy et Gregor MacLeod pourraient être fort utiles au personnel d’entraîneurs des Remparts pour se préparer à affronter les Islanders, eux qui ont amorcé la saison à Charlottetown.

Les Remparts ont deux «espions» à l'interne

La tâche de décortiquer les tendances de l’adversaire appartient à l’entraîneur-adjoint Benoît Desrosiers, mais les Remparts de Québec possèdent aussi des sources à l’interne pour les aider à mieux connaître les Islanders de Charlottetown, leurs rivaux en première ronde éliminatoire.

Matthew Grouchy et Gregor MacLeod connaissent bien l’équipe qui se retrouve sur la route des Remparts, en huitième de finale. Les deux attaquants jouaient là-bas avant d’être échangés à Québec en retour de Derek Gentile, en janvier.

«Après une transaction, vous ne savez jamais comment ça va tourner. Il s’agit d’une situation qui ajoute à l’intrigue de la série, je suis certain qu’il s’agira d’une motivation supplémentaire pour les trois. On espère que Gregor et Matthew connaissent de bonnes séries, mais pas tant que ça», disait en tout respect l’entraîneur-chef des Islanders Jim Hulton au journal The Guardian de Charlottetown, en début de semaine.

Les Remparts n’ont pas croisé les Islanders depuis, mais selon Grouchy, un joueur natif du Labrador, son ancienne équipe n’a pas vraiment changé sa façon de jouer depuis qu’il a quitté l’Île-du-Prince-Édouard. «Il s’agit d’une équipe qui travaille fort. Je ne dirais pas qu’ils ont autant de puissance et d’habiletés que nous, mais ils sont très efficaces dans leur système. Ils ont une bonne défensive, ils jouent physiquement et connaissent du succès lorsqu’ils restent dans leur style. Sauf que si on joue à notre façon, on peut aussi en avoir.

«Ce sera spécial, j’ai commencé ma carrière junior avec eux. J’y ai encore de bons amis, mais j’ai bon espoir qu’on puisse les renverser», disait le numéro 13.

Les Islanders ont aussi leur indicateur dans leur vestiaire. Après tout, Gentile avait joué plus de deux ans à Québec avant de demander à être échangé, en décembre dernier. L’entraîneur-chef Philippe Boucher avait finalement trouvé une bonne offre pour acquiescer à sa demande.

«Ils pensent sûrement qu’ils peuvent avoir le dessus physiquement sur nous, qu’on n’est pas robuste, mais ils nous sous-estiment sûrement à ce niveau. Ils savent que pour l’emporter, ils doivent se salir les mains», prétendait l’auteur de 10 points en 30 matchs avec les Remparts en rendant hommage à «Coach Jim» pour expliquer la neuvième position des Islanders, alors que plusieurs les voyaient croupir dans le bas du classement après avoir atteint la demi-finale, l’an passé.

MacLeod excité

Qu’importe, Grouchy est confiant. Il apprécie sa nouvelle équipe et le potentiel offensif qu’on y retrouve. «À mes yeux et à ceux de MacLeod, on pense qu’on a une meilleure équipe. On peut aussi utiliser la formule 2-3-2 à notre avantage. Leur aréna est plus petit que le nôtre, ça pourrait être silencieux si on y marquait le premier but lors de nos matchs, là-bas.»

Son coéquipier qui l’a accompagné à Québec dans la transaction admettait être excité à l’idée d’affronter son ancienne équipe. «J’y ai développé des amitiés pour la vie, il y aura beaucoup d’émotions. J’ai hâte que ça commence. Ce sera la première fois qu’on jouera contre eux, c’est le fun, mais ce ne sera pas plus facile d’un côté ou de l’autre de s’affronter.

«On pense avoir la meilleure équipe, on veut gagner, mais on sait qu’ils travaillent très fort, alors il faudra également leur niveau de compétitivité», précisait MacLeod, auteur de la même production de points (28) avec les Remparts que Gentile avec les Islanders depuis la transaction.

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«À CETTE ÉQUIPE-LÀ DE FAIRE SES PREUVES», DIT BOUCHER

Éliminés en première ronde lors des deux dernières saisons, les Remparts sont maintenant en meilleure position pour franchir le tour initial avec succès. Depuis leur participation à la Coupe du Président, en 2014-2015, ils ont vite orchestré leur reconstruction et espèrent en bénéficier dès ce printemps.

«Il s’agit d’un nouveau groupe. On a connu une bonne saison et on veut la continuer. Le contexte est différent de l’an passé, c’est à cette équipe-là de faire ses preuves», disait l’entraîneur-chef Philippe Boucher à propos de l’alignement actuel.

Les Remparts avaient été balayés en première ronde dans les séries en 2016 (contre Gatineau) et en 2017 (contre Bathurst). Cette fois, ils détiennent l’avantage de la patinoire grâce à leur récolte de 40 victoires. «Je n’aime pas revenir dans le passé, mais il y a deux ans, on avait vidé le club, et l’année dernière, on avait été affecté par les blessures, on avait deux attaquants qui n’auraient pas dû être là.»

Présentement, l’état de santé de la troupe est plus positif. Absents lors du dernier match, samedi, et de la séance d’entraînement, lundi, le centre Philipp Kurashev et le défenseur Étienne Verrette devraient être de retour sur la patinoire, mardi.

Si Boucher prévoit apporter quelques ajustements selon les tendances de l’adversaire, il ne voudra rien changer à l’approche des siens. «Contre une équipe que tu ne connais pas beaucoup, l’important, c’est comment tu fais les choses», précisait celui qui accepte les raisons forçant la tenue d’une formule 2-3-2, bien qu’il préfère la traditionnelle. «On fait du hockey junior, c’est la réalité. De toute manière, ce n’est pas la formule qui détermine qui l’emporte, ça se joue sur la glace.»

Ça commence samedi et dimanche, à 15h, à Québec. Les partisans des Remparts sont invités à se vêtir en rouge.  Carl Tardif